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    Publié à 27 avr. 2017 à 09:05 par Jérôme Moreau
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Newsletter n°99 du 25 août 2017

publié le 29 août 2017 à 22:25 par Jérôme Moreau

"Saint nom est Jean" (Lc 1, 63)

Au milieu des vacances, il se trouve toujours des nouvelles qui viennent bouleverser le monde alors que les uns et les autres se font bronzer sur la plage ou crapahutent dans nos magnifiques massifs montagneux. Je ne parle pas des lois impopulaires passées en douce à l'Assemblée Nationale, ni de la feuille d'impôts qui attend votre retour dans la boîte aux lettres, ni des pyromanes criminels qui ravagent nos belles forêts du sud. Non, il s'agit de choses vraiment importantes : le transfert de Neymar au PSG ! Juste 222 millions d'euros, en fait plus de 700 en comptant tout ! Comme c'est beau le foot où l'on achète les lutteurs de l'arène comme jadis le laniste faisait son marché chez le marchand d'esclaves en découvrant la brute de combat qui allait lui rapporter un maximum d'argent en survivant le plus longtemps possible dans l'arène. Il est vrai que pour le gladiateur, on regardait plutôt les dents que le mollet afin d'estimer l'état de santé. Les temps ont changé, en beaucoup plus moral ! D'abord il n'y a plus de morts (ou très rarement, par accident) dans l'arène, mais plutôt parmi les spectateurs des tribunes en notre époque moderne. Il est donc plus dangereux d'être supporter d'un club que joueur.

Pour le reste, rien n'a changé car certains gagnent toujours beaucoup d'argent autour de leurs champions. Les champions sont internationaux, comme du temps des gladiateurs. En revanche, les profiteurs le sont également. C'est curieux comme ils continuent de faire leur profit sur le dos des petites gens qui, dans toute leur vie, ne gagneront même pas en centimes ce que leurs ''idoles'' gagnent en euros chaque mois. Et même, certains emprunteront pour se payer le maillot du champion aux couleurs du club à 150 euros, épongeant ainsi sur leur misère l'appétit de gloire et d'argent des promoteurs de la distraction publique et obligatoire. Ces derniers n'éprouvent d'ailleurs aucune honte et, bien au contraire, pensent faire œuvre philanthropique en procurant aux gens un peu de bonheur dans la violence du temps présent.

A propos de ce pauvre garçon à la jeunesse grisée de gloire précoce, nous ne savons même pas son prénom. Il doit bien en avoir un, et sûrement chrétien, puisque il vient du magnifique pays du Brésil. Pour ma part, j'ai opté pour 'Jean' parce que c'est un prénom chargé de signification. Quand on possède un tel talent footballistique, c'est que le Seigneur ne doit pas être très loin. 'Jean', c'est ''Dieu a fait grâce''. Cela lui va donc très bien. En outre, les 'Jean' sont toujours porteurs de bonnes nouvelles à venir, de talents cachés prêts à se dévoiler, d'annonces d'une libération à venir, d'espoir quoi ! Tiens, par exemple, nous en avons un vraiment talentueux dans l'Evangile : le Précurseur. Et même qu'il a failli ne pas s'appeler 'Jean'. Son père Zacharie, qui était muet de stupeur de sa venue inattendue, fait comprendre par écrit que son nom est bien 'Jean'.

Alors, n'hésitons pas parce que ce prénom lui ira vraiment très bien pour que nous puissions l'acclamer comme il se doit et chanter avec son nom les bienfaits d'une société d'argent et de jeux. Aujourd'hui, ce sont les spectateurs des jeux qui saluent les champions, et non plus l'inverse : « Ave, Jean Neymar, ceux qui ont décidé de vivre te saluent ! ». Ensuite, prenez définitivement congé du cirque d'un monde sans vergogne !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°98 du 25 juillet 2017

publié le 25 juil. 2017 à 10:22 par Jérôme Moreau

Zizanie

Ce dernier dimanche nous a offert de méditer sur la parabole du bon grain et de l'ivraie. Le mot grec qui désigne cette dernière a donné directement en français notre ''zizanie''. Ainsi, malgré tous les efforts du Souverain Seigneur pour semer dans le monde le bon grain, la zizanie s'en mêle... et nous emmêle. Le monde est irrémédiablement partagé entre les bons et les méchants, comme dans un bon vieux film américain où, heureusement, les bons finissent toujours par l'emporter.

Du côté des méchants : voyons... j'y mettrais bien mon percepteur, ceux qui ne partagent pas mes idées politiques, cet ami qui m'a fait un mauvais coup, les terroristes islamistes, ce collègue casse-pieds qui est prêt à tout écraser autour de lui pour se faire mousser auprès du patron, la tante Duduche qui a magouillé pour avoir la plus belle part de l'héritage des grand-parents,... liste non exhaustive. Et du côté des bons : ben... tous ceux qui sont pas méchants ! Le tri est globalement assez facile, même si certains passent d'un bord à l'autre en fonction de leur attitude, ou de mes intérêts fluctuants. Remarquez bien que je ne suis pas le seul à sélectionner ; les médias eux-mêmes trient les bons des méchants : en matière politique, sur les questions morales, etc. Bref le monde est ainsi fait qu'il y aura toujours d'un côté les bons et de l'autre les méchants, sachant quand même, et cela va de soi, que je serai toujours, grâce à Dieu, du côté des bons. C'est bien connu : ''l'enfer, c'est les autres !'', comme disait Jean-Paul, pas le deuxième, mais un autre qui n'est pas un saint.

