CathoFamiLink‎ > ‎Newsletters‎ > ‎

Newsletter n°102 du 25 novembre 2017

publié le 25 nov. 2017 à 02:41 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 nov. 2017 à 02:41 ]
Divine chasteté

Chers Amis,

C'est au jour de la jolie fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple que je vous écris ces quelques mots de notre rendez-vous mensuel. Cette fête liturgique s'inscrit dans l'anniversaire de la dédicace (en 543) d'une église oubliée, aujourd'hui disparue. Au début du V° siècle, il y avait à Jérusalem une église plus vaste que le Saint-Sépulcre lui-même. Située sur le cardo de la ville byzantine alors totalement chrétienne, entre la basilique de la Résurrection (Anastasis, Saint-Sépulcre d'aujourd'hui) et l'église du Cénacle au Mont Sion, se dressait un majestueux édifice dédié à la Très Sainte Vierge Marie : Saint Marie-Nouvelle. Il n'en reste plus que quelques pierres de fondation, enfouies dans les parkings souterrains du quartier juif de la vieille ville.

On a cependant gardé le plus précieux, le souvenir transmis par la Tradition orale de la Présentation au Temple de Marie enfant. Quelle merveilleuse dédicace ! L'Immaculée, déjà toute donnée en son être virginal à son Seigneur, s'offre à Lui dans un immense désir de consécration, avec le sens aigu des petits pour les choses de Dieu, sens infiniment profond et juste en Celle que le péché n'avait jamais effleuré de son haleine fétide. Elle était la plus belle créature que la terre ait jamais portée. Elle voulait appartenir sans réserve à son Créateur et Sauveur.

Mais comment ne pas considérer l'exquise délicatesse de Dieu ? L'Amour divin ne force jamais rien, ne s'impose pas par la contrainte, ne plie pas ses créatures raisonnables à sa volonté. Dieu n'est que tact, douceur, tendre délicatesse. En un mot, Il est souverainement chaste, de cette chasteté polie et attentionnée qui ne capte pas l'autre, ne le contraint en rien, ne met pas la main sur lui. Ainsi, quand Il trouve une créature qui accepte de répondre de manière inconditionnelle aux sollicitations de son élégante miséricorde, Il prend plaisir à s'y établir, à la combler de ses dons, à déployer en elle tous les dons de sa magnificence, à la saturer de sa grâce, à la remplir de tous les trésors de vertus et de beauté de son imagination débordante.

Mais qui peut comprendre aujourd'hui cette divine chasteté ? Notre monde est pollué par le vice de l'impureté qui asservit les cœurs et profane les corps. Le raz-de-marée pornographique a envahi les murs de nos cités, les écrans de toutes sortes et les magazines. Ce ne sont pas moins de 12 % des sites internet et 25 % des flux mondiaux de ce même média qui sont occupés par ces immondices. L'amour y est caricaturé en des rapports de soumission et de puissance dans lesquels c'est bien souvent la femme qui subit la tyrannie de jouissance de l'homme, mais pas toujours. Il y a dans la pornographie une extrême violence psychologique. Les enjeux financiers sont monstrueusement élevés. La pornocratie fait florès. Et il faut entendre les chantres du politiquement correct hausser la voix pour promouvoir une loi, déplorer et interdire les films qui montrent le mauvais exemple du... tabagisme. Bizarrement, personne ne s'inquiète des ravages de la pornodépendance qui touche de plus en plus de jeunes (et moins jeunes), garçons et – c'est plus nouveau - filles. Et que ne faut-il pas entendre les cris d'orfraie des parangons de la morale républicaine au sujet des turpitudes des ''porcs'' d'Hollywood ou d'ailleurs ? Qui fabrique en nombre de plus en plus grand ces détraqués ? J'ai lu quelque part une remarque pertinente disant qu'il n'est pas tellement étonnant de trouver des porcs dans une porcherie. En tout cas, les confesseurs peuvent vous le dire et sont de plus en plus effarés des détresses des âmes, pas perverses dans leur immense majorité mais prisonnières de l'impureté tous azimuts. Le grand dissident Alexandre Soljénitsyne disait que l'U.R.S.S avait le goulag pour asservir ses citoyens et que l'Occident avait la pornographie. Que dirait-il aujourd'hui où tout est à portée de clic, y compris pour les enfants dont les parents, inconscients, ne contrôlent pas les accès internet ou les téléphones portables ?

Ce fléau des temps modernes touche tous les milieux et tous les âges. Il enténèbre la conscience et anesthésie les désirs profonds d'amour vrai, donné, respectueux, véritable échange des âmes, dont l'union éventuelle des corps exprime la beauté, inscrite dans le plan du Créateur sur l'alliance matrimoniale. L'amour véritable ne s'expose pas à tout vent. La délicatesse de la relation doit puiser dans la divine chasteté pour s'épanouir dans une noble réserve, la pudeur des sentiments et l'amitié authentique. Que peut comprendre notre monde impudique, voyeur et grossier, à la tendre délicatesse de l'Amour divin pour la Sainte Vierge Marie et pour chacun d'entre nous ? Comment cet Amour de Dieu peut-il encore inspirer les amours humaines, souillées par le poison de l'impudicité ?

Et pourtant, plus que jamais, il faut présenter aux âmes la tendresse de Dieu, sa formidable prévenance. La douceur divine ne brusque jamais rien et ne cesse de se proposer à nous pour que nous goûtions la joie d'être aimés, non comme des proies à conquérir, mais comme des êtres appelés à la liberté d'une vraie et féconde réciprocité.

Que Notre-Dame intercède pour nous, avec saint Michel Archange, pour nous délivrer de la dictature sournoise de la pornocratie, afin que tous les hommes découvrent le bonheur d'un amour qui libère, amour qui reçoit de l'Amour divin toutes ses lettres de noblesse !

Abbé Philippe-Marie



PS. Si vous, qui me lisez, êtes vous-même prisonnier (ou prisonnière) de cette véritable addiction, ne restez pas seul. Vous pouvez vous en sortir. Des ouvrages existent pour vous aider, comme par exemple celui de l'Abbé Eric Jacquinet, Libre pour aimer - Sortir de la pornographie, éditions de l'Emmanuel.
N'hésitez jamais non plus à vous confesser. Dieu vous aime d'un Amour tendre, bien au-delà de vos faiblesses et de vos failles !

Inscrivez-vous à la Newsletter

L'équipe CathoFamiLink