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Newsletter n°34 du 25 mars 2012

publié le 26 mars 2012 à 10:32 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 1 avr. 2012 à 23:42 ]

Rescapés au cœur vide, rescapés au cœur plein.


Chers amis de CathoFamiLink,

L’actualité nous projette à la face la brutalité inouïe d’un fanatique capable d’abattre des innocents avec un sang-froid bestial. A l’heure où j’écris ces lignes, la crise est résolue et la population de la Ville Rose soulagée de savoir le bourreau éliminé. On pourra toujours s’interroger sur les capacités de notre société à produire de tels monstres. Peut-être s’interrogera-t-on moins sur l’incapacité de notre société à donner des raisons d’espérer à toute une jeunesse errante, sur l’échec dans la transmission de vraies valeurs morales aptes à enflammer les jeunes âmes éperdues d’idéal. L’intégration ne se réalise pas à coups de slogans ; elle suppose un vrai projet de société, le désir de chacun de contribuer au bien commun, l’ouverture du cœur pour accueillir la culture qui fonde l’unité nationale, forte en même temps de ses diversités. Le communautarisme culturel et religieux grandissant trahit l’impossibilité d’identification. Qu’avons-nous à proposer à ceux qui veulent partager notre vie de français ? Trouvera-t-on une réponse dans les urnes ? Nous, catholiques, sommes concernés car nous avons un projet pour tous les hommes de bonne volonté. Il est révolu le temps de “l’enfouissement dans la pâte humaine”. Les rescapés de Toulouse et d’ailleurs ont le cœur vide d’espoir, vide de sens, vide de joie car le plus souvent vide de Dieu relégué au musée de l’inutile, voire pour certains de l’horreur.

Et pourtant sur les murs de la capitale, de sympathiques frimousses ont jeté un éclair de lumière sur les consciences enténébrées. Rescapées du grand massacre (touchant 98 % de leurs semblables), elles ont été un hymne à la vie et à la joie. « Trisomique… et alors ? ». Nos petits frères et sœurs de Mongolie exhibent la douceur de l’innocence qui bouscule la violence dissimulée des alcôves silencieuses où sont radiés les gêneurs afin qu’advienne l’homme à l’état pur. A l’état pur, mais vide et sans cœur. Le pharisien nouveau est arrivé, se regardant le nombril, plein de mépris – en toute bonne conscience, bien entendu – pour ceux qui n’entrent pas dans le cadre obligatoire. Et ils n’y entrent pas ces surdoués de l’amour qui savent si bien nous ramener à l’essentiel et invitent à briser les barrières de la peur de l’autre et de l’indifférence. Ils sont les porte-parole de tous les rejetés, des petits et des humbles, des sans-voix, des mal-aimés… Ils rappellent à notre société qu’elle ne vaut que par l’attention qu’elle porte aux plus fragiles de ses membres. Ils lui rappellent que la vie de tout petit d’homme est un trésor inestimable.

Le Seigneur Jésus a emprunté cette voie de l’humilité pour nous rejoindre dans la faiblesse du péché. Il a même voulu s’identifier au péché (cf. 2Co 5, 21), Lui l’Innocent par excellence, pour que nul ne se sente à jamais exclu de l’Amour. La Croix expose aux yeux de l’humanité la Toute-Puissance faite faiblesse. Mais Il l’a si bien embrassée qu’Il l’entraîne dans sa victoire sur la mort. En ressuscitant, Il arrache notre condition humaine de sa gangue de misères pour nous associer à son triomphe et à sa gloire. Seul le Christ ressuscité peut combler le désir de vivre de l’homme. La résurrection est le flambeau de l’espérance des rescapés du péché. Elle est notre bonheur. En ce temps de Pâques, qu’il soit contagieux par le témoignage de nos vies déjà transfigurées.

JOYEUSE FÊTE DE PÂQUES !

Abbé Philippe-Marie

Vie du site


Notre site a reçu 1500 visites en un mois pour une durée moyenne, importante, de 14 minutes. Ajoutons que 45% des visiteurs étaient nouveaux. En effet deux nouvelles chaînes de prières ont été créées durant la seconde quinzaine de février et les connexions se sont révélées particulièrement longues : 36 minutes en moyenne pour l’une d’elles.

Je ne sais jamais si je dois me réjouir ou non de la longueur des visites : le temps passé est à la fois lié au caractère dramatique des situations et à l’élan de solidarité spirituelle. Mais on peut dire, je crois, que c’est un temps pendant lequel la communion des saints fait particulièrement son œuvre.

La page la plus visitée fut celle de la plus récente chaîne de prière (Amélie et Alex), avec plus de 550 connexions. Il est vrai que toutes choses égales par ailleurs (et nul n’aurait l’indécence d’établir un barème des souffrances et des espérances) tout ce qui touche un tout petit enfant est particulièrement émouvant. Question de sensibilité humaine ? Pas seulement : on connaît la tendresse de Jésus pour les petits.

Ensuite les intentions de prière dépassent 420 consultations, puis vient la chaîne de Laurent (la seconde plus récente) avec 260. Les « coups de cœur » et les actions de grâce ne sont pas loin derrière.

Les intentions de prière nous arrivent à un rythme revenu à une par jour. Les actions de grâce sont toujours moins fréquentes (3 pour ce mois) mais leur poids dans notre site dépasse les ratios et les pourcentages.

Douze chaînes de prière « tournent » actuellement, réunissant 300 priants. Elles ont leur place dans nos efforts et nos prières de Carême. Certes nous venons de connaître la joyeuse pause spirituelle du dimanche de Laetare, mais c’est pour mieux aborder la grande épreuve de la Semaine Sainte. Emmenons nos amis jusqu’à la joie de Pâque !

Cette perspective pascale me fait penser à la Saint Patrick, fêtée ces jours derniers, et plus particulièrement à ce poème attribué à ce saint, et dont chaque strophe commence par une superbe phrase : « Je me lève en ce jour ». Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer une traduction des premiers vers :

« Je me lève en ce jour

Vaste puissance, invocation de la Trinité,
Foi en trois Personnes,
Confession d’un Dieu unique,
Confondues dans le Créateur.

Je me lève en ce jour

Puissance de la naissance du Christ et de son baptême,
Puissance de la Crucifixion du Christ et de son ensevelissement,
Puissance de la Résurrection et de l’Ascension,
Puissance de la descente du Christ au jour du Jugement. »

Et cela continue pendant plusieurs pages… Non, on n’a pas envie de rester assis à l’audition d’une telle force verbale. Il faut aussi « se lever en ce jour » et prier debout.

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