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Newsletter n°121 du 25 juin 2019

publié le 24 juin 2019 à 04:29 par Newsletter CathoFamiLink

Armés des 7 dons

Sommes-nous pressés de voir arriver le Règne du Christ ? Évidemment, cette perspective inquiète car elle transporte avec elle des parfums d'Apocalypse. Et, à vrai dire, nous redoutons les signes terribles qui l'accompagneront, ainsi que nous l'enseigne la Sainte Écriture. Pourtant, notre désir devrait être tendu vers cette fin où finalement toute justice sera rendue, l'ordre voulu par Dieu rétabli et les méchants déboutés. En ce mois du Sacré-Cœur, nous appelons avec plus de force cet avènement. « Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive ! »

Mais puisque nous ne savons ni le jour ni l'heure, il nous faut veiller dans la prière et saisir les armes du combat spirituel en un temps qui s'éloigne toujours plus du Seigneur Jésus et de son Évangile, livrant les hommes aux conflits d'intérêts des lobbies, laissant les plus faibles écrasés par les puissants et leur désir d'hégémonie. Si nous cherchons à prendre les mêmes armes que les ennemis de l’Évangile, nous risquons fort d'être laminés tant ils ont de l'avance sur nous, et des moyens autrement plus efficaces. A cet égard, je suis de plus en plus dubitatif sur ces réseaux dits ''sociaux'' – selon l'expression très juste de mon évêque – qui ne font qu'exacerber les passions, encourager la superficialité, empêcher l'intériorité et le silence et finalement organisent la dispersion du temps, des forces et des âmes. On est bien loin de l'attitude du Seigneur Jésus Lui-même qui, à l'heure où montent les tensions et circulent toutes sortes de bruits à son sujet, se retire dans le calme de la retraite et le silence de la prière (par exemple en Jn 11, 45-57).

Les armes spirituelles que nous devons saisir sont celles de l'Esprit-Saint. Elles supposent de vivre déjà ardemment de la foi dans la force de l'Esprit, de ne pas nous contenter d'une petite vie tranquille de chrétien assurant le minimum vital. La force véritable vient d'en-haut et nous est donnée, si nous sommes en état de grâce, par les dons de l'Esprit-Saint. Cette motion divine nous meut à chercher la vérité avec ardeur et à la proclamer avec calme dans un monde qui vit constamment dans le mensonge à grand renfort de médias. Les dons nous associent plus étroitement au Seigneur dans une vie intérieure offerte et le témoignage que Dieu mérite d'être aimé pour Lui-même, en toute gratuité, et non pour les intérêts que nous en attendons. Ces dons nous permettent encore de reconnaître l’œuvre de Dieu dans les créatures, sans nous y attacher inconsidérément, mais en choisissant le Créateur comme notre unique et souverain Bien. Les dons nous donnent aussi l'audace d'affirmer notre foi avec discernement, prudence et zèle à la fois. Bref, les sept dons de l'Esprit sont les armes affûtées que nous donne le Seigneur pour affronter les défis et combats de ce temps, sans crainte ni orgueil, dans la paix tranquille de l'âme qui sait que son Seigneur veille sur elle et ne peut pas l'abandonner.

« Votre mission n'est pas de sauver un monde qui meurt. Aucune civilisation ne détient les promesses de la vie éternelle. Votre mission consiste à vivre fidèlement et sans compromis la foi que vous avez reçue du Christ. Ainsi, sans même vous en rendre compte, vous sauverez l'héritage de tant de siècles de foi. N'ayez pas peur de votre petit nombre ! Il ne s'agit pas de gagner des élections ou d'influencer les opinions. Il s'agit de vivre l’Évangile. Non pas de le penser comme une utopie, mais d'en faire concrètement l'expérience. La foi est comme un feu. Il faut être soi-même brûlant pour pouvoir la transmettre. Veillez sur ce feu sacré ! Qu'il soit votre chaleur au cœur de l'hiver de l'Occident. Quand un feu éclaire la nuit, les hommes se rassemblent peu à peu autour de lui. Telle doit être votre espérance » (Cardinal Robert Sarah, Le soir approche et déjà le jour baisse, Fayard, 2019, p. 279). 

Soyons ce feu de vérité et d'amour, prêt à embraser un monde qui meurt de mensonge et de haine ! Soyons une armée paisible rangée en bataille, la milice de l'Immaculée si chère à saint Maximilien-Marie Kolbe, afin que le Règne du Cœur Immaculé de Marie advienne, annonciateur du Règne du Cœur Sacré de son divin Fils !

Newsletter n°120 du 25 mai 2019

publié le 24 mai 2019 à 22:23 par Newsletter CathoFamiLink

Aux portes de la barbarie

Chers amis de CathoFamiLink,

Je voulais vous parler de la douloureuse et triste affaire de Vincent Lambert. Malgré lui, cet homme handicapé est devenu le symbole d'un choix de civilisation. Rien de moins ! L'enjeu est celui de la place des plus fragiles dans nos sociétés. Pour des raisons prétendument éthiques, qui peinent à masquer les vraies raisons financières, il se pourrait qu'un homme soit purement et simplement euthanasié par privation de nourriture et d'hydratation. C'est l'homicide par compassion ! Le droit a repris le dessus in extremis, mais pour combien de temps ? L'archevêque de Paris, médecin de formation, a publié un texte remarquable à ce sujet. Je vous le transmets en guise de newsletter en confiant à votre prière auprès de Notre-Dame cette intention majeure du respect de la vie, déjà si malmené, sans lequel nous versons dans la barbarie.
Abbé Philippe-Marie