D'accord, mais que fait-on de ce constat ? Faudra-t-il donc toujours supporter les méchants ? Seigneur, que faites-vous, pourquoi ne détruisez-vous pas les méchants ? Réponse de saint Augustin : « Ne vous imaginez pas que les méchants sont inutiles en ce monde, et que Dieu ne les emploie pas à opérer le bien. Il accorde la vie aux méchants, soit pour leur donner le temps de se convertir, soit afin de les faire servir à éprouver les bons » (Commentaire sur le Ps. 54, 4).

Voir dans le méchant celui à qui Dieu permet d'éprouver ma patience, de m'enraciner dans la vraie charité parce que je ne nourris plus d'idée de vengeance, de haine, de rancœur, c'est sûrement au-dessus de mes forces mais la grâce peut m'y aider. Qu'en plus les méchants puissent se convertir et verser dans le camp des bons, il faut dire que le Seigneur est capable des plus grands exploits ! C'est dire aussi que la frontière entre les deux est poreuse, voire mouvante. La tante Duduche et le percepteur pourraient donc devenir bons. Et même les terroristes islamistes ? Mais, perspective plus effrayante, je pourrais moi aussi changer de camp et devenir méchant ?

Décidément, l'affaire n'est pas aussi simple. Tout n'est pas bêtement binaire. C'est finalement au milieu de mon cœur que passe la frontière qui sépare les bons des méchants. La question est de savoir vers où je veux pencher. Jésus sait voir la bonté enfouie dans le cœur de tout homme, y compris des plus grands pécheurs. Il ne se résout pas à enfermer les personnes dans le mal qu'elles font. Pour moi, pécheur, Il a donné sa vie. Le combat est lancé dans le monde, dans nos sociétés mais aussi dans mon propre cœur. La zizanie cherchera toujours à étouffer le bon grain, à pervertir les sains désirs de vrai et de beau, à cacher du soleil l'épi prometteur.

Ne pas ignorer le mal, certes, mais surtout chercher partout et en tous le bien visible ou possible : voici un beau chemin de vie chrétienne, superbe remède à la sinistrose et semence de clarté et de joie.

Que Notre-Dame, refuge des pécheurs et cause de notre joie, nous y aide puissamment !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°97 du 25 juin 2017

publié le 17 juil. 2017 à 22:32 par Jérôme Moreau

Jésus doux et humble de cœur

Chers amis de CathoFamiLink,

Chacun de nous a plus ou moins entendu parler du jansénisme. Cette doctrine divisa les chrétiens au XVII° siècle à la suite de la publication en 1640 d'un ouvrage, l'Augustinus, par l'évêque d'Ypres, Cornelius Jansen. Il ne s'agit pas ici de développer ce que fut le jansénisme. Blaise Pascal y mit sa touche avec ses Provinciales. Toujours est-il qu'il fut une fracture dans le peuple chrétien, certains (les jansénistes) radicalisant les positions de saint Augustin sur la grâce, en insistant sur l'initiative divine et en dépréciant la nature humaine, d'autres (les opposants) mettant l'accent sur la liberté dans une vision plus positive de cette nature humaine. La doctrine est en réalité assez complexe sur le sujet mais on retiendra les conséquences pratiques du jansénisme, mélange de rigueur morale et d'angoisse quant au salut.

Dans ce contexte polémique et passionné, les apparitions du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie entre 1673 et 1675, sont d'autant plus marquantes. La tendresse de Dieu se manifeste. Sa douceur se dévoile. Son amour passionné pour les hommes se déverse dans les âmes pour qu'elles ne soient pas emportées par le désespoir d'un salut qui paraît tellement improbable aux yeux des jansénistes. « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu'ingratitude ».

En dévoilant son Cœur transpercé à la sainte de Paray-le-Monial, Jésus met à notre portée la surabondance infinie de l'Amour divin. Dieu nous paraît parfois si lointain et intouchable, si mystérieux, que nous ne pouvons vraiment mesurer son Amour qui est pur Don de Lui-même. Cet Amour se fait proche et visible dans le Sacré-Cœur. A travers cette manifestation humaine, en Jésus, de l'Amour divin, nous sommes touchés dans notre sensibilité avant d'être rejoints au plus profond de notre âme. « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », dit le Seigneur (Mt 11, 29). Nous atteignons la divinité de Jésus par son humanité. Nous pouvons vraiment entrer dans le mystère de l'Amour de Dieu pour nous en contemplant le Cœur de son Fils ouvert sur la Croix, déversant sur le monde les flots de la miséricorde.

