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    Publié à 4 nov. 2017 à 06:54 par Jérôme Moreau
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    Publié à 29 août 2017 à 22:25 par Jérôme Moreau
  • Newsletter n°98 du 25 juillet 2017 Zizanie Ce dernier dimanche nous a offert de méditer sur la parabole du bon grain et de l'ivraie. Le mot grec qui désigne cette dernière a donné directement en ...
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    Publié à 17 juil. 2017 à 22:32 par Jérôme Moreau
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Newsletter n°101 du 25 octobre 2017

publié le 4 nov. 2017 à 06:54 par Jérôme Moreau

Éloge de l'humilité

Chers Amis de CathoFamiLink,

en guise de lettre mensuelle, j'aimerais simplement vous partager une homélie prononcée à l'occasion des obsèques de Alexandrine (Christiane) Bourdin. Elle fut ma sacristine au CHU de Poitiers, petite orpheline arrivée à l'hôpital en 1942, qui y resta presque jusqu'à sa mort ce 2 octobre 2017. Je lui dois bien cet hommage affectueux, d'abord parce qu'elle a été largement mon inspiratrice en nombre de newsletters (et tellement plus!), mais aussi parce qu'elle fait partie de ces humbles inconnus des humains et pourtant perle précieuse aux yeux de Dieu. Je souhaite que sa mémoire nous aide à prendre conscience que la vraie grandeur n'est souvent pas là où on l'attendrait. Dieu soit infiniment loué pour ces âmes qui nous révèlent, à leur insu, que « l'essentiel est invisible pour les yeux » ! « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25).

Abbé Philippe-Marie



Chers Frères et Sœurs, chers Amis,

Nous entourons notre chère Alexandrine-Christiane, en ce jour, avec l'affection du cœur et de l'esprit. Elle qui n'avait pas connu la joie d'une famille, et qui en souffrait, a su se créer des liens d'affection qui ont constitué une couronne d'amitié et de tendresse autour de sa riche personnalité. Elle avait le don de vous adopter tout de suite car il n'y avait en elle aucun calcul, aucune arrière-pensée, parfois une délicate réserve, comme une partie émergée et visible de sa vraie humilité, celle des petits de l’Évangile. Quand on pense à sa vie marquée en son origine par l'abandon d'une maman sans doute en détresse en 1932, aux années de l'enfance dans une famille d'accueil, puis à sa venue en 1942 dans ce qui deviendra son cher Pasteur où elle restera presque jusqu'à la fin, les critères de réussite de notre monde contemporain pourraient faire penser à une vie pour rien. De fait, et on les comprend, je pense à l'un ou l'autre résident de Pasteur qui vivait mal cette situation subie, dans l'amertume d'une vie rêvée en dehors de cet ''hôpital des pauvres incurables''. Cette vie hors d'atteinte nourrissait parfois, dans les plus conscients, une aigreur ou un mal-être douloureux. Rien de tel chez Christiane qui, d'ailleurs, a eu un moment le choix de partir et a préféré rester dans cet univers qu'elle avait adopté.

Elle avait ses petits défauts que vous avez peut-être pu remarquer de temps en temps. Disons-le, elle était, par exemple, aussi délicieusement têtue qu'une mule corse. Mais il est un point sur lequel on ne pouvait jamais la prendre en défaut et qu'elle partageait avec saint Nathanaël qui, de l'avis même du Seigneur Jésus, était « un homme sans détour » (Jn 1, 47). Quel était donc le secret de ce rayonnement qui la faisait connaître d'un nombre considérable de poitevins et de gens plus éloignés ? Quelle est la recette magique qui l'a empêchée d'entrer dans l'amertume de sa condition malchanceuse et le ressentiment ? L'amour, assurément. Mais pas n'importe quelle sorte d'amour, celui qui vient du Seigneur, puisé dans sa foi profonde si joliment confiante et fidèle malgré un authentique combat spirituel. Elle qui avait si peu reçu de la vie, blessée dans son affection dès l'aurore de son existence, elle aurait pu facilement capter l'attention, chercher à forcer des liens à son profit. C'est tout le contraire qui s'est passé car, vous la connaissiez bien, elle donnait sans compter, sans calculer, gratuitement, son affection, ses biens, ses prières. Il fallait même souvent, avec autorité, modérer sa générosité pour qu'elle ne soit pas totalement dépouillée. « Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n'aime pas reste dans la mort ». Quelle magnifique parabole vivante que celle de notre petite sœur qui aurait pu se complaire dans la tristesse et une forme de mort sociale, qui pourtant a montré un amour débordant et libre, qui a donné tant de saveur à sa personnalité, tant de sérieux et de joie à la fois, tantôt plongée en son âme pour y trouver presque à son insu le Seigneur de son amour, tantôt exquisément espiègle, d'un humour simple qui faisait tant de bien. En disant cela, je la vois hausser les épaules et marmonner en soupirant.

Je l'ai surprise, bien des fois, lisant son vieux catéchisme pour y trouver des réponses à ses questions, cherchant à comprendre sa foi, avec les moyens qui étaient les siens. J'étais souvent ému aux larmes de constater cette soif, et je souriais de bonheur quand elle interprétait un peu de travers, sachant que le Seigneur lui donnait ses lumières d'une autre façon, tellement plus belle, tellement plus intérieure. « Aux sages et aux prudents ridicules, aux arrogants qui revendiquent une fausse grandeur et qui n'ont que du vent, il oppose, non les insensés ni les imprudents, mais les petits. Quels sont ces petits ? Les humbles » (Saint Augustin, Sermon LXVII, 8, in Sermons sur l’Écriture, Robert Laffont, Paris 2014, p. 621). Insensée : elle pouvait le paraître à bien des égards, quoique... Imprudente : elle l'était assurément. Surtout, elle était de ces petits qui sont tellement humbles qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils le sont. Un trait caractéristique de son humilité, et qui l'explique en grande partie, c'est la profonde gratitude qu'elle savait montrer. Pour chacun d'entre nous, elle ne savait jamais quoi faire pour être agréable, se sentant toujours redevable pour le moindre service rendu, pas seulement pour ceux de l'extérieur mais, j'ai pu souvent le voir, pour ses compagnons pauvres et fragiles de Pasteur. Là encore, son âme droite et simple avait pris modèle sur la Vierge Marie qu'elle aimait tant. Elle la priait avec ferveur, émerveillée comme Elle de tout ce qui est beau et bon. Dans le fameux pèlerinage à Fatima, quand tout le monde dormait dans le car à l'heure de la sieste, elle veillait, ne voulant rien manquer du paysage. En entrant dans la chapelle baroque construite sur la maison natale de sainte Thérèse d'Avila, elle se mit à pleurer, saisie par la beauté du lieu. Une âme sensible à la beauté est une âme reconnaissante, jamais blasée, toujours prête pour l'émerveillement.

