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Newsletter n°114 du 25 novembre 2018

publié le 27 nov. 2018 à 00:08 par Newsletter CathoFamiLink

Pour ne plus rire jaune

Chers amis,

La mode est au jaune. Il s'étale dans nos rues, surtout à nos ronds-points d'ailleurs et dans tous les endroits stratégiques de circulation. Il semble que le gouvernement s'en rit. Pourtant, il me semble que ceux qui sont obligés de s'habiller avec le gilet obligatoire, parce que plus rien ne les réchauffe, n'ont pas du tout envie de rire. Ils sont même excédés. Les riches sont de plus en plus riches, paraît-il. Des grandes industries ou groupes collectionnent les milliards dont ne profite au fond qu'une petite minorité. Mais, c'est sûr, promis, juré, bientôt tout le monde pourra en profiter. Comme le dit si bien l'un de mes bons confrères : « le monde est en marche, mais ne sait pas vers quoi ».

Quoi qu'il en soit de notre opinion sur ce mouvement populaire, nous voyons que la société libérale consumériste est fascinée par le progrès sans fin, le toujours plus d'une abondance matérielle qui ne contente jamais les riches, endette les classes moyennes et révolte les plus pauvres qui n'y ont pas accès. Ils ont tous en commun une boulimie névrotique de biens matériels, censés combler tous les désirs et apporter le bonheur. La folie des emplettes de Noël nous le rappelle chaque année.

En fait, le problème n'est pas tellement le désir de ces biens mais plutôt l'erreur commise quant à la nature de ces biens. L'homme, être spirituel et corporel à la fois, a besoin du nécessaire pour subvenir aux besoins de son corps, mais ses besoins plus fondamentaux concernent son âme. Rien ne peut contenter l'homme qui le maintient dans l'assouvissement de ses passions. Seul un bien supérieur peut combler sa soif de bien-être et de paix. Ce bien n'est pas quelque chose ; c'est Dieu Lui-même qui veut se donner à l'homme pour étancher définitivement son désir d'aimer et d'être aimé.

On peut très bien comprendre les revendications des gilets jaunes, et même les partager largement. Elles sont quand même le symptôme d'une société qui n'est plus orientée, finalisée vers l'essentiel. En attendant, alors que commence ce temps de l'Avent, la couleur violette va être notre signe de ralliement. C'est la couleur pénitentielle qui nous aide à prendre conscience de la précarité de notre vie terrestre, qui nous fait souvenir que nous ne sommes que de pauvres êtres de passage ici-bas, qui nous rappelle que nous sommes dans l'attente de la vie éternelle et bienheureuse où tous nos plus nobles désirs seront comblés infiniment. Certes, le violet est moins tendance mais peut-être est-il plus utile à long terme.

Le violet précède toujours le jaune de la joie, celle de Noël, celle de Pâques. Au jour de la résurrection finale, comme au jour de Pâques, nous verrons tout en jaune. C'est une belle nouvelle à annoncer en ces temps d'athéisme matérialiste pratique. Pendant l'Avent, la Vierge Marie nous montre le chemin afin, qu'un jour, plus personne ne rit jaune et que le jaune de la joie pascale soit un trait d'union entre tous les hommes de bonne volonté.

Sainte préparation à Noël !

Newsletter n°113 du 25 octobre 2018

publié le 2 nov. 2018 à 11:02 par Newsletter CathoFamiLink

Le plus beau des cadeaux

Chers amis de CathoFamiLink,

Ce mois de novembre commence par deux célébrations liturgiques qui nous font passer de la vie à la mort et de la mort à la vie. La Toussaint, d'abord, nous rappelle avec force que notre patrie est au ciel. Ceux que nous vénérons, saints connus et inconnus, nous ont précédés ici-bas, avec les mêmes questions, les mêmes combats, les mêmes joies et ils ont triomphé dans le Christ. En fait, c'est le Christ que nous vénérons en eux, chacun étant pour sa part un reflet de la sainteté absolue du ''plus beau des enfants des hommes''. Seule la Vierge Marie peut prétendre à une sainteté universelle, celle de toutes les vertus de son Fils, puisque Elle ne vit que de Lui, que par Lui, qu'avec Lui et qu'en Lui. C'est une magnifique fête de la Vie car « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant ; et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu » (Saint Irénée de Lyon). Nous repensons peut-être à des aïeux, des figures marquantes de nos familles, qui ont mené une belle et simple vie sur terre, exemples cachés de sainteté de l'ordinaire. Il n'en a pas été ainsi pour tous.

Le lendemain, en effet, l’Église nous invite à prier pour nos chers défunts et à intercéder pour eux afin que soient purifiés les restes du péché qui les retiennent d'entrer dans la vision de la lumière divine. Pour cela, depuis fort longtemps, notre Mère l’Église propose aux prêtres de célébrer, ce 2 novembre, trois Messes pour les morts. Elle sait que la Messe est le moyen le plus puissant et le plus efficace d'intercession pour eux. C'est une action de vie que nous menons pour les morts, en recourant au sacrifice du Sauveur qui se perpétue dans la Sainte Messe. Comment donc ?

