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Newsletter n°22 du 25 mars 2011

publié le 26 mars 2011 à 14:02 par Jérôme Moreau

Eloge des pères

Chers amis de CathoFamiLink,

Au temps de la joyeuse vague hippie, le tutoiement était de rigueur. Celui qui s’aventurait à donner du “vous” passait irrémédiablement dans le camp des incorrigibles ringards, petit bourgeois dépassé, mort-vivant d’un passé révolu. Le “tu” prenait sa vengeance sur le “vous” en le détrônant dans les relations sociales. Par la même occasion, il s’associait le prénom pour une proximité plus grande du frère humain. Notre Eglise en a conçu un progrès majeur : ‘Monsieur le Curé’ se fit soudain plus proche des hommes et devint ‘Maurice’ (ou ‘Gilbert’ ou…). Plus d’abbé ni de père ! D’ailleurs un argument en béton venait de l’Evangile lui-même : « N’appelez personne ‘père’ sur la terre, car vous n’avez qu’un Père, le Céleste » (Mt 23, 9). Si Jésus le dit, alors… D’autant qu’il n’y a pas de vouvoiement dans les langues sémitiques ! C’était le temps des potes-curés.
Cet air de jeunisme, qui court derrière la mode du temps sans jamais parvenir à la rattraper, manquait toutefois de précision dans l’interprétation. En effet, on ne peut pas interpréter à moitié. De deux choses l’une :
- soit il s’agit d’une interprétation littérale stricte de la Parole de Dieu, en ce cas on a raison de ne pas appeler ‘père’ les prêtres mais on manque de détermination car le ‘personne’ supposerait d’empêcher les enfants de dire ‘papa’ ; - soit l’interprétation fait référence au sens spirituel, et là il faut découvrir ce que cache cette recommandation du Seigneur.

Comme toujours, il est nécessaire de lire l’Ecriture dans sa globalité. C’est saint Paul qui nous éclaire dans l’épître aux Ephésiens : « Je plie les genoux devant le Père, de qui toute paternité aux cieux et sur la terre tire son nom » (3, 15). Dans saint Matthieu, le Seigneur semble indiquer la seule source d’autorité recevable absolument : le Père du Ciel. Le Dieu de la loi ancienne porte le nom de Père. Voici la bonne nouvelle. Dès lors, toute autorité terrestre participe de cette source unique de l’autorité. Jésus le signifie même à Pilate pendant son procès (Jn 19, 11). Père selon la génération physique ou père selon la vie spirituelle, toute paternité terrestre est mesurée par la paternité de Dieu, et non l’inverse. En contemplant justice et bonté de Dieu, nous découvrons la perfection de la paternité dont les paternités d’ici bas ne sont que l’image imparfaite. La responsabilité des pères est grande car elle renvoie à une image plus ou moins juste, plus ou moins dévoyée de la paternité divine. On comprend parfois que des personnes ne puissent que difficilement appeler Dieu, ‘Père’, quand l’autorité paternelle a laissé dans leurs âmes des blessures psychologiquement ineffaçables.

Sur un versant plus positif et enthousiasmant, les pères portent (dans des vases d’argile) la noble tâche d’introduire leurs enfants dans une juste relation à Dieu et au prochain, en présentant l’exigence de la justice dans la douceur de la bonté. Nous disions dans un texte précédent comment le lien avec la mère est tout à fait unique. Il n’est pas sans danger lorsque la relation mère-enfant se complaît dans la fusion. De cette fusion matricielle, le père extirpe la conscience de l’autre et de soi. L’enfant peut y forger sa personnalité et enraciner progressivement dans le terreau de l’autorité paternelle, une solide autonomie d’adulte. S’il semble avoir le “mauvais rôle”, le père est pourtant nécessaire au plein épanouissement de l’enfant, comme de l’adulte en matière spirituelle.

