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Newsletter n°107 du 25 avril 2018

publié le 22 avr. 2018 à 08:58 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 22 avr. 2018 à 09:01 ]

Cours toujours !

Chers amis,

Saviez-vous que l’Écriture Sainte fait la promotion du sport, au moins de l'athlétisme ? Depuis Rachel qui court apprendre une bonne nouvelle à son père (Gn 29, 12), en passant par Élisée  qui court derrière Élie (1R 19, 20), et le courageux Razis qui court à travers les soldats ennemis (2M 14, 45), sans parler du jeune et fougueux David qui court vers le terrible et gigantesque Goliath pour l'affronter (1Sa 17, 48), jusqu'à Gédéon qui réussit l'exploit de convaincre tout le camp ennemi de se mettre à courir (Jg 7, 21). Bref, ça court dans tous les sens à l'heure de l'Ancien Testament.

Le nouveau n'est pas en reste. Tiens, par exemple, l'exploit passé inaperçu de Marie-Madeleine qui, un dimanche matin, exaltée, survoltée, - oserais-je dire – dopée, bat le record hyérosolomitain du 400 m. (Jn 20, 2). Non contents de l'affaire et de cet enthousiasme de la gente féminine (Lc 24, 11), Pierre et Jean s'y mettent à leur tour pour se rendre dans le jardin du Golgotha (Jn 20, 4). « Les justes courent comme des étincelles dans le chaume » (Sg 3, 7), avaient-ils lu, et même : « le juste court allègrement » (Pr 29, 6). Ce qui ne manqua pas de leur donner des ailes. C'est depuis ce temps qu'une tradition, bien fondée, pousse les chrétiens à courir le dimanche matin.

Moins courageux qu'eux, alors que je conduis ma voiture pour me rendre à l'église, j'en vois, seuls, par petits groupes, parfois par myriades, courir par-ci par-là ou pédaler, en version plus moderne, sur des vélocipèdes que ne pouvaient pas imaginer nos aïeux dans la foi. Je ne parle pas des jeunes qui ne savent même pas qu'existe un tombeau vide à Jérusalem ; je parle des vieux – de mon âge, quoi ! -, dûment baptisés jadis, qui courent en rond, de chez eux à chez eux, faute d'avoir un but à atteindre, un tombeau vide à visiter. Vêtus de combinaisons high-tech, achetées 3 francs 6 sous dans de grandes surfaces du sport, par solidarité avec les ouvriers du tiers-monde qui, eux, n'ont pas le temps de courir – car c'est un luxe de riches -, chaussés de baskets fluo dernier cri et de lunettes de soleil branchées, ils courent vers une jeunesse qui s'étiole, « vers ce qui n'est que néant » (Jr 2, 5). Les juste-au-corps chatoyants moulent diversement leur silhouette défraîchie par l'âge, tantôt boudinée par les tissus synthétiques, tantôt flottant et laissant deviner des muscles flasques et des bouts de peau ridée. Il faut leur reconnaître un certain courage. Ils se regroupent occasionnellement en grand nombre. Ils osent tout, même les concours ! Et c'est même à ça qu'on les reconnaît, enthousiastes, entreprenants, dynamiques ! Ce dont on les avait privé dans leur jeunesse, ils l'ont transmis à leurs enfants, qui courent aussi. C'est toujours un dimanche matin, comme dans le bon vieux temps, mais au lieu de courir vers le tombeau vide à la source de toute jeunesse, ce sont plutôt des tombeaux vides qui courent vers l'illusion d'une jeunesse qui leur échappe et qu'ils ne parviennent pas à rattraper. 

Pour n'être pas trop court, il vaut mieux éviter de « courir en vain » (Ph 2, 16), ou du moins s'efforcer de « courir au but, pour obtenir le prix, qui est l'appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Ph 3, 14). Bien courir, c'est « courir dans la voie des commandements » (Ps 118, 32) et, avec saint Paul, pouvoir se dire : « pourvu que j'achève ma course et que j'accomplisse la mission que j'ai reçue du Seigneur Jésus » (Ac 20, 24). Mes vieux joggers du dimanche ont changé de religion, ou plutôt oublié qu'ils en avaient une, que la jeunesse n'est pas dans le corps mais dans l'âme. Ils sont passés de la course vers les grands espaces à la course en rond, qui tournera court.

« Vous couriez si bien ! Qui vous a empêchés de suivre la vérité ? » (Ga 5, 7). « Ne savez vous pas que dans les courses du stade, tous courent, mais qu'un seul reçoit le prix ? Courez de même afin de le remporter. Mais tout concurrent s'impose une abstinence rigoureuse ; eux pour obtenir une couronne périssable, nous pour une impérissable. Pour moi, je cours donc de même, non à l'aventure » (1Co 9, 24-26).

Courons donc pour les bonnes raisons, hardiment, vers le Christ ressuscité, trop peu couru par notre monde occidental. En nous voyant ainsi nous dépenser, nos contemporains pourront peut-être dire un jour avec nous : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2Tm 4, 7). Bonne course !

Newsletter n°106 du 25 mars 2018

publié le 25 mars 2018 à 11:53 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 25 mars 2018 à 12:00 ]

Mistrals gagnants de Pâques

Chers amis de CathoFamiLink,

A l'occasion de Noël dernier, une bonne personne a eu l'idée de m'offrir le film de Anne-Dauphine Julliand : « Et les mistrals gagnants ». J'y ai retrouvé des atmosphères d'hôpital familières, des douleurs lancinantes qui ne trouvent pas de repos, des angoisses jamais apaisées qui débordent sur les proches, plus contagieuses que les virus. J'ai pu même respirer à nouveau ces effluves caractéristiques d'aseptisant, dont la mémoire olfactive garde une trace indélébile. Mais j'y ai surtout replongé dans les souvenirs forts des combattants de la vie, de ceux qui ne baissent jamais les bras tant que souffle demeure. A travers les visages extraordinaires de ces enfants, je revoyais d'autres visages qui m'ont marqué durablement.

L'hôpital est un lieu de souffrance, certes ! On voit moins que c'est surtout un lieu d'enfantement permanent, et pas seulement à la maternité. La tristesse menace toujours de s'infiltrer en chaque chambre, dans les bureaux de consultation où se posent les diagnostics, en chaque recoin de couloir où un proche va libérer discrètement son chagrin. La joie n'est pourtant pas le parent pauvre des vertus de l'hôpital puisque la plupart de ceux qui y séjournent ressortent plutôt en meilleure forme. Cependant, elle est d'autant plus frappante quand elle touche les malades incurables, ceux qui n'ont pas de perspective enchanteresse, aucun espoir d'un retour à une ''vie normale'' et qui, vaille que vaille, continuent à mener une lutte titanesque pour la vie.