Comment ne pas lui dire un immense merci en ce jour, pour tout ce qu'elle a été pour chacun d'entre nous à des degrés divers ? Comment ne pas rendre grâce pour une vie inconnue des hommes et du monde mais si précieuse aux yeux de Dieu ? Comment ne pas avoir confiance que la miséricorde du Seigneur enveloppe si tendrement celle qui désirait tant le recevoir dans la Sainte Eucharistie ? Sans doute va-t-elle dire : « Nous autres, les indulgents de Pasteur, on n'est pas en haut de l'échelle comme vous autres !». Il y a bien longtemps qu'elle nous avait dépassés mais elle ne le savait pas car l'indigence n'était pas du côté qu'elle pensait. En revanche, sans le faire exprès, elle montrait que l'indulgence était bien de son côté, comme un souffle divin qui couvrait de sa bienveillance tous ceux qu'elle rencontrait.

Chers amis, quel souvenir allons-nous garder de notre chère petite Christiane ? Celui de la tendresse de Dieu qui s'est manifestée dans une humble créature, saisie par la Croix dès l'entrée en cette vie. Ce sont ces humbles que le Seigneur met sur notre chemin qui nous font grandir et nous ramènent à l'essentiel. « ''Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi'' ; non pas à construire l'univers, non pas à créer tout ce qui est visible ou invisible, non pas à faire des miracles dans ce monde ni à ressusciter des morts ; apprenez ''que je suis doux et humble de cœur''. Tu veux devenir grand, commence par être petit. Tu songes à élever un haut bâtiment, pense à lui donner d'abord pour fondement l'humilité. Plus on veut exhausser une construction, plus important doit être un édifice, plus aussi le fondement doit être profond. On s'élève en construisant une demeure, on s'abaisse en creusant les fondations. Aussi peut-on dire que la maison descend avant de monter, et que la grandeur ne vient qu'après l'humiliation » (Saint Augustin , Sermon LXIX, 2, in Sermons sur l’Écriture, Robert Laffont, Paris 2014, p. 627-628).

Bien chère petite mère sacristine, que Notre-Dame de Lourdes et de Fatima, vous emporte dans la gloire sans fin. J'imagine votre tête quand le Seigneur viendra vous prendre par la main et vous fera monter vers une place d'honneur, laissant plus bas ceux, qu'ici-bas, vous aviez toujours considérés plus haut. Vous n'en reviendrez sûrement pas d'étonnement. Mais ne nous oubliez pas auprès du Seigneur, afin que nous apprenions nous aussi la vraie humilité qui efface les fautes, illumine tout, rend tout aimable et constitue le terreau assuré d'une sainteté véritable. Ainsi-soit-il !

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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°100 du 25 septembre 2017

publié le 12 oct. 2017 à 00:39 par Jérôme Moreau

Le Père 100 !

Chers amis,

Ce n'est pas sans émotion que j'écris ces premiers mots de la 100° newsletter de CathoFamiLink. La première remonte à juin 2009 et depuis déjà huit ans, vous êtes restés fidèles, pas seulement à la lettre mais, et c'est plus important, à la prière et à l'esprit que, avec toute l'équipe, nous avons voulu donner à ce site. Nous sommes résolument au service de nos frères et sœurs qui vivent l'épreuve et la croix en proposant cet outil, très modeste, pour mettre en relation les priants qui le souhaitent autour d'une intention particulière.

Nous avons connu bien des joies, et encore des récentes, qui nous ont montré, s'il était nécessaire, la force de la prière à laquelle Jésus nous invite avec confiance. Parfois, il semble que nous n'avons pas été exaucé. Il semble seulement, tant les fruits de la prière ne sont pas toujours ceux escomptés. Je suis sûr que le Seigneur a toujours répondu d'une manière ou d'une autre, peut-être pas là où nous L'attendions mais différemment ou ailleurs. La communion des saints a cet avantage que rien ne se perd des bonnes actions, des offrandes et sacrifices, des prières et intercessions, des mérites, tous offerts en union avec le sacrifice rédempteur de Jésus sur la Croix.

Il est clair que nous nous reconnaissons plus que jamais, comme je vous le disais dans la première newsletter d'une autre manière, dans les trois Blancheurs : l'Eucharistie au cœur, à la source et au sommet de notre vie chrétienne ; la Très Sainte Vierge Marie comme guide de notre vie chrétienne et Mère de la grâce ; le Saint-Père, comme visage de l'universalité et de l'unité de l’Église du Christ, malgré nos divisions.

Mais, vous allez me dire : ''Pourquoi ce titre ?'' Il m'est venu en pensant à mon service militaire car je suis encore de ceux qui l'ont fait. Ceux qui voyait la quille, c'est-à-dire la fin du service, approcher, avaient coutume de fêter le Père 100 ! Je ne saurais dire l'origine de l'expression mais c'était le commencement du décompte des jours qui conduisait vers la sortie, occasion d'une fête bien arrosée ! Tout cela n'a que bien peu à voir avec notre centième à nous qui dit surtout votre sobre fidélité.

Peut-être avez-vous pensé au ''perçant'' à chaque fois que j'ai ouvert un abcès des maux de notre temps ? Ou au ''persan'', lorsque vous vous êtes ''farsi'' des newsletters peu inspirées ? Ou encore au ''père sang'' quand je vous ai fait part de mes (saintes) colères devant les injustices ? Rien de tout cela. Le Père 100 vous concerne chacune et chacun et me remplit d'émotion quand je pense à votre persévérance et à votre fidélité dans la prière, à votre charité active qui prend part à la souffrance des autres, à votre esprit de sacrifice quand vous recevez courageusement les épreuves et témoignez de votre espérance sans faille, à votre constance pour vivre votre foi catholique dans un monde qui s'en éloigne si souvent, quand il ne la combat pas ouvertement. Pour tout cela, et tant d'autres bienfaits, chers amis, chers frères et sœurs, soyez vivement et affectueusement remerciés ! Quel réconfort et quelle consolation de savoir qu'une communion invisible nous unit fortement et ne laisse pas chacun, seul, livré à ses difficultés ! Je rends grâces au Seigneur pour ces années de CathoFamiLink ou tant de grâces ont été échangées dans le secret des cœurs et le silence des âmes offertes sans condition, à la suite de la Sainte Vierge Marie.