« Si aujourd’hui je me permets de prendre la parole au sujet de ce qui est en train de se passer pour M. Vincent Lambert, c’est que son cas si particulier est emblématique de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Tout d’abord, mon cœur de prêtre me porte à prier pour lui, soumis à tant de pressions, et dont la vie ne peut dépendre que de décisions qui lui échappent. Il y a quelques années, il a déjà subi un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation auquel il a survécu de manière étonnante. Cet homme de 42 ans, traumatisé crânien lors d’un accident de la route est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims. Son cas est tout proche de celui de Michaël Schumacher, traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales et, lui aussi, en état pauci relationnel. Malgré la célébrité de ce champion de Formule 1, les médias ne se sont pas emparés de son cas médical et il peut jouir de soins spécialisés très attentifs en milieu privé. Dans le cas précis de M. Vincent Lambert, on constate qu’il a les yeux ouverts, qu’il respire normalement, qu’il est dans un état stable, pas du tout en fin de vie. Il a besoin d’une aide-soignante et d’une infirmière qui assurent le nursing et le changement de position, d’un kinésithérapeute pour éviter les escarres. La nutrition et l’hydratation se font par gastrostomie ou par sonde nasogastrique.

La décision d’interrompre les soins de confort et de nutrition de base chez un patient handicapé s’oppose à la loi Léonetti. Il n’est pas mentionné qu’il présente de souffrance insupportable qui nécessite une sédation profonde sauf évidemment dans le cas où l’arrêt de l’hydratation par les médecins entraînerait la douleur cruelle de mourir de soif. Il ne s’agit pas d’une « obstination thérapeutique » puisque ce ne sont pas des soins curatifs d’une maladie incurable, mais simplement les soins corporels et nutritionnels de base que l’on doit aussi aux personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, et aux bébés qui ne sont pas encore autonomes.

On cite à l’envi les pays moins-disant éthiques comme la Belgique ou les Pays-Bas. Force est de constater que dans ces pays il y a une anesthésie totale de la conscience. On entend des enfants parler de manière naturelle de l’euthanasie de leurs parents comme s’il s’agissait d’une éventualité normale. Un membre du gouvernement belge, assise en face de moi lors d’une rencontre chez M. le Président de la République, était très fière que son pays soit « en avance », comme elle disait. Pourquoi ne cite-t-on jamais les pays qui ont une plus haute conscience éthique, comme l’Allemagne ou l’Italie ? Il y a aujourd’hui un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour. N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de manière élective vers celui de ses enfants qui souffre ou qui est plus fragile ? C’est le choix devant lequel nous nous trouvons. Le Christ nous a révélé la seule manière de grandir en humanité : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Et il nous a donné la seule manière d’exprimer cet amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour. »
+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

Newsletter n°119 du 25 avril 2019

publié le 24 mai 2019 à 22:20 par Newsletter CathoFamiLink

Vive la joie... quand même !

Un beau jour d'été, vers l'an 1840, un jeune garçon d'une dizaine d'années fait paître les quelques chèvres familiales sur le coteau de Bel-Air dans la commune de Saint-Loup-sur-Thouet, dans les Deux-Sèvres. Il a apporté avec lui un petit journal qui raconte la vie et le martyre au Tonkin d'un prêtre poitevin de Loudun : Jean-Charles Cornay. Tout enflammé par ce magnifique exemple, sa belle âme n'en peut plus de joie et il s'écrie : « Et moi aussi, je veux aller au Tonkin, et moi aussi je veux être martyr ! ». Orphelin de mère, très attaché à son père, instituteur du village, à sa sœur aînée et ses deux frères, il part pourtant au petit séminaire de Montmorillon puis au grand séminaire de Poitiers. Poursuivant son idée d'enfant, il écrit un jour à son père pour lui annoncer son départ aux Missions Étrangères de Paris. Le vieux père est bouleversé car il sait que cela signifie de ne plus jamais revoir son fils. Tel Abraham, comme il le dit lui-même, il consent à bénir ce fils qui ne lui appartient déjà plus et à le laisser partir vers sa divine destinée. D'abord promis pour la Chine, on l'envoie finalement en dernière minute au Tonkin. Après quelques petites années d'apostolat clandestin et de vie cachée, il est fait prisonnier. Il sait qu'il se prépare au martyre. Depuis sa cage de bambou, il parvient à écrire toute une série de lettres, riches de la foi et de la poésie de son âme qu'il transcrit sur le papier. Il est finalement décapité le 2 février 1861 près de Hanoï.

Ses lettres, publiées après sa mort, connaîtront un rapide succès, notamment auprès d'une certaine Thérèse de Lisieux, carmélite de son état, qui aura dès lors une grande dévotion pour le petit saint martyr. On pourrait s'étonner d'une vie si brève, de tant de préparation pour un si court apostolat, de conditions jamais bonnes pour mener à bien la mission confiée. Saint Théophane Vénard ne se laissait pas déborder par la tristesse. Il avait voulu se choisir une devise pour temps difficiles : Vive la joie... quand même ! 

Il faut dire, qu'à vue humaine, les motifs de tristesse semblent parfois plus nombreux que les motifs de joie. Inutile de dérouler les heurts et malheurs de notre société qui a délibérément oublié Dieu et n'en finit plus d'en subir les désastreuses conséquences en matière morale, sociale, économique et politique. L'homme sans Dieu se prend vite pour Dieu. Au fond, il entretient l'illusion de pouvoir se sauver par lui-même. Et s'il ne trouve rien de quoi se sauver, il marche vers un bonheur factice qui laisse son âme amère et insatisfaite. Au milieu de tout cela, nous pourrions être tentés de désespérer, d'autant plus que la déliquescence morale atteint les membres de l’Église, y compris dans sa hiérarchie. C'est ici que nous devons entrer plus profondément dans la foi.