Tous et chacun des enfants de ce joli film bousculent les prétentions contemporaines du surhomme, de l'homme augmenté, sans trouble, sans douleur, sans crainte, sans limite, sans mort, mais déjà sans âme. Ils nous donnent la leçon de la vie sans nous la faire. Et même si certains sont passés de vie à trépas depuis, ils n'en sont que plus magnifiquement dans la lumière. Ils nous présentent une tendre et robuste parabole du triomphe de la vie, autant d'icônes vivantes du Christ accablé de souffrance dans la Passion, constamment digne, et triomphateur discret au jour de Pâques. La chanson de Renaud, de laquelle le film tire son nom, le souligne avec bonheur : « Il faut aimer la vie, l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ».

Dans l'expérience de ces petits bouts d'homme et de femme, la faiblesse se transmue en une force invincible qui terrasse ceux qui se croyaient intouchables et relève ceux qui se pensaient anéantis. Ils nous transportent dans notre monde intérieur pour y chercher les vraies raisons de croire et d'espérer, pour y découvrir la présence de Celui qui a vaincu définitivement toute souffrance et toute mort. Croyants ou non, ils croisent la Croix du Verbe de Dieu fait homme, anéanti pour nous, écrasé pour nos péchés, humilié pour la restauration de notre dignité. Ils sont emportés par le flot puissant de la vie qu'Il nous laisse en partage au jour de la Résurrection. Rien ne peut éteindre la flamme de l'Amour divin qui vient brûler toutes les excroissances hideuses de la souffrance et éclairer les ténèbres du désespoir. La vie ressortira finalement toujours en vainqueur. Elle est le principe de réalité le plus récurrent, car elle est Dieu Lui-même qui « n'est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mt 22, 32).

En cette sainte nuit de Pâques, « crions de joie pour le Seigneur » (Ps 94) qui n'oublie personne en son œuvre de résurrection car « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu » (Saint Irénée de Lyon, Adversus Hæreses, IV, 20, 7).

Très joyeuse fête de Pâques à vous tous ! Le Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Newsletter n°105 du 25 février 2018

publié le 28 févr. 2018 à 00:48 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 28 févr. 2018 à 00:50 ]

Ne nous laisse pas entrer en tentation

Chers amis,

La nouvelle traduction du Notre Père, récemment introduite, nous invite à méditer sur cette question de la tentation au cours de notre carême, aidés par l'évangile du premier dimanche. En réalité, la question n'est pas tellement celle de la tentation, qui est le lot commun des hommes vivant sous l'empire du Diable depuis que le péché est entré dans le monde par sa sournoise perfidie. Le Sauveur Lui-même n'a pas voulu se soustraire à la tentation. « Si donc le Fils de Dieu est Dieu fait homme pour toi et s'il est tenté, dit Origène, toi qui es homme par nature, tu ne dois pas t'offusquer d'être parfois tenté. Quand tu es tenté, tu reproduis cet homme qui pour toi fut tenté, et si tu sors vainqueur de toute tentation, tu as l'espérance d'être avec Celui qui fut alors homme ». Beaucoup confondent la tentation et le péché. Tant que je ne consens pas à la pensée qui advient pour m'inciter à pécher, je ne pèche pas. Les suggestions du Malin cherchent à troubler mon esprit pour me faire chuter. Le trouble n'est pas péché. La complaisance dans ce trouble fait entrer dans une zone dangereuse qui peut entraîner bientôt à l'acquiescement. C'est là que commence le péché. Autrement dit, il ne faut jamais discuter avec le démon trompeur et menteur. La tentation est toujours plus facile à briser en son début que si on la laisse s'installer. 

Ce qui me frappe, c'est une sorte de crescendo propre à l'ordre des tentations rapporté par saint Matthieu. Le Diable amène Jésus toujours plus haut. Dans le désert tout d'abord, il met le Seigneur à l'épreuve sur les nécessités les plus naturelles de l'homme. Quoi de plus normal que de contenter les appétits de notre nature ? Jésus rétablit l'ordre des choses en montrant que l'homme ne peut pas se satisfaire du rassasiement de ses instincts corporels, incapables de lui apporter la vraie paix. Quoique nécessaires pour la survie de la personne ou de la société humaine, ils réduiraient l'homme à son animalité s'ils n'étaient pas ordonnés à des biens supérieurs pour lesquels Dieu a créé la plus belle de ses créatures. « L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». 

Du désert, on passe à la Ville Sainte et au sommet du Temple. Quand le Diable ne peut pas nous tromper sur l'usage modéré des sens, il s'attaque à la vie spirituelle. Un danger guette de croire que nous pouvons nous contenter du niveau spirituel où nous sommes parvenus. Quand nous ne voyons plus notre péché, quand nous pensons que nous sommes les champions de la prière, quand nous nous contentons d'une petite vie réglée où nous ne commettons pas de péchés publiquement scandaleux, quand nous nous croyons arrivés, quand nous jugeons que les autres – après tout – n'en sont pas arrivés là où nous en sommes, nous nous juchons au sommet du Temple, prêts à croire que Dieu est forcément avec nous et que rien ne peut nous arriver. Cette tentation est plus subtile car elle nous laisse croire que Dieu nous doit quelque chose en raison de nos mérites. Celui qui pense ainsi maîtriser sa vie spirituelle oublie que tout salut vient du Seigneur, comme le dit Jésus Lui-même : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

Enfin advient l'ultime tentation, et pour cela le Diable emmène Jésus sur une montagne très haute. Jésus se laisse conduire car Il ne craint pas les ruses de l'Adversaire. Il veut mieux le confondre. Le Diable souhaite Lui en mettre plein la vue en montrant comment il se veut le Prince de ce monde, comment il règne sur les âmes et dirige les mœurs des hommes et des peuples. La tentation dernière est de se fourvoyer dans une fausse adoration, un culte indu à celui qui prétend nous enrichir de biens périssables. Jésus le dira : « On ne peut pas servir Dieu et Mammôn » (Mt 6, 24), la divinité de l'Argent. Et saint Paul : « L'amour de l'Argent est la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10). La sécurité, que les biens et l'argent sont supposés donner, se paie au prix fort de la soumission servile et dégradante au Diable. Le péché radical est inversion des valeurs qui donne à la créature le culte dévolu seulement à Dieu. L'asservissement aux choses de ce monde revient à adorer la créature et, en dernier lieu, à adorer la plus séduisante et la plus perverse des créatures qui cherche à singer Dieu pour prendre sa place. Le carême nous invite donc à reconsidérer notre rapport aux biens matériels et à l'argent afin de concentrer nos énergies sur le seul Être capable de combler nos cœurs. 