En mourant sur la Croix, Jésus, Dieu fait homme et Fils de Dieu, s'offre à son Père pour le salut de toute l'humanité. Dès lors, une fois son sacrifice achevé, toutes les grâces de salut sont acquises définitivement. La Croix est comme une source profonde inépuisable où nous pouvons recueillir sans cesse la miséricorde de Dieu qui restaure tous les hommes et chacun d'entre eux, à travers tous les âges de l'humanité. Tout est acquis, mais tout demande à se répandre. Et Jésus a ''inventé'' ce moyen génial de la Messe qui nous transporte à chaque fois au pied de la Croix avec Marie et Jean pour que nous puisions à la source l'Amour de Dieu qui nous régénère. Chaque Messe est célébrée pour le monde entier, comme intention générale. En plus, chaque Messe peut être célébrée, appliquée, pour une intention particulière au profit des vivants ou des morts, pour que la grâce du sacrifice de Jésus vienne toucher personnellement tel ou telle de la tendresse du Rédempteur, pour faire monter une action de grâce vers le Père ou pour guérir et sanctifier ce qui peut encore l'être.

Concrètement, faire célébrer une Messe est le plus beau cadeau que vous puissiez offrir à vos proches, vivants ou défunts, ou la plus belle manière de porter une intention qui vous est chère. Combien de gerbes de fleurs, qui sont certes l'expression de l'affection, lors des sépultures, alors que le défunt ne bénéficiera pas d'une seule Messe ! Les fleurs sont visibles mais fanées après quelques jours. L'intention de Messe offerte procède de la foi en la miséricorde ; elle reste discrète mais porte un fruit de vie éternelle. Quelle charité plus grande ? Double à vrai dire, pour le ciel et c'est le plus important, pour la terre car vous contribuez à soutenir l’Église en aidant vos prêtres.

Soyons clairs ! La Messe n'a pas de prix, sinon celui du Sang versé de Jésus-Christ, le prix infini de son Amour livré. On ne paie pas une Messe. L'offrande est proposée, mais libre ; elle est l'expression concrète, matérielle, de notre engagement dans la prière et rémunère en même temps le service du prêtre qui célèbre. Le prêtre ne peut recevoir qu'une seule offrande par jour. Et si vous offriez tous les mois, ou même tous les deux mois, une intention ? Merci à tous ceux qui y pensent déjà. Si cela ne vous pas été transmis par culture familiale, prenez cette bonne habitude.

Alors, quand il s'agit de choses spirituelles profondes, pour plagier une ancienne publicité des fleuristes – pour qui j'ai la plus grande estime d'ailleurs -, ne le dites plus avec des fleurs, mais dites-le avec des Messes ! C'est le plus beau des cadeaux. Il a un coût, mais il n'a pas de prix pour ceux que vous aimez !

Newsletter n°112 du 25 septembre 2018

publié le 2 nov. 2018 à 11:00 par Newsletter CathoFamiLink

A qui irions-nous, Seigneur ! (Jn 6, 68)

Chers amis de CathoFamiLink,

Je vous écris ce petit billet en ce jour béni où nous fêtons un des plus grands saints du XX° siècle : Saint Padre Pio de Pietrelcina. Vous avez sûrement entendu parler de ce capucin, premier prêtre stigmatisé de l'histoire de l’Église, et du rayonnement extraordinaire qu'il eut de son vivant. San Giovanni Rotondo, où il a vécu presque toute sa vie, est devenu un des plus importants sanctuaires du monde, plus fréquenté que Lourdes, ce qui n'est pas peu dire. Peut-être savez-vous moins qu'il a aussi subi des persécutions féroces de son vivant. Toutes sortes de calomnies ont voulu faire taire ce saint frère et le faire disparaître dans les oubliettes de l'histoire, comme faux mystique, profiteur de la crédulité des gens, erreur de casting de la piété populaire des humbles.

A l'origine de ces calomnies, mais pas lui seul, l'histoire a conservé le nom de Mgr Pasquale Gagliardi, heureusement ignoré de la plupart d'entre nous, qui était pourtant le supérieur hiérarchique du saint Padre, puisqu'il n'était pas moins que l'archevêque de Manfredonia, dont dépend la petite cité sainte des Pouilles italiennes. Le pauvre Monseigneur a tout fait pour réduire au silence le bon religieux. D'ailleurs, Padre Pio ne s'est pas fait prier pour se réfugier dans le silence, l'obéissance et l'humilité, sachant bien que Dieu ferait triompher la vérité, tôt ou tard. Il fallut des années pour qu'une enquête sérieuse disculpe le religieux... et accable l'archevêque ! Reconnu coupable de simonie, de violence sexuelle sur des consacrées, de détournement de fonds, et j'en passe, il fut destitué de sa charge le 1 octobre 1929, et contraint de passer le reste de sa vie en pénitence dans sa famille.

Pardon de vous infliger ces faits si navrants, mais ils ne sont pas sans rappeler que l’Église est composée de saints et de pécheurs, y compris, trois fois hélas !, dans les hautes sphères de sa hiérarchie. Vous aurez compris que je fais également référence à des faits récents qui nous affligent tous et nous blessent, révélant l'intrusion de lobbies malsains dans l’Église. L'esprit du monde peut pénétrer à ce point notre noble institution que certains, non contents de tomber dans le péché et même le crime de la pédophilie, veulent en promouvoir les adeptes et ébranler l'enseignement le plus ancien et traditionnel en matière morale. On peut d'ailleurs s'interroger sur le relatif silence des grands médias sur la question, eux toujours si prompts à salir l’Église Catholique de toutes les manières. Vous l'avez compris, le problème n'est pas le péché en tant que tel qui réclame justice et miséricorde à la fois, mais le fait de l'ériger en système de vie et d'influence. Le diable est très fort pour l'inversion des valeurs. Ce que nous voyons avec tristesse dans la société voudrait gagner l’Église pour mieux l'ébranler sur son socle.