Ah !, oui... Le Père 100 ! C'est le Père céleste qui, dans la parabole du semeur (Mt 13, 23), fait porter du fruit à chaque petit grain de blé, au maximum, à 100 pour 1 ! Je suis sûr, ou au moins j'en fais le vœu, que c'est le fruit que vous portez, chacune et chacun, dès aujourd'hui et pour la vie éternelle ! Soyez bénis surabondamment de la rosée céleste !

Abbé Philippe-Marie



La vie du site

100 numéros de notre newsletter aujourd'hui! Autant de billets du P. Philippe-Marie qui nous suit (et nous précède) si bien depuis l'origine!

100 newsletter, cela représente 8 ans et 4 mois, la première étant sortie en juin 2009. Que de choses en cette durée! Pour ne prendre que quelques chiffre, cela représente au jour où j'écris:

  • 121 chaînes de prières (dont 100 aujourd'hui archivées)
  • 4064 intentions de prières déposées
  • 407 actions de grâce
  • 206417 connexions avec notre site, d'une durée moyenne de 6 minutes et 39 secondes.

Innombrables sont les dizaines de chapelet, les prières aux saints patrons de CathoFamiLink, les prières pour le pape et les invocations à Notre Dame de Lourdes ainsi suscitées…

Quand aux fruits, impossible de les quantifier. Nous nous sommes toujours refusés à parler de miracles quand nous constatons des guérisons ou des améliorations notables, physiques ou morales, dans le cadre de nos chaînes de prières, pas plus que nous ne voulons parler d'abandons du Ciel quand les demandes ne sont pas (ou ne paraissent pas) exaucées. Cela n'est pas dans notre domaine de compétences. Mais dans l'équipe nous avons l'expérience de très belles relations humaines et spirituelles liés avec des personnes souffrant de maux divers, ainsi que de bonnes nouvelles espérées mais inattendues.

Puisque notre site est lié dès son origine à Notre Dame de Lourdes, je vous confie pour conclure ce poème écrit sur le thème du Pèlerinage National 2017 à Lourdes "Le Seigneur fit pour moi des merveilles":

En Marie, le Seigneur fit pour nous la merveille,
Saint est Son Nom!
Elle est splendeur céleste et pour Dieu sans pareille,
Son gonfanon!

Elle est marque d'amour du Seigneur pour les hommes
Par sa bonté
Faisant aimer du Père aux pécheurs que nous sommes
La volonté.

En elle Il nous offrit la meilleure des mères,
Legs merveilleux
Pour nous donner, plutôt que des peines amères,
La paix des Cieux.

Elle nous a comblés par son regard si tendre
Sur nos cœurs durs,
Nous donnant belle envie, par merci, de lui rendre
Des cœurs plus purs.

Elle nous a donné pour Noël à la crèche
Notre Sauveur,
Celui qui pour toujours établit une brèche
Dans le malheur.

Elle nous fait le don, car elle est bonne et douce,
D'aimer servir
Nos frères malheureux, fragiles, et nous pousse
A les chérir.

Pouvoir lui fut donné de gagner sur le diable
Echec et mat,
Elle dont s'élança la prière incroyable:
Magnificat!

Je vous salue, merveille entre les créatures,
Parfait trésor
Annoncé par le Ciel au sein des Ecritures
En lettres d'or!

Dominique



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°99 du 25 août 2017

publié le 29 août 2017 à 22:25 par Jérôme Moreau

"Saint nom est Jean" (Lc 1, 63)

Au milieu des vacances, il se trouve toujours des nouvelles qui viennent bouleverser le monde alors que les uns et les autres se font bronzer sur la plage ou crapahutent dans nos magnifiques massifs montagneux. Je ne parle pas des lois impopulaires passées en douce à l'Assemblée Nationale, ni de la feuille d'impôts qui attend votre retour dans la boîte aux lettres, ni des pyromanes criminels qui ravagent nos belles forêts du sud. Non, il s'agit de choses vraiment importantes : le transfert de Neymar au PSG ! Juste 222 millions d'euros, en fait plus de 700 en comptant tout ! Comme c'est beau le foot où l'on achète les lutteurs de l'arène comme jadis le laniste faisait son marché chez le marchand d'esclaves en découvrant la brute de combat qui allait lui rapporter un maximum d'argent en survivant le plus longtemps possible dans l'arène. Il est vrai que pour le gladiateur, on regardait plutôt les dents que le mollet afin d'estimer l'état de santé. Les temps ont changé, en beaucoup plus moral ! D'abord il n'y a plus de morts (ou très rarement, par accident) dans l'arène, mais plutôt parmi les spectateurs des tribunes en notre époque moderne. Il est donc plus dangereux d'être supporter d'un club que joueur.

Pour le reste, rien n'a changé car certains gagnent toujours beaucoup d'argent autour de leurs champions. Les champions sont internationaux, comme du temps des gladiateurs. En revanche, les profiteurs le sont également. C'est curieux comme ils continuent de faire leur profit sur le dos des petites gens qui, dans toute leur vie, ne gagneront même pas en centimes ce que leurs ''idoles'' gagnent en euros chaque mois. Et même, certains emprunteront pour se payer le maillot du champion aux couleurs du club à 150 euros, épongeant ainsi sur leur misère l'appétit de gloire et d'argent des promoteurs de la distraction publique et obligatoire. Ces derniers n'éprouvent d'ailleurs aucune honte et, bien au contraire, pensent faire œuvre philanthropique en procurant aux gens un peu de bonheur dans la violence du temps présent.