 Au début de son ministère public, Jésus, dans l'épreuve des tentations, s'empare du combat contre le Tentateur pour arracher les hommes à ses griffes. Il nous revient de nous unir au combat mené par le Seigneur Jésus. Nous en connaissons déjà l'issue dans la victoire de la Croix et de la Résurrection. Implorons la Vierge Marie, Terreur des démons, afin que nous ne défaillions pas dans l'arène pour en sortir vainqueurs avec le Christ !

Saint carême à tous !

Abbé Philippe-Marie

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Newsletter n°104 du 25 janvier 2018

publié le 25 janv. 2018 à 09:37 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 janv. 2018 à 09:38 ]

La Saint Valentin en cendres ?

Chers amis de CathoFamiliLink,

Les fiancés devront-ils cette année faire le deuil de leur amour ? Le Mercredi des Cendres tombe le jour de la Saint Valentin. Les amoureux n'auront plus qu'à dîner aux chandelles et au riz blanc, voire au pain sec et à l'eau. La romance en moins et l'ascèse en plus ; c'est finalement tout un programme qui est proposé aux tourtereaux, une chance à saisir pour mieux réfléchir aux fondamentaux de l'amour qui ne résident certes pas dans les paillettes et l'effervescence, mais plutôt dans un long cheminement ponctué de renoncements, de maîtrise des passions et de patiente ouverture du cœur afin d'accueillir et de donner.

L’Église n'est pas stérilisatrice de l'amour, comme d'aucuns le pensent un peu vite. Elle veut simplement proposer de vivre toutes les conditions idéales pour que l'engagement des amoureux atteigne son objectif : le bonheur de l'un et de l'autre, pas l'un sans l'autre, ni l'un au mépris de l'autre. Il est vrai que Jésus met la barre un peu haut : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6). Et en même temps, Jésus affirme : « Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux » (Mc 12, 25). D'un côté, le mariage est indissoluble ; d'un autre côté, il n'est plus question de mariage au ciel. Beaucoup se demandent donc à quoi sert un amour totalement livré dans le lien matrimonial si, au ciel, ce lien ne perdure pas ?

Revenons aux buts du mariage : le bien mutuel des époux et les enfants. En ce qui concerne ces derniers, l'état ''angélique'' céleste n'inclut pas la procréation. Quant au bien mutuel des époux, il est plus que parfaitement assuré dans une commune union amoureuse au Christ et, par Lui, à la Sainte Trinité. Est-ce dire que tout ce qui aura été semé sur la terre ne vaudra plus rien ? Non, certainement, car toutes nos affections, amitiés et amours humaines ne seront pas gommées au moment de notre accession au ciel. Au contraire, tout ce qui était beau et selon le Seigneur sur la terre sera sublimé au ciel. On en percevra toutes les grâces, on en goûtera toute la beauté, on en respirera éternellement les délicates exhalaisons, embaumant tous nos mérites de la suave fragrance de la divine charité. Je serai heureux du frère chinois ou africain qui partagera les mêmes grâces divines que moi. Mais je serai plus heureux encore de la joie de voir ceux et celles que j'ai aimés sur terre être transportés par la béatitude de la vision de Celui qui est l'Amour-même. Et plus les liens d'un véritable amour auront été serrés sur la terre, et plus ma joie sera grande. Que dire donc de l'époux ou l'épouse qui aura partagé ma vie pendant 10, 20, 50 ou 60 ans ?

Dieu ne casse rien de ce qui est beau. Il porte tout à des sommets insoupçonnés de joie et de bonheur partagé. « L'amour ne passera jamais » (1Co 13, 8). Le mercredi des Cendres annonce déjà la joie de Pâques. Les amours humaines authentiques sont les signes avant-coureurs d'un Amour plus absolu, plus totalisant, plus lumineux. Ce qui aura été semé dans l'imperfection ici-bas, s'épanouira dans la perfection au ciel. Les institutions terrestres qui régulent les relations entre les hommes – homme et femme, pour ce qui regarde le mariage – seront caduques dans la vie de la nouvelle Jérusalem. Cependant rien ne sera perdu des liens d'affection de ce monde, démultipliés par le surcroît de la bonté de notre Dieu : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches » (Mt 13, 31-32).

A bon entendeur... Aimez ! Comme le Christ nous a aimés en donnant sa vie pour nous !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°103 du 25 décembre 2017

publié le 25 déc. 2017 à 02:26 par Jérôme Moreau

"Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures" (Jn 14, 2)

Chers Amis,

les hommes de tous les temps et de nombreuses civilisations ont cherché à édifier la maison de leur divinité à proximité de leur lieu de vie. Le dieu protecteur de la cité devait demeurer proche de ceux qui y vivaient afin de leur assurer paix et prospérité. Qu'il suffise de penser aux dieux grecs ou romains, aux divinités des civilisations anciennes d'Orient ! Les Hébreux non plus n'échappèrent pas à ce désir en voulant construire un temple au Dieu Yahvé qui les avait sauvés de l'esclavage en Égypte. Il fallut attendre David pour le projet et Salomon pour la réalisation. Mais quelle fierté était la leur quand ils contemplaient le temple altier de la Cité de David ! Les psaumes des montées décrivent l'émotion des pèlerins qui arrivent à Jérusalem et découvrent la majesté et la richesse de la construction où leur Dieu habite, l'ayant investie de sa nuée à l'heure mémorable de la dédicace (cf. 1R 8, 10-13). Jésus pourtant, prédit la destruction du Temple (Mt 24, 2) et montre comment le culte véritable n'est plus circonscrit à un lieu précis (Jn 4, 21-24).

