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    Publié à 25 janv. 2017 à 00:37 par Jérôme Moreau
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Newsletter n°96 du 25 mai 2017

publié le 29 mai 2017 à 22:22 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 29 mai 2017 à 22:29 ]

Un racisme éthique ?

Chers amis de CathoFamiLink,

Revenons un instant sur un fait divers. Une charmante jeune fille, répondant au nom de Mélanie, nourrissait un rêve : présenter la météo de 20h00 sur France 2. Son désir était tellement fort qu'il finit, je ne sais comment, par déborder sur les réseaux sociaux. Ce fut l'engouement et la direction de France 2, émue sans doute par la chose, accepta avec bienveillance. Le grand jour fut fixé au 14 mars dernier et la France entière vit apparaître, étonnée, Mélanie Ségard à côté de la présentatrice habituelle qui, il faut bien le dire, fit preuve d'une grande délicatesse. Rien que de banal, me direz-vous, sauf que j'ai oublié de vous dire que ladite jeune fille est trisomique. Dans une interview suivant sa prestation, elle ne manqua pas d'ailleurs de remercier tous ceux qui l'avaient aidée pour réaliser son rêve.

Ce n'est pas tant le fait divers, que je trouve fort sympathique et bienvenu, qui m'interroge mais les commentaires qui ont suivi. Parmi quelques perles, je vous livre celle-ci : « Merci, vous nous avez prouvé que la société est prête à accueillir toutes les différences »... ??? C'est dit, la société s'est rassurée sur sa capacité à ne pas exclure, à s'ouvrir à la différence, à ne pas rejeter les plus petits, à donner sa place à chacun, à être attentive à l'autre... et patati, et patata ! Sauf que l'on se rassure à bon compte.

Mélanie passe à une heure de grande écoute sur une chaîne nationale française. Parmi vous qui me lisez, combien ont-ils croisé une personne trisomique dans la rue ou un endroit public depuis un an ? Probablement très peu, et pour cause, un eugénisme sournois et silencieux, et donc bien propre sur lui, les élimine systématiquement (à 96%) dans le sein de leur mère. C'est ce que la Fondation Lejeune appelle le ''racisme chromosomique'', qui va encore s'aggraver par l'arrivée sur le marché d'un test sanguin de la trisomie pour les femmes enceintes.

Ajoutons à cela que 146 scientifiques viennent de lancer une pétition pour que soit supprimée la qualification d'utilité publique de la Fondation Jérôme Lejeune, ce qui la priverait substantiellement des dons nécessaires à sa mission et la condamnerait pratiquement à mort. Cette mission comporte trois axes : chercher – soigner – défendre. Sur le premier, ses adversaires tolèrent que l'on puisse s'obstiner à découvrir des solutions de guérison, même d'amélioration des patients trisomiques, d'autant que certaines recherches profitent à d'autres maladies, telle celle d'Alzheimer. Et de fait, des résultats plus qu'encourageants pointent leur nez. Sur le deuxième axe, ils n'osent pas passer pour des sans-cœur. Le problème majeur, c'est le troisième axe car la Fondation recourt régulièrement à la justice contre l'Agence de biomédecine qui autorise des recherches sur l'embryon. Voilà ce qu'il fallait dénoncer : les contempteurs du progrès, les moralisateurs insupportables, les ennemis de la science.

Ils n'ont pas vu, ou peut-être l'ont-ils trop bien vu, que la Fondation Lejeune s'efforce d'être cohérente. Chercher pour guérir ses patients, qui viennent à elle par milliers de toute l'Europe, c'est aussi défendre leur droit à la vie. On ne guérit pas une maladie en supprimant les malades. Si j'étais un journaliste des médias bien-comme-il-faut, je pourrais même ajouter que « ça nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire » ! Ah, pardon ! Mauvaise pioche, parce que la citation ne fonctionne pas dans ce contexte...

Je préfère laisser la parole à un collectif de 21 parents d'enfants trisomiques qui lancent un appel (à relayer : www.appeldes21.fr) : « Les personnes porteuses de trisomie 21 n'appartiennent pas à une race à part pour l'éternité, ce sont des malades, il n'y a pas de maladie que l'intelligence humaine ne puisse vaincre, un jour... Aucun de ces 146 signataires n'a de solution alternative à nous proposer, aucun de ces dignes mandarins reclus dans leur laboratoire ne prendra nos enfants sur ses genoux. Aucun d'eux ne devrait se glorifier de cette exigence faustienne de chercher sans limite. Messieurs les savants, acceptez la contradiction éthique et l'arbitrage du juge et surtout, ne réglez pas vos comptes sur le dos de nos enfants. Ils attendent de vous l'espoir d'une guérison, pas un surcroît de malheur ».

Il est vrai que tous n'ont pas la grandeur d'âme d'un Jérôme Lejeune. C'est son combat qui continue, pour la dignité de chacun, et spécialement des plus fragiles.

Que la Vierge Marie nous y aide car nous ne pouvons pas renoncer, de crainte que notre humanité sombre dans l'illusion de la toute-puissance et la folie destructrice qui en découlerait irrémédiablement !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°95 du 25 avril 2017

publié le 27 avr. 2017 à 09:05 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 27 avr. 2017 à 09:05 ]

«Mon Cœur immaculé triomphera»

Chers amis de CathoFamiLink,

Le 13 mai prochain, nous fêterons le centenaire des apparitions de Notre-Dame aux petits enfants de Fatima : Lucie, François et Jacinthe. Le Pape François, à cette occasion, canonisera ces deux derniers, morts jeunes, dans une offrande pleinement consciente de leur vie.