Nous ne pouvons pas prendre à la légère ces questions qui nous touchent tous car elles sapent l'autorité de l’Église reçue du Seigneur. Nous continuons pourtant de professer la sainteté de l’Église dans le Credo. Sainte, elle l'est, non pas en raison de ses membres, dont nous sommes, marqués par le péché, mais par la puissance de son Époux, Jésus-Christ, qui la sanctifie. Et puis il y aura toujours la Très Sainte Vierge Marie, et les saints de tous les âges. Le péché de ses membres n'ôte rien à sa sainteté ; il l'empêche malheureusement de briller plus clairement aux yeux des hommes, telle la pièce d'or tombée dans la boue, toujours de l'or mais non plus identifiée comme telle. C'est une invitation pressante pour chacun à une conversion plus grande, à une amitié plus étroite avec le Christ pour que rayonne sa lumière sur le monde.

Au fond, tout le monde a oublié Mgr Pasquale Gagliardi et ses frasques et presque tout le monde connaît le saint Padre Pio. L'histoire de l’Église n'ignore pas les faiblesses et les trahisons de ses propres enfants. En revanche, elle garde surtout en mémoire l’œuvre de sainteté qui se déploie dans la vie de tant et tant de saints, connus et inconnus. Ce sont eux qui tracent des chemins de lumière en ce monde et indiquent la voie droite de l’Évangile qui conduit vers la Patrie céleste.


Veillons donc avec la Vierge Marie au pied de la Croix, dans la prière et l'offrande de nous-mêmes, afin que ne triomphent ni l'ennemi extérieur ni les faux-frères, coalisés avec lui ! « A qui irions-nous, Seigneur, Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6, 68-69) !

Newsletter n°111 du 25 août 2018

publié le 26 août 2018 à 00:29 par Newsletter CathoFamiLink

Carte postale

Chers amis,

A l'heure d'internet et de la communication ultra rapide, la carte postale n'est plus en vogue. Les touristes la boudent et préfèrent envoyer des photos par MMS, ou même des selfies - devrais-je dire ''selfish'' - plus tendance, tels des Narcisse qui ne voient plus qu'eux-mêmes dans les merveilles qu'ils contemplent.

Pourtant, j'ai cherché pour vous une jolie carte postale capable d'imprimer en vos cœurs la suave vision de lieux qui élèvent l'âme. Les beautés enchanteresses du désert du Néguev faisaient bien l'affaire, mais il est précisément trop aride, un peu sévère pour des vacanciers en manque de détente et de fraîcheur. Et puis il nous rappelle les errances des Hébreux rebelles en quête de Terre Promise, les querelles des patriarches avec le roi de Guérar, le découragement du prophète Élie en marche vers l'Horeb. Bref, il nous renvoie plus à la pénitence de carême qu'à la tranquille joie de Pâques.

Il y avait aussi Nazareth qui évoque les douceurs de la vie de famille, le silence propice au repos des vacances, les joies simples du quotidien. Il existe de magnifiques cartes du village au XIX° siècle, celui qu'a connu le Bx Charles de Foucauld, très proche de ce qu'il fut au temps de Jésus. Depuis, les constructions ont envahi les collines, enfermant la grotte sainte de l'Annonciation en un écrin de béton... et de bruit ! Les villes orientales ne laissent pas beaucoup de places au recueillement entre les klaxons incessants de jour et de nuit, la musique à tous les coins de rue dont la promiscuité vous fait largement profiter, sans compter les muezzins et la cacophonie des haut-parleurs de toutes les mosquées environnantes.

Le Lac de Tibériade ne manque pas de charme et, si on tourne le dos à la ville du même nom, on voit plus ou moins ce que Jésus a vu. Cependant, la vue générale est incapable de nous suggérer l'atmosphère évangélique qui y règne. Quant aux vues rapprochées, elles s'attardent sur des ruines de pierre noire où l'imagination s'exerce à reconstituer de touchantes scènes évangéliques sans en comprendre le contexte global.

A défaut, j'aurais pu me replier sur la cité de David, la Bethléem des bergers et de la naissance du Seigneur. On ne sort pas beaucoup du cadre extérieur de Nazareth mais, au moins, je pourrais vous envoyer une image de la grotte sainte qui a vu naître la Lumière du monde. Vous en auriez probablement gardé une fausse idée car le verso de la carte n'aurait pas suffi à vous expliquer les ajouts décoratifs accumulés par les âges et la piété des Églises.

Finalement, Jérusalem devait apporter ce que je cherchais à vous transmettre d'un magnifique pèlerinage en famille. La vue un peu trop classique prise de puis le Mont des Oliviers fait un peu image d’Épinal. Et puis on a l'impression que l'Islam occupe tout le paysage quand on ne sait pas reconnaître les dômes de la basilique du Saint-Sépulcre. Les lieux saints foisonnent. Comment choisir celui-ci ou un autre ? Il faudrait se concentrer de préférence sur l'Anastasis, comme l'appellent nos frères chrétiens orientaux. C'est le cœur de notre foi, le lieu de notre naissance, la source de notre espérance, le point focal où la charité divine inconditionnelle a voulu fusionner définitivement avec l'amour humain pour qu'ils ne fassent plus qu'un. L'architecture de l'endroit a été torturée par les aléas de l'histoire et il m'aurait fallu vous envoyer tout un paquet de cartes postales pour en décrire la puissante atmosphère.