Dieu a-t-Il renoncé à habiter parmi les hommes ? Non, bien sûr. Mais il ne veut plus que les hommes prennent l'initiative de construire sa maison puisqu'ils se fourvoient presque à chaque fois en des cultes inappropriés. Le Seigneur reprend la main et veut Lui-même édifier une demeure digne de Lui. Le Pape Innocent III, au début du XIII° siècle, décrit dans une homélie les diverses demeures de Dieu. « La maison universelle de Dieu, c'est toute la machine du monde... La maison particulière de Dieu, c'est la sainte Mère Église... La maison supérieure de Dieu, c'est la béatitude céleste... La maison inférieure de Dieu, c'est la basilique de la prière... La maison intérieure de Dieu est la conscience pure... ». Mais parmi toutes ces maisons où Dieu aime demeurer, Il choisit de toute éternité l'âme très pure et le corps très saint de la Vierge Marie. C'est là qu'Il aime à reposer comme en son paradis, dirait le Père de Montfort. Par-dessus tout, « la maison unique de Dieu, c'est l'humanité assumée par le Sauveur ».

Chercher Dieu, pour les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté, c'est chercher Jésus, Dieu fait homme qui demeure parmi nous. Les bergers en ont l'intuition. Les mages en décryptent les signes et viennent à sa rencontre. Noël nous attire vers cette demeure de chair et de sang. Cette demeure divine revêt les caractères de l'humilité et de la simplicité. Elle n'en impose pas pour exhiber une gloire toute de puissance. Elle ne donne pas dans le faste clinquant. Dieu se laisse toucher en ce faisant petit d'homme. Ce sanctuaire d'un nouveau genre est notre gloire de chrétiens. Le Christ est notre seul motif de fierté, d'espérance, de consolation. L'Amour divin se dévoile en Lui et attend de nous une réponse d'amour libre.

Plus encore, cette demeure divine ne reste pas extérieure à ce que nous sommes puisque Jésus veut venir habiter nos âmes. Avançons jusqu'à la crèche de Bethléem, malgré nos fardeaux, nos péchés, nos douleurs, nos déceptions, nos désespoirs et toutes nos objections. Laissons la Vierge Marie déposer dans nos bras l'Enfant-Dieu comme un trésor fragile, mais capable de bouleverser notre conception d'un Dieu lointain et inaccessible. Laissons la douce Mère de Dieu déposer son Divin Fils dans la pauvre mangeoire de notre âme. Alors nous connaîtrons la vraie joie de Noël, réservée aux pauvres !

Très SAINT et JOYEUX NOËL à vous tous, spécialement, à vous qui êtes seul(e), à vous qui êtes en proie au doute ou au désespoir, à vous qui avez le sentiment de ne plus compter aux yeux des hommes. Le Seigneur est là, qui fait de votre pauvre demeure un palais de roi !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°102 du 25 novembre 2017

publié le 25 nov. 2017 à 02:41 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 nov. 2017 à 02:41 ]

Divine chasteté

Chers Amis,

C'est au jour de la jolie fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple que je vous écris ces quelques mots de notre rendez-vous mensuel. Cette fête liturgique s'inscrit dans l'anniversaire de la dédicace (en 543) d'une église oubliée, aujourd'hui disparue. Au début du V° siècle, il y avait à Jérusalem une église plus vaste que le Saint-Sépulcre lui-même. Située sur le cardo de la ville byzantine alors totalement chrétienne, entre la basilique de la Résurrection (Anastasis, Saint-Sépulcre d'aujourd'hui) et l'église du Cénacle au Mont Sion, se dressait un majestueux édifice dédié à la Très Sainte Vierge Marie : Saint Marie-Nouvelle. Il n'en reste plus que quelques pierres de fondation, enfouies dans les parkings souterrains du quartier juif de la vieille ville.

On a cependant gardé le plus précieux, le souvenir transmis par la Tradition orale de la Présentation au Temple de Marie enfant. Quelle merveilleuse dédicace ! L'Immaculée, déjà toute donnée en son être virginal à son Seigneur, s'offre à Lui dans un immense désir de consécration, avec le sens aigu des petits pour les choses de Dieu, sens infiniment profond et juste en Celle que le péché n'avait jamais effleuré de son haleine fétide. Elle était la plus belle créature que la terre ait jamais portée. Elle voulait appartenir sans réserve à son Créateur et Sauveur.

Mais comment ne pas considérer l'exquise délicatesse de Dieu ? L'Amour divin ne force jamais rien, ne s'impose pas par la contrainte, ne plie pas ses créatures raisonnables à sa volonté. Dieu n'est que tact, douceur, tendre délicatesse. En un mot, Il est souverainement chaste, de cette chasteté polie et attentionnée qui ne capte pas l'autre, ne le contraint en rien, ne met pas la main sur lui. Ainsi, quand Il trouve une créature qui accepte de répondre de manière inconditionnelle aux sollicitations de son élégante miséricorde, Il prend plaisir à s'y établir, à la combler de ses dons, à déployer en elle tous les dons de sa magnificence, à la saturer de sa grâce, à la remplir de tous les trésors de vertus et de beauté de son imagination débordante.

Mais qui peut comprendre aujourd'hui cette divine chasteté ? Notre monde est pollué par le vice de l'impureté qui asservit les cœurs et profane les corps. Le raz-de-marée pornographique a envahi les murs de nos cités, les écrans de toutes sortes et les magazines. Ce ne sont pas moins de 12 % des sites internet et 25 % des flux mondiaux de ce même média qui sont occupés par ces immondices. L'amour y est caricaturé en des rapports de soumission et de puissance dans lesquels c'est bien souvent la femme qui subit la tyrannie de jouissance de l'homme, mais pas toujours. Il y a dans la pornographie une extrême violence psychologique. Les enjeux financiers sont monstrueusement élevés. La pornocratie fait florès. Et il faut entendre les chantres du politiquement correct hausser la voix pour promouvoir une loi, déplorer et interdire les films qui montrent le mauvais exemple du... tabagisme. Bizarrement, personne ne s'inquiète des ravages de la pornodépendance qui touche de plus en plus de jeunes (et moins jeunes), garçons et – c'est plus nouveau - filles. Et que ne faut-il pas entendre les cris d'orfraie des parangons de la morale républicaine au sujet des turpitudes des ''porcs'' d'Hollywood ou d'ailleurs ? Qui fabrique en nombre de plus en plus grand ces détraqués ? J'ai lu quelque part une remarque pertinente disant qu'il n'est pas tellement étonnant de trouver des porcs dans une porcherie. En tout cas, les confesseurs peuvent vous le dire et sont de plus en plus effarés des détresses des âmes, pas perverses dans leur immense majorité mais prisonnières de l'impureté tous azimuts. Le grand dissident Alexandre Soljénitsyne disait que l'U.R.S.S avait le goulag pour asservir ses citoyens et que l'Occident avait la pornographie. Que dirait-il aujourd'hui où tout est à portée de clic, y compris pour les enfants dont les parents, inconscients, ne contrôlent pas les accès internet ou les téléphones portables ?