Il est l'heure de retrouver les fondamentaux de notre foi chrétienne, de puiser à grands traits à la source vivifiante de notre baptême. Le Christ ressuscité au jour de Pâques nous redit avec force que le mal est déjà vaincu. Le Samedi Saint, que vit notre temps, appelle des veilleurs dans l'espérance. En ce long et douloureux samedi, la Vierge Marie portait à Elle seule toute l'espérance de l’Église en gestation. Elle, l'Immaculée, déjà sauvée par la Passion de son Fils, veillait au milieu des disciples pour les encourager à ne pas laisser s'éteindre la petite flamme allumée sur les rives du lac de Tibériade. Dans la rencontre intérieure et silencieuse avec le Seigneur de notre âme, nous posons les jalons d'un renouveau qui vient et qui promet un joli printemps de l’Église.

La pauvreté des moyens et des résultats de la mission aurait pu laisser le jeune missionnaire dans l'amertume et le sentiment d'échec. Il écrit dans une dernière lettre à son frère Eusèbe, qui deviendra prêtre du diocèse de Poitiers : « Tu restes après moi sur la mer de ce monde, naviguant au milieu des écueils. Conduis bien ton navire. Que la prudence soit ton gouvernail, l'humilité ton lest, Dieu ta boussole, Marie Immaculée ton ancre d'espérance. Et malgré les dégoûts et les amertumes qui, comme une mer houleuse, inonderont ton âme, ne laisse jamais submerger ton courage ; mais, comme l'arche de Noé, surnage toujours sur les grandes eaux... » (Lettre à son frère Eusèbe, le 20 janvier 1861). Aujourd'hui, malgré le régime communiste, le Vietnam connaît une explosion de la foi chrétienne et regorge de vocations !

Ce joli mois de mai est cause de bien des promesses : celle du temps pascal qui nous fait célébrer la joie du Christ ressuscité ! Mois de la Vierge Marie en qui nous contemplons la réalisation de ces promesses ! 

Il se peut même qu'une cathédrale qui brûle et est saccagée, devant nos yeux effarés, suscite, par les voies parfois mystérieuses de la providence, un nouvel élan pour une nation qui avait oublié ses racines profondément chrétiennes. Dieu peut toujours tirer un bien d'un mal. N'est-ce pas d'ailleurs le principe même de la Croix ? Alors, chassons la morosité ambiante puisque le Christ ressuscité aura toujours le dernier mot. De toutes façons, vive la joie... quand même !

Newsletter n°118 du 25 mars 2019

publié le 24 mai 2019 à 22:19 par Newsletter CathoFamiLink

« Qui déteste le bavardage se soustrait au mal » (Si 19, 6).

Chers amis,

Inutile de revenir sur les nouvelles en cascades qui, de la politique à la violence, du mépris aux injustices sociales, des péchés des membres de l'Eglise aux lois délétères qui menacent les plus fragiles aux deux extrémités de la vie humaine, de la justice inféodée à l'opinion publique à la liberté de pensée sans cesse rognée par le politiquement correct, pourraient nous faire sombrer dans le plus noir désespoir. Les temps sont moroses, comme l'ont sans doute été toutes les époques de l'histoire qui passaient d'une civilisation à bout de souffle à l'inconnu qui inquiète.

Il faut dire que nous, les catholiques, prenons cher en passant dans la broyeuse médiatique, soit qu'on mette en exergue les graves déviances morales du clergé, soit qu'on cache toutes les injustices subies dans les personnes ou le silence qui entoure les profanations quasi quotidiennes de nos églises. Le catho, surtout s'il est pratiquant, est l'homme à abattre. Certains humoristes s'y mettent même en suggérant des équivalences douteuses entre pédophiles et catholiques pratiquants. Et ne parlons pas des rapprochements calomniateurs entre défenseurs de la famille et islamistes. La dite ministre a beau s'excuser du bout des lèvres, les médias n'auront retenu que le propos initial et la calomnie aura laissé ses senteurs nauséabondes dans les âmes des désinformés décérébrés. On voudrait attiser la haine contre nous que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

Au fond, on ne peut que retourner vers l'Evangile et entendre de nouveau les paroles du Maître : « S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jn 15, 20). Mais comment réagir avec justesse et accueillir cette indescriptible confusion qui, malheureusement, gagne des membres de l'Eglise, y compris du clergé, trop empressés de vouloir plaire au monde ? Ce n'est sûrement pas en abondant dans le sens des grands bavardages des chaînes d'information continue. De même, nous serions mal avisés de vouloir argumenter dans des débats faussés et guidés par l'idéologie ambiante. Pensons plutôt à Jésus, passant des nuits en prière. Méditons sa passion alors qu'Il est accusé injustement, calomnié, moqué, souffleté, humilié, abandonné seul dans une fosse profonde dans la maison du grand prêtre pour y passer sa dernière nuit. Jésus se tait et entre dans le silence. Devant les accusateurs sentencieux et orgueilleux, le Verbe de Dieu s'abîme dans un océan d'intériorité et de profond silence. Mais c'est un silence habité par son ardente charité pour les pécheurs, un silence gros de toutes les peines du prochain, un silence fécondé par la miséricorde et la compassion envers ceux qui Le maltraitent, un silence nimbé par la paix profonde puisée dans la seule justice divine.