Et puis, j'ai renoncé à vouloir vous livrer mes impressions en image. A quoi bon ! Tout aurait été en deçà de l'expérience spirituelle intense vécue sur les pas du Seigneur Jésus. J'ai préféré rassembler toutes les photos mentales de vos visages, connus et inconnus, pour les envoyer au Seigneur en recommandé, là, sur le Calvaire, le vrai, au Golgotha où les fleuves d'eau vive et d'amour ont jailli de son Cœur transpercé. En y apposant le timbre lumineux de l'Esprit-Saint, je savais bien que le Destinataire comprendrait tout au premier coup d’œil et saurait reconnaître la Terre Sainte de vos âmes, sans ignorer les scories accumulées par votre histoire. Marie, la Toute-Sainte, se tenait là, Elle aussi, approuvant et intercédant, heureuse que tant de fils et filles du Père soient embrassés par les bras étendus de son Enfant chéri, livré pour que tous aient la vie, la vie en abondance !

Newsletter n°110 du 25 juillet 2018

publié le 24 juil. 2018 à 15:10 par Benoit F   [ mis à jour le·24 juil. 2018 à 16:01 par Newsletter CathoFamiLink ]

La Morenita

La cité démesurée effraie par ses dimensions tentaculaires. Même vue d'avion, on n'en perçoit pas les limites. Les favelas s'étendent et s'enveloppent autour de tous les reliefs. Les habitations serrées ne laissent que la portion congrue aux rues qui essaient de se frayer un chemin. La promiscuité est partout et en fait une ville passablement dangereuse, surtout pour ceux qui s'y aventurent la nuit. Mexico grouille d'une circulation dantesque à toute heure du jour. Les parcs magnifiques sont autant de refuges pour les citadins de tous âges, fuyant un peu la pollution. Régulièrement, la capitale paie un lourd tribut à la nature violente qui lui inflige de terribles tremblements de terre.

Au XIX° siècle, au nord de la ville, de dimension infiniment plus modeste qu'aujourd'hui, la colline du Tepeyac était entourée de quelques habitations constituant un village. La basilique ancienne abritait la ''tilma'', le fameux tablier de saint Juan Diego, où s'était imprimée l'image céleste et extraordinaire de la Vierge Marie apparaissant à l'humble indien. Aujourd'hui, le sanctuaire est complètement englouti par la ville, et il demeure un lieu très fréquenté, le plus grand pèlerinage marial du monde avec près de 12 millions de visiteurs chaque année.

Mal connue en Europe, la Vierge de Guadalupe est la patronne des Amériques. Apparue en 1531 à un pauvre indien sous les traits d'une métisse – d'où son surnom affectueux de ''Morenita'' -, la Vierge Marie réalise un extraordinaire miracle pour que le voyant puisse convaincre le premier évêque de la ville de l'authenticité de l'apparition. L'image ''acheiropoiète'', c'est-à-dire non faite de main d'homme, plonge l'évêque et les témoins dans la stupéfaction. Les nombreuses expertises scientifiques menées depuis, et surtout en notre époque moderne, en font une image énigmatique, tout comme le Saint-Suaire de Turin. Pigments inconnus qui semblent en suspension sur les fibres du tissu, conservation improbable des couleurs de l'image et du tissu lui-même, scène de la découverte de l'image imprimée dans la pupille des yeux de la Vierge où l'on peut identifier les personnages présents, symbolique des éléments du tissu reprenant les constellations du ciel de Mexico, etc..., la Vierge Marie parle surtout aux indiens en un langage symbolique qu'ils comprennent et qui les oriente vers le seul Sauveur. Par exemple, juste sur son ventre serré par un nœud noir selon la coutume des femmes enceintes à l'époque, se trouve une fleur de jasmin à quatre pétales, considérée comme le centre de l’espace et du temps et l'indice de la présence du dieu créateur aztèque. Les indiens comprendront très bien que l'Enfant qu'Elle porte est l'Auteur de la vie, le Dieu suprême.

Cette image est tout à fait passionnante et mériterait de s'y arrêter plus longuement. Notons que le 24 avril 2007, alors que cette région du Mexique avait décider de légaliser l'avortement, des centaines de personnes purent voir que l’image de la Vierge commençait à s’effacer, pour donner place à une lumière intense qui émanait de son ventre, constituant un halo brillant ayant la forme d’un embryon. Notre-Dame de Guadalupe est vraiment venue pour la défense de la vie, de la famille et de la paix, en une période sanglante de l'histoire de ce pays.

Il m'a été donné la grâce de pouvoir m'y rendre en pèlerinage récemment, et d'y célébrer la Sainte Messe. Je n'ai pas manqué de vous porter tous dans la prière, familles qui portez la vie, familles source de paix pour notre monde, familles éprouvées de mille manières, afin que Notre-Dame soit votre joie et votre consolation en tout.

N'oublions pas son message, si simple et si profond à la fois : « Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? N’es-tu pas sous ma protection ? Ne suis-je pas ta santé ? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein ? Que désires-tu de plus ? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit ». 