Ce fléau des temps modernes touche tous les milieux et tous les âges. Il enténèbre la conscience et anesthésie les désirs profonds d'amour vrai, donné, respectueux, véritable échange des âmes, dont l'union éventuelle des corps exprime la beauté, inscrite dans le plan du Créateur sur l'alliance matrimoniale. L'amour véritable ne s'expose pas à tout vent. La délicatesse de la relation doit puiser dans la divine chasteté pour s'épanouir dans une noble réserve, la pudeur des sentiments et l'amitié authentique. Que peut comprendre notre monde impudique, voyeur et grossier, à la tendre délicatesse de l'Amour divin pour la Sainte Vierge Marie et pour chacun d'entre nous ? Comment cet Amour de Dieu peut-il encore inspirer les amours humaines, souillées par le poison de l'impudicité ?

Et pourtant, plus que jamais, il faut présenter aux âmes la tendresse de Dieu, sa formidable prévenance. La douceur divine ne brusque jamais rien et ne cesse de se proposer à nous pour que nous goûtions la joie d'être aimés, non comme des proies à conquérir, mais comme des êtres appelés à la liberté d'une vraie et féconde réciprocité.

Que Notre-Dame intercède pour nous, avec saint Michel Archange, pour nous délivrer de la dictature sournoise de la pornocratie, afin que tous les hommes découvrent le bonheur d'un amour qui libère, amour qui reçoit de l'Amour divin toutes ses lettres de noblesse !

Abbé Philippe-Marie



PS. Si vous, qui me lisez, êtes vous-même prisonnier (ou prisonnière) de cette véritable addiction, ne restez pas seul. Vous pouvez vous en sortir. Des ouvrages existent pour vous aider, comme par exemple celui de l'Abbé Eric Jacquinet, Libre pour aimer - Sortir de la pornographie, éditions de l'Emmanuel.
N'hésitez jamais non plus à vous confesser. Dieu vous aime d'un Amour tendre, bien au-delà de vos faiblesses et de vos failles !

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Newsletter n°101 du 25 octobre 2017

publié le 4 nov. 2017 à 06:54 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 nov. 2017 à 02:41 ]

Éloge de l'humilité

Chers Amis de CathoFamiLink,

en guise de lettre mensuelle, j'aimerais simplement vous partager une homélie prononcée à l'occasion des obsèques de Alexandrine (Christiane) Bourdin. Elle fut ma sacristine au CHU de Poitiers, petite orpheline arrivée à l'hôpital en 1942, qui y resta presque jusqu'à sa mort ce 2 octobre 2017. Je lui dois bien cet hommage affectueux, d'abord parce qu'elle a été largement mon inspiratrice en nombre de newsletters (et tellement plus!), mais aussi parce qu'elle fait partie de ces humbles inconnus des humains et pourtant perle précieuse aux yeux de Dieu. Je souhaite que sa mémoire nous aide à prendre conscience que la vraie grandeur n'est souvent pas là où on l'attendrait. Dieu soit infiniment loué pour ces âmes qui nous révèlent, à leur insu, que « l'essentiel est invisible pour les yeux » ! « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25).

Abbé Philippe-Marie



Chers Frères et Sœurs, chers Amis,

Nous entourons notre chère Alexandrine-Christiane, en ce jour, avec l'affection du cœur et de l'esprit. Elle qui n'avait pas connu la joie d'une famille, et qui en souffrait, a su se créer des liens d'affection qui ont constitué une couronne d'amitié et de tendresse autour de sa riche personnalité. Elle avait le don de vous adopter tout de suite car il n'y avait en elle aucun calcul, aucune arrière-pensée, parfois une délicate réserve, comme une partie émergée et visible de sa vraie humilité, celle des petits de l’Évangile. Quand on pense à sa vie marquée en son origine par l'abandon d'une maman sans doute en détresse en 1932, aux années de l'enfance dans une famille d'accueil, puis à sa venue en 1942 dans ce qui deviendra son cher Pasteur où elle restera presque jusqu'à la fin, les critères de réussite de notre monde contemporain pourraient faire penser à une vie pour rien. De fait, et on les comprend, je pense à l'un ou l'autre résident de Pasteur qui vivait mal cette situation subie, dans l'amertume d'une vie rêvée en dehors de cet ''hôpital des pauvres incurables''. Cette vie hors d'atteinte nourrissait parfois, dans les plus conscients, une aigreur ou un mal-être douloureux. Rien de tel chez Christiane qui, d'ailleurs, a eu un moment le choix de partir et a préféré rester dans cet univers qu'elle avait adopté.

Elle avait ses petits défauts que vous avez peut-être pu remarquer de temps en temps. Disons-le, elle était, par exemple, aussi délicieusement têtue qu'une mule corse. Mais il est un point sur lequel on ne pouvait jamais la prendre en défaut et qu'elle partageait avec saint Nathanaël qui, de l'avis même du Seigneur Jésus, était « un homme sans détour » (Jn 1, 47). Quel était donc le secret de ce rayonnement qui la faisait connaître d'un nombre considérable de poitevins et de gens plus éloignés ? Quelle est la recette magique qui l'a empêchée d'entrer dans l'amertume de sa condition malchanceuse et le ressentiment ? L'amour, assurément. Mais pas n'importe quelle sorte d'amour, celui qui vient du Seigneur, puisé dans sa foi profonde si joliment confiante et fidèle malgré un authentique combat spirituel. Elle qui avait si peu reçu de la vie, blessée dans son affection dès l'aurore de son existence, elle aurait pu facilement capter l'attention, chercher à forcer des liens à son profit. C'est tout le contraire qui s'est passé car, vous la connaissiez bien, elle donnait sans compter, sans calculer, gratuitement, son affection, ses biens, ses prières. Il fallait même souvent, avec autorité, modérer sa générosité pour qu'elle ne soit pas totalement dépouillée. « Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n'aime pas reste dans la mort ». Quelle magnifique parabole vivante que celle de notre petite sœur qui aurait pu se complaire dans la tristesse et une forme de mort sociale, qui pourtant a montré un amour débordant et libre, qui a donné tant de saveur à sa personnalité, tant de sérieux et de joie à la fois, tantôt plongée en son âme pour y trouver presque à son insu le Seigneur de son amour, tantôt exquisément espiègle, d'un humour simple qui faisait tant de bien. En disant cela, je la vois hausser les épaules et marmonner en soupirant.

