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Newsletter n°12 du 25 mai 2010

publié le 25 mai 2010 à 10:41 par Jérôme Moreau

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 21)

Pour chasser la cendre des volcans et la cendre de nos pénitences, rien de tel qu’un bon coup de vent. Aérons donc nos vies au souffle de l’Esprit car il vient nous apporter la joie, la consolation, la douceur et tous dons spirituels. La joie devrait imprégner notre vie de chrétiens comme l’effervescence du moment de l’essayage de la robe de mariée par la jeune fiancée. Nous l’avons déjà passée cette robe, au jour de notre baptême et il devrait nous tarder d’en revêtir une nouvelle, resplendissante, pour les noces éternelles. L’Esprit nous fait considérer les choses d’en haut comme les seules ultimes, les seules nécessaires, les seules essentielles, les seules capables de combler nos âmes avides des grands espaces divins (cf. Col 3, 2). Dis-moi où est ton désir et je te dirai quel chrétien tu es ! « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».

D’accord l’abbé, mais vous planez encore à quinze mille ! Qu’il suffise de parcourir les chaînes et les intentions de CathoFamiLink et nous sommes ramenés au concret de l’existence qui n’est pas un long fleuve tranquille. Quelle joie pour des parents qui veillent leur enfant malade ? Quelle joie pour la personne dépressive qui n’arrive pas à se relever ? Quelle joie pour celui qui n’arrive pas à boucler les fins de mois ? Quelle joie pour tous ces malades qui voient osciller au-dessus de leur tête la terrible et cruelle épée de Damoclès ? Quelle joie pour le conjoint qui reste seul après un décès ou une séparation ?

Je m’avoue vaincu par tant de douleur, de pleurs, d’angoisse, de maux, de détresse… Jésus a pleuré. Jésus a compati. Jésus a soulagé les malades. Jésus n’a pas été insensible aux détresses de tous et chacun. Encore aujourd’hui, dans la gloire du Père, il ne l’est pas. Je ne voudrais pas avoir l’air de passer trop vite sur nos pesanteurs humaines et notre fragilité de terreux. Mais tous nos maux ont été saisis par Jésus. Il s’en est revêtu. Il les a traversés, non pas pour y demeurer toujours avec nous, mais afin de nous en arracher pour l’éternité.

En vous disant tout cela, j’ai à l’esprit un de mes petits protégés de l’hôpital : Jean-Claude, alias Finfin, 70 ans, handicapé mental et physique, orphelin vivant depuis toujours à l’hôpital, qui vient chaque jour à la Messe une heure à l’avance, par tous les temps, s’efforçant vainement de dépasser les escargots, avec sa casquette, sa canne et son visage de peintures de Fra Angelico.

« Et que demandez-vous, Jean-Claude, à Jésus dans votre prière ? »

« Rien, j’lui dis : Merci ! »…

Un peu surpris… « C’est bien. Mais que lui demandez-vous ? »…

Me transperçant avec ses grands yeux clairs et son inénarrable sourire :

« J’lui dis : Merci ! »

« L’Esprit souffle où il veut » (Jn 3, 8). Saurons-nous entendre sa voix ? Ne nous privons pas des joies, même infimes qu’il nous donne. L’action de grâces dilate le cœur. La gratitude envers Dieu rend heureux. Seule la grâce peut faire que la peine d’aujourd’hui puisse cohabiter mystérieusement avec la joie dont nous embrase l’Esprit-Saint.

Merci Jean-Claude, vous êtes de la noble lignée des Pères du désert avec leurs apophtegmes. Ainsi, chers amis, « VIVE LA JOIE… QUAND MÊME ! »*

Abbé Philippe-Marie

* devise de Saint Jean-Théophane Vénard, martyr au Tonkin à 31 ans en 1861, très vénéré par Sainte Thérèse de Lisieux.





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