Les hommes d'aujourd'hui rejettent un Dieu vengeur et lointain mais ils sont incapables d'accueillir le Dieu fait chair, victime de son Amour pour les hommes. Le jansénisme fait encore des ravages, y compris dans l'imaginaire religieux de ceux qui ne veulent pas de Dieu et s'en font une image erronée. Et ce n'est pas l'islam qui pourra les aider à former une image plus juste du Dieu chrétien révélé dans l’Évangile. Il y a donc un enjeu spirituel et évangélisateur à témoigner du vrai Dieu. Le Sacré-Cœur est l'image vivante de l'Amour divin, si proche, si proche qu'Il peut faire fondre toutes nos résistances et donner l'espérance à tous « les insensés (qui) disent dans leur cœur : ''Pas de Dieu !'' » (Ps 13, 1).

Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°96 du 25 mai 2017

publié le 29 mai 2017 à 22:22 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 29 mai 2017 à 22:29 ]

Un racisme éthique ?

Chers amis de CathoFamiLink,

Revenons un instant sur un fait divers. Une charmante jeune fille, répondant au nom de Mélanie, nourrissait un rêve : présenter la météo de 20h00 sur France 2. Son désir était tellement fort qu'il finit, je ne sais comment, par déborder sur les réseaux sociaux. Ce fut l'engouement et la direction de France 2, émue sans doute par la chose, accepta avec bienveillance. Le grand jour fut fixé au 14 mars dernier et la France entière vit apparaître, étonnée, Mélanie Ségard à côté de la présentatrice habituelle qui, il faut bien le dire, fit preuve d'une grande délicatesse. Rien que de banal, me direz-vous, sauf que j'ai oublié de vous dire que ladite jeune fille est trisomique. Dans une interview suivant sa prestation, elle ne manqua pas d'ailleurs de remercier tous ceux qui l'avaient aidée pour réaliser son rêve.

Ce n'est pas tant le fait divers, que je trouve fort sympathique et bienvenu, qui m'interroge mais les commentaires qui ont suivi. Parmi quelques perles, je vous livre celle-ci : « Merci, vous nous avez prouvé que la société est prête à accueillir toutes les différences »... ??? C'est dit, la société s'est rassurée sur sa capacité à ne pas exclure, à s'ouvrir à la différence, à ne pas rejeter les plus petits, à donner sa place à chacun, à être attentive à l'autre... et patati, et patata ! Sauf que l'on se rassure à bon compte.

Mélanie passe à une heure de grande écoute sur une chaîne nationale française. Parmi vous qui me lisez, combien ont-ils croisé une personne trisomique dans la rue ou un endroit public depuis un an ? Probablement très peu, et pour cause, un eugénisme sournois et silencieux, et donc bien propre sur lui, les élimine systématiquement (à 96%) dans le sein de leur mère. C'est ce que la Fondation Lejeune appelle le ''racisme chromosomique'', qui va encore s'aggraver par l'arrivée sur le marché d'un test sanguin de la trisomie pour les femmes enceintes.

Ajoutons à cela que 146 scientifiques viennent de lancer une pétition pour que soit supprimée la qualification d'utilité publique de la Fondation Jérôme Lejeune, ce qui la priverait substantiellement des dons nécessaires à sa mission et la condamnerait pratiquement à mort. Cette mission comporte trois axes : chercher – soigner – défendre. Sur le premier, ses adversaires tolèrent que l'on puisse s'obstiner à découvrir des solutions de guérison, même d'amélioration des patients trisomiques, d'autant que certaines recherches profitent à d'autres maladies, telle celle d'Alzheimer. Et de fait, des résultats plus qu'encourageants pointent leur nez. Sur le deuxième axe, ils n'osent pas passer pour des sans-cœur. Le problème majeur, c'est le troisième axe car la Fondation recourt régulièrement à la justice contre l'Agence de biomédecine qui autorise des recherches sur l'embryon. Voilà ce qu'il fallait dénoncer : les contempteurs du progrès, les moralisateurs insupportables, les ennemis de la science.

Ils n'ont pas vu, ou peut-être l'ont-ils trop bien vu, que la Fondation Lejeune s'efforce d'être cohérente. Chercher pour guérir ses patients, qui viennent à elle par milliers de toute l'Europe, c'est aussi défendre leur droit à la vie. On ne guérit pas une maladie en supprimant les malades. Si j'étais un journaliste des médias bien-comme-il-faut, je pourrais même ajouter que « ça nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire » ! Ah, pardon ! Mauvaise pioche, parce que la citation ne fonctionne pas dans ce contexte...

Je préfère laisser la parole à un collectif de 21 parents d'enfants trisomiques qui lancent un appel (à relayer : www.appeldes21.fr) : « Les personnes porteuses de trisomie 21 n'appartiennent pas à une race à part pour l'éternité, ce sont des malades, il n'y a pas de maladie que l'intelligence humaine ne puisse vaincre, un jour... Aucun de ces 146 signataires n'a de solution alternative à nous proposer, aucun de ces dignes mandarins reclus dans leur laboratoire ne prendra nos enfants sur ses genoux. Aucun d'eux ne devrait se glorifier de cette exigence faustienne de chercher sans limite. Messieurs les savants, acceptez la contradiction éthique et l'arbitrage du juge et surtout, ne réglez pas vos comptes sur le dos de nos enfants. Ils attendent de vous l'espoir d'une guérison, pas un surcroît de malheur ».