On a beaucoup glosé sur le fameux 3° secret, vraiment dévoilé ou pas. Peu importe, car des signes forts ont été donnés d'un formidable combat spirituel qui est en train de se livrer et qui menace toute notre civilisation. Les plus anciens se souviennent de la tragédie de l'attentat contre le saint Pape Jean-Paul II le 13 mai 1981, et de l'intervention miraculeuse – aux dires mêmes du Saint-Père – de Notre-Dame de Fatima. Il voulut L'en remercier personnellement lors d'un pèlerinage en son sanctuaire l'année suivante. Jean-Paul II connaissait mal les apparitions de Fatima au début de son pontificat, mais il en comprit dès lors tous les enjeux.

Au-delà des secrets, prophétisant l'avenir, donnés par la Sainte Vierge aux voyants, il s'agit pour nous de nous engager résolument dans une œuvre de conversion et d'offrande. La meilleure réponse aux temps difficiles que nous vivons en France et bien plus largement en raison d'une crise profonde de notre civilisation, c'est la réponse de l'héroïsme de la sainteté. Car il n'est plus temps de tergiverser, de nous assurer des sécurités mondaines faillibles, tout en conservant le minimum vital d'une foi attiédie qui ne consent plus à tout donner au Seigneur.

L'heure est venue d'un profond et radical renouvellement des promesses de notre baptême. Le saint Père de Montfort nous y invite avec vigueur en nous proposant de nous consacrer totalement à la Vierge Marie pour être mieux consacrés à son Fils Jésus-Christ. Nous avons tout à disposition pour que la sainteté embrase nos cœurs et le monde. Il ne manque que notre détermination et notre désir de devenir autant de brasiers capables d'enflammer et d'illuminer ce monde enténébré par le péché et désespérément refroidi par l'égoïsme promu par l'idéologie mortifère des sans-Dieu.

Chers amis, n'ayons pas peur... et surtout pas du Christ « qui n'enlève rien et donne tout », comme le disait Benoît XVI au début de son pontificat. Notre-Dame du Saint Rosaire de Fatima nous invite à une prière fervente et à la confiance car Elle l'a solennellement promis : « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera » !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°94 du 25 mars 2017

publié le 11 avr. 2017 à 04:52 par Jérôme Moreau

« Insondable richesse du Christ » (Eph 3, 8)

Parmi les virtuoses du pied de biche, il faut compter quelques voleurs. Nuitamment, il vous font sauter les verrous en un rien de temps, y laissant au passage quelques lattes de bois éclatées, avant d'entreprendre des fouilles qui n'ont rien de la délicatesse des archéologues. L'église Notre-Dame dans ma paroisse en a fait les frais, et les assurances aussi. L'appât du gain se voulait facile, immédiat, sans tous les inconvénients de la négociation des objets volés au plus offrant. Il y a des voleurs pressés, et tant mieux puisqu'il n'a finalement rien pris, cherchant le produit de la quête. Le plus ennuyeux et angoissant eût été qu'il s'en prenne au Saint-Sacrement. Que nenni ! S'étant emparé des clefs de la boîte à trésors, il ouvrit délicatement le tabernacle et le referma. Jésus était toujours là, à notre plus grand soulagement,... et point de quête. Avide arriva notre ami, bredouille il repartit.

Il ne devait sûrement pas avoir une grande culture chrétienne pour chercher la quête dans le tabernacle. Mais il nous donne une belle parabole de notre monde, plus prompt à adorer l'Argent que Dieu (cf. Mt 6, 24). Il est vrai que les tabernacles des banques sont tout de même beaucoup moins accessibles. Et les gardiens du temple peut-être plus sourcilleux. « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où mites et vers consument, où les voleurs percent les murs et dérobent. Amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni mites ni vers ne consument, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Mt 6, 19-21).

Petit examen rapide : vais-je plus souvent à la banque que prier Jésus présent dans le tabernacle ? Pourtant tout notre trésor est là, qui nous attend, qui ne veut rien garder pour Lui, qui donne tout et s'enrichit à mesure qu'Il donne. Jésus n'a pas besoin de faire sauter les verrous. Au matin de Pâques, Il est là, d'un coup, au milieu des Apôtres stupéfaits. Ils n'avaient fait qu'entrevoir les richesses infinies que recelait son humanité. Défiguré, humilié, bafoué et cloué sur la Croix, Il n'avait plus rien de présentable. Allongé, mort, sur la banquette funéraire, Il n'avait plus rien, même pas un vêtement, nu, dépouillé de tout. Qui avait compris que toute la richesse de l'humanité était là, gisante, sanglante, anéantie (cf Ph 2, 7) ?

Au matin du premier jour, du premier jour absolu d'une humanité recréée, Il apparaît dans toute la splendeur de sa lumière de Ressuscité. Il fait sauter les verrous des cœurs. Au lieu de mettre du désordre, Il rassemble ce qui a été dispersé. Il vient ravir nos âmes à l'avidité du démon, dérober nos vies liées par les chaînes du péché.

En ce temps qui nous conduit très bientôt à la joie pascale du Christ ressuscité, notre Dieu et Sauveur, laissons-nous submerger par les flots de son insondable richesse !

Très sainte et joyeuse fête de Pâques !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°93 du 25 février 2017

publié le 26 févr. 2017 à 08:28 par Jérôme Moreau

Carêment

Chers amis,

Enfin une bonne nouvelle dans ce monde agité : c'est bientôt le carême ! C'est l'heureuse perspective d'une randonnée qui promet une jolie ascension. Certes, il y a toujours un peu d'appréhension en raison des dangers du chemin et de la fatigue annoncée. Mais des horizons de liberté s'ouvrent sous mes pas.

J'ai préparé mon sac à dos. Je l'ai délesté de tant de bonnes choses qui alourdissent la marche et l'estomac. Adieu chocolat, viandes savoureuses et alcools euphorisants, mets raffinés et repas pantagruéliques ! J'ai éliminé également la télévision, l'ordinateur, le téléphone portable et tous ces joujoux technologiques qui me gardent en connexion avec un monde plus ou moins vrai et plus ou moins virtuel. Ils finissent par me polluer la tête des spectacles tantôt pitoyables de la politique, des sites branchés, de la consommation facile et aguichante de toutes sortes de choses factices fort sympathiques mais tellement superficielles. Ils me gardent pourtant en lien avec mes amis, ou supposés tels... de toute façon, pas de prise électrique sur ma montagne et, avec un peu de chance, je verrai des faces de book-quetin.

