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Newsletter n°103 du 25 décembre 2017

publié le 25 déc. 2017 à 02:26 par Jérôme Moreau
"Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures" (Jn 14, 2)

Chers Amis,

les hommes de tous les temps et de nombreuses civilisations ont cherché à édifier la maison de leur divinité à proximité de leur lieu de vie. Le dieu protecteur de la cité devait demeurer proche de ceux qui y vivaient afin de leur assurer paix et prospérité. Qu'il suffise de penser aux dieux grecs ou romains, aux divinités des civilisations anciennes d'Orient ! Les Hébreux non plus n'échappèrent pas à ce désir en voulant construire un temple au Dieu Yahvé qui les avait sauvés de l'esclavage en Égypte. Il fallut attendre David pour le projet et Salomon pour la réalisation. Mais quelle fierté était la leur quand ils contemplaient le temple altier de la Cité de David ! Les psaumes des montées décrivent l'émotion des pèlerins qui arrivent à Jérusalem et découvrent la majesté et la richesse de la construction où leur Dieu habite, l'ayant investie de sa nuée à l'heure mémorable de la dédicace (cf. 1R 8, 10-13). Jésus pourtant, prédit la destruction du Temple (Mt 24, 2) et montre comment le culte véritable n'est plus circonscrit à un lieu précis (Jn 4, 21-24).

Dieu a-t-Il renoncé à habiter parmi les hommes ? Non, bien sûr. Mais il ne veut plus que les hommes prennent l'initiative de construire sa maison puisqu'ils se fourvoient presque à chaque fois en des cultes inappropriés. Le Seigneur reprend la main et veut Lui-même édifier une demeure digne de Lui. Le Pape Innocent III, au début du XIII° siècle, décrit dans une homélie les diverses demeures de Dieu. « La maison universelle de Dieu, c'est toute la machine du monde... La maison particulière de Dieu, c'est la sainte Mère Église... La maison supérieure de Dieu, c'est la béatitude céleste... La maison inférieure de Dieu, c'est la basilique de la prière... La maison intérieure de Dieu est la conscience pure... ». Mais parmi toutes ces maisons où Dieu aime demeurer, Il choisit de toute éternité l'âme très pure et le corps très saint de la Vierge Marie. C'est là qu'Il aime à reposer comme en son paradis, dirait le Père de Montfort. Par-dessus tout, « la maison unique de Dieu, c'est l'humanité assumée par le Sauveur ».

Chercher Dieu, pour les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté, c'est chercher Jésus, Dieu fait homme qui demeure parmi nous. Les bergers en ont l'intuition. Les mages en décryptent les signes et viennent à sa rencontre. Noël nous attire vers cette demeure de chair et de sang. Cette demeure divine revêt les caractères de l'humilité et de la simplicité. Elle n'en impose pas pour exhiber une gloire toute de puissance. Elle ne donne pas dans le faste clinquant. Dieu se laisse toucher en ce faisant petit d'homme. Ce sanctuaire d'un nouveau genre est notre gloire de chrétiens. Le Christ est notre seul motif de fierté, d'espérance, de consolation. L'Amour divin se dévoile en Lui et attend de nous une réponse d'amour libre.

Plus encore, cette demeure divine ne reste pas extérieure à ce que nous sommes puisque Jésus veut venir habiter nos âmes. Avançons jusqu'à la crèche de Bethléem, malgré nos fardeaux, nos péchés, nos douleurs, nos déceptions, nos désespoirs et toutes nos objections. Laissons la Vierge Marie déposer dans nos bras l'Enfant-Dieu comme un trésor fragile, mais capable de bouleverser notre conception d'un Dieu lointain et inaccessible. Laissons la douce Mère de Dieu déposer son Divin Fils dans la pauvre mangeoire de notre âme. Alors nous connaîtrons la vraie joie de Noël, réservée aux pauvres !

Très SAINT et JOYEUX NOËL à vous tous, spécialement, à vous qui êtes seul(e), à vous qui êtes en proie au doute ou au désespoir, à vous qui avez le sentiment de ne plus compter aux yeux des hommes. Le Seigneur est là, qui fait de votre pauvre demeure un palais de roi !

Abbé Philippe-Marie



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