Ce temps de carême nous entraîne à la suite du Serviteur souffrant, chargé de nos péchés, portant sa Croix. Nous ne sommes décidément pas au-dessus du Maître. Ce temps d'épreuves nous commande de revenir aux fondamentaux de notre foi. C'est un puissant appel à entrer résolument dans une ère de pénitence et de purification afin que resplendisse la Vérité qui vient d'en-haut et qui est encore capable de bouleverser les hommes d'aujourd'hui en leur montrant le chemin qui libère et conduit au vrai bonheur.

« L'homme moderne entend devenir le maître du temps, l'unique responsable de son existence, de son avenir et de son bien-être. Il veut programmer sa vie et dominer son destin. Il s'organise comme si Dieu n'existait pas. Il n'a pas besoin de lui. A l'inverse, Dieu invite à la confiance, à la patience et à une marche lente vers l'élimination du mal, laquelle requiert une longue et aride bataille. Ce combat implique quatre piliers plantés en Dieu dans la Foi : le silence, la prière, la pénitence et le jeûne » (Cardinal Robert Sarah, La force du silence, p. 231). Le programme est donné pour avancer dans la confiance. Le monde n'a plus d'espérance. Nous devons en avoir le double pour lui. Le monde refuse la foi. Nous la vivrons plus intensément pour lui. Le monde s'enfonce dans la haine et la violence. « La charité supporte tout, elle fait confiance en tout, elle espère tout, elle endure tout. La charité ne passera jamais » (1Co 13, 7-8a). C'est notre leitmotiv qui assure immanquablement la victoire dans le Christ, par Lui et avec Lui. Il est l'heure d'arrêter les bavardages et de nous engloutir dans le silence de Dieu !... Juste une mesure de salut public !

Saint temps de la Passion à vous tous !

Newsletter n°117 du 25 février 2019

publié le 24 mai 2019 à 22:16 par Newsletter CathoFamiLink

Parenthèse sur la parentèle

L'administration ne cesse d'exceller par ses trouvailles propres à embêter l'administré, qu'il soit patron de PME, responsable d'association ou encore simple et honnête citoyen. La complexité des formalités de toutes espèces ne peut que marginaliser un peu plus les gens fragiles, vite dépassés. Monde de formulaires et de paperasses au service de l'argent des assurances et des banques, il nous révèle que les rapports humains ne sont plus construits sur la base de la confiance mais sur les contrats juridiques qui sauvegardent les droits de l'individu, ne voyant plus chez l'autre qu'un danger potentiel. Non content d'alourdir ad nauseam les charges administratives de tout un chacun, le législateur veut aussi distiller les théories de genre des lobbies pour imposer sournoisement une nouvelle conception de l'homme et de la société.

Dernièrement, nous avons échappé de peu – et pour combien de temps ? - à de nouveaux formulaires biffant la distinction naturelle de père et de mère, pour un nébuleux parent 1 et parent 2. Il faut bien dire que le projet semblait induire une hiérarchie. Les féministes acharnées auraient sûrement vu d'un mauvais œil que le père soit parent 1, laissant supposer un ordre de préséance. L'inverse discriminerait aussi les hommes, mais on semble moins s'en soucier. Et puis, on ne résoudrait pas le problème avec les ''couples'' homosexuels. Et puis, pensez donc, l'enfant aux parents séparés devrait-il considérer avoir un parent 1 et un parent 2bis, ou parent 1 et parent 3, voire parent 4 ? Et d'ailleurs son parent 2 deviendrait-il parent 1 en cas de recomposition du couple ? En cas de trouple, comme en certains pays plus à la pointe que nous, faudrait-il ajouter un parent 3 ? Et ne parlons pas de ceux qui chercheraient leur origine : parent 1 biologique, parent 2 donneur, parent 3 porteuse (et pourquoi pas porteur), parent 4 adoptif... Nous n'en finissons pas de nous extasier devant le progrès ! Et je n'ose pas imaginer l'ado en conflit avec un de ces parents pour le traiter finalement de parent zéro !

Il paraît désormais totalement ringard de s'en tenir à ce que Dame nature s'obstine à promouvoir de la différence des sexes et du bon sens commun. « Un homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut », « chaque homme doit inventer son chemin », disait Sartre. Il est quand même plus marrant de plier le réel à ses désirs, plutôt que de le recevoir et de l'assumer en convertissant ses idées et ses pratiques. L'individu est roi, et tant pis pour les mauvais coucheurs, ennemis du progrès. Sauf que les enfants, par définition n'ayant pas la parole, ont besoin de se construire dans l'harmonie d'un monde réel et non fantasmé par des adultes égoïstes et irresponsables.

Gageons que le réel finira toujours, tôt ou tard, par l'emporter. Mais à quel prix ! Contre les vents et marées de l'entreprise générale de destruction anthropologique, soyons les veilleurs qui conservent la flamme du réel tel que Dieu l'a voulu. Telle est notre mission prophétique pour que le monde ne sombre pas irrémédiablement dans les ténèbres du mensonge et de la violence envers les plus fragiles.

Bon carême, en route vers Celui qui « illumine tout homme venant en ce monde » (Jn 1, 9).