Newsletter n°109 du 25 juin 2018

publié le 9 juil. 2018 à 22:42 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 24 juil. 2018 à 16:02 ]

Successeur des Apôtres


Le mois de juin connaît des réjouissances liturgiques solennelles avec le Sacré-Cœur, saint Jean-Baptiste qui tombe un dimanche cette année, ainsi que les saints Pierre et Paul le 29 juin. Sans être une fête d'obligation, cette dernière nous renvoie au mystère de l'apostolicité de l’Église. L'hymne des 1° vêpres de ce jour chante la gloire de ces deux éminentes figures, célébrées ensemble depuis toujours : « Toi qui fus empourprée, ô bienheureuse Rome, du sang très précieux de ces deux si grands princes, ce n'est plus ton renom, mais ce sont leurs mérites qui te font dépasser toute beauté au monde !». De celui qui l'avait renié et de celui qui le persécutait, le Christ a fait les colonnes de la plus noble des Églises, Rome qui préside à la charité pour toute l’Église. universelle.

Si nous situons facilement le Saint-Père comme successeur de Pierre et chef de tout le troupeau terrestre à lui confié (Mt 16, 18), nous oublions parfois que ce sont tous nos évêques qui succèdent au Collège des Apôtres. L'un, et le plus éminent de tous, a reçu le siège de Pierre et la responsabilité de l’Église. Catholique qui lui est liée. Chacun de nos évêques, même du plus petit diocèse qui soit, parfois guère plus important qu'une grosse paroisse de  grande métropole, est un successeur des Apôtres. Il en reçoit toute la grâce pour guider la portion du peuple qui lui est confiée. L'ordination lui confère tous les pouvoirs qui vont avec, depuis le pouvoir sacramentel qui permet de transmettre la plénitude de la grâce (en ordonnant d'autres évêques par exemple), au pouvoir de juridiction qui l'établit comme pasteur suprême de son troupeau (car un évêque n'est pas un délégué du Pape dans son diocèse), en passant par la puissance de chasser les démons (qu'il peut déléguer à un prêtre nommé exorciste) et l'autorité de l'enseignement de la Parole de Dieu.

Je vous écris ce texte à l'heure où le diocèse de Luçon en Vendée reçoit un nouveau pasteur. Nous le recevons dans la confiance et la joie, comme un don du Seigneur transmis par notre Saint-Père. La responsabilité de successeur des Apôtres est immense et sûrement trop lourde pour de frêles épaules humaines. Notre devoir de chrétiens est de prier pour l'évêque qui est le nôtre. Et si vous preniez la décision de dire chaque jour une dizaine de chapelet pour le Saint-Père ? Et une autre pour votre évêque ? Ce serait un bel acte de charité, ainsi que de prise de conscience que l’Église. est faite de cette charité active qui nous porte les uns les autres.

Certes, nos évêques sont aussi des hommes avec leurs limites, leurs défauts, leurs fragilités. Certaines de leurs décisions peuvent déplaire, certaines orientations nous affliger. Il est si facile de critiquer quand on ne porte pas la responsabilité ! Nous restons libres de nos opinions, sur la pastorale par exemple. L’Église n'est pas une secte qui formate ses adhérents. Cependant nous ne devrions pas avoir le droit d'ouvrir la bouche pour critiquer si nous ne prions pas effectivement pour notre évêque, fidèlement et filialement.

Alors, chers amis, aimez votre évêque ! Ayez de la tendresse pour lui ! Si c'est facile, tant mieux ! Si c'est difficile, faites un acte de foi, confiez-le au Seigneur, avec sa charge qui le laisse si souvent bien seul ! Notre Église est apostolique, fondée sur les Apôtres. Les évêques en sont les successeurs et nous rappellent l'enracinement de notre foi dans celle de l’Église primitive, ainsi que notre communion avec les catholiques de tous les diocèses du monde.

Bénissons le Seigneur pour nos évêques et, une fois n'est pas coutume, bénissons-les de tout cœur en les confiant à Notre-Dame, Mère de l’Église !

Newsletter n°108 du 25 juin 2018

publié le 9 juil. 2018 à 22:38 par Newsletter CathoFamiLink

Mère de l’Église

Chers amis de CathoFamiLink,

La nouvelle a eu peu de retentissement mais elle est pourtant d'importance : désormais, le lundi de Pentecôte (ou autre jour selon certains pays ou calendriers particuliers), nous célébrons la mémoire obligatoire de Marie, Mère de l’Église. Cette mémoire liturgique existait déjà dans certains pays comme la Pologne ou l'Argentine. Elle se réfère à une tradition fort ancienne puisque saint Augustin et saint Léon le Grand avaient déjà nommé la Mère de Dieu par ce titre. C'est le Bx Pape Paul VI qui, en 1964 avant la dernière session du concile Vatican II, a solennellement proclamé la Vierge Marie, Mère de l’Église.