A propos de ce pauvre garçon à la jeunesse grisée de gloire précoce, nous ne savons même pas son prénom. Il doit bien en avoir un, et sûrement chrétien, puisque il vient du magnifique pays du Brésil. Pour ma part, j'ai opté pour 'Jean' parce que c'est un prénom chargé de signification. Quand on possède un tel talent footballistique, c'est que le Seigneur ne doit pas être très loin. 'Jean', c'est ''Dieu a fait grâce''. Cela lui va donc très bien. En outre, les 'Jean' sont toujours porteurs de bonnes nouvelles à venir, de talents cachés prêts à se dévoiler, d'annonces d'une libération à venir, d'espoir quoi ! Tiens, par exemple, nous en avons un vraiment talentueux dans l'Evangile : le Précurseur. Et même qu'il a failli ne pas s'appeler 'Jean'. Son père Zacharie, qui était muet de stupeur de sa venue inattendue, fait comprendre par écrit que son nom est bien 'Jean'.

Alors, n'hésitons pas parce que ce prénom lui ira vraiment très bien pour que nous puissions l'acclamer comme il se doit et chanter avec son nom les bienfaits d'une société d'argent et de jeux. Aujourd'hui, ce sont les spectateurs des jeux qui saluent les champions, et non plus l'inverse : « Ave, Jean Neymar, ceux qui ont décidé de vivre te saluent ! ». Ensuite, prenez définitivement congé du cirque d'un monde sans vergogne !

Abbé Philippe-Marie



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°98 du 25 juillet 2017

publié le 25 juil. 2017 à 10:22 par Jérôme Moreau

Zizanie

Ce dernier dimanche nous a offert de méditer sur la parabole du bon grain et de l'ivraie. Le mot grec qui désigne cette dernière a donné directement en français notre ''zizanie''. Ainsi, malgré tous les efforts du Souverain Seigneur pour semer dans le monde le bon grain, la zizanie s'en mêle... et nous emmêle. Le monde est irrémédiablement partagé entre les bons et les méchants, comme dans un bon vieux film américain où, heureusement, les bons finissent toujours par l'emporter.

Du côté des méchants : voyons... j'y mettrais bien mon percepteur, ceux qui ne partagent pas mes idées politiques, cet ami qui m'a fait un mauvais coup, les terroristes islamistes, ce collègue casse-pieds qui est prêt à tout écraser autour de lui pour se faire mousser auprès du patron, la tante Duduche qui a magouillé pour avoir la plus belle part de l'héritage des grand-parents,... liste non exhaustive. Et du côté des bons : ben... tous ceux qui sont pas méchants ! Le tri est globalement assez facile, même si certains passent d'un bord à l'autre en fonction de leur attitude, ou de mes intérêts fluctuants. Remarquez bien que je ne suis pas le seul à sélectionner ; les médias eux-mêmes trient les bons des méchants : en matière politique, sur les questions morales, etc. Bref le monde est ainsi fait qu'il y aura toujours d'un côté les bons et de l'autre les méchants, sachant quand même, et cela va de soi, que je serai toujours, grâce à Dieu, du côté des bons. C'est bien connu : ''l'enfer, c'est les autres !'', comme disait Jean-Paul, pas le deuxième, mais un autre qui n'est pas un saint.

D'accord, mais que fait-on de ce constat ? Faudra-t-il donc toujours supporter les méchants ? Seigneur, que faites-vous, pourquoi ne détruisez-vous pas les méchants ? Réponse de saint Augustin : « Ne vous imaginez pas que les méchants sont inutiles en ce monde, et que Dieu ne les emploie pas à opérer le bien. Il accorde la vie aux méchants, soit pour leur donner le temps de se convertir, soit afin de les faire servir à éprouver les bons » (Commentaire sur le Ps. 54, 4).

Voir dans le méchant celui à qui Dieu permet d'éprouver ma patience, de m'enraciner dans la vraie charité parce que je ne nourris plus d'idée de vengeance, de haine, de rancœur, c'est sûrement au-dessus de mes forces mais la grâce peut m'y aider. Qu'en plus les méchants puissent se convertir et verser dans le camp des bons, il faut dire que le Seigneur est capable des plus grands exploits ! C'est dire aussi que la frontière entre les deux est poreuse, voire mouvante. La tante Duduche et le percepteur pourraient donc devenir bons. Et même les terroristes islamistes ? Mais, perspective plus effrayante, je pourrais moi aussi changer de camp et devenir méchant ?

Décidément, l'affaire n'est pas aussi simple. Tout n'est pas bêtement binaire. C'est finalement au milieu de mon cœur que passe la frontière qui sépare les bons des méchants. La question est de savoir vers où je veux pencher. Jésus sait voir la bonté enfouie dans le cœur de tout homme, y compris des plus grands pécheurs. Il ne se résout pas à enfermer les personnes dans le mal qu'elles font. Pour moi, pécheur, Il a donné sa vie. Le combat est lancé dans le monde, dans nos sociétés mais aussi dans mon propre cœur. La zizanie cherchera toujours à étouffer le bon grain, à pervertir les sains désirs de vrai et de beau, à cacher du soleil l'épi prometteur.

Ne pas ignorer le mal, certes, mais surtout chercher partout et en tous le bien visible ou possible : voici un beau chemin de vie chrétienne, superbe remède à la sinistrose et semence de clarté et de joie.

Que Notre-Dame, refuge des pécheurs et cause de notre joie, nous y aide puissamment !

Abbé Philippe-Marie



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°97 du 25 juin 2017

publié le 17 juil. 2017 à 22:32 par Jérôme Moreau

Jésus doux et humble de cœur

Chers amis de CathoFamiLink,

Chacun de nous a plus ou moins entendu parler du jansénisme. Cette doctrine divisa les chrétiens au XVII° siècle à la suite de la publication en 1640 d'un ouvrage, l'Augustinus, par l'évêque d'Ypres, Cornelius Jansen. Il ne s'agit pas ici de développer ce que fut le jansénisme. Blaise Pascal y mit sa touche avec ses Provinciales. Toujours est-il qu'il fut une fracture dans le peuple chrétien, certains (les jansénistes) radicalisant les positions de saint Augustin sur la grâce, en insistant sur l'initiative divine et en dépréciant la nature humaine, d'autres (les opposants) mettant l'accent sur la liberté dans une vision plus positive de cette nature humaine. La doctrine est en réalité assez complexe sur le sujet mais on retiendra les conséquences pratiques du jansénisme, mélange de rigueur morale et d'angoisse quant au salut.