Il est vrai que tous n'ont pas la grandeur d'âme d'un Jérôme Lejeune. C'est son combat qui continue, pour la dignité de chacun, et spécialement des plus fragiles.

Que la Vierge Marie nous y aide car nous ne pouvons pas renoncer, de crainte que notre humanité sombre dans l'illusion de la toute-puissance et la folie destructrice qui en découlerait irrémédiablement !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°95 du 25 avril 2017

publié le 27 avr. 2017 à 09:05 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 27 avr. 2017 à 09:05 ]

«Mon Cœur immaculé triomphera»

Chers amis de CathoFamiLink,

Le 13 mai prochain, nous fêterons le centenaire des apparitions de Notre-Dame aux petits enfants de Fatima : Lucie, François et Jacinthe. Le Pape François, à cette occasion, canonisera ces deux derniers, morts jeunes, dans une offrande pleinement consciente de leur vie.

On a beaucoup glosé sur le fameux 3° secret, vraiment dévoilé ou pas. Peu importe, car des signes forts ont été donnés d'un formidable combat spirituel qui est en train de se livrer et qui menace toute notre civilisation. Les plus anciens se souviennent de la tragédie de l'attentat contre le saint Pape Jean-Paul II le 13 mai 1981, et de l'intervention miraculeuse – aux dires mêmes du Saint-Père – de Notre-Dame de Fatima. Il voulut L'en remercier personnellement lors d'un pèlerinage en son sanctuaire l'année suivante. Jean-Paul II connaissait mal les apparitions de Fatima au début de son pontificat, mais il en comprit dès lors tous les enjeux.

Au-delà des secrets, prophétisant l'avenir, donnés par la Sainte Vierge aux voyants, il s'agit pour nous de nous engager résolument dans une œuvre de conversion et d'offrande. La meilleure réponse aux temps difficiles que nous vivons en France et bien plus largement en raison d'une crise profonde de notre civilisation, c'est la réponse de l'héroïsme de la sainteté. Car il n'est plus temps de tergiverser, de nous assurer des sécurités mondaines faillibles, tout en conservant le minimum vital d'une foi attiédie qui ne consent plus à tout donner au Seigneur.

L'heure est venue d'un profond et radical renouvellement des promesses de notre baptême. Le saint Père de Montfort nous y invite avec vigueur en nous proposant de nous consacrer totalement à la Vierge Marie pour être mieux consacrés à son Fils Jésus-Christ. Nous avons tout à disposition pour que la sainteté embrase nos cœurs et le monde. Il ne manque que notre détermination et notre désir de devenir autant de brasiers capables d'enflammer et d'illuminer ce monde enténébré par le péché et désespérément refroidi par l'égoïsme promu par l'idéologie mortifère des sans-Dieu.

Chers amis, n'ayons pas peur... et surtout pas du Christ « qui n'enlève rien et donne tout », comme le disait Benoît XVI au début de son pontificat. Notre-Dame du Saint Rosaire de Fatima nous invite à une prière fervente et à la confiance car Elle l'a solennellement promis : « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera » !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°94 du 25 mars 2017

publié le 11 avr. 2017 à 04:52 par Jérôme Moreau

« Insondable richesse du Christ » (Eph 3, 8)

Parmi les virtuoses du pied de biche, il faut compter quelques voleurs. Nuitamment, il vous font sauter les verrous en un rien de temps, y laissant au passage quelques lattes de bois éclatées, avant d'entreprendre des fouilles qui n'ont rien de la délicatesse des archéologues. L'église Notre-Dame dans ma paroisse en a fait les frais, et les assurances aussi. L'appât du gain se voulait facile, immédiat, sans tous les inconvénients de la négociation des objets volés au plus offrant. Il y a des voleurs pressés, et tant mieux puisqu'il n'a finalement rien pris, cherchant le produit de la quête. Le plus ennuyeux et angoissant eût été qu'il s'en prenne au Saint-Sacrement. Que nenni ! S'étant emparé des clefs de la boîte à trésors, il ouvrit délicatement le tabernacle et le referma. Jésus était toujours là, à notre plus grand soulagement,... et point de quête. Avide arriva notre ami, bredouille il repartit.

Il ne devait sûrement pas avoir une grande culture chrétienne pour chercher la quête dans le tabernacle. Mais il nous donne une belle parabole de notre monde, plus prompt à adorer l'Argent que Dieu (cf. Mt 6, 24). Il est vrai que les tabernacles des banques sont tout de même beaucoup moins accessibles. Et les gardiens du temple peut-être plus sourcilleux. « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où mites et vers consument, où les voleurs percent les murs et dérobent. Amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni mites ni vers ne consument, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Mt 6, 19-21).

Petit examen rapide : vais-je plus souvent à la banque que prier Jésus présent dans le tabernacle ? Pourtant tout notre trésor est là, qui nous attend, qui ne veut rien garder pour Lui, qui donne tout et s'enrichit à mesure qu'Il donne. Jésus n'a pas besoin de faire sauter les verrous. Au matin de Pâques, Il est là, d'un coup, au milieu des Apôtres stupéfaits. Ils n'avaient fait qu'entrevoir les richesses infinies que recelait son humanité. Défiguré, humilié, bafoué et cloué sur la Croix, Il n'avait plus rien de présentable. Allongé, mort, sur la banquette funéraire, Il n'avait plus rien, même pas un vêtement, nu, dépouillé de tout. Qui avait compris que toute la richesse de l'humanité était là, gisante, sanglante, anéantie (cf Ph 2, 7) ?

