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Newsletter n°46 du 25 mars 2013

publié le 26 mars 2013 à 06:04 par Benoit FLAMA
Chers amis,

Lorsqu'en mai 2009 nous lancions Cathofamilink, Benoit XVI nous adressait un message à l'occasion de la 43ème journée mondiale des communications sociales : "C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains !
C'est dans cette continuité que vous pouvez dès à présent vous abonner à nos nouveaux comptes Facebook et Twitter.
 
 

Un grand nombre d'entre vous avez suivi la chaîne de prière de l'abbé Antoine Germain qui a rassemblé plus de 1100 inscrits. Vous avez également été nombreux à vous joindre à la messe de Requiem célébrée le 16 mars à Parthenay. C'est la raison pour laquelle nous publions ici l'homélie de cette messe, célébrée par l'abbé Philippe-Marie Airaud, curé de Parthenay, ami de la famille de l'abbé Antoine, et membre fondateur de Cathofamilink. Nous n'oublions pas pour autant les autres intentions portées par les chaînes de prière, particulièrement la famille prise en otage
Benoit


Messe de Requiem pour l’Abbé Antoine Germain
Saint Laurent de Parthenay, le 16 mars 2013

Chers Frères et Sœurs,

Le sage avait déjà averti dans l’Ancien Testament : « L’homme n’est pas maître de son souffle pour pouvoir retenir son souffle, et il n’a aucune puissance sur le jour de sa mort » (Qo 8, 8). Ce souffle de vie donné par Dieu dès l’origine de l’humanité, Dieu seul en est le Maître. La mort surprend chacun à l’improviste, même si une longue maladie a pu préparer l’échéance redoutée. Notre cher abbé Antoine a été cueilli dans la force de l’âge, alors qu’il menait un apostolat fructueux et estimé. Les témoignages de ces jours difficiles ont afflué de partout et tressent une couronne embaumée des mérites de notre jeune frère prêtre. Avait-il eu un pressentiment en écrivant récemment son testament, en préparant sa sépulture jusque dans le choix des textes que nous avons lus, le choix des chants et même de la couleur des ornements que nous portons? Un pressentiment ne fait pas une certitude et cela demeure le mystère de la divine providence qui vient bousculer nos légitimes projets d’avenir.

Par mode de contraste, nous avons les paroles de Jésus qui dit : « Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne » (Jn 10, 18). Jésus, Lui, a pleine maîtrise de sa vie et en dispose comme Il veut. Lui, le Seigneur de l’univers a livré sa vie d’homme en sacrifice pour que nous participions en Lui et à sa suite de la vie éternelle. « Nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés… Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui ». Cette communion dans la mort et la résurrection du Christ, l’abbé Antoine l’a vécue comme un combat, conscient ou inconscient, tout au long de sa trop brève existence. Vous me permettrez bien, cher Michel, d’évoquer votre magnifique adresse à votre cher fils au moment où nous l’accompagnions dans l’inhumation de son corps rendu à la terre. Vous avez évoqué les cinq miracles de sa conception, de sa naissance, de son éducation sans difficulté, de sa conversion à 18 ans, de son sacerdoce fructueux. J’avoue que leur évocation a été pour moi une bouleversante manifestation de la force de la providence, du combat pour la vie, de la lutte en notre chair d’un Dieu de la vie qui s’est offert pour nous. La mort d’Antoine heurte nos natures qui, heureusement, ne peuvent pas se résoudre à la mort. Elle heurte votre cœur de père, vos entrailles de mère, notre affection d’amis. Pourtant, dans la foi, nous savons que « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Rm 8, 28), nous savons que le fruit a été cueilli parce qu’il était arrivé à maturité, parce que son âme avait été façonnée pour ce moment du combat final qui, en Jésus Christ, est une victoire finale. Le Christ a vécu sa passion volontairement. Dans la Messe, Il continue de s’offrir, Il nous rend présents à l’instant sacrificiel et tragique du calvaire tout en nous illuminant de la puissance transfigurante de sa résurrection. Ce que le Père Antoine célébrait, il l’a mené à son accomplissement.

Antoine a été choisi par le Seigneur pour être son prêtre. Il le demeure dans l’éternité. Il a été l’instrument privilégié, le médiateur de la vie divine transmise aux hommes. Chaque jour, il a tenu dans ses mains consacrées la Sainte Hostie, son Dieu, pour Le donner à ses frères et répandre ainsi la vie dans un monde où le Malin a semé l’ivraie de la mort. Il a, de ses mains bénies, tracé le signe de la croix pour donner l’absolution aux pécheurs repentants pour que triomphe la grâce sur le péché, l’amour sur la haine, la vie sur la mort. Il a plongé des enfants dans la source baptismale pour inaugurer en eux la vie éternelle. Il a soulagé les douleurs des âmes pliant sous la souffrance et la vieillesse en leur faisant l’onction sainte qui ouvre à une paisible et ultime rencontre avec le Sauveur. Il a guidé, enseigné, encouragé, accompagné tant et tant d’enfants, de jeunes et de moins jeunes avec un cœur sacerdotal généreux et offert. Sans doute avait-il ses limites et, comme l’a dit son évêque, nous ne cherchons pas à le canoniser. Mais donner sa vie totalement pour le Christ, Le servir dans ses frères, telle a été son ambition terrestre en vue du ciel. La parole de Jésus n’en prend que plus de relief : « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ».