En revanche, je n'ai pas oublié une Bible de poche et un chapelet, ces objets du passé qui nous ancrent obstinément dans le présent, l'éternel présent de Dieu.

Je pars donc léger et compte bien me débarrasser en chemin des fardeaux qui pèsent sur ma vie. Si vous empruntez le même sentier et voyez mes péchés gisant dans le fossé, ayez la bonté de ne pas me les rapporter. L'ascension sera longue, je le sais, et il me faudra des pauses. Il est préférable d'ailleurs de partir de nuit, à la dérobée, comme à tâtons. Quand les ténèbres enveloppent les pentes mystérieuses, pas de direction assurée sinon celle qui va vers le haut, vers les sommets désirés où pointera bientôt le Soleil levant, illuminant de la douceur de ses rayons le paysage grandiose de la création, contemplée depuis le promontoire de la cime espérée.

J'ai hâte d'accéder au faîte de Sion, la sainte montagne, la sainte Jérusalem, car en elle, chacun est né (Ps 86). Ce carême me donnera d'approcher un peu plus de cette crête heureuse où le Seigneur m'enlèvera un jour pour me prendre auprès de Lui. Comme il est douloureux de s'arracher à cette vallée aux routes larges qui charrient les plaisirs du monde et les illusions qui y sont attachées. De cette vallée de larmes partent des sentiers étroits et abrupts, chargés de promesses qui ne déçoivent pas. Mon sac à dos est prêt. C'est décidé, je préfère l'aventure des ascensions spirituelles à la monotonie des assurances mondaines. Ne le dites pas à tout le monde. Je veux partir de bon matin, discrètement, pour peut-être ne jamais plus revenir. Qu'il est bon d'être libre comme le vent de l'Esprit ! Carêment !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°92 du 25 janvier 2017

publié le 25 janv. 2017 à 00:36 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 janv. 2017 à 00:37 ]

Catéchisme républicain

Chers amis de CathoFamiLink,

En cette nouvelle année, que je vous souhaite riche de grâces, j'aimerais vous rapporter un petit souvenir personnel : une fessée mémorable ! Alors que je faisais, à l'âge de l'innocence pas toujours si innocente, une bêtise de gosse dont je ne me rappelle d'ailleurs pas vraiment la teneur, je mis en colère ma pauvre grand-mère qui me donna une fessée d'anthologie. Veuve avec 6 enfants, de 12 ans à quelques mois, elle avait tenu, seule, la ferme familiale dans une abnégation de tous les instants et une grande affection pour ses enfants, cherchant à leur donner le meilleur. Ce jour-là, excédée sans doute par ma malice bien peu évangélique, si calme et douce habituellement, elle n'y avait pas tenu. C'était en 71... non, plutôt en 17, car je me souviens que la loi républicaine interdisant la fessée venait d'être votée. Dans ma candeur, je racontai l'aventure à l'école. La maîtresse, bonne citoyenne, fit son devoir. Dès le lendemain, les gendarmes se présentaient chez ma grand-mère pour l'emmener en garde à vue. Elle écopa un mois de prison ferme et une obligation de soins psychologiques.

Je me souviens surtout de la fierté de mes parents qui me félicitèrent chaleureusement d'avoir fait reculer ces pratiques d'un autre âge, cette violence intolérable et une vision totalement ringarde de l'éducation. A la même époque, un débat sur LCI voyait un des deux protagonistes quitter le plateau, dénonçant son adversaire comme fasciste, car il avait osé suggérer que l’État pourrait peut-être laisser la responsabilité éducative aux parents. En tout cas, les déséquilibrés violents, les déjantés du martinet et les psychopathes, qui avaient le malheur d'être parents, n'avaient plus qu'à bien se tenir, car la loi veillait. On faillit même me donner la légion d'honneur, dans la même promotion qu'un bon prince saoudien, pour service rendu à la patrie... euh, à la République, voulais-je dire ; mais il faut bien avouer qu'il ne convenait pas que l'enfant-roi puisse recevoir cette haute distinction républicaine. L'enfant-tyran de demain aura-t-il cet honneur ?

Ceci dit, avec le recul, je ne me satisfaisais pas de la juste sentence, infligée à cette grand-mère emportée. Il devait bien y avoir une raison. J'entrepris donc une enquête en émettant des hypothèses. Hétérosexuelle convaincue, aurait-elle cédé à une pulsion de haine contre le même ? L'hypothèse ne tenait pas puisqu'elle avait corrigé un petit-fils, mâle par définition – il semble avéré qu'il avait en tout état de cause choisi la masculinité comme chemin de vie -. Peut-être avait-elle vécu la frustration de ne pas avoir pu avorter à une époque où ce n'était pas encore un droit de l'homme, et pas plus de la femme ? Cet acquis libérateur du droit contemporain la renvoyait-il à une souffrance non exprimée ? Je me demandai même si elle n'était pas musulmane. Mais l'argument ne tenait pas, tant l'Islam a contribué à la civilisation européenne, fondée dans le bel exemple du prophète et la culture de paix enracinée dans ses origines. Non, décidément, je ne trouvais pas d'explication logique jusqu'au moment où je sus qu'elle était catholique. Tout semblait s'éclairer, mais je ne voulais pas tomber dans la caricature.