Je l'ai surprise, bien des fois, lisant son vieux catéchisme pour y trouver des réponses à ses questions, cherchant à comprendre sa foi, avec les moyens qui étaient les siens. J'étais souvent ému aux larmes de constater cette soif, et je souriais de bonheur quand elle interprétait un peu de travers, sachant que le Seigneur lui donnait ses lumières d'une autre façon, tellement plus belle, tellement plus intérieure. « Aux sages et aux prudents ridicules, aux arrogants qui revendiquent une fausse grandeur et qui n'ont que du vent, il oppose, non les insensés ni les imprudents, mais les petits. Quels sont ces petits ? Les humbles » (Saint Augustin, Sermon LXVII, 8, in Sermons sur l’Écriture, Robert Laffont, Paris 2014, p. 621). Insensée : elle pouvait le paraître à bien des égards, quoique... Imprudente : elle l'était assurément. Surtout, elle était de ces petits qui sont tellement humbles qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils le sont. Un trait caractéristique de son humilité, et qui l'explique en grande partie, c'est la profonde gratitude qu'elle savait montrer. Pour chacun d'entre nous, elle ne savait jamais quoi faire pour être agréable, se sentant toujours redevable pour le moindre service rendu, pas seulement pour ceux de l'extérieur mais, j'ai pu souvent le voir, pour ses compagnons pauvres et fragiles de Pasteur. Là encore, son âme droite et simple avait pris modèle sur la Vierge Marie qu'elle aimait tant. Elle la priait avec ferveur, émerveillée comme Elle de tout ce qui est beau et bon. Dans le fameux pèlerinage à Fatima, quand tout le monde dormait dans le car à l'heure de la sieste, elle veillait, ne voulant rien manquer du paysage. En entrant dans la chapelle baroque construite sur la maison natale de sainte Thérèse d'Avila, elle se mit à pleurer, saisie par la beauté du lieu. Une âme sensible à la beauté est une âme reconnaissante, jamais blasée, toujours prête pour l'émerveillement.

Comment ne pas lui dire un immense merci en ce jour, pour tout ce qu'elle a été pour chacun d'entre nous à des degrés divers ? Comment ne pas rendre grâce pour une vie inconnue des hommes et du monde mais si précieuse aux yeux de Dieu ? Comment ne pas avoir confiance que la miséricorde du Seigneur enveloppe si tendrement celle qui désirait tant le recevoir dans la Sainte Eucharistie ? Sans doute va-t-elle dire : « Nous autres, les indulgents de Pasteur, on n'est pas en haut de l'échelle comme vous autres !». Il y a bien longtemps qu'elle nous avait dépassés mais elle ne le savait pas car l'indigence n'était pas du côté qu'elle pensait. En revanche, sans le faire exprès, elle montrait que l'indulgence était bien de son côté, comme un souffle divin qui couvrait de sa bienveillance tous ceux qu'elle rencontrait.

Chers amis, quel souvenir allons-nous garder de notre chère petite Christiane ? Celui de la tendresse de Dieu qui s'est manifestée dans une humble créature, saisie par la Croix dès l'entrée en cette vie. Ce sont ces humbles que le Seigneur met sur notre chemin qui nous font grandir et nous ramènent à l'essentiel. « ''Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi'' ; non pas à construire l'univers, non pas à créer tout ce qui est visible ou invisible, non pas à faire des miracles dans ce monde ni à ressusciter des morts ; apprenez ''que je suis doux et humble de cœur''. Tu veux devenir grand, commence par être petit. Tu songes à élever un haut bâtiment, pense à lui donner d'abord pour fondement l'humilité. Plus on veut exhausser une construction, plus important doit être un édifice, plus aussi le fondement doit être profond. On s'élève en construisant une demeure, on s'abaisse en creusant les fondations. Aussi peut-on dire que la maison descend avant de monter, et que la grandeur ne vient qu'après l'humiliation » (Saint Augustin , Sermon LXIX, 2, in Sermons sur l’Écriture, Robert Laffont, Paris 2014, p. 627-628).

Bien chère petite mère sacristine, que Notre-Dame de Lourdes et de Fatima, vous emporte dans la gloire sans fin. J'imagine votre tête quand le Seigneur viendra vous prendre par la main et vous fera monter vers une place d'honneur, laissant plus bas ceux, qu'ici-bas, vous aviez toujours considérés plus haut. Vous n'en reviendrez sûrement pas d'étonnement. Mais ne nous oubliez pas auprès du Seigneur, afin que nous apprenions nous aussi la vraie humilité qui efface les fautes, illumine tout, rend tout aimable et constitue le terreau assuré d'une sainteté véritable. Ainsi-soit-il !

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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°100 du 25 septembre 2017

publié le 12 oct. 2017 à 00:39 par Jérôme Moreau

Le Père 100 !

Chers amis,

Ce n'est pas sans émotion que j'écris ces premiers mots de la 100° newsletter de CathoFamiLink. La première remonte à juin 2009 et depuis déjà huit ans, vous êtes restés fidèles, pas seulement à la lettre mais, et c'est plus important, à la prière et à l'esprit que, avec toute l'équipe, nous avons voulu donner à ce site. Nous sommes résolument au service de nos frères et sœurs qui vivent l'épreuve et la croix en proposant cet outil, très modeste, pour mettre en relation les priants qui le souhaitent autour d'une intention particulière.

Nous avons connu bien des joies, et encore des récentes, qui nous ont montré, s'il était nécessaire, la force de la prière à laquelle Jésus nous invite avec confiance. Parfois, il semble que nous n'avons pas été exaucé. Il semble seulement, tant les fruits de la prière ne sont pas toujours ceux escomptés. Je suis sûr que le Seigneur a toujours répondu d'une manière ou d'une autre, peut-être pas là où nous L'attendions mais différemment ou ailleurs. La communion des saints a cet avantage que rien ne se perd des bonnes actions, des offrandes et sacrifices, des prières et intercessions, des mérites, tous offerts en union avec le sacrifice rédempteur de Jésus sur la Croix.

Il est clair que nous nous reconnaissons plus que jamais, comme je vous le disais dans la première newsletter d'une autre manière, dans les trois Blancheurs : l'Eucharistie au cœur, à la source et au sommet de notre vie chrétienne ; la Très Sainte Vierge Marie comme guide de notre vie chrétienne et Mère de la grâce ; le Saint-Père, comme visage de l'universalité et de l'unité de l’Église du Christ, malgré nos divisions.

