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Newsletter n°29 du 25 octobre 2011

publié le 27 oct. 2011 à 07:33 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 27 oct. 2011 à 07:41 ]

De Narcisse à Jésus

Chers amis de CathoFamiLink,

L’Evangile du XXX° dimanche ordinaire nous renvoie à la figure les dérives de notre société qui place l’individu dans une posture d’autosatisfaction égotiste. Nous nous souvenons de la mythologie ancienne décrivant Narcisse. On le disait d’une grande beauté, mais aussi très fier de sa personne, à tel point qu’il refusait les avances des plus belles créatures, y compris de la nymphe Echo. Sans doute considérait-il que toutes ces prétendantes n’étaient pas dignes de lui. Contemplant sa propre image se reflétant dans l’eau, il en tombe éperdument amoureux. Languissant de cet amour impossible et insaisissable, il glisse vers le désespoir qui le conduit à la mort.

Cette caricature de l’égocentrisme exacerbé n’est pas si éloignée des catégories mentales qui habitent nos contemporains, et peut-être nous-mêmes jusqu’à un certain point. Prenons par exemple le domaine du sport – sorte de nouvelle religion médiatique en mal de sensations fortes - : les champions adulés y vont de leur commentaire avisé, dans la victoire ou dans la défaite : « l’important, c’est que je me suis fait plaisir ! ». Tout tourne autour du petit ‘moi’, véritable tyran régnant en maître sur le système. Dans tous les domaines de notre vie, il cherche à s’imposer. Insidieusement, il a gagné nos mentalités, de sorte que nous ne nous rendons même plus compte de son ascendant sur les esprits.

Il m’arrive, comme vous, de croiser des enfants particulièrement malpolis, irrespectueux des personnes et des biens d’autrui. C’est l’ère de l’enfant-roi où tout lui est permis. Je ne pense pas ici aux enfants défavorisés issus de familles totalement déstructurées. Non, mais plutôt aux enfants de “bonnes” familles, gâtés par l’atmosphère générale. Que les enfants soient turbulents et que l’éducation échappe en grande partie aux parents, chacun peut le concevoir. Ce qui m’interroge, ce sont les parents qui ne disent rien quand l’évidente dérive saute aux yeux ! Aveuglement ou démission ? Il ne m’appartient pas de trancher ni de juger. Le constat est à lui seul douloureux.

C’est là où l’Evangile nous ramène au bon sens et à ce qui peut réellement rendre heureux, si nous le prenons au sérieux comme norme de comportement et d’éducation. Le Seigneur exhorte à « aimer son prochain comme soi-même ». C’est dire qu’il y a un juste amour de soi, équilibre entre le narcissisme tendance et le mépris de soi qui est son fidèle compagnon dans une société où beaucoup souffrent de ne pas atteindre à la norme totalitaire des canons de beauté physique, de niveau économique ou de rang social. Ce juste amour de soi, nous ne pouvons le découvrir que dans le regard en vérité de Dieu sur nous-même. Aimer Dieu en vérité, croire en Lui et chercher à mieux le connaître en Jésus-Christ Dieu fait homme, nous permet de saisir progressivement notre propre image, déformée par le péché, restaurée par la Rédemption. Vérité et miséricorde s’associent pour que nous puissions voir que nous ne sommes que cendre et poussière sans Lui, œuvre admirable et merveilleuse en Lui. Dès lors, le prochain apparaît lui aussi sous cette lumière, non comme un concurrent, mais pauvre et sauvé comme moi, partageant la même indigence et la même grâce que moi. C’est en ce prochain, bien concret, que je rencontre l’œuvre d’un Dieu qui s’est livré sans condition, du Christ qui nous a aimés jusqu’à mourir. Le bonheur n’est pas dans le repli égocentrique sur mes satisfactions étriquées, il est dans le don de moi-même pour l’autre en qui se dévoile le Tout-Autre. C’est seulement en sortant de moi-même par le don de ma personne, que je découvre la vérité sur moi-même et la joie de me savoir aimé de Dieu.

« Si quelqu’un dit : “J’aime Dieu”, et a de la haine pour son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas. Et tel est le commandement que nous tenons de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1Jn 4, 20-21). Au pays de Narcisse et du désespoir, l’Evangile est encore le meilleur antidote. Chrétiens, il y a urgence !

Abbé Philippe-Marie

Vie du site

M’étant absenté une semaine pour une retraite spirituelle, j’étais partagé au retour entre le bonheur répandu à profusion par Dieu, le désir d’affronter de nouveau le monde extérieur, et les coups bas que la troupe des anges déchus (et fort mécontents) n’hésite pas à vous envoyer en pareille circonstance. J’ai eu mon lot ; c’est normal ! Parmi les petites choses, j’aurais certainement été plus content de trouver une fréquentation mensuelle du site supérieure à la précédente au lieu de voir le yoyo redescendu à 1050 visites et le temps moyen de consultation à 4 minutes. J’ai maintes fois écrit qu’il ne faut pas avoir le culte des chiffres ; il n’empêche qu’à chaque fois, c’est une remise en cause : faire plus ? Peut-être. Faire mieux ? Surement. Faire selon la volonté de Dieu ? Quel programme !

Les 13 chaînes de prière en cours ont réuni 360 priants. Deux d’entre elles ont été lancées en septembre et leur mise en place correspond tout naturellement à deux pics de consultation du site. Ces deux nouvelles chaînes sont aussi tout naturellement parmi les pages les plus consultées (170 et 151 visites au cours des 30 derniers jours) derrière les intentions de prière (360 visites). Viennent ensuite les consultations des actions de grâce (145) puis les « coups de cœur » sur les familles et les vocations (100). Quelques remarques sur ces deux dernières rubriques :

Les deux « coups de cœur » d’octobre ont réuni une soixantaine d’inscrits. Les consultations de la newsletter n° 16 ont été assez nombreuses. Or cette newsletter expliquait le fonctionnement des « coups de cœur », ce qui tend à montrer l’intérêt pour ce type de prière.

Vous connaissez l’attention que je porte aux actions de grâce qui nous sont envoyées. J’y ai souvent trouvé des trésors. Il peut cependant arriver (rarement) que l’une ou l’autre soit rédigée de façon ambiguë et que l’on ne sache plus très bien si Dieu et les saints sont remerciés pour un fait tout à fait conforme ou non à l’enseignement de l’Eglise. Autrement dit : s’agit-il bien d’une grâce ?

Je voudrais vous laisser sur les trois dernières strophes du poème « Gethsémani » de Guy Jampierre où apparaît merveilleusement la connexion entre souffrance, prière et salut :
Gethsémani, le lieu du vrai supplice
Que le péché, par sa noire injustice
Te fit subir lorsque tu l’expulsais.
Satan riait que te manquent les forces ;
De Père à Fils, il voyait un divorce ;
Vers lui le monde à genoux s’avançait…

Mais ta prière ô Christ était parfaite ;
Sueur et sang pouvaient couvrir ta tête :
Emerveillé qu’un homme fût si fort,
Dieu te relève en ta juste innocence
Et, pour l’Agneau, la Croix déjà s’avance
Et déjà l’Ange offre Son réconfort.

Gethsémani, se pourrait-il qu’on dorme ?
En cet instant, notre salut prend forme.
Christ est vainqueur, nul ne peut le nier.
Gethsémani, ta nuit se fait lumière ;
En ton jardin fleurit la terre entière :
Gethsémani, là que tout fut gagné !



Dominique


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