Il fallut donc scruter les sources du christianisme pour mieux comprendre. Je découvris un passage intéressant du chapitre 15 de l'évangile d'un certain Luc, que je vous rapporte de mémoire. Il s'agit d'une histoire racontée par Jésus. Un homme avait un fils qui désirait recevoir son héritage sans attendre le trépas du paternel. Quoi de plus normal puisque les parents sont là pour le bien des enfants. L'homme ne l'entendait pas de cette oreille et chassa le chérubin entreprenant avec pertes et fracas. Le jeune homme, dépité, s'en alla se consoler chez quelque amie consentante et dans les salles de shoot, généreusement financées par les pouvoirs publics pour les jeunes victimes comme lui. Obligé de travailler à des emplois avilissants, il se ravisa et décida de faire valoir ses droits auprès de son père. Il revint donc, bien décidé à en découdre. Et là, miraculeusement peut-on dire, le père se repentit, se mit à genoux devant le fils et lui demanda sa clémence, promettant de lui accorder tout ce qu'il voudrait. Quant au benêt de fils aîné qui était resté fidèle toute sa vie, les serviteurs du père vinrent à sa rencontre pour lui annoncer le retour de son frère et le changement d'attitude du père. Une lecture spirituelle allégorique autorise à interpréter leur intervention comme une sorte de cellule psychologique mise en place pour l'aider à passer ce cap difficile et à prendre conscience de ses droits refoulés. Conclusion : le fils quémandeur était bien dans son droit et ma grand-mère, répressive, avait sans doute été victime d'une mauvaise lecture de la Bible, portée par une Église Catholique sclérosée et incapable de se remettre en cause, impuissante à se dégager d'une interprétation littéraliste mettant en exergue la toute-puissance du père. La violence n'était finalement peut-être pas inhérente au catholicisme mais à une mauvaise interprétation de ses sources.

Du coup, je changeai d'avis à propos d'un projet de Comité républicain pour faire condamner la Bible comme livre subversif. Une analyse contextualisée et symbolique des textes pouvait la rendre, à l'instar du Coran, républicompatible : la Genèse n'était plus une présentation d'un seul modèle familial (Gn 1-2), Sodome et Gomorrhe ne sont pas ce qu'on croyait (Lv 18, 22 ; Rm 1, 24-27 ; 1Co 6, 9-10...), etc. Quant au sujet qui nous intéresse plus directement, il convient de ne voir qu'une invitation à la négociation avec la progéniture, comme le rapportent les Proverbes : « Corrige ton fils tant qu'il y a de l'espoir ; mais ne t'emporte pas jusqu'à causer sa mort » (19, 18), et encore, la baguette devant être vue comme celle du chef d'orchestre : « N'hésite pas à corriger ton garçon, il ne va pas mourir pour des coups de baguette ! Toi, par des coups de baguette, c'est de la tombe que tu le sauveras ! » (23, 14). Je compris dès lors qu'il ne faut pas s'arrêter à ses a priori et toujours plus approfondir pour comprendre les raisons des choses sous l'éclairage moral de notre bonne loi républicaine.

Commercez et jouissez tranquillement, citoyens, les grands prêtres (et prêtresses) des valeurs de la République veillent sur votre probité morale ! Vous saurez sûrement les en remercier en leur apportant vos voix lors des scrutins démocratiques à venir.

Et comme on le chantait autrefois : Deus salvam fac rempublicam... au sens le plus général du mot, s'entend !

Abbé Philippe-Marie

PS. « Le rire, la moquerie, la dérision, sont des entreprises de purification, de déblaiement, ils préparent des salubrités futures » (Romain Gary). Vous l'avez compris, rien n'est vrai de cette histoire, sinon la fessée qui en est le prétexte. Plein de reconnaissance et d'admiration, je demande bien pardon à ma chère grand-mère au ciel, que je vénère comme une sainte, modèle de foi et de charité, exemple de courage et de bonté !
L'absurde comme conséquence des principes en vigueur, voilà ce qu'il faut dévoiler. Car le glissement sournois des repères moraux vers un humanisme (déshumanisé) bon teint sans Dieu, finit même par atteindre les chrétiens. Nous n'avons pas le droit de nous voir confisquer la vérité, et le droit de la dire. « Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le " mystère d’iniquité " sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair » (Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 675).

Vie du site

En ce début d'année, la vie de notre site pourrait-elle se traduire par quelques chiffres de 2016? Essayons: 8300 connexions, 24000 pages visitées, 1 minute 3/4 par visite, une bonne vingtaine de chaînes de prières (dont 4 nouvelles) servies par 950 priants, près de 400 intentions de prière et une petite trentaine d'actions de grâce…

Ces données, toutefois, ne valent que ce que vaut leur contenu, et comme toute l'équipe de CathoFamiLink je suis souvent très ému par les textes que vous nous envoyez: demandes de chaînes de prières, intentions présentées… mais aussi grâces obtenues et bonnes nouvelles de malades qui sont sources de belles et lumineuses émotions.

Mais les vœux pour l'an neuf dépassent un bilan de l'année écoulée. Il est de coutume de se souhaiter réciproquement une bonne santé. C'est tellement habituel que cela perd parfois un peu de son sens. Chez nous, c'est différent car c'est bien souvent pour la santé que nous prions les uns pour les autres, et la santé que nous souhaitons se situe toujours sous le regard et dans la volonté de Dieu, ce qui nous permet à tous d'aller très haut dans nos vœux de bonheur. Aussi me suis-je permis de terminer ce petit mot par les derniers vers d'un poème de circonstance :

… Mais respectons au mieux le sens de la nature :
Allons chercher plus haut notre boisson future
Car surtout la vraie source infinie du bonheur
Pour s'écouler vers nous se tient dans la hauteur.
Ce vrai bonheur existe. Il faut qu'on le souhaite :
Que du Seigneur Jésus la volonté soit faite.
La seule chose à dire avec honnêteté,
C'est qu'il n'est qu'un seul vœu: celui de sainteté.
Ne tergiversons point, exprimons-le sans crainte :
A chacun souhaitons une année bonne et sainte.