Dans ce contexte polémique et passionné, les apparitions du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie entre 1673 et 1675, sont d'autant plus marquantes. La tendresse de Dieu se manifeste. Sa douceur se dévoile. Son amour passionné pour les hommes se déverse dans les âmes pour qu'elles ne soient pas emportées par le désespoir d'un salut qui paraît tellement improbable aux yeux des jansénistes. « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu'ingratitude ».

En dévoilant son Cœur transpercé à la sainte de Paray-le-Monial, Jésus met à notre portée la surabondance infinie de l'Amour divin. Dieu nous paraît parfois si lointain et intouchable, si mystérieux, que nous ne pouvons vraiment mesurer son Amour qui est pur Don de Lui-même. Cet Amour se fait proche et visible dans le Sacré-Cœur. A travers cette manifestation humaine, en Jésus, de l'Amour divin, nous sommes touchés dans notre sensibilité avant d'être rejoints au plus profond de notre âme. « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », dit le Seigneur (Mt 11, 29). Nous atteignons la divinité de Jésus par son humanité. Nous pouvons vraiment entrer dans le mystère de l'Amour de Dieu pour nous en contemplant le Cœur de son Fils ouvert sur la Croix, déversant sur le monde les flots de la miséricorde.

Les hommes d'aujourd'hui rejettent un Dieu vengeur et lointain mais ils sont incapables d'accueillir le Dieu fait chair, victime de son Amour pour les hommes. Le jansénisme fait encore des ravages, y compris dans l'imaginaire religieux de ceux qui ne veulent pas de Dieu et s'en font une image erronée. Et ce n'est pas l'islam qui pourra les aider à former une image plus juste du Dieu chrétien révélé dans l’Évangile. Il y a donc un enjeu spirituel et évangélisateur à témoigner du vrai Dieu. Le Sacré-Cœur est l'image vivante de l'Amour divin, si proche, si proche qu'Il peut faire fondre toutes nos résistances et donner l'espérance à tous « les insensés (qui) disent dans leur cœur : ''Pas de Dieu !'' » (Ps 13, 1).

Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive !

Abbé Philippe-Marie



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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°96 du 25 mai 2017

publié le 29 mai 2017 à 22:22 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 29 mai 2017 à 22:29 ]

Un racisme éthique ?

Chers amis de CathoFamiLink,

Revenons un instant sur un fait divers. Une charmante jeune fille, répondant au nom de Mélanie, nourrissait un rêve : présenter la météo de 20h00 sur France 2. Son désir était tellement fort qu'il finit, je ne sais comment, par déborder sur les réseaux sociaux. Ce fut l'engouement et la direction de France 2, émue sans doute par la chose, accepta avec bienveillance. Le grand jour fut fixé au 14 mars dernier et la France entière vit apparaître, étonnée, Mélanie Ségard à côté de la présentatrice habituelle qui, il faut bien le dire, fit preuve d'une grande délicatesse. Rien que de banal, me direz-vous, sauf que j'ai oublié de vous dire que ladite jeune fille est trisomique. Dans une interview suivant sa prestation, elle ne manqua pas d'ailleurs de remercier tous ceux qui l'avaient aidée pour réaliser son rêve.

Ce n'est pas tant le fait divers, que je trouve fort sympathique et bienvenu, qui m'interroge mais les commentaires qui ont suivi. Parmi quelques perles, je vous livre celle-ci : « Merci, vous nous avez prouvé que la société est prête à accueillir toutes les différences »... ??? C'est dit, la société s'est rassurée sur sa capacité à ne pas exclure, à s'ouvrir à la différence, à ne pas rejeter les plus petits, à donner sa place à chacun, à être attentive à l'autre... et patati, et patata ! Sauf que l'on se rassure à bon compte.

Mélanie passe à une heure de grande écoute sur une chaîne nationale française. Parmi vous qui me lisez, combien ont-ils croisé une personne trisomique dans la rue ou un endroit public depuis un an ? Probablement très peu, et pour cause, un eugénisme sournois et silencieux, et donc bien propre sur lui, les élimine systématiquement (à 96%) dans le sein de leur mère. C'est ce que la Fondation Lejeune appelle le ''racisme chromosomique'', qui va encore s'aggraver par l'arrivée sur le marché d'un test sanguin de la trisomie pour les femmes enceintes.

Ajoutons à cela que 146 scientifiques viennent de lancer une pétition pour que soit supprimée la qualification d'utilité publique de la Fondation Jérôme Lejeune, ce qui la priverait substantiellement des dons nécessaires à sa mission et la condamnerait pratiquement à mort. Cette mission comporte trois axes : chercher – soigner – défendre. Sur le premier, ses adversaires tolèrent que l'on puisse s'obstiner à découvrir des solutions de guérison, même d'amélioration des patients trisomiques, d'autant que certaines recherches profitent à d'autres maladies, telle celle d'Alzheimer. Et de fait, des résultats plus qu'encourageants pointent leur nez. Sur le deuxième axe, ils n'osent pas passer pour des sans-cœur. Le problème majeur, c'est le troisième axe car la Fondation recourt régulièrement à la justice contre l'Agence de biomédecine qui autorise des recherches sur l'embryon. Voilà ce qu'il fallait dénoncer : les contempteurs du progrès, les moralisateurs insupportables, les ennemis de la science.

Ils n'ont pas vu, ou peut-être l'ont-ils trop bien vu, que la Fondation Lejeune s'efforce d'être cohérente. Chercher pour guérir ses patients, qui viennent à elle par milliers de toute l'Europe, c'est aussi défendre leur droit à la vie. On ne guérit pas une maladie en supprimant les malades. Si j'étais un journaliste des médias bien-comme-il-faut, je pourrais même ajouter que « ça nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire » ! Ah, pardon ! Mauvaise pioche, parce que la citation ne fonctionne pas dans ce contexte...

Je préfère laisser la parole à un collectif de 21 parents d'enfants trisomiques qui lancent un appel (à relayer : www.appeldes21.fr) : « Les personnes porteuses de trisomie 21 n'appartiennent pas à une race à part pour l'éternité, ce sont des malades, il n'y a pas de maladie que l'intelligence humaine ne puisse vaincre, un jour... Aucun de ces 146 signataires n'a de solution alternative à nous proposer, aucun de ces dignes mandarins reclus dans leur laboratoire ne prendra nos enfants sur ses genoux. Aucun d'eux ne devrait se glorifier de cette exigence faustienne de chercher sans limite. Messieurs les savants, acceptez la contradiction éthique et l'arbitrage du juge et surtout, ne réglez pas vos comptes sur le dos de nos enfants. Ils attendent de vous l'espoir d'une guérison, pas un surcroît de malheur ».