Newsletter n°116 du 25 janvier 2019

publié le 29 janv. 2019 à 06:56 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 29 janv. 2019 à 06:58 ]

Souverain Pontife contre souverains poncifs

30 ans déjà ! 1989. Toute la communauté des séminaristes s'était regroupée autour du poste de télévision. Nous étions stupéfaits, abasourdis, médusés. Cela nous semblait impossible. Toute notre enfance avait été bercée par le mystère du ''rideau de fer''. J'avais imaginé tant de drames dans ces pays de l'ombre, de la peur, des camps, de la délation, du communisme qui devait être un paradis et qui n'avait apporté que l'enfer du totalitarisme, pays des privilèges inouïs de la classe dominante qui prônait pourtant la lutte des classes et l'égalité des citoyens, de la faim et des queues de ravitaillement, de l'escalade de l'armement nucléaire, de la persécution religieuse avec ses cohortes innombrables de martyrs. Chez nous, Soljénitsyne avait soulevé un coin du voile du système concentrationnaire de l'U.R.S.S, le fameux archipel du goulag, sous les quolibets des intellectuels de gauche négationnistes, ''idiots utiles'' du défunt père Lénine. Nous n'en croyions pas nos yeux. L'impensable avait eu lieu. Berlin allait de nouveau être unifiée et les populations des deux côtés de la ville s'embrassaient et détruisaient avec ardeur le mur de la honte. Et nous pensions immédiatement à ce grand pape encore sur le trône de saint Pierre, le vaillant Jean-Paul II qui avait enfoncé un coin dans ce mur lors de son premier et mémorable voyage pontifical dans son pays natal en Pologne. Les images nocturnes des satellites de l'époque divisaient l'Europe en deux : à l'ouest, des spots lumineux brillaient un peu partout, s'agglomérant parfois pour désigner les grandes métropoles ; à l'est, c'était un immense trou noir qui s'étendait jusqu'à la lointaine et fascinante Sibérie. L'empire des ténèbres avait sombré. Après des décennies de souffrance, le miracle était là, devant nos yeux, humides d'émotion et d'étonnement.

Ceux qui sont nés après ont du mal à saisir cette ambiance particulière de guerre froide qui façonnait notre perception des peuples de l'est. Quel changement aujourd'hui ! J'avoue que je craignais que, ivres de liberté nouvelle et de biens matériels dont ils avaient été largement privés, ils ne se ruent sur les paillettes occidentales et soient rongés par cet appétit insatiable de consommation. Ce fut en partie vrai. Cependant, force est de constater que les pays de cette Europe de l'est nous donnent des leçons, même si rien n'est parfait chez eux comme chez nous. Au moins ont-ils pris conscience de l'importance de ne pas sombrer dans un matérialisme forcené en conservant un bel élan spirituel, en retrouvant les racines de la foi, et donc de la civilisation. Alors que nos sociétés occidentales continuent de plonger dans un gouffre libertaire destructeur, les pays de l'est résistent à ce monde sans Dieu, sans foi, sans culture, sans frontière et sans âme. L'athéisme marxiste matérialiste les a peut-être guéris des tentations du matérialisme capitaliste pratique, qui en vient plus sournoisement à ses fins.

Dans notre grand tout confus, de plus en plus indifférencié, où les identités, sexuelle, historique, politique, culturelle, sont vues comme autant de menaces à la mondialisation vénale avec ses profiteurs et à l'individualisme triomphant, nos frères chrétiens de l'est savent mieux que nous combien l'homme peut être écrasé par l'idéologie et réduit à n'être qu'un individu sans valeur, dont les relations avec ses semblables ne sont mues que par la méfiance et l'intérêt, un zombie noyé dans la masse. Les poncifs douceâtres de nos grands médias et des dominants servent la cause d'une oligarchie souveraine de la ''mondialisation heureuse'', qui anesthésie les consciences sous un vernis moralisant faussement présentable. Ne nous y trompons pas : la seule façon de vivre en frères qui s'estiment et se respectent, c'est de reconnaître un seul Père de tous, dont tous tirent leur irréfragable dignité. Le christianisme, plus que jamais, est le seul avenir de l'humanité.

A nous de tirer les leçons du passé et de vivre des grâces de notre baptême pour témoigner devant tous les hommes que seul l'amour brise les murs et les transforme en ponts (cf. Benoît XVI, en Terre Sainte, le 13 mai 2009). Au fond, seul le Christ a brisé le mur de la haine et ne cesse de fabriquer des ponts, Grand Prêtre et Souverain Pontife (Ponti-fex : celui qui fait des ponts) ! Puisse son Règne advenir vite pour qu'Il soit reconnu de tous comme unique trait-d'union des hommes avec Dieu et des hommes entre eux !

Belle et sainte année 2019 !

Newsletter n°115 du 25 décembre 2018

publié le 20 déc. 2018 à 10:56 par Newsletter CathoFamiLink

L'histoire de Noël qu'on ne vous a jamais racontée

Il fallait partir vite car l'administration ne tolère pas le retard. Après avoir ramassé quelques affaires, malgré le bébé qui pouvait naître à tout moment, Joseph et Marie partirent pour Bethléem afin de répondre à la volonté impériale de recensement de la population. L'âne allait, trottinant, portant la jeune femme enceinte. Ils auraient pu emprunter le chemin de la vallée du Jourdain, mais il fallait faire au plus vite, par la route la plus directe, celle des crêtes mais aussi celle des Samaritains. Ces migrants de jadis s'étaient installés dans cette région montagneuse, ne se mêlant pas à la population juive, vivant selon leurs propres coutumes, entretenant une haine tenace – bien réciproque d'ailleurs - envers cette population hébraïque qui les enserrait au nord en Galilée et au sud en Judée. Marie et Joseph traversèrent cette région d'hostilité, pressés d'arriver au but. Un jour, le petit du sein de la Vierge saurait toucher leur cœur (Jn 4) et les tourner vers le vrai Dieu, en les donnant même pour modèle (Lc 10, 29-37). Mais aujourd'hui, il fallait supporter d'être mal venus. De temps en temps, le paysage était assombri par la vue de gibets où pendaient des corps suppliciés, traces de la répression du pouvoir contrarié dans ses projets.