Dominique



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°91 du 25 décembre 2016

publié le 21 déc. 2016 à 11:23 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 21 déc. 2016 à 11:35 ]

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5)

Dans la nuit scintillent les guirlandes électriques. Elles ajoutent une note de gaîté au halo blafard de l'éclairage public. Je cherche dans nos villes endimanchées, les éclairages de mon enfance qui souhaitaient un ''Joyeux Noël !''... en vain ! Précisément, elles ne sont plus endimanchées car la fête ne sait plus à qui elle doit d'être. La fête a été vidée de sa substance. L'écrin est toujours plus magnifique. Dommage qu'il ne contienne plus la pierre précieuse ! Des zombis déambulent, hagards, de baraque en attraction, de vin chaud en gaufre gourmande, de nulle part en néant. La fête a revêtu des habits de deuil, chamarrés mais pas moins attristants.

On se surprend, rarement, à s'arrêter devant la vitrine d'un courageux artisan qui ose dévoiler du sens en exposant quelques santons entourant la Sainte Famille. Combien connaissent encore Celui dont nous célébrons l'anniversaire ? Au mieux connaissent-ils quelque chose sur Lui. Plus difficilement l'ont-ils rencontré personnellement.

Et pourtant Il dira plus tard : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Ce n'est pas seulement une formule de style pour attirer l'attention. Cette affirmation soulève une vérité fondamentale sur l'homme. La grâce qu'Il nous apporte à Noël n'est pas une option proposée à l'humanité pour améliorer sa condition. La grâce de l'Enfant-Dieu de la crèche de Bethléem est absolument nécessaire à tous les hommes pour retrouver l'intégrité de leur nature, pour orienter leurs désirs vers l'unique nécessaire, pour fonder leur art de vivre ensemble sur le don de soi et le souci du bien commun.

Jésus n'est pas une option pour les libre-penseurs qui rêvent d'un homme sans Dieu, dictant les normes du bien et du mal. Il n'est pas un carcan pour leur liberté mais la condition même de cette liberté.

Jésus n'est pas une option pour les musulmans qui ne voient pas que le mot du Coran qui le désigne comme parole de Dieu, fait de Lui une parole vivante, écrite en lettres de feu sur nos âmes, tellement plus riche et suave que les paroles mortes et sclérosantes qui emprisonnent dans une loi désespérante.

Jésus n'est pas une option pour tous les matérialistes pratiques, esclaves de l'Argent et des plaisirs. Il ne propose pas une joie éphémère, au relent de moisi, mais une joie toujours nouvelle et éternelle.

Oserais-je dire que Jésus n'est pas une option, même pour les chrétiens qui se laissent fasciner par les miroirs aux alouettes des considérations mondaines, les distrayant de Lui, unique essentiel.

L'homme n'est pleinement humain que s'il reçoit l'Enfant de la crèche. En assumant la chair de notre condition humaine, le Fils de Dieu nous dit en quelle haute estime Il nous considère. En s'unissant à notre humanité, Il veut la relever, lui redonner tout son lustre, la redresser dans toute sa dignité. Jésus n'est pas une option pour tout homme car Il est le seul Sauveur, Dieu venu parmi nous pour nous attirer à Lui. « Il n'est personne à qui soit refusé de partager cette allégresse, un seul et même motif de joie est commun à tous, car notre Seigneur, qui, venu détruire le péché et la mort, n'a trouvé, parmi les hommes, personne qui fût libre de faute, est venu les libérer tous. Qu'exulte le saint, car il est prêt de recevoir la palme ; que se réjouisse le pécheur, car on l'invite au pardon ; que le païen prenne courage, car on l'appelle à recevoir la vie » (Saint Léon le Grand, 1° Sermon pour Noël, SC 22bis, p. 67).

Et même si Jésus n'est plus reçu chez les siens (cf. Jn 1, 11), le motif de notre joie demeure, plus intense, afin d'aller à sa rencontre en cette nuit de Noël pour l'adorer avec sa Sainte Mère, saint Joseph et les bergers.
Sainte et joyeuse fête de Noël !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°90 du 25 novembre 2016

publié le 28 nov. 2016 à 22:26 par Jérôme Moreau

Grisouille spirituelle

C'est un soir d'automne. Le vent souffle avec une ardeur lancinante. C'est un vent méchant, de ces tempêtes qui annoncent l'hiver et vous saoulent d'un halètement incessant, arrosent abondamment les sols déjà gorgés d'eau et lavent votre cerveau de toute pensée positive par la même occasion. Le temps favorise parfois la mélancolie et rappelle brutalement que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Les skippers du Vendée Globe rêveraient sûrement d'une mer toujours calme et d'un alizé porteur parfaitement orienté pour assurer une glisse optimale tout en conservant un relatif confort à leur coquille de noix perdue dans l'infini de l'océan. Entre le pot au noir et ses instants vierges de toute brise et les flots tumultueux du cap Horn, ils doivent s'ajuster en permanence aux éléments pour mener leur barque à bon port.

Nous connaissons des moments d'adrénaline où nos vies sont propulsées par la grâce et les événements. Il nous semble que nous pourrions alors franchir tous les caps jusqu'au bout du monde. Des phases plus calmes autorisent un vrai retour sur soi pour mieux peser les tenants et aboutissants de nos chemins d'homme, et ressourcer nos âmes. Dans un milieu indéfinissable se déploient des périodes incertaines de grisouille spirituelle où l'on ne sait plus très bien où on en est. A l'évidence, je ne suis pas le saint que je rêverais d'être et d'un autre côté il m'apparaît impossible de le devenir. Dans ce marais, embourbée dans ses pensées, affairée de choses mondaines futiles sans rien faire, l'âme se morfond et cherche comment échapper à la monotonie d'une vie sans relief.

