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Newsletter n°51 du 25 août 2013

publié le 25 août 2013 à 12:51 par Benoit FLAMA
La Tyrannie de l'affectif

Chers amis de CathoFamiLink,

A l'heure où vous me lisez, le joli temps des vacances tire à sa fin. Nous voici de nouveau confrontés au quotidien et à sa monotonie. La cloche de l'école va sonner. Nous allons retrouver les visages bronzés des collègues. Les tâches domestiques vont de nouveau peser sur un emploi du temps surchargé. Le train-train quoi...

Finie l'insouciance et la paix des vacances où, sans doute, nous avons donné du temps au temps. Nous courons, nous trépidons, nous brassons... quoi, qui, pour quoi faire ? Au milieu de l'agitation de notre vie moderne, nous aspirons à la paix. Si au moins elle habitait nos cœurs ! Et voilà que Jésus nous ôte toutes nos illusions : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division ». Car en plus, nous faisons l'amer constat de la mésentente entre les hommes : dans le monde, dans notre pays, dans nos familles et même dans l'Eglise ; mais également des fêlures qui traversent nos âmes et nos existences. 

Certes, la paix est le fruit imparfait et déjà présent de nos cheminements terrestres sous l'influence de la grâce. Elle est aussi l'aboutissement espéré après notre mort. Ceci dit, elle ne peut pas être le résultat d'un compromis qui relativiserait le message du Christ. Le Seigneur Jésus nous livre des paroles fortes de vérité et d'exigence qui, forcément, viennent perturber nos habitudes mauvaises, nos désirs de suivre les tendances faciles de nos pulsions, nos idées sur les choses pas toujours conformes à son enseignement. L'Evangile suppose de prendre position. Prendre position, c'est toujours renoncer à autre chose, faire un choix. Et pour peu que notre style de vie se soit quelque peu éloigné de l'Evangile, se creuse en nous une faille qu'il nous est difficile de combler. Faire le grand écart n'est pas donné à tous ! Vient le moment où notre positionnement n'est plus supportable. Deux possibilités s'offrent à nous : soit nous convertir et changer de vie, soit justifier la situation présente pour ne pas risquer l'éclatement psychologique de qui pense une chose et en fait une autre. Chacun de nous vit cette situation pour les petites choses du quotidien, parfois pour des choix qui engagent plus profondément notre vie.

Ce qui rend plus difficile notre époque, c'est la tendance à fonctionner de plus en plus selon le seul point de vue affectif. Les sentiments sont passés maîtres de nos vies, voire despotes, voire tyrans, reléguant la raison (im)morale à n'être plus que le valet servile de nos pulsions égoïstes. Que pour nous-mêmes ou nos proches adviennent des situations ambiguës, nous sommes prêts à abandonner nos convictions pour obtenir une paix, en fait, bien illusoire. A force de ne pas vivre comme on pense, on finit par penser comme on vit. Cette paix est illusoire car elle s'appuie sur des fondements faux et néfastes, contraires à notre bien. Saint Augustin le dit dans son œuvre majeure, La Cité de Dieu : « La paix, c'est la tranquillité de l'ordre ». Sous couvert de miséricorde et d'accueil, nous voulons parfois justifier l'injustifiable alors que l'Evangile est une parole tranchante, non pour faire mal mais pour guérir les plaies qui infectent nos existences fragilisées. La paix est illusoire sans référence à la vérité sur l'homme ancrée sur la vérité sur Dieu, donnée par la Révélation.

Toute la difficulté pour nous est de tenir à la fois la vérité reçue du Seigneur et la charité qui ouvre le cœur au prochain et qui, souvent, doit se faire l'allié de la patience. Nous en avons une magnifique image dans notre Pape François qui appelle à nous ouvrir aux périphéries de l'Eglise pour aller à la rencontre de nos frères qui ne vivent pas de la lumière de l'Evangile, sans renoncer un seul instant à toute l'exigence de la Bonne Nouvelle qu'il ne cesse de transmettre dans son enseignement. Accueillir vraiment l'Evangile, donner toute sa place à Jésus dans notre vie, c'est s'exposer immanquablement à la critique, à la marginalisation voire à la haine, car l'esprit du monde s'oppose à l'Evangile. En ce sens, ce n'est pas la paix qui est première mais la division. S'efforcer de tenir la vérité et la charité ensemble, c'est poser les fondements d'une paix durable qui porte parfois aujourd'hui, et de manière transitoire, le masque de la division.

Ne rêvons donc pas à une vie facile et sans heurt. A l'heure où nous nous lançons dans une nouvelle année académique, demandons la force de conformer nos actions à notre pensée, nos choix de vies à nos valeurs, notre charité à notre foi. Force et douceur, justice et paix, vérité et charité : voici des mots indissociables en chrétienté, sous peine de devenir schizophrènes. 

En avant donc pour une nouvelle cohérence chrétienne de nos vies. N'est-ce pas là finalement ce que l'on appelle la sainteté ?

Bonne rentrée à tous, sous le regard de Notre-Dame qui veille sur nous.

Abbé Philippe-Marie

Vie du site

C'est un peu le calme plat sur le site: 838 visites seulement au cours des 31 derniers jours. Le beau temps s'est tellement fait attendre cette année qu'en profiter est devenu une nécessité, et les plages sont mal adaptées aux connexions internet. Notons cependant que dans le calme estival les connexions furent assez longues: en moyenne 9 minutes et demie, en particulier pour la page des actions de grâce (plus de 34') et la chaîne clôturée du P. Antoine Germain (presque 16'). Le Père Antoine, notre ami sur terre, ne serait-il pas en train de devenir au Ciel l'un de nos protecteurs?

Nous gérons actuellement 20 chaînes de prière réunissant 946 priants. Les 3 chaînes les plus récentes sont bien naturellement en tête des consultations, derrière la page des intentions de prières (237consultations, et 1 dépôt par jour), et en "concurrence" avec les actions de grâce (6 dépôts dans les 31 jours).

Beaucoup d'entre vous font certainement partie de ceux pour qui cet été ne fut pas forcément le calme plat. Pour ma part, je reviens de Lourdes, frappé comme tous les ans par ce que j'appellerai le "syndrome paradoxal du pneu", en clair à la fois crevé et gonflé à bloc! Les stigmates des inondations restent nombreux dans la ville mariale et le sanctuaire, mais l'efficacité de la remise en état ou des solutions provisoires est impressionnante. Et Notre Dame y accueille pèlerins et malades avec tant d'affection bienveillante!

Je vous confie pour finir ces quelques vers griffonnés le 15 août à Lourdes entre deux services de malades:

Si dans le ciel il manque au jour d'éternité
Un seul des êtres chers, un seul de ceux que j'aime,
Le pécheur écarté de par cet anathème
Me manquera toujours, toujours en vérité.

O Mère du pardon, de la miséricorde,
Obtenez le salut de chaque être si cher.
Sortez-les du péché de l'esprit, de la chair
S'il le faut, maintenant, car Jésus vous accorde

Ce que vous demandez: O Marie, tout Lui plait
Allant de votre cœur tout droit vers Son oreille
Puisqu'aucune douceur n'est pour son cœur pareille;
Et mon bonheur au Ciel ainsi sera complet.

Dominique

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