Ils prirent soin de contourner Jérusalem, pour se rendre directement à Bethléem, à quelques kilomètres au sud de la grande ville. En arrivant au tombeau de Rachel, non loin de l'entrée du village, ils virent un attroupement empêchant les voyageurs de passer. Il y avait là tout un mélange de population. Des bergers se plaignaient de ne pas être payés assez cher pour leur humble besogne, peinant à survivre, des artisans boulangers dénonçaient l'augmentation de la farine alors que les gens ne voulaient pas payer leur pain plus cher, des forgerons se désolaient de voir partir leur client vers la grande ville pour acheter leurs fers et leurs ustensiles moins chers dans des forges plus grandes et plus modernes, des paysans voyaient d'un mauvais œil l'importation d'huile d'olive de Chypre, ce qui faisait s'effondrer les cours. Bref, tous ces gens, qui n'avaient de commun que les toisons jaunes en peau de mouton retournée passées sur leur vêtement, faisaient beaucoup de bruit pour alerter les passants sur leurs difficultés. Joseph, fort ennuyé de cette situation contrariante, se présenta à eux, négociant son passage. C'est surtout le doux visage et l'expression si humble de cette jeune future maman juchée sur son âne qui fit fléchir le cœur des manifestants qui les laissèrent passer.

Il régnait à Bethléem un extraordinaire capharnaüm. Puisque tout le monde s'y pressait et que la garde de la ville avait saisi l'occasion de revendiquer, par la grève, une meilleure reconnaissance de son travail en raison justement de ce surcroît d'activité, l'ordre n'était plus assuré et chacun garait son âne ou son dromadaire n'importe où. Nos discrets voyageurs trouvèrent finalement refuge dans une grotte obscure qui servait d'étable aux animaux. C'est là que Jésus vint au monde, dans le secret. La pénombre de la grotte en fut illuminée. Des visiteurs inattendus se présentèrent même pour venir adorer l'Enfant. Des toisons jaunes, bergers de leur état, précédèrent de grands personnages, savants, qui surent reconnaître en Lui le Dieu qu'ils cherchaient, pas un Dieu lointain et hors-sol comme toutes ces divinités païennes argentées et impuissantes, mais un Dieu tout proche, capable de comprendre toutes les souffrances et les maux des gens. 

Il ne venait pas régler les dettes des petites gens, réconcilier les Samaritains et les Juifs, faire baisser les prix de la farine, interdire les importations d'huile ou réglementer la concurrence déloyale. Il venait dire à chacun qu'il vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il fait. Il venait donner une espérance en ouvrant le cœur de chacun à la misère des autres et en réconciliant chacun avec lui-même par le pardon des péchés. Il venait offrir l'Amour de Dieu, jamais étranger à toutes les situations des hommes, pour que ceux-ci avancent dans la foi qui ouvre les portes du ciel.

Hérode, plein de morgue et de peur, n'avait pas compris et préféra le massacre de nombreux innocents, à l'accueil de Celui qui ne faisait de l'ombre à personne mais voulait illuminer tout homme de bonne volonté de la clarté de la justice divine et du salut. Plus tard, Il donnerait les principes de la vraie justice du Royaume. Dès ce jour, Il était la Lumière qui brille dans les ténèbres d'un monde qui L'attendait sans toujours savoir ! Mais tellement assoiffé...

JOYEUX NOËL à vous tous et vos familles !

Abbé Philippe-Marie

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L'équipe CathoFamiLink

Newsletter n°114 du 25 novembre 2018

publié le 27 nov. 2018 à 00:08 par Newsletter CathoFamiLink

Pour ne plus rire jaune

Chers amis,

La mode est au jaune. Il s'étale dans nos rues, surtout à nos ronds-points d'ailleurs et dans tous les endroits stratégiques de circulation. Il semble que le gouvernement s'en rit. Pourtant, il me semble que ceux qui sont obligés de s'habiller avec le gilet obligatoire, parce que plus rien ne les réchauffe, n'ont pas du tout envie de rire. Ils sont même excédés. Les riches sont de plus en plus riches, paraît-il. Des grandes industries ou groupes collectionnent les milliards dont ne profite au fond qu'une petite minorité. Mais, c'est sûr, promis, juré, bientôt tout le monde pourra en profiter. Comme le dit si bien l'un de mes bons confrères : « le monde est en marche, mais ne sait pas vers quoi ».

Quoi qu'il en soit de notre opinion sur ce mouvement populaire, nous voyons que la société libérale consumériste est fascinée par le progrès sans fin, le toujours plus d'une abondance matérielle qui ne contente jamais les riches, endette les classes moyennes et révolte les plus pauvres qui n'y ont pas accès. Ils ont tous en commun une boulimie névrotique de biens matériels, censés combler tous les désirs et apporter le bonheur. La folie des emplettes de Noël nous le rappelle chaque année.