L'horloge qui tourne me rapproche à chaque instant du moment redouté et espéré à la fois du jugement particulier. Tout viendra à la lumière. Qu'aurai-je à présenter au Seigneur ? Il ne me demandera sans doute pas des exploits extraordinaires, simplement d'avoir persévéré dans les humbles tâches du quotidien, selon la voie qui fut la mienne dans le cours de ce pèlerinage terrestre. Jésus n'a-t-Il pas dit : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Mt 24, 13) ?

Le temps de l'Avent qui approche va de nouveau creuser le désir intérieur. C'est à la mesure de ce désir que les temps de grisouille peuvent être dépassés. Ils sont justement l'occasion donnée par le Seigneur pour replonger à la source et ne pas se laisser porter par les sentiments d'exaltation, trop volages pour être pris au sérieux. Dans ce combat de la persévérance au milieu des choses ordinaires, la fidélité est éprouvée pour enraciner la communion avec le Seigneur dans la vraie charité, et non pas le ressenti. « Veillez et priez ! ».

Avec la Vierge de Nazareth, dans l'humilité des tâches du quotidien et le silence des âmes contemplatives, attendons sans inquiétude le Christ qui vient, déjà présent en nos âmes !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°89 du 25 octobre 2016

publié le 7 nov. 2016 à 01:01 par Jérôme Moreau

"Dieu et César... mais dans l'ordre !

Le principe de laïcité est défini par le Seigneur Jésus Lui-même : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21). Mais il ne s'agit pas de considérer que le pouvoir politique a pleine et totale latitude pour gouverner un pays sans tenir compte de la loi naturelle. Toute autorité vient de Dieu, comme le dit Jésus à Pilate : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en-haut » (Jn 19, 11). La séparation du religieux et du politique n'est pas un blanc-seing donné aux gouvernants pour faire triompher leurs idées, fût-ce au détriment des droits fondamentaux qui s'enracinent dans la Loi naturelle et divine, et donc au détriment du vrai bien commun. Saint Jean Chrysostome prévenait déjà en son temps : « Le précepte de donner à César ce qui est à César s'entend de ce qui ne s'oppose pas au service de Dieu. Sinon, ce ne serait plus un tribut payé à César, mais à Satan ! » (Homélies sur Matthieu, 70, 2). En fait, il y a subordination du régime politique à la Loi divine car le service du bien de tous ne peut pas aller contre Dieu et sa Loi éternelle, de qui tous viennent et vers qui tous vont. La volonté de subordonner les lois religieuses à la loi républicaine n'est pas plus tenable pour un musulman qu'un chrétien, un bouddhiste qu'un libre-penseur. La loi du pays ne peut pas s'immiscer dans la conscience religieuse des citoyens sans violer leur liberté de conscience. « (Le Christ) reconnut le pouvoir civil et ses droits, ordonnant de payer le tribut à César, mais en rappelant que les droits supérieurs de Dieu doivent être respectés » (Vatican II, Dignitatis Humanae, n° 11).

En revanche, tant que les lois de notre pays ne contreviennent pas à la liberté de notre conscience et qu'elles permettent de vivre ensemble dans la paix et la bienveillance, non seulement nous pouvons leur obéir mais nous devons leur obéir. C'est aussi le respect de l'autorité qui nous est demandé (cf. Rm 13, 1-2). Pourtant le principe de respect des consciences, inscrit dans l’Évangile par le Seigneur Lui-même alors qu'Il témoigne de la Vérité sans l'imposer par la force, nous commande de dire haut et fort la plénitude de la Vérité. C'est la charité suprême exercée dans le service politique de donner à nos concitoyens la possibilité de rencontrer la Vérité qui vient d'en-haut et qui libère vraiment l'homme de ses chaînes d'esclavage. Nous ne pouvons pas laisser les loups rapaces prendre totalement possession de la bergerie de l'humanité. Témoigner de la Vérité dans la sphère politique, c'est une cause plus qu'urgente. De la vérité proclamée et entendue, Dieu peut fléchir les cœurs. A l'heure où se présentent à nous des échéances électorales, même si nous ne pesons pas toujours lourd sur l'échiquier des orientations sociétales, nous pesons au moins un bulletin de vote qui peut se porter sur la personne la plus proche de nos convictions catholiques, depuis les plus fondamentales, comme le respect de la vie, à celles qui sont plus secondaires, selon une hiérarchie propre à aider au discernement. Peut-être d'ailleurs certains peuvent-ils faire plus en s'engageant en politique au service du bien commun, ou au moins soutenir l'un ou l'autre de nos courageux frères et sœurs catholiques qui font ce qu'ils peuvent dans l'arène politique ! Que Notre-Dame, Reine de France, intercède pour notre chère patrie en ces heures graves et nous donne la force du témoignage et de l'espérance !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°88 du 25 septembre 2016

publié le 3 oct. 2016 à 12:08 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 3 oct. 2016 à 12:13 ]

"Le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre" (1R 19,11)... Quoique... !

La province d'Ancône en Italie nous accueille avec son relief montagneux qui décline en collines généreuses pour se jeter dans la Mer Adriatique. Ce mardi 23 août est lourd d'un soleil de plomb. Nous avons quitté l'autoroute côtière pour des lacets invisibles qui pénètrent le pays. Les crêtes masquent l'horizon et les vallons nous ouvrent régulièrement en clin d’œil la vue vers la mer. A quelques encablures, la petite cité de Lorette est fière de présenter sa basilique à coupole. C'est là, enchâssée dans ce noble écrin, que les pèlerins du monde entier viennent vénérer la Santa Casa, la maison de la Vierge, tel un saint Louis-Marie Grignion de Montfort jadis, et tant d'autres. C'est bien la vraie maison, transportée par les anges au moyen-âge en ce coin de terre béni. En fait d'anges, la famille De Angelis la fit venir de Palestine au temps des croisés. D'aucuns argumenteront sur la grotte vénérée à Nazareth comme le lieu authentifié de la maison de la Vierge où Elle reçut la visite de l'ange Gabriel. C'est incontestable mais pas incompatible. Les habitations du petit village de la Sainte Famille étaient le plus souvent semi-troglodytiques. Devant la grotte, était construite une autre pièce. C'est cette avancée bâtie qui a été démontée et reconstituée à Lorette. Et, de fait, des analyses de la terre et de la pierre montrent qu'elles proviennent bien du village de Galilée.