Pour que notre société soit une société d’adultes, il nous faut des pères qui le soient vraiment, sans complexe mais sans rigidité. L’autorité, au sens étymologique, est le propre de celui qui fait grandir. Quelle grâce d’avoir un père exigeant et bon, juste et miséricordieux, solide et tendre ! Jésus Lui-même, Fils éternel du Père, voulut se mettre sous l’autorité de Joseph. L’humble charpentier de Nazareth abrita de son toit Celui qui lui était confié. En le guidant vers l’âge adulte, il l’abrita aussi de son cœur généreux de père. Ce cœur ouvert reçut en retour l’infinie délicatesse d’un Fils en qui se reflétait une paternité venue d’ailleurs. Joseph y puisait la grâce illuminant son âme de pauvre, éperdument heureuse d’avoir été jugée digne de la confiance divine.

Alors avec joie, reconnaissons la paternité divine présente en nos pères terrestres, en nos prêtres, en nos évêques et notre Saint-Père et, en les appelant du beau nom de ‘abba’, ‘père’, professons un Dieu qui fait de nous ses enfants pour nous établir dans une relation personnelle et intime avec Lui, dans nos réalités terrestres et pour la vie éternelle.
Abbé Philippe-Marie

PS. Après l’“Eloge des mères”, je déjeunais chez une famille amie. Le père de famille me demande : « A quand l’éloge des pères ? » - Taquin : « Je manque d’idées. Il n’y a pas grand’ chose à dire… ». Je lui dédie donc volontiers cet éloge, ainsi qu’à mon cher papa et mon charpentier préféré, sans oublier tous les prêtres qui ont été ou sont sur mon chemin, le visage aimant du Père !

Vie du site

La fête de Saint Joseph, le 19 mars, préfigure le printemps. L’Eglise se plait à fêter le jour qui se lève plutôt que la nuit qui tombe, et quand elle célèbre la nuit qui tombe, c’est en pensant au lendemain. Le discret Saint Joseph clôt l’hiver et porte dans ses bras le printemps du Christ. Sans oser aucune comparaison, la prière de CathoFamaLink essaie de porter des malades et autres personnes en difficultés de l’hiver de la souffrance vers une saison un peu plus clémente illuminée, si Dieu le veut, par le soleil de la guérison ou d’une solution humaine, et toujours par celui de l’Espérance.

Avec un peu moins de 2000 visites, et 6 minutes et demie de temps de consultation moyen, on constate le tassement des chiffres consécutif aux vacances scolaires de février.

Dans les 30 derniers jours, 2 chaînes de prières ont été clôturées et 2 autres créées, laissant le nombre total à 13 et ramenant à 579 (soit -19) le nombre des priants. S’y ajoutent les inscriptions aux « coups de cœur » : 43 pour les familles et 36 pour les vocations. Ces 2 derniers chiffres ne sont pas énormes, mais la page des « coups de cœur » arrive en troisième position des consultations, marquant l’intérêt pour ces propositions de prières.

En deuxième position, nous avons la chaîne (nouvelle) de Louis-Guillaume. La page la plus consultée est celles des intentions de prières (500) et le nombre des intentions déposées est monté à 47 (contre une trentaine pour de nombreux mois précédents).

J’ai souvent le plaisir d’achever ce compte rendu par la page des actions de grâce : 3 nouvelles, ces 30 derniers jours. Ce n’est pas spectaculaire, mais je ne pourrais que vous inciter à les relire. Il s’en dégage un charme et une fraîcheur… tout printaniers !

Saint Joseph, patron de notre printemps tout neuf, priez pour nous et portez-nous comme vous avez porté dans vos bras Jésus, l’enfant de votre virginale Epouse, que Dieu vous a confié.
Dominique

La vie des Chaînes de Prière

Nous lançons une nouvelle rubrique sur la vie des chaînes de prière, nous souhaitons ainsi vous rapprocher des personnes pour lesquelles nous prions.
Olivier est atteint d'un cancer du péritoine, prions pour lui, sa femme et ses enfants.
Louis-Guillaume a subi une nouvelle opération pour guérir sa tumeur cancéreuse. Prions pour lui, sa femme et ses 7 enfants.
Nicole, grand-mère de 39 enfants, a compris qu'elle était en marche vers la fin de sa vie. Prions pour elle et sa famille.
Charlotte est rentrée à la maison après 11 semaines d'hôpital. Prions pour que son bébé naisse dans de bonnes conditions.
Victoire vient de se faire opérée à 10 mois. Prions pour elle, ses frères et soeurs et ses parents.
Florence vous remercie pour vos prières qui l'ont accompagnée pendant 15 mois.



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