C'était, bien sûr, une manière de confier l’Église du Christ à Celle qui était déjà la Mère de Dieu. A vrai dire, l'initiative venait de Jésus Lui-même alors que, agonisant sur la Croix, Il avait voulu donner sa propre Mère à saint Jean. Au moment même où Il était en train d'acquérir toute la rédemption du genre humain par son sang versé, au moment où tous les hommes pourraient trouver en Lui toute espérance, Il nous donnait sa Mère pour qu'Elle nous enfante à la grâce. Marie avait déjà bénéficié du salut par la Croix depuis l'instant même de sa conception immaculé. Elle avait été élue de Dieu pour devenir la Mère du Verbe incarné pour notre salut. Le corps saint du 

Seigneur pendu au gibet de la Croix venait de son sein virginal où Dieu n'avait pas dédaigné prendre chair de notre chair. Alors que tout était accompli en son Jésus qu'Elle avait déjà offert en son cœur, Celui-ci voulut encore l'impliquer dans son dessein rédempteur en en faisant la Mère de tous les sauvés, la Mère de l’Église. L'incarnation du Verbe nous était venue par Elle. La Rédemption du Verbe nous serait également transmise par Elle. « Voici ta Mère ! » (Jn 19, 27). 

Prendre conscience de la maternité spirituelle de la Vierge Marie pour nous-mêmes et toute l’Église, c'est vouloir emprunter résolument le chemin que Jésus Lui-même a tracé. Soyons sûrs que nous en tirerons des fruits abondants de grâces. La dévotion à Marie n'est pas une option de notre foi, comme le seraient tant de dévotions, légitimes, à divers saints et saintes. Tout nous vient de Jésus, mais tout nous vient par Marie, par volonté de Dieu.

En ce mois de Marie, il est bon de se rappeler que nous sommes enfants de Marie, que toute l’Église se reçoit du Christ-Tête, d'une même Mère. « Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres, sans la tête ; autrement ce serait un monstre de nature ; de même, dans l’ordre de la grâce, le chef et les membres naissent d’une même mère » (Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge, 32). Rendons grâce pour ce don que notre Saint-Père François accorde à toute l’Église, et prions pour que cette initiative porte une force de renouveau et de joie !

Ainsi nous accomplirons le vœu exprimé par le grand saint marial : « Il faut qu'un vrai enfant de l’Église ait Dieu pour Père et Marie pour Mère » (Saint louis-Marie Grignion de Montfort, Secret de Marie, 11) !

Newsletter n°107 du 25 avril 2018

publié le 22 avr. 2018 à 08:58 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 22 avr. 2018 à 09:01 ]

Cours toujours !

Chers amis,

Saviez-vous que l’Écriture Sainte fait la promotion du sport, au moins de l'athlétisme ? Depuis Rachel qui court apprendre une bonne nouvelle à son père (Gn 29, 12), en passant par Élisée  qui court derrière Élie (1R 19, 20), et le courageux Razis qui court à travers les soldats ennemis (2M 14, 45), sans parler du jeune et fougueux David qui court vers le terrible et gigantesque Goliath pour l'affronter (1Sa 17, 48), jusqu'à Gédéon qui réussit l'exploit de convaincre tout le camp ennemi de se mettre à courir (Jg 7, 21). Bref, ça court dans tous les sens à l'heure de l'Ancien Testament.

Le nouveau n'est pas en reste. Tiens, par exemple, l'exploit passé inaperçu de Marie-Madeleine qui, un dimanche matin, exaltée, survoltée, - oserais-je dire – dopée, bat le record hyérosolomitain du 400 m. (Jn 20, 2). Non contents de l'affaire et de cet enthousiasme de la gente féminine (Lc 24, 11), Pierre et Jean s'y mettent à leur tour pour se rendre dans le jardin du Golgotha (Jn 20, 4). « Les justes courent comme des étincelles dans le chaume » (Sg 3, 7), avaient-ils lu, et même : « le juste court allègrement » (Pr 29, 6). Ce qui ne manqua pas de leur donner des ailes. C'est depuis ce temps qu'une tradition, bien fondée, pousse les chrétiens à courir le dimanche matin.

Moins courageux qu'eux, alors que je conduis ma voiture pour me rendre à l'église, j'en vois, seuls, par petits groupes, parfois par myriades, courir par-ci par-là ou pédaler, en version plus moderne, sur des vélocipèdes que ne pouvaient pas imaginer nos aïeux dans la foi. Je ne parle pas des jeunes qui ne savent même pas qu'existe un tombeau vide à Jérusalem ; je parle des vieux – de mon âge, quoi ! -, dûment baptisés jadis, qui courent en rond, de chez eux à chez eux, faute d'avoir un but à atteindre, un tombeau vide à visiter. Vêtus de combinaisons high-tech, achetées 3 francs 6 sous dans de grandes surfaces du sport, par solidarité avec les ouvriers du tiers-monde qui, eux, n'ont pas le temps de courir – car c'est un luxe de riches -, chaussés de baskets fluo dernier cri et de lunettes de soleil branchées, ils courent vers une jeunesse qui s'étiole, « vers ce qui n'est que néant » (Jr 2, 5). Les juste-au-corps chatoyants moulent diversement leur silhouette défraîchie par l'âge, tantôt boudinée par les tissus synthétiques, tantôt flottant et laissant deviner des muscles flasques et des bouts de peau ridée. Il faut leur reconnaître un certain courage. Ils se regroupent occasionnellement en grand nombre. Ils osent tout, même les concours ! Et c'est même à ça qu'on les reconnaît, enthousiastes, entreprenants, dynamiques ! Ce dont on les avait privé dans leur jeunesse, ils l'ont transmis à leurs enfants, qui courent aussi. C'est toujours un dimanche matin, comme dans le bon vieux temps, mais au lieu de courir vers le tombeau vide à la source de toute jeunesse, ce sont plutôt des tombeaux vides qui courent vers l'illusion d'une jeunesse qui leur échappe et qu'ils ne parviennent pas à rattraper. 

