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Newsletter n°61 du 25 juin 2014

publié le 29 juin 2014 à 09:32 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 29 juin 2014 à 09:32 ]
« Eucharistiée »

Chers amis de CathoFamiLink,

A l'heure où vous lirez cette newsletter, nous aurons déjà vécu cette merveilleuse fête du Saint-Sacrement, le Corpus Domini ou Fête-Dieu. La Sainte Trinité est le mystère par excellence de notre foi puisque nous en venons et nous y retournons, origine et fin de tout homme. Mais sur la terre, il n'est pas de plus grand mystère que celui de la Sainte Eucharistie. En Elle, nous recevons tout don parfait, tout bien pour combler notre soif, toute force pour cheminer sur les routes ardues de notre pèlerinage terrestre. L'Eucharistie est au cœur de notre foi comme le soleil qui donne sa clarté et réchauffe. Comme prêtres, nous avons l'immense joie et la charge redoutable de la célébrer. Elle est notre raison d'être sacerdotale sans laquelle tout notre apostolat ne serait que du vent. Toute mission en vient et toute mission y conduit puisque le Christ substantiellement présent y est donné.

J'ai tant de beaux souvenirs à propos de l'Eucharistie. Me revient en mémoire celui-ci. C'était à Cuzco au Pérou. Il y a là-bas une magnifique communauté missionnaire composée de prêtres, religieuses et familles missionnaires qui évangélisent les plus pauvres. Les Serviteurs des Pauvres du Tiers-Monde (tel est leur nom) vont dans les villages les plus reculés de la Cordillère des Andes pour soigner et nourrir les pauvres, et plus encore pour leur porter le Christ. Il y faut parfois des heures de marche épuisante en haute altitude. A Cuzco, ils tiennent aussi des établissements scolaires. Les religieuses du mouvement vivent dans un couvent qui est leur noviciat (très fourni) et un lieu d'accueil pour les enfants orphelins et malades, le plus souvent handicapés et abandonnés, autant dire les pauvres d'entre les pauvres. Elles y font un travail admirable. J'ai eu la chance et la joie de visiter leur maison.

La supérieure qui me guidait me conduisait de salle en salle, correspondant chacune à des âges ou types de handicap. J'étais bouleversé par la tendresse maternelle et le dévouement de ces Petites Sœurs auprès de ceux dont personne ne veut. Si besoin, elles emmènent même les enfants à Lima pour des soins ou opérations. Nous arrivons dans une salle où trottinaient quelques petites filles de 5 ou 6 ans environ. La sœur responsable de la salle me désigne l'une d'elle et m'explique son histoire. Elle était arrivée nourrisson au couvent, tellement enfermée sur elle-même qu'il semblait qu'aucune communication ne soit possible. Les sœurs étaient très inquiètes pour sa survie et ne voyait pas d'avenir à cette petite. Qu'avait-elle donc pu subir pour être dans cet état ? A force de patience, de tendresse, de persévérance et d'amour, doucement, tout doucement, l'enfant commença à réagir puis à s'ouvrir. Contre toute attente, tant le cas semblait désespéré, elle apprit peu à peu à marcher, mais pas à parler. C'est bien elle qui, maintenant, gambadait joyeusement devant mes yeux émerveillés. La sœur s'adresse alors à l'enfant qui avait compris que l'on parlait d'elle. On sentait un regard vif et intelligent, même si elle ne parlait pas du tout. « Puis, dit la sœur, nous préparons maintenant notre... (l'enfant s'était arrêtée net portant toute son attention sur la religieuse)... première communion ! » Et là, un sourire extraordinaire se dessina sur le visage de la petite, une joie palpable s'empara d'elle, une profonde jubilation telle, qu'il me sembla, que la lumière du soleil entrait tout à coup dans la pièce. Je fus tellement saisi par cette scène que j'en ressens encore l'émotion en la racontant des années plus tard. La candeur et l'innocence parlent infiniment mieux du mystère de l'Eucharistie que la science la plus éminente, sauf si elle est doublée d'une vraie humilité comme chez saint Thomas d'Aquin. Dans son âme et à travers l'amour des religieuses qui l'avait en quelque sorte ressuscitée, cette enfant prenait la mesure du don ineffable de l'Amour de Dieu livré dans la Sainte Hostie. L'amour témoigné avait creusé inconsciemment un désir intense de l'Amour absolu. C'est l'Eucharistie qui, sur cette terre, met le comble à notre soif d'aimer et d'être aimé.