L'arrivée tardive ne nous permet pas une première visite vespérale au sanctuaire. Les pèlerins s'installent dans les logements pour une nuit réparatrice dans la joyeuse perspective de prier le matin dans le lieu où il est inscrit, à l'instar de la grotte de Nazareth : « Et Verbum HIC factum est ! Et le Verbe ICI s'est fait chair ! ». 3h40... un grondement sourd, un peu semblable à une rame de métro parisien, me réveille. La surprise passée, je m'aperçois que mon lit bouge dans tous les sens. Des craquements sourds trahissent la souffrance de la structure du bâtiment, torturé par le mouvement de torsion. Les secondes semblent des minutes. Je réalise qu'un tremblement de terre menace de faire écrouler l'hôtellerie s'il devait se prolonger. Je me souviens que nous sommes sur une zone sismique à risques, bien que mon séjour romain prolongé ne m'ait jamais donné de vivre cette expérience effrayante. Puis tout se calme... D'un coup ! Des alarmes résonnent. Des chiens aboient. Puis quelques sirènes de pompiers déchirent le silence de la nuit. Je me lève pour ouvrir les volets et constate avec soulagement que la ville est intacte. Je peine à me rendormir, m'attendant à une réplique. Elle vient en effet vers 4h30, moins forte mais encore relativement violente.

Le petit-déjeuner se passe dans l'échange des impressions des uns et des autres. L'épicentre était à 110 kilomètres. Toute la journée, nos prières sont orientées vers les victimes des villes et villages les plus touchés, décédées ou coincées dans les décombres. En route vers Bologne, nous croisons sans cesse des convois de pompiers, de l'armée et de la protection civile, se dirigeant vers le sud avec des bulldozers et des engins de chantier. Nous prenons conscience de la fragilité humaine et comment nos vies auraient pu basculer en une fraction de seconde si nous nous étions seulement trouvés un peu plus près de l'épicentre.

Quand Élie vint à la rencontre de Dieu sur le Mont Horeb, « il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre » (1R 19, 11). Les secousses telluriques terrifiantes sont souvent un signe de fins dernières, forces incontrôlées d'une nature qui semble rejoindre le chaos et entraîner les hommes avec elle. Dieu n'est pas dans le tremblement de terre mais se révèle ensuite dans la douceur et « le murmure d'une brise légère » (1R 19, 12). Comme si les éléments déchaînés invitaient l'homme à prendre la mesure de sa petitesse et de sa faiblesse pour mieux rencontrer Celui qui est le Maître du monde. Notre vie est dans sa main et à tout moment il peut nous être demandé d'en rendre compte.

Au final, tout est grâce. Alors que nous courons vers le but à atteindre, telles les femmes vers le tombeau au matin de Pâques, un tremblement de terre peut nous surprendre (cf. Mt 28, 2), comme le signe avant-coureur de la lumière du Ressuscité !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°87 du 25 août 2016

publié le 25 août 2016 à 03:35 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 août 2016 à 03:40 ]

Væ victis !

En 390 avant JC, les gaulois attaquent Rome. Les romains, réfugiés dans le Capitole sont sauvés par le cri des oies lors d'une attaque des assiégeants. Finalement, après négociation, les gaulois acceptent qu'on leur paie une rançon d'or à bon poids (1000 livres soit 327 kg !). Une balance est dressée sur une place mais les romains s'aperçoivent que les gaulois y ont placé des poids truqués. Ils s'en plaignent. Le chef gaulois Brennos jette alors son épée et son bouclier sur la balance en disant : « Væ victis ! », c'est-à-dire : « Malheur aux vaincus ! ».

Ainsi en allait le sort des peuplades antiques au gré de la volonté des dieux, parfois plus forts parfois plus faibles. On ne s'apitoyait pas sur les vaincus car la force était à l'honneur, la puissance une vertu, et la souveraineté avait toujours raison. Plus votre dieu était fort et plus il pouvait en imposer aux autres et assurer la domination de votre peuple sur ses voisins. La faiblesse était méprisable, la maladie une malédiction, le handicap un destin fatal. A Sparte, on examinait les nourrissons à leur naissance et on les éliminait systématiquement s'ils montraient des tares ou les signes d'une constitution fragile. Le paganisme de tous temps tient en haute estime la domination par la force, et tant pis pour les victimes.

En pleurant ceux qui ont été exterminés par les bourreaux de l'islamisme militant, notre société, malgré ses relents antichrétiens, fonctionne paradoxalement selon un registre qui puise dans l’Évangile, mais sans doute un Évangile dévoyé. Depuis que le Christ a eu compassion du pécheur, a donné en exemple les enfants, a fait l'éloge de la douceur et de l'humilité, et surtout depuis qu'Il a montré la voie suprême de l'amour en offrant sa vie sur la Croix, nous ne pouvons plus, certes, nous recommander d'un dieu terrible et dominateur qui nous donnerait raison contre nos ennemis, qui voudrait les humilier et les réduire en poussière. Mais aux yeux des islamistes, le langage de compassion envers les victimes est l'aveu de faiblesse d'une société décadente et sans fierté. Le dieu de l'Islam est dominateur, il donne la victoire à ses fidèles et ne peut supporter la défaite de ses protégés. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Jésus ne meurt pas sur la croix dans le Coran.