Mais, vous allez me dire : ''Pourquoi ce titre ?'' Il m'est venu en pensant à mon service militaire car je suis encore de ceux qui l'ont fait. Ceux qui voyait la quille, c'est-à-dire la fin du service, approcher, avaient coutume de fêter le Père 100 ! Je ne saurais dire l'origine de l'expression mais c'était le commencement du décompte des jours qui conduisait vers la sortie, occasion d'une fête bien arrosée ! Tout cela n'a que bien peu à voir avec notre centième à nous qui dit surtout votre sobre fidélité.

Peut-être avez-vous pensé au ''perçant'' à chaque fois que j'ai ouvert un abcès des maux de notre temps ? Ou au ''persan'', lorsque vous vous êtes ''farsi'' des newsletters peu inspirées ? Ou encore au ''père sang'' quand je vous ai fait part de mes (saintes) colères devant les injustices ? Rien de tout cela. Le Père 100 vous concerne chacune et chacun et me remplit d'émotion quand je pense à votre persévérance et à votre fidélité dans la prière, à votre charité active qui prend part à la souffrance des autres, à votre esprit de sacrifice quand vous recevez courageusement les épreuves et témoignez de votre espérance sans faille, à votre constance pour vivre votre foi catholique dans un monde qui s'en éloigne si souvent, quand il ne la combat pas ouvertement. Pour tout cela, et tant d'autres bienfaits, chers amis, chers frères et sœurs, soyez vivement et affectueusement remerciés ! Quel réconfort et quelle consolation de savoir qu'une communion invisible nous unit fortement et ne laisse pas chacun, seul, livré à ses difficultés ! Je rends grâces au Seigneur pour ces années de CathoFamiLink ou tant de grâces ont été échangées dans le secret des cœurs et le silence des âmes offertes sans condition, à la suite de la Sainte Vierge Marie.

Ah !, oui... Le Père 100 ! C'est le Père céleste qui, dans la parabole du semeur (Mt 13, 23), fait porter du fruit à chaque petit grain de blé, au maximum, à 100 pour 1 ! Je suis sûr, ou au moins j'en fais le vœu, que c'est le fruit que vous portez, chacune et chacun, dès aujourd'hui et pour la vie éternelle ! Soyez bénis surabondamment de la rosée céleste !

Abbé Philippe-Marie



La vie du site

100 numéros de notre newsletter aujourd'hui! Autant de billets du P. Philippe-Marie qui nous suit (et nous précède) si bien depuis l'origine!

100 newsletter, cela représente 8 ans et 4 mois, la première étant sortie en juin 2009. Que de choses en cette durée! Pour ne prendre que quelques chiffre, cela représente au jour où j'écris:

  • 121 chaînes de prières (dont 100 aujourd'hui archivées)
  • 4064 intentions de prières déposées
  • 407 actions de grâce
  • 206417 connexions avec notre site, d'une durée moyenne de 6 minutes et 39 secondes.

Innombrables sont les dizaines de chapelet, les prières aux saints patrons de CathoFamiLink, les prières pour le pape et les invocations à Notre Dame de Lourdes ainsi suscitées…

Quand aux fruits, impossible de les quantifier. Nous nous sommes toujours refusés à parler de miracles quand nous constatons des guérisons ou des améliorations notables, physiques ou morales, dans le cadre de nos chaînes de prières, pas plus que nous ne voulons parler d'abandons du Ciel quand les demandes ne sont pas (ou ne paraissent pas) exaucées. Cela n'est pas dans notre domaine de compétences. Mais dans l'équipe nous avons l'expérience de très belles relations humaines et spirituelles liés avec des personnes souffrant de maux divers, ainsi que de bonnes nouvelles espérées mais inattendues.

Puisque notre site est lié dès son origine à Notre Dame de Lourdes, je vous confie pour conclure ce poème écrit sur le thème du Pèlerinage National 2017 à Lourdes "Le Seigneur fit pour moi des merveilles":

En Marie, le Seigneur fit pour nous la merveille,
Saint est Son Nom!
Elle est splendeur céleste et pour Dieu sans pareille,
Son gonfanon!

Elle est marque d'amour du Seigneur pour les hommes
Par sa bonté
Faisant aimer du Père aux pécheurs que nous sommes
La volonté.

En elle Il nous offrit la meilleure des mères,
Legs merveilleux
Pour nous donner, plutôt que des peines amères,
La paix des Cieux.

Elle nous a comblés par son regard si tendre
Sur nos cœurs durs,
Nous donnant belle envie, par merci, de lui rendre
Des cœurs plus purs.

Elle nous a donné pour Noël à la crèche
Notre Sauveur,
Celui qui pour toujours établit une brèche
Dans le malheur.

Elle nous fait le don, car elle est bonne et douce,
D'aimer servir
Nos frères malheureux, fragiles, et nous pousse
A les chérir.

Pouvoir lui fut donné de gagner sur le diable
Echec et mat,
Elle dont s'élança la prière incroyable:
Magnificat!

Je vous salue, merveille entre les créatures,
Parfait trésor
Annoncé par le Ciel au sein des Ecritures
En lettres d'or!

Dominique



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°99 du 25 août 2017

publié le 29 août 2017 à 22:25 par Jérôme Moreau

"Saint nom est Jean" (Lc 1, 63)

Au milieu des vacances, il se trouve toujours des nouvelles qui viennent bouleverser le monde alors que les uns et les autres se font bronzer sur la plage ou crapahutent dans nos magnifiques massifs montagneux. Je ne parle pas des lois impopulaires passées en douce à l'Assemblée Nationale, ni de la feuille d'impôts qui attend votre retour dans la boîte aux lettres, ni des pyromanes criminels qui ravagent nos belles forêts du sud. Non, il s'agit de choses vraiment importantes : le transfert de Neymar au PSG ! Juste 222 millions d'euros, en fait plus de 700 en comptant tout ! Comme c'est beau le foot où l'on achète les lutteurs de l'arène comme jadis le laniste faisait son marché chez le marchand d'esclaves en découvrant la brute de combat qui allait lui rapporter un maximum d'argent en survivant le plus longtemps possible dans l'arène. Il est vrai que pour le gladiateur, on regardait plutôt les dents que le mollet afin d'estimer l'état de santé. Les temps ont changé, en beaucoup plus moral ! D'abord il n'y a plus de morts (ou très rarement, par accident) dans l'arène, mais plutôt parmi les spectateurs des tribunes en notre époque moderne. Il est donc plus dangereux d'être supporter d'un club que joueur.