Pour n'être pas trop court, il vaut mieux éviter de « courir en vain » (Ph 2, 16), ou du moins s'efforcer de « courir au but, pour obtenir le prix, qui est l'appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Ph 3, 14). Bien courir, c'est « courir dans la voie des commandements » (Ps 118, 32) et, avec saint Paul, pouvoir se dire : « pourvu que j'achève ma course et que j'accomplisse la mission que j'ai reçue du Seigneur Jésus » (Ac 20, 24). Mes vieux joggers du dimanche ont changé de religion, ou plutôt oublié qu'ils en avaient une, que la jeunesse n'est pas dans le corps mais dans l'âme. Ils sont passés de la course vers les grands espaces à la course en rond, qui tournera court.

« Vous couriez si bien ! Qui vous a empêchés de suivre la vérité ? » (Ga 5, 7). « Ne savez vous pas que dans les courses du stade, tous courent, mais qu'un seul reçoit le prix ? Courez de même afin de le remporter. Mais tout concurrent s'impose une abstinence rigoureuse ; eux pour obtenir une couronne périssable, nous pour une impérissable. Pour moi, je cours donc de même, non à l'aventure » (1Co 9, 24-26).

Courons donc pour les bonnes raisons, hardiment, vers le Christ ressuscité, trop peu couru par notre monde occidental. En nous voyant ainsi nous dépenser, nos contemporains pourront peut-être dire un jour avec nous : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2Tm 4, 7). Bonne course !

Newsletter n°106 du 25 mars 2018

publié le 25 mars 2018 à 11:53 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 25 mars 2018 à 12:00 ]

Mistrals gagnants de Pâques

Chers amis de CathoFamiLink,

A l'occasion de Noël dernier, une bonne personne a eu l'idée de m'offrir le film de Anne-Dauphine Julliand : « Et les mistrals gagnants ». J'y ai retrouvé des atmosphères d'hôpital familières, des douleurs lancinantes qui ne trouvent pas de repos, des angoisses jamais apaisées qui débordent sur les proches, plus contagieuses que les virus. J'ai pu même respirer à nouveau ces effluves caractéristiques d'aseptisant, dont la mémoire olfactive garde une trace indélébile. Mais j'y ai surtout replongé dans les souvenirs forts des combattants de la vie, de ceux qui ne baissent jamais les bras tant que souffle demeure. A travers les visages extraordinaires de ces enfants, je revoyais d'autres visages qui m'ont marqué durablement.

L'hôpital est un lieu de souffrance, certes ! On voit moins que c'est surtout un lieu d'enfantement permanent, et pas seulement à la maternité. La tristesse menace toujours de s'infiltrer en chaque chambre, dans les bureaux de consultation où se posent les diagnostics, en chaque recoin de couloir où un proche va libérer discrètement son chagrin. La joie n'est pourtant pas le parent pauvre des vertus de l'hôpital puisque la plupart de ceux qui y séjournent ressortent plutôt en meilleure forme. Cependant, elle est d'autant plus frappante quand elle touche les malades incurables, ceux qui n'ont pas de perspective enchanteresse, aucun espoir d'un retour à une ''vie normale'' et qui, vaille que vaille, continuent à mener une lutte titanesque pour la vie.

Tous et chacun des enfants de ce joli film bousculent les prétentions contemporaines du surhomme, de l'homme augmenté, sans trouble, sans douleur, sans crainte, sans limite, sans mort, mais déjà sans âme. Ils nous donnent la leçon de la vie sans nous la faire. Et même si certains sont passés de vie à trépas depuis, ils n'en sont que plus magnifiquement dans la lumière. Ils nous présentent une tendre et robuste parabole du triomphe de la vie, autant d'icônes vivantes du Christ accablé de souffrance dans la Passion, constamment digne, et triomphateur discret au jour de Pâques. La chanson de Renaud, de laquelle le film tire son nom, le souligne avec bonheur : « Il faut aimer la vie, l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ».

Dans l'expérience de ces petits bouts d'homme et de femme, la faiblesse se transmue en une force invincible qui terrasse ceux qui se croyaient intouchables et relève ceux qui se pensaient anéantis. Ils nous transportent dans notre monde intérieur pour y chercher les vraies raisons de croire et d'espérer, pour y découvrir la présence de Celui qui a vaincu définitivement toute souffrance et toute mort. Croyants ou non, ils croisent la Croix du Verbe de Dieu fait homme, anéanti pour nous, écrasé pour nos péchés, humilié pour la restauration de notre dignité. Ils sont emportés par le flot puissant de la vie qu'Il nous laisse en partage au jour de la Résurrection. Rien ne peut éteindre la flamme de l'Amour divin qui vient brûler toutes les excroissances hideuses de la souffrance et éclairer les ténèbres du désespoir. La vie ressortira finalement toujours en vainqueur. Elle est le principe de réalité le plus récurrent, car elle est Dieu Lui-même qui « n'est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mt 22, 32).

En cette sainte nuit de Pâques, « crions de joie pour le Seigneur » (Ps 94) qui n'oublie personne en son œuvre de résurrection car « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu » (Saint Irénée de Lyon, Adversus Hæreses, IV, 20, 7).