Il est vrai que tous n'ont pas la grandeur d'âme d'un Jérôme Lejeune. C'est son combat qui continue, pour la dignité de chacun, et spécialement des plus fragiles.

Que la Vierge Marie nous y aide car nous ne pouvons pas renoncer, de crainte que notre humanité sombre dans l'illusion de la toute-puissance et la folie destructrice qui en découlerait irrémédiablement !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°95 du 25 avril 2017

publié le 27 avr. 2017 à 09:05 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 27 avr. 2017 à 09:05 ]

«Mon Cœur immaculé triomphera»

Chers amis de CathoFamiLink,

Le 13 mai prochain, nous fêterons le centenaire des apparitions de Notre-Dame aux petits enfants de Fatima : Lucie, François et Jacinthe. Le Pape François, à cette occasion, canonisera ces deux derniers, morts jeunes, dans une offrande pleinement consciente de leur vie.

On a beaucoup glosé sur le fameux 3° secret, vraiment dévoilé ou pas. Peu importe, car des signes forts ont été donnés d'un formidable combat spirituel qui est en train de se livrer et qui menace toute notre civilisation. Les plus anciens se souviennent de la tragédie de l'attentat contre le saint Pape Jean-Paul II le 13 mai 1981, et de l'intervention miraculeuse – aux dires mêmes du Saint-Père – de Notre-Dame de Fatima. Il voulut L'en remercier personnellement lors d'un pèlerinage en son sanctuaire l'année suivante. Jean-Paul II connaissait mal les apparitions de Fatima au début de son pontificat, mais il en comprit dès lors tous les enjeux.

Au-delà des secrets, prophétisant l'avenir, donnés par la Sainte Vierge aux voyants, il s'agit pour nous de nous engager résolument dans une œuvre de conversion et d'offrande. La meilleure réponse aux temps difficiles que nous vivons en France et bien plus largement en raison d'une crise profonde de notre civilisation, c'est la réponse de l'héroïsme de la sainteté. Car il n'est plus temps de tergiverser, de nous assurer des sécurités mondaines faillibles, tout en conservant le minimum vital d'une foi attiédie qui ne consent plus à tout donner au Seigneur.

L'heure est venue d'un profond et radical renouvellement des promesses de notre baptême. Le saint Père de Montfort nous y invite avec vigueur en nous proposant de nous consacrer totalement à la Vierge Marie pour être mieux consacrés à son Fils Jésus-Christ. Nous avons tout à disposition pour que la sainteté embrase nos cœurs et le monde. Il ne manque que notre détermination et notre désir de devenir autant de brasiers capables d'enflammer et d'illuminer ce monde enténébré par le péché et désespérément refroidi par l'égoïsme promu par l'idéologie mortifère des sans-Dieu.

Chers amis, n'ayons pas peur... et surtout pas du Christ « qui n'enlève rien et donne tout », comme le disait Benoît XVI au début de son pontificat. Notre-Dame du Saint Rosaire de Fatima nous invite à une prière fervente et à la confiance car Elle l'a solennellement promis : « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera » !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°94 du 25 mars 2017

publié le 11 avr. 2017 à 04:52 par Jérôme Moreau

« Insondable richesse du Christ » (Eph 3, 8)

Parmi les virtuoses du pied de biche, il faut compter quelques voleurs. Nuitamment, il vous font sauter les verrous en un rien de temps, y laissant au passage quelques lattes de bois éclatées, avant d'entreprendre des fouilles qui n'ont rien de la délicatesse des archéologues. L'église Notre-Dame dans ma paroisse en a fait les frais, et les assurances aussi. L'appât du gain se voulait facile, immédiat, sans tous les inconvénients de la négociation des objets volés au plus offrant. Il y a des voleurs pressés, et tant mieux puisqu'il n'a finalement rien pris, cherchant le produit de la quête. Le plus ennuyeux et angoissant eût été qu'il s'en prenne au Saint-Sacrement. Que nenni ! S'étant emparé des clefs de la boîte à trésors, il ouvrit délicatement le tabernacle et le referma. Jésus était toujours là, à notre plus grand soulagement,... et point de quête. Avide arriva notre ami, bredouille il repartit.

Il ne devait sûrement pas avoir une grande culture chrétienne pour chercher la quête dans le tabernacle. Mais il nous donne une belle parabole de notre monde, plus prompt à adorer l'Argent que Dieu (cf. Mt 6, 24). Il est vrai que les tabernacles des banques sont tout de même beaucoup moins accessibles. Et les gardiens du temple peut-être plus sourcilleux. « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où mites et vers consument, où les voleurs percent les murs et dérobent. Amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni mites ni vers ne consument, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Mt 6, 19-21).

Petit examen rapide : vais-je plus souvent à la banque que prier Jésus présent dans le tabernacle ? Pourtant tout notre trésor est là, qui nous attend, qui ne veut rien garder pour Lui, qui donne tout et s'enrichit à mesure qu'Il donne. Jésus n'a pas besoin de faire sauter les verrous. Au matin de Pâques, Il est là, d'un coup, au milieu des Apôtres stupéfaits. Ils n'avaient fait qu'entrevoir les richesses infinies que recelait son humanité. Défiguré, humilié, bafoué et cloué sur la Croix, Il n'avait plus rien de présentable. Allongé, mort, sur la banquette funéraire, Il n'avait plus rien, même pas un vêtement, nu, dépouillé de tout. Qui avait compris que toute la richesse de l'humanité était là, gisante, sanglante, anéantie (cf Ph 2, 7) ?

Au matin du premier jour, du premier jour absolu d'une humanité recréée, Il apparaît dans toute la splendeur de sa lumière de Ressuscité. Il fait sauter les verrous des cœurs. Au lieu de mettre du désordre, Il rassemble ce qui a été dispersé. Il vient ravir nos âmes à l'avidité du démon, dérober nos vies liées par les chaînes du péché.

En ce temps qui nous conduit très bientôt à la joie pascale du Christ ressuscité, notre Dieu et Sauveur, laissons-nous submerger par les flots de son insondable richesse !