En fait, le problème n'est pas tellement le désir de ces biens mais plutôt l'erreur commise quant à la nature de ces biens. L'homme, être spirituel et corporel à la fois, a besoin du nécessaire pour subvenir aux besoins de son corps, mais ses besoins plus fondamentaux concernent son âme. Rien ne peut contenter l'homme qui le maintient dans l'assouvissement de ses passions. Seul un bien supérieur peut combler sa soif de bien-être et de paix. Ce bien n'est pas quelque chose ; c'est Dieu Lui-même qui veut se donner à l'homme pour étancher définitivement son désir d'aimer et d'être aimé.

On peut très bien comprendre les revendications des gilets jaunes, et même les partager largement. Elles sont quand même le symptôme d'une société qui n'est plus orientée, finalisée vers l'essentiel. En attendant, alors que commence ce temps de l'Avent, la couleur violette va être notre signe de ralliement. C'est la couleur pénitentielle qui nous aide à prendre conscience de la précarité de notre vie terrestre, qui nous fait souvenir que nous ne sommes que de pauvres êtres de passage ici-bas, qui nous rappelle que nous sommes dans l'attente de la vie éternelle et bienheureuse où tous nos plus nobles désirs seront comblés infiniment. Certes, le violet est moins tendance mais peut-être est-il plus utile à long terme.

Le violet précède toujours le jaune de la joie, celle de Noël, celle de Pâques. Au jour de la résurrection finale, comme au jour de Pâques, nous verrons tout en jaune. C'est une belle nouvelle à annoncer en ces temps d'athéisme matérialiste pratique. Pendant l'Avent, la Vierge Marie nous montre le chemin afin, qu'un jour, plus personne ne rit jaune et que le jaune de la joie pascale soit un trait d'union entre tous les hommes de bonne volonté.

Sainte préparation à Noël !

Newsletter n°113 du 25 octobre 2018

publié le 2 nov. 2018 à 11:02 par Newsletter CathoFamiLink

Le plus beau des cadeaux

Chers amis de CathoFamiLink,

Ce mois de novembre commence par deux célébrations liturgiques qui nous font passer de la vie à la mort et de la mort à la vie. La Toussaint, d'abord, nous rappelle avec force que notre patrie est au ciel. Ceux que nous vénérons, saints connus et inconnus, nous ont précédés ici-bas, avec les mêmes questions, les mêmes combats, les mêmes joies et ils ont triomphé dans le Christ. En fait, c'est le Christ que nous vénérons en eux, chacun étant pour sa part un reflet de la sainteté absolue du ''plus beau des enfants des hommes''. Seule la Vierge Marie peut prétendre à une sainteté universelle, celle de toutes les vertus de son Fils, puisque Elle ne vit que de Lui, que par Lui, qu'avec Lui et qu'en Lui. C'est une magnifique fête de la Vie car « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant ; et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu » (Saint Irénée de Lyon). Nous repensons peut-être à des aïeux, des figures marquantes de nos familles, qui ont mené une belle et simple vie sur terre, exemples cachés de sainteté de l'ordinaire. Il n'en a pas été ainsi pour tous.

Le lendemain, en effet, l’Église nous invite à prier pour nos chers défunts et à intercéder pour eux afin que soient purifiés les restes du péché qui les retiennent d'entrer dans la vision de la lumière divine. Pour cela, depuis fort longtemps, notre Mère l’Église propose aux prêtres de célébrer, ce 2 novembre, trois Messes pour les morts. Elle sait que la Messe est le moyen le plus puissant et le plus efficace d'intercession pour eux. C'est une action de vie que nous menons pour les morts, en recourant au sacrifice du Sauveur qui se perpétue dans la Sainte Messe. Comment donc ?

En mourant sur la Croix, Jésus, Dieu fait homme et Fils de Dieu, s'offre à son Père pour le salut de toute l'humanité. Dès lors, une fois son sacrifice achevé, toutes les grâces de salut sont acquises définitivement. La Croix est comme une source profonde inépuisable où nous pouvons recueillir sans cesse la miséricorde de Dieu qui restaure tous les hommes et chacun d'entre eux, à travers tous les âges de l'humanité. Tout est acquis, mais tout demande à se répandre. Et Jésus a ''inventé'' ce moyen génial de la Messe qui nous transporte à chaque fois au pied de la Croix avec Marie et Jean pour que nous puisions à la source l'Amour de Dieu qui nous régénère. Chaque Messe est célébrée pour le monde entier, comme intention générale. En plus, chaque Messe peut être célébrée, appliquée, pour une intention particulière au profit des vivants ou des morts, pour que la grâce du sacrifice de Jésus vienne toucher personnellement tel ou telle de la tendresse du Rédempteur, pour faire monter une action de grâce vers le Père ou pour guérir et sanctifier ce qui peut encore l'être.

Concrètement, faire célébrer une Messe est le plus beau cadeau que vous puissiez offrir à vos proches, vivants ou défunts, ou la plus belle manière de porter une intention qui vous est chère. Combien de gerbes de fleurs, qui sont certes l'expression de l'affection, lors des sépultures, alors que le défunt ne bénéficiera pas d'une seule Messe ! Les fleurs sont visibles mais fanées après quelques jours. L'intention de Messe offerte procède de la foi en la miséricorde ; elle reste discrète mais porte un fruit de vie éternelle. Quelle charité plus grande ? Double à vrai dire, pour le ciel et c'est le plus important, pour la terre car vous contribuez à soutenir l’Église en aidant vos prêtres.