Très joyeuse fête de Pâques à vous tous ! Le Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Newsletter n°105 du 25 février 2018

publié le 28 févr. 2018 à 00:48 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 28 févr. 2018 à 00:50 ]

Ne nous laisse pas entrer en tentation

Chers amis,

La nouvelle traduction du Notre Père, récemment introduite, nous invite à méditer sur cette question de la tentation au cours de notre carême, aidés par l'évangile du premier dimanche. En réalité, la question n'est pas tellement celle de la tentation, qui est le lot commun des hommes vivant sous l'empire du Diable depuis que le péché est entré dans le monde par sa sournoise perfidie. Le Sauveur Lui-même n'a pas voulu se soustraire à la tentation. « Si donc le Fils de Dieu est Dieu fait homme pour toi et s'il est tenté, dit Origène, toi qui es homme par nature, tu ne dois pas t'offusquer d'être parfois tenté. Quand tu es tenté, tu reproduis cet homme qui pour toi fut tenté, et si tu sors vainqueur de toute tentation, tu as l'espérance d'être avec Celui qui fut alors homme ». Beaucoup confondent la tentation et le péché. Tant que je ne consens pas à la pensée qui advient pour m'inciter à pécher, je ne pèche pas. Les suggestions du Malin cherchent à troubler mon esprit pour me faire chuter. Le trouble n'est pas péché. La complaisance dans ce trouble fait entrer dans une zone dangereuse qui peut entraîner bientôt à l'acquiescement. C'est là que commence le péché. Autrement dit, il ne faut jamais discuter avec le démon trompeur et menteur. La tentation est toujours plus facile à briser en son début que si on la laisse s'installer. 

Ce qui me frappe, c'est une sorte de crescendo propre à l'ordre des tentations rapporté par saint Matthieu. Le Diable amène Jésus toujours plus haut. Dans le désert tout d'abord, il met le Seigneur à l'épreuve sur les nécessités les plus naturelles de l'homme. Quoi de plus normal que de contenter les appétits de notre nature ? Jésus rétablit l'ordre des choses en montrant que l'homme ne peut pas se satisfaire du rassasiement de ses instincts corporels, incapables de lui apporter la vraie paix. Quoique nécessaires pour la survie de la personne ou de la société humaine, ils réduiraient l'homme à son animalité s'ils n'étaient pas ordonnés à des biens supérieurs pour lesquels Dieu a créé la plus belle de ses créatures. « L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». 

Du désert, on passe à la Ville Sainte et au sommet du Temple. Quand le Diable ne peut pas nous tromper sur l'usage modéré des sens, il s'attaque à la vie spirituelle. Un danger guette de croire que nous pouvons nous contenter du niveau spirituel où nous sommes parvenus. Quand nous ne voyons plus notre péché, quand nous pensons que nous sommes les champions de la prière, quand nous nous contentons d'une petite vie réglée où nous ne commettons pas de péchés publiquement scandaleux, quand nous nous croyons arrivés, quand nous jugeons que les autres – après tout – n'en sont pas arrivés là où nous en sommes, nous nous juchons au sommet du Temple, prêts à croire que Dieu est forcément avec nous et que rien ne peut nous arriver. Cette tentation est plus subtile car elle nous laisse croire que Dieu nous doit quelque chose en raison de nos mérites. Celui qui pense ainsi maîtriser sa vie spirituelle oublie que tout salut vient du Seigneur, comme le dit Jésus Lui-même : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

Enfin advient l'ultime tentation, et pour cela le Diable emmène Jésus sur une montagne très haute. Jésus se laisse conduire car Il ne craint pas les ruses de l'Adversaire. Il veut mieux le confondre. Le Diable souhaite Lui en mettre plein la vue en montrant comment il se veut le Prince de ce monde, comment il règne sur les âmes et dirige les mœurs des hommes et des peuples. La tentation dernière est de se fourvoyer dans une fausse adoration, un culte indu à celui qui prétend nous enrichir de biens périssables. Jésus le dira : « On ne peut pas servir Dieu et Mammôn » (Mt 6, 24), la divinité de l'Argent. Et saint Paul : « L'amour de l'Argent est la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10). La sécurité, que les biens et l'argent sont supposés donner, se paie au prix fort de la soumission servile et dégradante au Diable. Le péché radical est inversion des valeurs qui donne à la créature le culte dévolu seulement à Dieu. L'asservissement aux choses de ce monde revient à adorer la créature et, en dernier lieu, à adorer la plus séduisante et la plus perverse des créatures qui cherche à singer Dieu pour prendre sa place. Le carême nous invite donc à reconsidérer notre rapport aux biens matériels et à l'argent afin de concentrer nos énergies sur le seul Être capable de combler nos cœurs. 

 Au début de son ministère public, Jésus, dans l'épreuve des tentations, s'empare du combat contre le Tentateur pour arracher les hommes à ses griffes. Il nous revient de nous unir au combat mené par le Seigneur Jésus. Nous en connaissons déjà l'issue dans la victoire de la Croix et de la Résurrection. Implorons la Vierge Marie, Terreur des démons, afin que nous ne défaillions pas dans l'arène pour en sortir vainqueurs avec le Christ !

Saint carême à tous !

Abbé Philippe-Marie

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