Au matin du premier jour, du premier jour absolu d'une humanité recréée, Il apparaît dans toute la splendeur de sa lumière de Ressuscité. Il fait sauter les verrous des cœurs. Au lieu de mettre du désordre, Il rassemble ce qui a été dispersé. Il vient ravir nos âmes à l'avidité du démon, dérober nos vies liées par les chaînes du péché.

En ce temps qui nous conduit très bientôt à la joie pascale du Christ ressuscité, notre Dieu et Sauveur, laissons-nous submerger par les flots de son insondable richesse !

Très sainte et joyeuse fête de Pâques !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°93 du 25 février 2017

publié le 26 févr. 2017 à 08:28 par Jérôme Moreau

Carêment

Chers amis,

Enfin une bonne nouvelle dans ce monde agité : c'est bientôt le carême ! C'est l'heureuse perspective d'une randonnée qui promet une jolie ascension. Certes, il y a toujours un peu d'appréhension en raison des dangers du chemin et de la fatigue annoncée. Mais des horizons de liberté s'ouvrent sous mes pas.

J'ai préparé mon sac à dos. Je l'ai délesté de tant de bonnes choses qui alourdissent la marche et l'estomac. Adieu chocolat, viandes savoureuses et alcools euphorisants, mets raffinés et repas pantagruéliques ! J'ai éliminé également la télévision, l'ordinateur, le téléphone portable et tous ces joujoux technologiques qui me gardent en connexion avec un monde plus ou moins vrai et plus ou moins virtuel. Ils finissent par me polluer la tête des spectacles tantôt pitoyables de la politique, des sites branchés, de la consommation facile et aguichante de toutes sortes de choses factices fort sympathiques mais tellement superficielles. Ils me gardent pourtant en lien avec mes amis, ou supposés tels... de toute façon, pas de prise électrique sur ma montagne et, avec un peu de chance, je verrai des faces de book-quetin.

En revanche, je n'ai pas oublié une Bible de poche et un chapelet, ces objets du passé qui nous ancrent obstinément dans le présent, l'éternel présent de Dieu.

Je pars donc léger et compte bien me débarrasser en chemin des fardeaux qui pèsent sur ma vie. Si vous empruntez le même sentier et voyez mes péchés gisant dans le fossé, ayez la bonté de ne pas me les rapporter. L'ascension sera longue, je le sais, et il me faudra des pauses. Il est préférable d'ailleurs de partir de nuit, à la dérobée, comme à tâtons. Quand les ténèbres enveloppent les pentes mystérieuses, pas de direction assurée sinon celle qui va vers le haut, vers les sommets désirés où pointera bientôt le Soleil levant, illuminant de la douceur de ses rayons le paysage grandiose de la création, contemplée depuis le promontoire de la cime espérée.

J'ai hâte d'accéder au faîte de Sion, la sainte montagne, la sainte Jérusalem, car en elle, chacun est né (Ps 86). Ce carême me donnera d'approcher un peu plus de cette crête heureuse où le Seigneur m'enlèvera un jour pour me prendre auprès de Lui. Comme il est douloureux de s'arracher à cette vallée aux routes larges qui charrient les plaisirs du monde et les illusions qui y sont attachées. De cette vallée de larmes partent des sentiers étroits et abrupts, chargés de promesses qui ne déçoivent pas. Mon sac à dos est prêt. C'est décidé, je préfère l'aventure des ascensions spirituelles à la monotonie des assurances mondaines. Ne le dites pas à tout le monde. Je veux partir de bon matin, discrètement, pour peut-être ne jamais plus revenir. Qu'il est bon d'être libre comme le vent de l'Esprit ! Carêment !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°92 du 25 janvier 2017

publié le 25 janv. 2017 à 00:36 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 janv. 2017 à 00:37 ]

Catéchisme républicain

Chers amis de CathoFamiLink,

En cette nouvelle année, que je vous souhaite riche de grâces, j'aimerais vous rapporter un petit souvenir personnel : une fessée mémorable ! Alors que je faisais, à l'âge de l'innocence pas toujours si innocente, une bêtise de gosse dont je ne me rappelle d'ailleurs pas vraiment la teneur, je mis en colère ma pauvre grand-mère qui me donna une fessée d'anthologie. Veuve avec 6 enfants, de 12 ans à quelques mois, elle avait tenu, seule, la ferme familiale dans une abnégation de tous les instants et une grande affection pour ses enfants, cherchant à leur donner le meilleur. Ce jour-là, excédée sans doute par ma malice bien peu évangélique, si calme et douce habituellement, elle n'y avait pas tenu. C'était en 71... non, plutôt en 17, car je me souviens que la loi républicaine interdisant la fessée venait d'être votée. Dans ma candeur, je racontai l'aventure à l'école. La maîtresse, bonne citoyenne, fit son devoir. Dès le lendemain, les gendarmes se présentaient chez ma grand-mère pour l'emmener en garde à vue. Elle écopa un mois de prison ferme et une obligation de soins psychologiques.