Chers Frères et Sœurs, nous avons prié, supplié, invoqué pour une guérison. Il peut se faire qu’à la fin, nous nous sentions vides et amers. Ce qui nous paraissait légitime et bon n’a pas eu lieu. Comment penser qu’un jeune prêtre dont nous aurions tant besoin soit fauché dans l’exercice d’un apostolat fructueux ? L’Eglise n’a-t-elle pas un urgent besoin de prêtres ? Si j’osais, je dirais bien que, dans le cas présent, il n’y a pas de retour sur l’investissement. Oui, il faut des années pour faire un prêtre, depuis le berceau familial – qui a été si porteur pour Antoine et dont il vous était tellement reconnaissant, chers Marie-Dominique et Michel – jusqu’au séminaire. Et pourquoi sommes-nous subitement privés de l’enthousiasme et des capacités de notre frère ? Je ne trouve pas de réponse satisfaisante à ces questions mais je me souviens de l’exemple du Bienheureux Karl Leisner, ordonné prêtre clandestinement dans le camp de Dachau en 1944, pour ne célébrer qu’une seule Messe le 26 décembre de la même année avant que la tuberculose ne finisse de le ronger et qu’il meure peu après la libération du camp durant l’été 1945. Toute une vie pour une seule Messe ! Frères et sœurs, l’enjeu en vaut la peine car il n’y a rien de plus grand, car le Christ s’y donne tout entier et y donne toutes ses grâces. La véritable fécondité émane du Christ, et du Christ seul sans lequel le prêtre n’est rien. Précisément, voilà ce qui fait la grandeur du prêtre au-delà de sa personne toujours unique et choisie par le Seigneur. Ce qui fait la richesse du prêtre, c’est de donner ce qui ne lui appartient pas, de transmettre ce qui vient d’un autre. Plus il est l’instrument transparent de l’unique Grand Prêtre, plus il s’efface, et plus le Christ agit par lui, quels que soient ses limites et ses péchés. La fécondité ne se mesure pas à la longueur des jours ni à la densité du ministère, elle est le don absolument gratuit du Christ pour le monde et pour les âmes. La fécondité du ministère de l’abbé Antoine n’apparaît que très partiellement à nos yeux. Elle est d’autant plus manifeste qu’elle s’enracine aujourd’hui dans la Croix du Seigneur. De la mort jaillit la vie. Notre Saint-Père le Pape François vient de nous le dire dans sa première homélie : « Quand nous marchons sans la croix, quand nous édifions sans la croix et quand nous confessons un Christ sans croix, nous ne sommes pas des disciples du Seigneur : nous sommes des personnes du monde, nous sommes des évêques, des prêtres, des cardinaux, des papes, mais pas des disciples du Seigneur » (14/03/2013, Homélie de la Messe avec les cardinaux). C’est un langage difficile ; c’est celui de la folie de la croix de saint Paul.

Chers jeunes, venus nombreux en ce jour, « le Christ n’enlève rien et Il donne tout », comme le disait Benoît XVI au début de son pontificat. L’abbé Antoine nous a été enlevé mais nous savons dans la foi et l’espérance que le Seigneur est le Dieu de la vie, « qu’Il nous a faits pour lui ; et que nous ne serons jamais en repos tant que nous ne demeurerons en Lui » (Saint Augustin, Confessions, I, 1, 1). La vie peut sembler trop courte parfois sur cette terre. Pourtant le nombre des jours pèse peu face à l’éternité. Il est plus important de bien remplir ces jours, de leur donner un sens et un but. Ce que l’abbé Antoine attendrait de vous, avec toute l’Eglise, c’est que vous n’ayez pas peur d’être des saints, que certains d’entre vous aussi se lèvent pour se consacrer totalement au Seigneur Jésus et au service de leur frères dans la vie religieuse et dans le sacerdoce. Les âmes vous attendent car il n’y aura jamais assez de saintes familles, de saintes religieuses, de saints prêtres. La soif est immense en notre monde, en notre occident, en notre pays. Répondrez-vous : “Me voici”, pour que les hommes de ce temps puissent s’abreuver aux sources du salut ?

