CathoFamiLink‎ > ‎Newsletters‎ > ‎

Newsletter n°20 du 25 janvier 2011

publié le 25 janv. 2011 à 01:38 par Jérôme Moreau

Eloge des mères

« Ils (les bergers) trouvèrent Marie, et Joseph, et le nouveau-né couché dans la mangeoire » (Lc 2, 16). C’est bien dans cet ordre que l’évangéliste décrit la Sainte Famille. Etrange dans une société patriarcale où la lignée est celle des pères. Certes, objectera-t-on, Joseph n’est que le père adoptif de Jésus mais ailleurs, quand on s’interroge sur Jésus, on le nomme “fils de Joseph” (Jn 6, 42). Ici, Marie est citée en premier.
En extrapolant un peu, j’aime à penser que cette prééminence volontairement mentionnée, traduit une réalité profonde de la place de la femme dans le foyer familial. La mère est l’âme de la famille car elle est le sanctuaire de la vie. Elle sait intuitivement ce qu’est le don de soi, elle qui a porté un petit être, autre qu’elle-même, en son sein. Elle est la plus belle icône terrestre de l’Amour divin. D’ailleurs le mot “miséricorde” en hébreu est de la même racine que le mot désignant le sein maternel.

Il y a peu, j’ai été tendrement émerveillé par une de mes nièces qui, du haut de ses 7 ans, amenait son poupon à la Messe. Avec quel sérieux lui apprenait-elle les gestes justes de la piété, le berçait-elle aux moments des silences requis. Cela n’empêchait pas cette petite bonne femme de recevoir avec recueillement la sainte hostie dans la ferveur continuée d’une première communion récente. Quelle est belle l’intuition maternelle dans une petite fille qui s’épanouit sous le regard de Dieu et de ses parents ! Au-delà du mimétisme probable, qui ne verrait inscrits au plus intime de la féminité en croissance, les germes d’un amour maternel qui n’aspirent qu’à porter un fruit de douce fécondité. L’Eucharistie n’y est pas étrangère puisqu’elle nous donne de communier intimement à l’Amour livré.

A l’autre bout de la chaîne, je contemple en silence les mains plissées de ces vieilles femmes, mains qui ont aimé, langé, soigné, caressé, consolé… Je croise des regards ridés tantôt absents tantôt malicieux, regards qui, mieux que quiconque, ont su jadis reconnaître les joies et les peines, les non-dits et les désirs de leurs toujours petits, fruits de leur sein. Quand ces petits, parfois jeunes retraités, viennent les visiter, elles devinent encore ce qui les habite, elles ont encore la force de porter leurs soucis, de partager leurs bonheurs, comme au premier jour, à l’âge des premières découvertes. L’émerveillement demeure intact car l’amour maternel ne vieillit pas.
Quelques-unes ont perdu la tête. Certaines ont été abandonnées, comme celle aux onze enfants dont (presque) aucun ne vient la visiter. D’autres sont devenues totalement acariâtres. Pourtant elles recèlent toutes des trésors cachés, des perles de don de soi et d’abnégation, elles ne cessent pas d’espérer le meilleur pour des enfants ingrats, disparus ou indifférents. Combien de fois des doigts noueux et tremblants m’ont-ils caressé la joue en ce geste familier et délicat adressé à un fils qu’elles ne voient plus, et à chaque fois, combien j’étais heureux de pouvoir les laisser être les mères adoptives d’un instant trop précieux pour être négligé. Et à l’heure ultime du passage à Dieu, à qui font-elles appel ? A leur propre maman, en une sorte de retour à la matrice protectrice et apaisante.

Qui pourra jamais sonder la profondeur de l’amour maternel ? Qui sait les nuits sans sommeil, les soucis du quotidien, la tendre admiration pour chaque progrès effectué, l’espérance jamais vaincue dans l’attente d’un fils prodigue, les fatigues endurées, l’abnégation sans mesure comme la cire d’un cierge qui se consume et s’efface pour que tous soient éclairés et réchauffés à sa flamme… ? Alors qu’un juste féminisme aspirait à une meilleure considération des femmes dans la société, l’idéologie féministe a tué leur plus admirable spécificité en méprisant la maternité. Mais la nature ne s’en laisse pas compter et j’admire les jeunes générations qui redécouvrent avec bonheur les grandeurs de la maternité.
En Marie, toutes les femmes (et même les hommes) trouvent un modèle de maternité. A la fois parfait exemple de communion intime avec son Fils et de douloureux et nécessaire détachement pour qu’Il mène sa vie d’adulte et accomplisse sa mission, tout son être est ordonné à cette maternité singulière dont la fécondité dépasse infiniment la seule sphère physique. Son amour maternel inconditionnel s’inscrit au cœur du dessein divin et constitue le plus éclatant jaillissement terrestre puisé à la source de tout amour.