Je me souviens surtout de la fierté de mes parents qui me félicitèrent chaleureusement d'avoir fait reculer ces pratiques d'un autre âge, cette violence intolérable et une vision totalement ringarde de l'éducation. A la même époque, un débat sur LCI voyait un des deux protagonistes quitter le plateau, dénonçant son adversaire comme fasciste, car il avait osé suggérer que l’État pourrait peut-être laisser la responsabilité éducative aux parents. En tout cas, les déséquilibrés violents, les déjantés du martinet et les psychopathes, qui avaient le malheur d'être parents, n'avaient plus qu'à bien se tenir, car la loi veillait. On faillit même me donner la légion d'honneur, dans la même promotion qu'un bon prince saoudien, pour service rendu à la patrie... euh, à la République, voulais-je dire ; mais il faut bien avouer qu'il ne convenait pas que l'enfant-roi puisse recevoir cette haute distinction républicaine. L'enfant-tyran de demain aura-t-il cet honneur ?

Ceci dit, avec le recul, je ne me satisfaisais pas de la juste sentence, infligée à cette grand-mère emportée. Il devait bien y avoir une raison. J'entrepris donc une enquête en émettant des hypothèses. Hétérosexuelle convaincue, aurait-elle cédé à une pulsion de haine contre le même ? L'hypothèse ne tenait pas puisqu'elle avait corrigé un petit-fils, mâle par définition – il semble avéré qu'il avait en tout état de cause choisi la masculinité comme chemin de vie -. Peut-être avait-elle vécu la frustration de ne pas avoir pu avorter à une époque où ce n'était pas encore un droit de l'homme, et pas plus de la femme ? Cet acquis libérateur du droit contemporain la renvoyait-il à une souffrance non exprimée ? Je me demandai même si elle n'était pas musulmane. Mais l'argument ne tenait pas, tant l'Islam a contribué à la civilisation européenne, fondée dans le bel exemple du prophète et la culture de paix enracinée dans ses origines. Non, décidément, je ne trouvais pas d'explication logique jusqu'au moment où je sus qu'elle était catholique. Tout semblait s'éclairer, mais je ne voulais pas tomber dans la caricature.

Il fallut donc scruter les sources du christianisme pour mieux comprendre. Je découvris un passage intéressant du chapitre 15 de l'évangile d'un certain Luc, que je vous rapporte de mémoire. Il s'agit d'une histoire racontée par Jésus. Un homme avait un fils qui désirait recevoir son héritage sans attendre le trépas du paternel. Quoi de plus normal puisque les parents sont là pour le bien des enfants. L'homme ne l'entendait pas de cette oreille et chassa le chérubin entreprenant avec pertes et fracas. Le jeune homme, dépité, s'en alla se consoler chez quelque amie consentante et dans les salles de shoot, généreusement financées par les pouvoirs publics pour les jeunes victimes comme lui. Obligé de travailler à des emplois avilissants, il se ravisa et décida de faire valoir ses droits auprès de son père. Il revint donc, bien décidé à en découdre. Et là, miraculeusement peut-on dire, le père se repentit, se mit à genoux devant le fils et lui demanda sa clémence, promettant de lui accorder tout ce qu'il voudrait. Quant au benêt de fils aîné qui était resté fidèle toute sa vie, les serviteurs du père vinrent à sa rencontre pour lui annoncer le retour de son frère et le changement d'attitude du père. Une lecture spirituelle allégorique autorise à interpréter leur intervention comme une sorte de cellule psychologique mise en place pour l'aider à passer ce cap difficile et à prendre conscience de ses droits refoulés. Conclusion : le fils quémandeur était bien dans son droit et ma grand-mère, répressive, avait sans doute été victime d'une mauvaise lecture de la Bible, portée par une Église Catholique sclérosée et incapable de se remettre en cause, impuissante à se dégager d'une interprétation littéraliste mettant en exergue la toute-puissance du père. La violence n'était finalement peut-être pas inhérente au catholicisme mais à une mauvaise interprétation de ses sources.

Du coup, je changeai d'avis à propos d'un projet de Comité républicain pour faire condamner la Bible comme livre subversif. Une analyse contextualisée et symbolique des textes pouvait la rendre, à l'instar du Coran, républicompatible : la Genèse n'était plus une présentation d'un seul modèle familial (Gn 1-2), Sodome et Gomorrhe ne sont pas ce qu'on croyait (Lv 18, 22 ; Rm 1, 24-27 ; 1Co 6, 9-10...), etc. Quant au sujet qui nous intéresse plus directement, il convient de ne voir qu'une invitation à la négociation avec la progéniture, comme le rapportent les Proverbes : « Corrige ton fils tant qu'il y a de l'espoir ; mais ne t'emporte pas jusqu'à causer sa mort » (19, 18), et encore, la baguette devant être vue comme celle du chef d'orchestre : « N'hésite pas à corriger ton garçon, il ne va pas mourir pour des coups de baguette ! Toi, par des coups de baguette, c'est de la tombe que tu le sauveras ! » (23, 14). Je compris dès lors qu'il ne faut pas s'arrêter à ses a priori et toujours plus approfondir pour comprendre les raisons des choses sous l'éclairage moral de notre bonne loi républicaine.