En elle, je vis une splendide image de la transfiguration, transfiguration de l’Amour qui change l’aliénation affreuse de la souffrance en joie débordante et contagieuse. Elle demeure pour moi une icône de cette souffrance transfigurée. N'est-ce pas là finalement la Sainte Eucharistie où nous communions au Seigneur offert en sacrifice et vivant pour toujours ? Comment pourrai-je jamais te rendre, petite à l'innocence souffrante et transparente, petite dont je ne connais pas le nom mais qui est blottie sur le Cœur de Jésus, comment pourrai-je jamais te rendre la grâce de m'avoir soulevé, juste un instant, le coin du voile qui masque le plus grand des mystères d'Amour ?

abbé Philippe-Marie


Vie du site

Certains jours sont plus tristes que d'autres. Le 20 juin, nous apprenions le départ vers le Père de notre amie Anne-Marie pour laquelle une chaîne de prière avait été mise en place juste un mois avant. J'ai presque honte d'insister sur le départ d'une amie proche, alors que d'autres malades pour lesquels nous priions nous ont quittés sans que l'équipe de CathoFamiLink ne rédige pour eux de commentaires particuliers. Deux poids, deux mesures? Peut-être un peu! Mais par ailleurs se sentir plus particulièrement touchés par un drame permet aussi de méditer sur les autres, et de nous dire que cette douleur ressentie aujourd'hui le fut hier par d'autres et le sera demain par d'autres encore.

Une belle occasion d'approfondir notre sens de la solidarité, humaine et spirituelle.

Je n'oserais pas dire que tout cela vient troubler jusqu'à notre système informatique, mais des difficultés de ce côté me privent aujourd'hui de presque tous les chiffres que j'ai coutume de vous donner. J'annoncerai seulement 33 chaînes rassemblant 928 priants, ainsi que, pour les 31 derniers jours, 76 intentions de prière et 12 actions de grâce (nombre plus élevé que de coutume, et l'on ne peut que s'en réjouir).

Je puis ajouter que les coups de cœur "famille" et "vocations" se portent toujours bien, avec, respectivement 63 et 61 inscriptions.

Quelques nouveautés à souligner dans la présentation du site: Un "texte chapeau" au début des demandes d'intentions de prières indique clairement la différence entre une intention, une action de grâce et une chaîne de prière. En outre, en bas de page des dépôts d'intentions nous avons ajouté une explication concernant les raisons pour lesquelles nous pouvons être amenés à écarter des demandes. Enfin un "texte chapeau" au début de la page de dépôt des actions de grâce précise nettement la différence avec les intentions de prière. Nous avions rencontré sur ce point beaucoup de confusions.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ces questions pratiques.

Le seul texte qui me vienne ce soir à l'esprit, pour terminer ce petit mot, c'est ce merveilleux chant d'espérance qui accompagne nos défunts dans leur dernière demeure: In paradisum… Que les anges te conduisent au paradis, que les martyrs t'accueillent à ton arrivée et t'introduisent dans la Jérusalem du Ciel. Que les anges, en chœur, te reçoivent, et que tu jouisses du repos éternel avec celui qui fut jadis le pauvre Lazare!

A toi, Anne-Marie, et à tous les autres dont tu nous rapproches aujourd'hui
Dominique

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