« Væ victis ! », « Malheur aux vaincus ! » donc. Il semble que le dieu des islamistes se rapproche des revendications et de la nature des divinités païennes. Ne serait-il pas un dieu qui ne serait finalement que l'image projetée d'esprits faibles, en mal de domination et d'orgueil, d'hommes complexés ? Il n'empêche qu'il faut leur montrer un autre visage que celui d'une société de pleurnichards qui ne seraient bons qu'à faire des minutes de silence et déposer des fleurs. Qu'avons-nous à opposer aux islamistes et à ceux qui seraient tentés de s'y joindre, sinon la force de l'amour ?

Car c'est une vraie force. Notre amour de chrétiens doit être viril et décidé. Nous nous laissons inhiber par les discours de la bien-pensance qui nous réduisent aux bons sentiments humanistes, lénifiants et mollassons, de sorte que nous sommes emprisonnés par une sorte d'immense syndrome de Stockholm qui voit les victimes se prendre de compassion pour les bourreaux dans une permanente auto-flagellation. Mais l'amour véritable exige la justice et la vérité. Notre Dieu n'est-Il qu'une guimauve transparente et invertébrée ? Justement, Il a pris nos vertèbres pour porter le poids de notre chair et de nos maux, et nous en délivrer par la force plus puissante que toutes les violences : la force de l'amour offert en sacrifice pour que règne la vraie justice.

Cette force passe aussi par la légitime défense et par la défense des plus faibles, y compris dans la réponse mesurée d'une saine et sainte colère. Jésus a chassé les vendeurs du Temple, ceux qui profanaient la maison de Dieu pour en faire un repaire de bandits. Ne laissons pas profaner la maison de Dieu et osons proclamer tout haut un Dieu fort, fort de l'Amour qui va jusqu'au bout du don. Les martyrs ne sont pas les bourreaux haineux mais les victimes aimantes qui ne cherchent ni à se venger ni à venger leur Dieu. La société a le devoir de se défendre et d'y employer tous les moyens légitimes et efficaces. La question de fond passe pourtant par le témoignage de notre foi, qui n'est pas un plus petit commun dénominateur en symbiose avec les ''valeurs de la République'' (jamais définies d'ailleurs, comme la si bien et courageusement dit le Cardinal Vingt-Trois...), mais la mise en lumière d'un visage de Dieu qui vient à la rencontre de tous les hommes sans exception pour extirper de leur cœur les ferments du péché, de la haine et de la violence et leur révéler qu'il n'y a de véritable force que dans l'amour inconditionnel de Dieu et du prochain.

Nous ne sommes plus au temps du ''Væ victis ! » des païens. Les islamistes appartiennent à un âge de l'humanité révolu. Après l'annonce de l’Évangile, nous sommes dans l'ère des Béatitudes, seules capables de conserver encore un peu d'humanité à une société en déroute : « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ! ». Le temps presse d'annoncer la foi dans le vrai Dieu !

Abbé Philippe-Marie



Vie du site

Comme tous les ans, de passage à Lourdes autour du 15 août comme hospitalier, j'y retrouve près de Notre Dame les racines (je devrais dire la source) de CathoFamiLink. Cette année, les pèlerins du monde entier étaient un peu moins nombreux. On peut attribuer ce fait aux difficultés économiques et à la peur des attentats, et la visite éclair du Ministre de l'Intérieur (pas plus de 10 minutes) n'avait rien d'une compensation numérique. Les confidences d'un patron de débit de boisson étaient plus intéressantes: Si Lourdes retrouvait pleinement sa raison d'être au lieu de jouer les villes touristiques, les choses changeraient.

Mais la présence de nouveaux pèlerins "malgré eux" n'était pas sans intérêt: les gendarmes et les militaires de l'Armée de Terre. Certes les mesures de sécurité nouvelles comportaient certaines contraintes peu agréables (au demeurant aisément supportables), mais ces "gros bras" protecteurs ont été bien accueillis et certains se sont dit touchés par la façon dont nous traitions les malades. Qui sait ce que Notre Dame a fait passer dans leur cœur?

En outre, pour la première fois depuis très longtemps la prière pour la France fut totalement décomplexée. Le rappel de son importance fondamentale fut maintes et maintes fois formulé, en particulier par Mgr Barbarin qui présidait le Pèlerinage National. Nous eûmes droit à des décorations tricolores, à des drapeaux français un peu partout et à des bombes de confettis bleu-blanc-rouge à la fin de la grand messe de l'Assomption. Il fallait donc que l'on passe par des attentats, des prêtres martyrisés en haine de la foi sur notre territoire ainsi qu'à de multiples églises profanées pour que l'on en vienne à suivre la demande de la Vierge (à l'Ile Bouchard entre autres) de prier pour la France. Et la Vierge de l'Ile Bouchard est la même que celle de Lourdes.

Je vous livre pour finir quelques impressions personnelles ressenties au moment de partir :


Pas envie de quitter Lourdes

Pas envie de quitter cet endroit de bonheur
Où la miséricorde exprimée de Marie
Répand sans retenue dans ma vasque tarie,
Par la vie de la Source un torrent de fraîcheur.

Un temps fort comble un temps plus faible en altitude.
Pour celui-ci n'ayons ni remords ni regrets:
Celui-là hissera nos vies vers son progrès
Et gardera nos cœurs d'un flot de lassitude.

Je sens la nostalgie déjà sourdre et jaillir
Dans le contre-courant de la Source et du Gave.
Que jamais le regret de partir ne m'entrave
Et fasse les bienfaits du séjour défaillir!

Tant de grâce a coulé du cœur de Notre Dame
Que je resterais boire à la source et goûter
Ces moments de bonheur où je viens écouter
Cet amour virginal qui dans cette eau s'enflamme.

Pas envie de partir… N'être plus pèlerin…
Un morceau de mon cœur demeure au Sanctuaire.
Je l'y retrouverai dans un an, je l'espère,
Retrouvaille attendue pour avec lui faire "un".

Dominique



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