Commercez et jouissez tranquillement, citoyens, les grands prêtres (et prêtresses) des valeurs de la République veillent sur votre probité morale ! Vous saurez sûrement les en remercier en leur apportant vos voix lors des scrutins démocratiques à venir.

Et comme on le chantait autrefois : Deus salvam fac rempublicam... au sens le plus général du mot, s'entend !

Abbé Philippe-Marie

PS. « Le rire, la moquerie, la dérision, sont des entreprises de purification, de déblaiement, ils préparent des salubrités futures » (Romain Gary). Vous l'avez compris, rien n'est vrai de cette histoire, sinon la fessée qui en est le prétexte. Plein de reconnaissance et d'admiration, je demande bien pardon à ma chère grand-mère au ciel, que je vénère comme une sainte, modèle de foi et de charité, exemple de courage et de bonté !
L'absurde comme conséquence des principes en vigueur, voilà ce qu'il faut dévoiler. Car le glissement sournois des repères moraux vers un humanisme (déshumanisé) bon teint sans Dieu, finit même par atteindre les chrétiens. Nous n'avons pas le droit de nous voir confisquer la vérité, et le droit de la dire. « Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le " mystère d’iniquité " sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair » (Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 675).

Vie du site

En ce début d'année, la vie de notre site pourrait-elle se traduire par quelques chiffres de 2016? Essayons: 8300 connexions, 24000 pages visitées, 1 minute 3/4 par visite, une bonne vingtaine de chaînes de prières (dont 4 nouvelles) servies par 950 priants, près de 400 intentions de prière et une petite trentaine d'actions de grâce…

Ces données, toutefois, ne valent que ce que vaut leur contenu, et comme toute l'équipe de CathoFamiLink je suis souvent très ému par les textes que vous nous envoyez: demandes de chaînes de prières, intentions présentées… mais aussi grâces obtenues et bonnes nouvelles de malades qui sont sources de belles et lumineuses émotions.

Mais les vœux pour l'an neuf dépassent un bilan de l'année écoulée. Il est de coutume de se souhaiter réciproquement une bonne santé. C'est tellement habituel que cela perd parfois un peu de son sens. Chez nous, c'est différent car c'est bien souvent pour la santé que nous prions les uns pour les autres, et la santé que nous souhaitons se situe toujours sous le regard et dans la volonté de Dieu, ce qui nous permet à tous d'aller très haut dans nos vœux de bonheur. Aussi me suis-je permis de terminer ce petit mot par les derniers vers d'un poème de circonstance :

… Mais respectons au mieux le sens de la nature :
Allons chercher plus haut notre boisson future
Car surtout la vraie source infinie du bonheur
Pour s'écouler vers nous se tient dans la hauteur.
Ce vrai bonheur existe. Il faut qu'on le souhaite :
Que du Seigneur Jésus la volonté soit faite.
La seule chose à dire avec honnêteté,
C'est qu'il n'est qu'un seul vœu: celui de sainteté.
Ne tergiversons point, exprimons-le sans crainte :
A chacun souhaitons une année bonne et sainte.

Dominique



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Newsletter n°91 du 25 décembre 2016

publié le 21 déc. 2016 à 11:23 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 21 déc. 2016 à 11:35 ]

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5)

Dans la nuit scintillent les guirlandes électriques. Elles ajoutent une note de gaîté au halo blafard de l'éclairage public. Je cherche dans nos villes endimanchées, les éclairages de mon enfance qui souhaitaient un ''Joyeux Noël !''... en vain ! Précisément, elles ne sont plus endimanchées car la fête ne sait plus à qui elle doit d'être. La fête a été vidée de sa substance. L'écrin est toujours plus magnifique. Dommage qu'il ne contienne plus la pierre précieuse ! Des zombis déambulent, hagards, de baraque en attraction, de vin chaud en gaufre gourmande, de nulle part en néant. La fête a revêtu des habits de deuil, chamarrés mais pas moins attristants.

On se surprend, rarement, à s'arrêter devant la vitrine d'un courageux artisan qui ose dévoiler du sens en exposant quelques santons entourant la Sainte Famille. Combien connaissent encore Celui dont nous célébrons l'anniversaire ? Au mieux connaissent-ils quelque chose sur Lui. Plus difficilement l'ont-ils rencontré personnellement.

Et pourtant Il dira plus tard : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Ce n'est pas seulement une formule de style pour attirer l'attention. Cette affirmation soulève une vérité fondamentale sur l'homme. La grâce qu'Il nous apporte à Noël n'est pas une option proposée à l'humanité pour améliorer sa condition. La grâce de l'Enfant-Dieu de la crèche de Bethléem est absolument nécessaire à tous les hommes pour retrouver l'intégrité de leur nature, pour orienter leurs désirs vers l'unique nécessaire, pour fonder leur art de vivre ensemble sur le don de soi et le souci du bien commun.