A mes grands-mères auprès du Père, à ma chère maman, à chacune de vous, mamans qui me lisez, jeune ou âgée, heureuse ou malheureuse, abandonnée ou restée seule, malade ou souffrante, enthousiaste ou découragée, que mon cœur ne cesse de vous dire : MERCI d’être la prodigieuse icône de la Bonne Nouvelle de Dieu qui est la Vie !
A l’Eglise ma Mère, sur les genoux de laquelle j’ai été élevé : MERCI de m’enfanter sans cesse à cette Vie !
A Marie, ma Maman du Ciel : MERCI éternellement d’être la Mère qui m’a donné et ne cesse de me donner l’Auteur de toute Vie !

Abbé Philippe-Marie

PS. N’oubliez pas de vous inscrire à la journée de prière pour les vocations et/ou à celle pour les familles. Merci !

Vie du site

Quel rapport entre la crèche de l’Enfant Jésus et le sable fin d’une plage estivale ? L’une et l’autre ne sont pas des lieux où l’on se connecte beaucoup : 1700 visites du site, « seulement », sur les 30 derniers jours (ce qui est néanmoins plus que l’an dernier à la même époque). Mais avec un temps moyen de 11 minutes, les visiteurs ont pris le temps, preuve de l’intérêt représenté par les pages consultées.

Les 11 chaînes des prières « classiques » réunissent 551 priants auxquels s’ajoutent ceux de la chaîne de Louis-Guillaume (celle d’Anne-France étant close depuis quelques jours) et ceux du coup de cœur du 1° vendredi du mois sur les vocations. Pour ce dernier, j’ai eu la surprise de constater que le temps moyen de connexion est de 16 minutes et je me demande si quelques internautes ne se sont pas endormis sur leur chapelet ; on dit que dans ce cas les anges terminent nos prières…

Pour les 30 derniers jours, les pages les plus visitées ont été les deux chaînes les plus récentes entre lesquelles s’intercalent les intentions de prière. Le coup de cœur sur les vocations et les actions de grâce viennent vite après. Suivent les actions de grâce, qui font toujours plaisir (2 nouvelles ont été déposées).

Les intentions de prière continuent à venir au même rythme très régulier (32 pour les 30 derniers jours), mais elles m’amènent à refaire une remarque importante : Il nous a fallu en écarter deux pour lesquelles les prénoms cités et certaines caractéristiques rendaient les personnes identifiables. Quand il s’agit de couples en difficultés ou de personnes dont il n’est pas chanté les louanges, les intéressés peuvent s’estimer diffamés, ou au moins choqués, ce qui serait complètement contre-productif, voire délictueux. Par exemple un prénom courant ne permet pas une identification, mais l’alliance de 2 prénoms la permet souvent, surtout si l’un d’entre eux est rare.

Côté géographie : une centaine de connexions d’Amérique du Nord (New York, Miami et sa région, Québec et ses environs). Bonjour à nos visiteurs d’outre Atlantique !

Je ne vais pas terminer sans quelques vœux :

« Bonne année et surtout bonne santé ». Qui de nous, en cette période de l’année, n’a pas entendu ou lui-même porté des vœux ainsi formulés ? La santé, c’est tellement naturel comme le premier des vœux, celui qui conditionnerait tous les autres ! J’avoue être souvent choqué quand cela s’arrête là et que les préoccupations spirituelles passent à la trappe ou sont comme étouffées sous les cadeaux du sapin de Noël.

Nous tous, visiteurs et animateurs de CathoFamiLink, tous quotidiennement confrontés à la souffrance physique et morale, la nôtre ou celle des autres, nous savons à quel point il est difficile de soulager celle de nos frères, et nous ne sommes pas les seuls à en être conscients. Pensons à Notre Dame de Lourdes dont l’invocation figure dans les prières de la spiritualité du site. Notre Mère du Ciel est tout particulièrement penchée vers ses enfants malades, et sa compassion se toune vers nos douleurs physiques, affectives et spirituelles. Tous les vœux que je puis formuler sont déjà dans le regard de Marie.

BONNE SANTE DE L’AME ET DU CORPS. BONNE ET SAINTE ANNEE SOUS LA PROTECTION DES EPOUX MARTIN DANS LA CONFIANCE EN DIEU ET L’ACTION DE GRACE.
Dominique




Comments