Soyons clairs ! La Messe n'a pas de prix, sinon celui du Sang versé de Jésus-Christ, le prix infini de son Amour livré. On ne paie pas une Messe. L'offrande est proposée, mais libre ; elle est l'expression concrète, matérielle, de notre engagement dans la prière et rémunère en même temps le service du prêtre qui célèbre. Le prêtre ne peut recevoir qu'une seule offrande par jour. Et si vous offriez tous les mois, ou même tous les deux mois, une intention ? Merci à tous ceux qui y pensent déjà. Si cela ne vous pas été transmis par culture familiale, prenez cette bonne habitude.

Alors, quand il s'agit de choses spirituelles profondes, pour plagier une ancienne publicité des fleuristes – pour qui j'ai la plus grande estime d'ailleurs -, ne le dites plus avec des fleurs, mais dites-le avec des Messes ! C'est le plus beau des cadeaux. Il a un coût, mais il n'a pas de prix pour ceux que vous aimez !

Newsletter n°112 du 25 septembre 2018

publié le 2 nov. 2018 à 11:00 par Newsletter CathoFamiLink

A qui irions-nous, Seigneur ! (Jn 6, 68)

Chers amis de CathoFamiLink,

Je vous écris ce petit billet en ce jour béni où nous fêtons un des plus grands saints du XX° siècle : Saint Padre Pio de Pietrelcina. Vous avez sûrement entendu parler de ce capucin, premier prêtre stigmatisé de l'histoire de l’Église, et du rayonnement extraordinaire qu'il eut de son vivant. San Giovanni Rotondo, où il a vécu presque toute sa vie, est devenu un des plus importants sanctuaires du monde, plus fréquenté que Lourdes, ce qui n'est pas peu dire. Peut-être savez-vous moins qu'il a aussi subi des persécutions féroces de son vivant. Toutes sortes de calomnies ont voulu faire taire ce saint frère et le faire disparaître dans les oubliettes de l'histoire, comme faux mystique, profiteur de la crédulité des gens, erreur de casting de la piété populaire des humbles.

A l'origine de ces calomnies, mais pas lui seul, l'histoire a conservé le nom de Mgr Pasquale Gagliardi, heureusement ignoré de la plupart d'entre nous, qui était pourtant le supérieur hiérarchique du saint Padre, puisqu'il n'était pas moins que l'archevêque de Manfredonia, dont dépend la petite cité sainte des Pouilles italiennes. Le pauvre Monseigneur a tout fait pour réduire au silence le bon religieux. D'ailleurs, Padre Pio ne s'est pas fait prier pour se réfugier dans le silence, l'obéissance et l'humilité, sachant bien que Dieu ferait triompher la vérité, tôt ou tard. Il fallut des années pour qu'une enquête sérieuse disculpe le religieux... et accable l'archevêque ! Reconnu coupable de simonie, de violence sexuelle sur des consacrées, de détournement de fonds, et j'en passe, il fut destitué de sa charge le 1 octobre 1929, et contraint de passer le reste de sa vie en pénitence dans sa famille.

Pardon de vous infliger ces faits si navrants, mais ils ne sont pas sans rappeler que l’Église est composée de saints et de pécheurs, y compris, trois fois hélas !, dans les hautes sphères de sa hiérarchie. Vous aurez compris que je fais également référence à des faits récents qui nous affligent tous et nous blessent, révélant l'intrusion de lobbies malsains dans l’Église. L'esprit du monde peut pénétrer à ce point notre noble institution que certains, non contents de tomber dans le péché et même le crime de la pédophilie, veulent en promouvoir les adeptes et ébranler l'enseignement le plus ancien et traditionnel en matière morale. On peut d'ailleurs s'interroger sur le relatif silence des grands médias sur la question, eux toujours si prompts à salir l’Église Catholique de toutes les manières. Vous l'avez compris, le problème n'est pas le péché en tant que tel qui réclame justice et miséricorde à la fois, mais le fait de l'ériger en système de vie et d'influence. Le diable est très fort pour l'inversion des valeurs. Ce que nous voyons avec tristesse dans la société voudrait gagner l’Église pour mieux l'ébranler sur son socle.

Nous ne pouvons pas prendre à la légère ces questions qui nous touchent tous car elles sapent l'autorité de l’Église reçue du Seigneur. Nous continuons pourtant de professer la sainteté de l’Église dans le Credo. Sainte, elle l'est, non pas en raison de ses membres, dont nous sommes, marqués par le péché, mais par la puissance de son Époux, Jésus-Christ, qui la sanctifie. Et puis il y aura toujours la Très Sainte Vierge Marie, et les saints de tous les âges. Le péché de ses membres n'ôte rien à sa sainteté ; il l'empêche malheureusement de briller plus clairement aux yeux des hommes, telle la pièce d'or tombée dans la boue, toujours de l'or mais non plus identifiée comme telle. C'est une invitation pressante pour chacun à une conversion plus grande, à une amitié plus étroite avec le Christ pour que rayonne sa lumière sur le monde.

Au fond, tout le monde a oublié Mgr Pasquale Gagliardi et ses frasques et presque tout le monde connaît le saint Padre Pio. L'histoire de l’Église n'ignore pas les faiblesses et les trahisons de ses propres enfants. En revanche, elle garde surtout en mémoire l’œuvre de sainteté qui se déploie dans la vie de tant et tant de saints, connus et inconnus. Ce sont eux qui tracent des chemins de lumière en ce monde et indiquent la voie droite de l’Évangile qui conduit vers la Patrie céleste.


Veillons donc avec la Vierge Marie au pied de la Croix, dans la prière et l'offrande de nous-mêmes, afin que ne triomphent ni l'ennemi extérieur ni les faux-frères, coalisés avec lui ! « A qui irions-nous, Seigneur, Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6, 68-69) !

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