Jésus n'est pas une option pour les libre-penseurs qui rêvent d'un homme sans Dieu, dictant les normes du bien et du mal. Il n'est pas un carcan pour leur liberté mais la condition même de cette liberté.

Jésus n'est pas une option pour les musulmans qui ne voient pas que le mot du Coran qui le désigne comme parole de Dieu, fait de Lui une parole vivante, écrite en lettres de feu sur nos âmes, tellement plus riche et suave que les paroles mortes et sclérosantes qui emprisonnent dans une loi désespérante.

Jésus n'est pas une option pour tous les matérialistes pratiques, esclaves de l'Argent et des plaisirs. Il ne propose pas une joie éphémère, au relent de moisi, mais une joie toujours nouvelle et éternelle.

Oserais-je dire que Jésus n'est pas une option, même pour les chrétiens qui se laissent fasciner par les miroirs aux alouettes des considérations mondaines, les distrayant de Lui, unique essentiel.

L'homme n'est pleinement humain que s'il reçoit l'Enfant de la crèche. En assumant la chair de notre condition humaine, le Fils de Dieu nous dit en quelle haute estime Il nous considère. En s'unissant à notre humanité, Il veut la relever, lui redonner tout son lustre, la redresser dans toute sa dignité. Jésus n'est pas une option pour tout homme car Il est le seul Sauveur, Dieu venu parmi nous pour nous attirer à Lui. « Il n'est personne à qui soit refusé de partager cette allégresse, un seul et même motif de joie est commun à tous, car notre Seigneur, qui, venu détruire le péché et la mort, n'a trouvé, parmi les hommes, personne qui fût libre de faute, est venu les libérer tous. Qu'exulte le saint, car il est prêt de recevoir la palme ; que se réjouisse le pécheur, car on l'invite au pardon ; que le païen prenne courage, car on l'appelle à recevoir la vie » (Saint Léon le Grand, 1° Sermon pour Noël, SC 22bis, p. 67).

Et même si Jésus n'est plus reçu chez les siens (cf. Jn 1, 11), le motif de notre joie demeure, plus intense, afin d'aller à sa rencontre en cette nuit de Noël pour l'adorer avec sa Sainte Mère, saint Joseph et les bergers.
Sainte et joyeuse fête de Noël !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°90 du 25 novembre 2016

publié le 28 nov. 2016 à 22:26 par Jérôme Moreau

Grisouille spirituelle

C'est un soir d'automne. Le vent souffle avec une ardeur lancinante. C'est un vent méchant, de ces tempêtes qui annoncent l'hiver et vous saoulent d'un halètement incessant, arrosent abondamment les sols déjà gorgés d'eau et lavent votre cerveau de toute pensée positive par la même occasion. Le temps favorise parfois la mélancolie et rappelle brutalement que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Les skippers du Vendée Globe rêveraient sûrement d'une mer toujours calme et d'un alizé porteur parfaitement orienté pour assurer une glisse optimale tout en conservant un relatif confort à leur coquille de noix perdue dans l'infini de l'océan. Entre le pot au noir et ses instants vierges de toute brise et les flots tumultueux du cap Horn, ils doivent s'ajuster en permanence aux éléments pour mener leur barque à bon port.

Nous connaissons des moments d'adrénaline où nos vies sont propulsées par la grâce et les événements. Il nous semble que nous pourrions alors franchir tous les caps jusqu'au bout du monde. Des phases plus calmes autorisent un vrai retour sur soi pour mieux peser les tenants et aboutissants de nos chemins d'homme, et ressourcer nos âmes. Dans un milieu indéfinissable se déploient des périodes incertaines de grisouille spirituelle où l'on ne sait plus très bien où on en est. A l'évidence, je ne suis pas le saint que je rêverais d'être et d'un autre côté il m'apparaît impossible de le devenir. Dans ce marais, embourbée dans ses pensées, affairée de choses mondaines futiles sans rien faire, l'âme se morfond et cherche comment échapper à la monotonie d'une vie sans relief.

L'horloge qui tourne me rapproche à chaque instant du moment redouté et espéré à la fois du jugement particulier. Tout viendra à la lumière. Qu'aurai-je à présenter au Seigneur ? Il ne me demandera sans doute pas des exploits extraordinaires, simplement d'avoir persévéré dans les humbles tâches du quotidien, selon la voie qui fut la mienne dans le cours de ce pèlerinage terrestre. Jésus n'a-t-Il pas dit : « Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé » (Mt 24, 13) ?

Le temps de l'Avent qui approche va de nouveau creuser le désir intérieur. C'est à la mesure de ce désir que les temps de grisouille peuvent être dépassés. Ils sont justement l'occasion donnée par le Seigneur pour replonger à la source et ne pas se laisser porter par les sentiments d'exaltation, trop volages pour être pris au sérieux. Dans ce combat de la persévérance au milieu des choses ordinaires, la fidélité est éprouvée pour enraciner la communion avec le Seigneur dans la vraie charité, et non pas le ressenti. « Veillez et priez ! ».

Avec la Vierge de Nazareth, dans l'humilité des tâches du quotidien et le silence des âmes contemplatives, attendons sans inquiétude le Christ qui vient, déjà présent en nos âmes !

Abbé Philippe-Marie



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