Chers Marie-Dominique et Michel, vous nous avez puissamment aidés par votre exemple, votre témoignage de foi en ces jours d’agonie et d’épreuve. « Stabat Mater dolorosa », la Vierge des douleurs était debout au pied de la Croix. En votre chair, vous avez vécu avec Elle ces moments terribles où votre unique vous était arraché pour mener son sacrifice sacerdotal à son achèvement. Alors que vous auriez légitimement pu souhaité, comme tout parent, connaître une fécondité dans une descendance ; alors que vous aviez déjà offert ce sacrifice au Seigneur comme Abraham immolant l’enfant unique ; aujourd’hui le Seigneur vous donne une descendance innombrable d’enfants, fruits de la fécondité de l’apostolat de votre Antoine. Et Jésus mourant sur la Croix dit à sa Mère en montrant saint Jean : « Voici ton fils » (19, 26). En lui, tous les hommes devenaient ses enfants. Elle perdait un Fils, Elle en gagnait une multitude. Vous aviez sacrifié le fils, vous avez découvert le prêtre. Ce que vous avez semé dans le terreau de la Croix, le Seigneur saura vous le rendre au centuple dans une fécondité unique de grâces qui vaudront en mérites pour la vie éternelle. « “Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Père, délivre-moi de cette heure ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom !” Alors, du ciel vint une voix qui disait : “Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore” ».

Soyez donc infiniment remerciés car vous nous obligez à nous amarrer plus fortement à l’ancre de l’espérance. Vous savez toute notre affection et notre prière ; ensemble, nous continuerons d’arpenter les sentiers ardus de ce monde pour marcher d’un pas décisif vers la Terre promise du paradis. En 1861, un jeune prêtre de chez nous, prisonnier dans le lointain Tonkin, écrivait une dernière lettre à son père. Saint Théophane Vénard avait une âme sensible et avait ressenti douloureusement la morsure de la séparation de ses proches quand il avait quitté le foyer familial pour aller vers son destin missionnaire. A l’âge de 32 ans, il savait qu’il achevait sa course, couronné de la palme du martyre. Il avait choisi le Christ comme son Tout, le trésor de sa vie. Il voulait entraîner dans son élan, ceux auxquels l’affection l’attachait sur cette terre. Voici ses propres mots, de feu et de foi : « Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre, que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lis virginal, autre l’humble violette. Tâchons tous de plaire, selon le parfum ou l’éclat qui nous sont donnés, au Souverain Seigneur et Maître. Je vous souhaite, cher père, une longue, paisible et vertueuse vieillesse. Portez doucement la croix de cette vie à la suite de Jésus jusqu’au Calvaire d’un heureux trépas. Père et fils se reverront en paradis. Moi, petit éphémère, je m’en vais le premier. Adieu ! ». Ainsi-soit-il ! 


Abbé Philippe-Marie

Vie du site

Pour les 30 derniers jours, nos chiffres n'ont plus rien à voir avec ceux des mois précédents: 84000 pages consultées, 45400 connexions dont 42800 pour la France, une durée moyenne de consultation de 9 minutes, 3 pointes journalières au-delà de 2000 connexions (dont une proche de 3000)…

Faut-il s'en réjouir? Un jugement nuancé s'impose car des événement très douloureux sont à l'origine d'une telle explosion et de la création de plusieurs chaînes de prière récentes. Deux d'entre elles concernent, sinon des "personnages publics", du moins des situations publiquement connues. J'évoquerai le Père Antoine qui n'a pas survécu à une crise cardiaque, et la famille prise en otage au Nord Cameroun. Ces chaînes respectivement réunissent 1159 et 803 priants et ont donné lieu à 45000 et 6500 pages consultées. 

Ce dont on peut se réjouir, c'est que toute cette souffrance et cette solidarité amicale et spirituelle se soient retrouvées dans ces vastes mouvements de prière, avec toutes les grâces que l'on peut en attendre. De beaux témoignages nous ont été rapportés.

Il serait injuste de passer sous silence les 17 autres chaînes de prières qui, chacune, vivent leur vie dans une grande diversité (de 7 à 300 priants) avec, elles aussi, leurs souffrances et leurs grâces.

Pour continuer un peu sur les chiffres: Les pages les plus visitées, après celles qui sont évoquées plus haut, sont celles des intentions de prière (2400 fois), de Marie-Hélène (1460), du coin prière (700), et des actions de grâce (650). Nous avons reçu 2 intentions de prière par jour. En un mois, 8 actions de grâce nous sont parvenues, toujours aussi touchantes.

Bien sûr, ce que je vous relate ne rend pas compte de tous les événements récents. Tous nous rendons grâce pour l'élection de notre Pape François tout en sachant qu'il va nous secouer quelque peu en nous rappelant certains "fondamentaux", comme on dit aujourd'hui. Mais tous les Saints Pontifes ne l'ont-ils pas fait, chacun à sa manière, selon les nécessités de leur pontificat et les inspirations reçues du Saint Esprit? 

J'avais un peu anticipé en terminant ma participation à la précédente newsletter par une traduction du Tu es Petrus, mais profitant de la solennité de Saint Joseph choisie par le Saint Père pour sa messe d'intronisation, je vous livre une strophe d'un poème adressé à ce saint patriarche:

Saint Joseph, roi discret dont le sceptre est un lys,
Que nulle âme ne soit par le mal asservie.
Fermement guidez-nous en chef de notre vie.
Intercédez pour nous par Marie vers son Fils.
Dominique

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