Très sainte et joyeuse fête de Pâques !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°93 du 25 février 2017

publié le 26 févr. 2017 à 08:28 par Jérôme Moreau

Carêment

Chers amis,

Enfin une bonne nouvelle dans ce monde agité : c'est bientôt le carême ! C'est l'heureuse perspective d'une randonnée qui promet une jolie ascension. Certes, il y a toujours un peu d'appréhension en raison des dangers du chemin et de la fatigue annoncée. Mais des horizons de liberté s'ouvrent sous mes pas.

J'ai préparé mon sac à dos. Je l'ai délesté de tant de bonnes choses qui alourdissent la marche et l'estomac. Adieu chocolat, viandes savoureuses et alcools euphorisants, mets raffinés et repas pantagruéliques ! J'ai éliminé également la télévision, l'ordinateur, le téléphone portable et tous ces joujoux technologiques qui me gardent en connexion avec un monde plus ou moins vrai et plus ou moins virtuel. Ils finissent par me polluer la tête des spectacles tantôt pitoyables de la politique, des sites branchés, de la consommation facile et aguichante de toutes sortes de choses factices fort sympathiques mais tellement superficielles. Ils me gardent pourtant en lien avec mes amis, ou supposés tels... de toute façon, pas de prise électrique sur ma montagne et, avec un peu de chance, je verrai des faces de book-quetin.

En revanche, je n'ai pas oublié une Bible de poche et un chapelet, ces objets du passé qui nous ancrent obstinément dans le présent, l'éternel présent de Dieu.

Je pars donc léger et compte bien me débarrasser en chemin des fardeaux qui pèsent sur ma vie. Si vous empruntez le même sentier et voyez mes péchés gisant dans le fossé, ayez la bonté de ne pas me les rapporter. L'ascension sera longue, je le sais, et il me faudra des pauses. Il est préférable d'ailleurs de partir de nuit, à la dérobée, comme à tâtons. Quand les ténèbres enveloppent les pentes mystérieuses, pas de direction assurée sinon celle qui va vers le haut, vers les sommets désirés où pointera bientôt le Soleil levant, illuminant de la douceur de ses rayons le paysage grandiose de la création, contemplée depuis le promontoire de la cime espérée.

J'ai hâte d'accéder au faîte de Sion, la sainte montagne, la sainte Jérusalem, car en elle, chacun est né (Ps 86). Ce carême me donnera d'approcher un peu plus de cette crête heureuse où le Seigneur m'enlèvera un jour pour me prendre auprès de Lui. Comme il est douloureux de s'arracher à cette vallée aux routes larges qui charrient les plaisirs du monde et les illusions qui y sont attachées. De cette vallée de larmes partent des sentiers étroits et abrupts, chargés de promesses qui ne déçoivent pas. Mon sac à dos est prêt. C'est décidé, je préfère l'aventure des ascensions spirituelles à la monotonie des assurances mondaines. Ne le dites pas à tout le monde. Je veux partir de bon matin, discrètement, pour peut-être ne jamais plus revenir. Qu'il est bon d'être libre comme le vent de l'Esprit ! Carêment !

Abbé Philippe-Marie



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Newsletter n°92 du 25 janvier 2017

publié le 25 janv. 2017 à 00:36 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 janv. 2017 à 00:37 ]

Catéchisme républicain

Chers amis de CathoFamiLink,

En cette nouvelle année, que je vous souhaite riche de grâces, j'aimerais vous rapporter un petit souvenir personnel : une fessée mémorable ! Alors que je faisais, à l'âge de l'innocence pas toujours si innocente, une bêtise de gosse dont je ne me rappelle d'ailleurs pas vraiment la teneur, je mis en colère ma pauvre grand-mère qui me donna une fessée d'anthologie. Veuve avec 6 enfants, de 12 ans à quelques mois, elle avait tenu, seule, la ferme familiale dans une abnégation de tous les instants et une grande affection pour ses enfants, cherchant à leur donner le meilleur. Ce jour-là, excédée sans doute par ma malice bien peu évangélique, si calme et douce habituellement, elle n'y avait pas tenu. C'était en 71... non, plutôt en 17, car je me souviens que la loi républicaine interdisant la fessée venait d'être votée. Dans ma candeur, je racontai l'aventure à l'école. La maîtresse, bonne citoyenne, fit son devoir. Dès le lendemain, les gendarmes se présentaient chez ma grand-mère pour l'emmener en garde à vue. Elle écopa un mois de prison ferme et une obligation de soins psychologiques.

Je me souviens surtout de la fierté de mes parents qui me félicitèrent chaleureusement d'avoir fait reculer ces pratiques d'un autre âge, cette violence intolérable et une vision totalement ringarde de l'éducation. A la même époque, un débat sur LCI voyait un des deux protagonistes quitter le plateau, dénonçant son adversaire comme fasciste, car il avait osé suggérer que l’État pourrait peut-être laisser la responsabilité éducative aux parents. En tout cas, les déséquilibrés violents, les déjantés du martinet et les psychopathes, qui avaient le malheur d'être parents, n'avaient plus qu'à bien se tenir, car la loi veillait. On faillit même me donner la légion d'honneur, dans la même promotion qu'un bon prince saoudien, pour service rendu à la patrie... euh, à la République, voulais-je dire ; mais il faut bien avouer qu'il ne convenait pas que l'enfant-roi puisse recevoir cette haute distinction républicaine. L'enfant-tyran de demain aura-t-il cet honneur ?

Ceci dit, avec le recul, je ne me satisfaisais pas de la juste sentence, infligée à cette grand-mère emportée. Il devait bien y avoir une raison. J'entrepris donc une enquête en émettant des hypothèses. Hétérosexuelle convaincue, aurait-elle cédé à une pulsion de haine contre le même ? L'hypothèse ne tenait pas puisqu'elle avait corrigé un petit-fils, mâle par définition – il semble avéré qu'il avait en tout état de cause choisi la masculinité comme chemin de vie -. Peut-être avait-elle vécu la frustration de ne pas avoir pu avorter à une époque où ce n'était pas encore un droit de l'homme, et pas plus de la femme ? Cet acquis libérateur du droit contemporain la renvoyait-il à une souffrance non exprimée ? Je me demandai même si elle n'était pas musulmane. Mais l'argument ne tenait pas, tant l'Islam a contribué à la civilisation européenne, fondée dans le bel exemple du prophète et la culture de paix enracinée dans ses origines. Non, décidément, je ne trouvais pas d'explication logique jusqu'au moment où je sus qu'elle était catholique. Tout semblait s'éclairer, mais je ne voulais pas tomber dans la caricature.