Pour le reste, rien n'a changé car certains gagnent toujours beaucoup d'argent autour de leurs champions. Les champions sont internationaux, comme du temps des gladiateurs. En revanche, les profiteurs le sont également. C'est curieux comme ils continuent de faire leur profit sur le dos des petites gens qui, dans toute leur vie, ne gagneront même pas en centimes ce que leurs ''idoles'' gagnent en euros chaque mois. Et même, certains emprunteront pour se payer le maillot du champion aux couleurs du club à 150 euros, épongeant ainsi sur leur misère l'appétit de gloire et d'argent des promoteurs de la distraction publique et obligatoire. Ces derniers n'éprouvent d'ailleurs aucune honte et, bien au contraire, pensent faire œuvre philanthropique en procurant aux gens un peu de bonheur dans la violence du temps présent.

A propos de ce pauvre garçon à la jeunesse grisée de gloire précoce, nous ne savons même pas son prénom. Il doit bien en avoir un, et sûrement chrétien, puisque il vient du magnifique pays du Brésil. Pour ma part, j'ai opté pour 'Jean' parce que c'est un prénom chargé de signification. Quand on possède un tel talent footballistique, c'est que le Seigneur ne doit pas être très loin. 'Jean', c'est ''Dieu a fait grâce''. Cela lui va donc très bien. En outre, les 'Jean' sont toujours porteurs de bonnes nouvelles à venir, de talents cachés prêts à se dévoiler, d'annonces d'une libération à venir, d'espoir quoi ! Tiens, par exemple, nous en avons un vraiment talentueux dans l'Evangile : le Précurseur. Et même qu'il a failli ne pas s'appeler 'Jean'. Son père Zacharie, qui était muet de stupeur de sa venue inattendue, fait comprendre par écrit que son nom est bien 'Jean'.

Alors, n'hésitons pas parce que ce prénom lui ira vraiment très bien pour que nous puissions l'acclamer comme il se doit et chanter avec son nom les bienfaits d'une société d'argent et de jeux. Aujourd'hui, ce sont les spectateurs des jeux qui saluent les champions, et non plus l'inverse : « Ave, Jean Neymar, ceux qui ont décidé de vivre te saluent ! ». Ensuite, prenez définitivement congé du cirque d'un monde sans vergogne !

Abbé Philippe-Marie



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°98 du 25 juillet 2017

publié le 25 juil. 2017 à 10:22 par Jérôme Moreau

Zizanie

Ce dernier dimanche nous a offert de méditer sur la parabole du bon grain et de l'ivraie. Le mot grec qui désigne cette dernière a donné directement en français notre ''zizanie''. Ainsi, malgré tous les efforts du Souverain Seigneur pour semer dans le monde le bon grain, la zizanie s'en mêle... et nous emmêle. Le monde est irrémédiablement partagé entre les bons et les méchants, comme dans un bon vieux film américain où, heureusement, les bons finissent toujours par l'emporter.

Du côté des méchants : voyons... j'y mettrais bien mon percepteur, ceux qui ne partagent pas mes idées politiques, cet ami qui m'a fait un mauvais coup, les terroristes islamistes, ce collègue casse-pieds qui est prêt à tout écraser autour de lui pour se faire mousser auprès du patron, la tante Duduche qui a magouillé pour avoir la plus belle part de l'héritage des grand-parents,... liste non exhaustive. Et du côté des bons : ben... tous ceux qui sont pas méchants ! Le tri est globalement assez facile, même si certains passent d'un bord à l'autre en fonction de leur attitude, ou de mes intérêts fluctuants. Remarquez bien que je ne suis pas le seul à sélectionner ; les médias eux-mêmes trient les bons des méchants : en matière politique, sur les questions morales, etc. Bref le monde est ainsi fait qu'il y aura toujours d'un côté les bons et de l'autre les méchants, sachant quand même, et cela va de soi, que je serai toujours, grâce à Dieu, du côté des bons. C'est bien connu : ''l'enfer, c'est les autres !'', comme disait Jean-Paul, pas le deuxième, mais un autre qui n'est pas un saint.

D'accord, mais que fait-on de ce constat ? Faudra-t-il donc toujours supporter les méchants ? Seigneur, que faites-vous, pourquoi ne détruisez-vous pas les méchants ? Réponse de saint Augustin : « Ne vous imaginez pas que les méchants sont inutiles en ce monde, et que Dieu ne les emploie pas à opérer le bien. Il accorde la vie aux méchants, soit pour leur donner le temps de se convertir, soit afin de les faire servir à éprouver les bons » (Commentaire sur le Ps. 54, 4).

Voir dans le méchant celui à qui Dieu permet d'éprouver ma patience, de m'enraciner dans la vraie charité parce que je ne nourris plus d'idée de vengeance, de haine, de rancœur, c'est sûrement au-dessus de mes forces mais la grâce peut m'y aider. Qu'en plus les méchants puissent se convertir et verser dans le camp des bons, il faut dire que le Seigneur est capable des plus grands exploits ! C'est dire aussi que la frontière entre les deux est poreuse, voire mouvante. La tante Duduche et le percepteur pourraient donc devenir bons. Et même les terroristes islamistes ? Mais, perspective plus effrayante, je pourrais moi aussi changer de camp et devenir méchant ?

Décidément, l'affaire n'est pas aussi simple. Tout n'est pas bêtement binaire. C'est finalement au milieu de mon cœur que passe la frontière qui sépare les bons des méchants. La question est de savoir vers où je veux pencher. Jésus sait voir la bonté enfouie dans le cœur de tout homme, y compris des plus grands pécheurs. Il ne se résout pas à enfermer les personnes dans le mal qu'elles font. Pour moi, pécheur, Il a donné sa vie. Le combat est lancé dans le monde, dans nos sociétés mais aussi dans mon propre cœur. La zizanie cherchera toujours à étouffer le bon grain, à pervertir les sains désirs de vrai et de beau, à cacher du soleil l'épi prometteur.

Ne pas ignorer le mal, certes, mais surtout chercher partout et en tous le bien visible ou possible : voici un beau chemin de vie chrétienne, superbe remède à la sinistrose et semence de clarté et de joie.

Que Notre-Dame, refuge des pécheurs et cause de notre joie, nous y aide puissamment !

Abbé Philippe-Marie



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