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Newsletter n°21 du 25 février 2011

publié le 24 févr. 2011 à 23:15 par Jérôme Moreau

A nos pairs !

« Et qui est mon prochain ? ». Cette question d’un docteur de la loi ouvre sur une magnifique parabole que vous connaissez bien : celle du bon samaritain (Lc 10, 25-37). A la fin de celle-ci, Jésus nous surprend. Nous attendrions que Jésus désigne l’homme blessé comme le prochain du samaritain. Mais dans l’Evangile, la question est bien : « Qui de ces trois a été le prochain de l’homme qui était tombé aux mains des bandits ? » (v. 36). Cette inversion surprenante nous interroge.

Pour nous, le prochain est habituellement tout homme que nous pouvons rencontrer. Cependant nous sommes plus enclins à nous pencher vers celui qui souffre de maux qui peuvent être très divers. La fibre sensible et évangélique vibre plus facilement quand elle reconnaît la détresse, la faiblesse ou la souffrance d’un prochain qui revêt les haillons du Christ dans sa passion. Pourtant Jésus situe plus radicalement la figure du prochain dans l’inattendu de celui qui avait échappé au champ de vision du convenable. Le samaritain n’est pas une personne convenable pour le juif du temps de Jésus. L’urgence première n’est pas tant de faire du bien – ce qui est évidemment louable et nécessaire -, que de considérer dans toute personne la capacité à la bonté, l’image plus ou moins enfouie d’un Dieu qui ne sait que se donner, fût-elle présente en celui que nous aurions le moins soupçonné de pouvoir la receler. La question sur le prochain ne regarde pas tant l’action possible envers lui que sa dignité irréfragable, fondée dans la seule volonté divine de l’avoir donné à l’enrichissement de tout le genre humain, quand bien même il ne se montrerait pas digne de cette confiance du Père. Finalement, la raison fondamentale pour laquelle nous devons aimer notre prochain c’est que Dieu l’aime, pécheur, comme Il nous aime, pécheurs.

L’actualité nous a entraînés récemment sur le chemin de la fausse compassion, maquillant la volonté toute-puissante des néo-démiurges de la science sans conscience. Alors que l’empathie médiatique se réjouissait de la naissance d’un bébé-médicament, des voix se sont heureusement levées pour dénoncer la gravité du procédé. L’affect collectif est suscité pour l’enfant malade, le prochain blessé au bord de la route. Et comment ne pas être ému par la souffrance de petits êtres innocents et de leurs parents ? L’horrible appellation de ‘bébé-médicament’ est réfutée par ses géniteurs in vitro. Mais ils ont beau dire, ce petit être humain est instrumentalisé, chosifié, preuve vivante que pour certains la fin justifie les moyens. Sans vergogne on l’a conçu, examiné, sélectionné, implanté. Rescapé de combien de dizaines d’embryons qui n’ont pas eu la même chance parce que non conformes ?
Comment ne pas dénoncer ces nouveaux Hérode qui ne rechignent pas devant l’élimination des innocents par des justifications fallacieuses, qui plus est quand d’autres moyens scientifiques efficaces et respectueux pourraient être mis en œuvre ? Comment se taire lorsque des hommes de science s’arrogent un pouvoir démesuré de vie ou de mort, d’eugénisme qui dicte les critères de dignité ou d’indignité ? Si les bébés malades et leurs parents méritent toute la compassion de leurs proches, de chacun de nous et de tous ceux capables de les accompagner, dans le cas présent ceux qui sont les samaritains ignorés et méprisés de la culture mondaine de notre temps sont les innocents sans voix et sans défense, fabriqués, examinés, rejetés et détruits. De quels gestes admirables n’auraient-ils pas pu être capables ? De quels génies avons-nous peut-être privé l’humanité ? De quels saints avons-nous peut-être privé l’Eglise ? Et quand bien même…

Il faudrait écrire en lettre d’or sur le frontispice de ces laboratoires d’apprentis sorciers qu’il n’est jamais licite de faire un mal pour obtenir un bien. L’Eglise ne se taira jamais pour défendre les plus petits, pour dire la vérité fondamentale de la dignité de tout homme. Mon prochain, c’est tout homme, depuis l’enfant conçu – même dans une éprouvette – jusqu’au vieillard grabataire et dément. Nous sommes tous des égaux. Ils sont mes pairs et je dois m’interdire de reconnaître à personne le droit de juger du bien-fondé ou de l’utilité de leur vie. Si nous nous taisons, la voix du sang innocent d’Abel et de tous les siens continuera à monter vers Dieu (cf. Gn 4, 10) pour notre propre confusion. Il en va de l’avenir de l’humanité. Il en va de la paix.

Au cœur de notre famille de CathoFamiLink, cette intention si chère à Jean-Paul II et à Benoît XVI, si constamment rappelée dans leur enseignement, demeure une priorité de nos prières, terreau de toutes les autres.

Abbé Philippe-Marie

PS. N’oubliez pas de vous inscrire à la journée de prière pour les vocations et/ou à celle pour les familles. Merci !

Vie du site

Notre Dame de Lourdes m’attendait au coin de chez moi. Ce n’est ni du rêve, ni de la littérature : une « grotte de Lourdes » en rocaille de silex, milieu XX° siècle, occupe le coin du terrain sur lequel est sise la maison que j’ai dû acquérir en revenant m’installer en Poitou il y a une quinzaine d’années. Peut-on dire non à la Sainte Vierge, surtout quand elle vous invite ainsi ? J’y repense en ces jours où les fêtes de Notre Dame de Lourdes et de Sainte Bernadette sont encore si proches. J’y repense, ainsi qu’à tous les malades rencontrés dans la cité mariale et sur le site de CathoFamiLink où nous étanchons notre soif spirituelle à l’eau de la grotte…

Nos statistiques ont repris de la vigueur au cours de ces 31 derniers jours : 2369 visites de 8 minutes 3/4 en moyenne.

Les pages les plus visitées sont les intentions de prières (713) l’ensemble des « coups de cœur » (412), les chaînes de prières de Charlotte, Mathias et Christelle. La page des actions de grâce vient assez vite derrière, montrant l’intérêt porté à cette rubrique ; pensez à ce fructueux partage spirituel.

Les 13 chaînes de prières réunissent près de 600 priants. Pour deux d’entre elles le temps moyen de consultation dépasse le quart d’heure. Bien sûr on ne mesure pas le poids de la prière au temps passé devant un écran d’ordinateur, mais l’électronique fonctionne rarement seule et de façon toute passive. Cet intérêt se double, ce qui nous a été manifesté à plusieurs reprises, d’un vif souhait manifesté par les visiteurs : recevoir plus de nouvelles des personnes pour lesquelles nous prions. Il est parfois délicat de placer la frontière entre la discrétion et l’information, mais nous allons rendre plus accessible l’information sur les mises à jour et essayer de rendre plus régulières ces dernières.

Les coups de cœur sont bimensuels depuis deux mois. Celui des vocations est passé de 72 à 76 personnes engagées ; celui des familles, de 37 à 56.

Les intentions de prière conservent leur grande stabilité avec 34 demandes mensuelles. Toutefois nous avons dû, une fois encore, en écarter plusieurs qui ne respectaient pas les indispensables impératifs d’anonymat.

Mais quittons les chiffres et revenons à notre sujet initial :

Notre Dame de Lourdes, priez pour nous.

Sainte Bernadette, priez pour nous.
Dominique




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