Il fallut donc scruter les sources du christianisme pour mieux comprendre. Je découvris un passage intéressant du chapitre 15 de l'évangile d'un certain Luc, que je vous rapporte de mémoire. Il s'agit d'une histoire racontée par Jésus. Un homme avait un fils qui désirait recevoir son héritage sans attendre le trépas du paternel. Quoi de plus normal puisque les parents sont là pour le bien des enfants. L'homme ne l'entendait pas de cette oreille et chassa le chérubin entreprenant avec pertes et fracas. Le jeune homme, dépité, s'en alla se consoler chez quelque amie consentante et dans les salles de shoot, généreusement financées par les pouvoirs publics pour les jeunes victimes comme lui. Obligé de travailler à des emplois avilissants, il se ravisa et décida de faire valoir ses droits auprès de son père. Il revint donc, bien décidé à en découdre. Et là, miraculeusement peut-on dire, le père se repentit, se mit à genoux devant le fils et lui demanda sa clémence, promettant de lui accorder tout ce qu'il voudrait. Quant au benêt de fils aîné qui était resté fidèle toute sa vie, les serviteurs du père vinrent à sa rencontre pour lui annoncer le retour de son frère et le changement d'attitude du père. Une lecture spirituelle allégorique autorise à interpréter leur intervention comme une sorte de cellule psychologique mise en place pour l'aider à passer ce cap difficile et à prendre conscience de ses droits refoulés. Conclusion : le fils quémandeur était bien dans son droit et ma grand-mère, répressive, avait sans doute été victime d'une mauvaise lecture de la Bible, portée par une Église Catholique sclérosée et incapable de se remettre en cause, impuissante à se dégager d'une interprétation littéraliste mettant en exergue la toute-puissance du père. La violence n'était finalement peut-être pas inhérente au catholicisme mais à une mauvaise interprétation de ses sources.

Du coup, je changeai d'avis à propos d'un projet de Comité républicain pour faire condamner la Bible comme livre subversif. Une analyse contextualisée et symbolique des textes pouvait la rendre, à l'instar du Coran, républicompatible : la Genèse n'était plus une présentation d'un seul modèle familial (Gn 1-2), Sodome et Gomorrhe ne sont pas ce qu'on croyait (Lv 18, 22 ; Rm 1, 24-27 ; 1Co 6, 9-10...), etc. Quant au sujet qui nous intéresse plus directement, il convient de ne voir qu'une invitation à la négociation avec la progéniture, comme le rapportent les Proverbes : « Corrige ton fils tant qu'il y a de l'espoir ; mais ne t'emporte pas jusqu'à causer sa mort » (19, 18), et encore, la baguette devant être vue comme celle du chef d'orchestre : « N'hésite pas à corriger ton garçon, il ne va pas mourir pour des coups de baguette ! Toi, par des coups de baguette, c'est de la tombe que tu le sauveras ! » (23, 14). Je compris dès lors qu'il ne faut pas s'arrêter à ses a priori et toujours plus approfondir pour comprendre les raisons des choses sous l'éclairage moral de notre bonne loi républicaine.

Commercez et jouissez tranquillement, citoyens, les grands prêtres (et prêtresses) des valeurs de la République veillent sur votre probité morale ! Vous saurez sûrement les en remercier en leur apportant vos voix lors des scrutins démocratiques à venir.

Et comme on le chantait autrefois : Deus salvam fac rempublicam... au sens le plus général du mot, s'entend !

Abbé Philippe-Marie

PS. « Le rire, la moquerie, la dérision, sont des entreprises de purification, de déblaiement, ils préparent des salubrités futures » (Romain Gary). Vous l'avez compris, rien n'est vrai de cette histoire, sinon la fessée qui en est le prétexte. Plein de reconnaissance et d'admiration, je demande bien pardon à ma chère grand-mère au ciel, que je vénère comme une sainte, modèle de foi et de charité, exemple de courage et de bonté !
L'absurde comme conséquence des principes en vigueur, voilà ce qu'il faut dévoiler. Car le glissement sournois des repères moraux vers un humanisme (déshumanisé) bon teint sans Dieu, finit même par atteindre les chrétiens. Nous n'avons pas le droit de nous voir confisquer la vérité, et le droit de la dire. « Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le " mystère d’iniquité " sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair » (Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 675).

Vie du site

En ce début d'année, la vie de notre site pourrait-elle se traduire par quelques chiffres de 2016? Essayons: 8300 connexions, 24000 pages visitées, 1 minute 3/4 par visite, une bonne vingtaine de chaînes de prières (dont 4 nouvelles) servies par 950 priants, près de 400 intentions de prière et une petite trentaine d'actions de grâce…

Ces données, toutefois, ne valent que ce que vaut leur contenu, et comme toute l'équipe de CathoFamiLink je suis souvent très ému par les textes que vous nous envoyez: demandes de chaînes de prières, intentions présentées… mais aussi grâces obtenues et bonnes nouvelles de malades qui sont sources de belles et lumineuses émotions.

Mais les vœux pour l'an neuf dépassent un bilan de l'année écoulée. Il est de coutume de se souhaiter réciproquement une bonne santé. C'est tellement habituel que cela perd parfois un peu de son sens. Chez nous, c'est différent car c'est bien souvent pour la santé que nous prions les uns pour les autres, et la santé que nous souhaitons se situe toujours sous le regard et dans la volonté de Dieu, ce qui nous permet à tous d'aller très haut dans nos vœux de bonheur. Aussi me suis-je permis de terminer ce petit mot par les derniers vers d'un poème de circonstance :

… Mais respectons au mieux le sens de la nature :
Allons chercher plus haut notre boisson future
Car surtout la vraie source infinie du bonheur
Pour s'écouler vers nous se tient dans la hauteur.
Ce vrai bonheur existe. Il faut qu'on le souhaite :
Que du Seigneur Jésus la volonté soit faite.
La seule chose à dire avec honnêteté,
C'est qu'il n'est qu'un seul vœu: celui de sainteté.
Ne tergiversons point, exprimons-le sans crainte :
A chacun souhaitons une année bonne et sainte.

Dominique



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