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Newsletter n°105 du 25 février 2018

publié le 28 févr. 2018 à 00:48 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 28 févr. 2018 à 00:50 ]

Ne nous laisse pas entrer en tentation

Chers amis,

La nouvelle traduction du Notre Père, récemment introduite, nous invite à méditer sur cette question de la tentation au cours de notre carême, aidés par l'évangile du premier dimanche. En réalité, la question n'est pas tellement celle de la tentation, qui est le lot commun des hommes vivant sous l'empire du Diable depuis que le péché est entré dans le monde par sa sournoise perfidie. Le Sauveur Lui-même n'a pas voulu se soustraire à la tentation. « Si donc le Fils de Dieu est Dieu fait homme pour toi et s'il est tenté, dit Origène, toi qui es homme par nature, tu ne dois pas t'offusquer d'être parfois tenté. Quand tu es tenté, tu reproduis cet homme qui pour toi fut tenté, et si tu sors vainqueur de toute tentation, tu as l'espérance d'être avec Celui qui fut alors homme ». Beaucoup confondent la tentation et le péché. Tant que je ne consens pas à la pensée qui advient pour m'inciter à pécher, je ne pèche pas. Les suggestions du Malin cherchent à troubler mon esprit pour me faire chuter. Le trouble n'est pas péché. La complaisance dans ce trouble fait entrer dans une zone dangereuse qui peut entraîner bientôt à l'acquiescement. C'est là que commence le péché. Autrement dit, il ne faut jamais discuter avec le démon trompeur et menteur. La tentation est toujours plus facile à briser en son début que si on la laisse s'installer. 

Ce qui me frappe, c'est une sorte de crescendo propre à l'ordre des tentations rapporté par saint Matthieu. Le Diable amène Jésus toujours plus haut. Dans le désert tout d'abord, il met le Seigneur à l'épreuve sur les nécessités les plus naturelles de l'homme. Quoi de plus normal que de contenter les appétits de notre nature ? Jésus rétablit l'ordre des choses en montrant que l'homme ne peut pas se satisfaire du rassasiement de ses instincts corporels, incapables de lui apporter la vraie paix. Quoique nécessaires pour la survie de la personne ou de la société humaine, ils réduiraient l'homme à son animalité s'ils n'étaient pas ordonnés à des biens supérieurs pour lesquels Dieu a créé la plus belle de ses créatures. « L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». 

Du désert, on passe à la Ville Sainte et au sommet du Temple. Quand le Diable ne peut pas nous tromper sur l'usage modéré des sens, il s'attaque à la vie spirituelle. Un danger guette de croire que nous pouvons nous contenter du niveau spirituel où nous sommes parvenus. Quand nous ne voyons plus notre péché, quand nous pensons que nous sommes les champions de la prière, quand nous nous contentons d'une petite vie réglée où nous ne commettons pas de péchés publiquement scandaleux, quand nous nous croyons arrivés, quand nous jugeons que les autres – après tout – n'en sont pas arrivés là où nous en sommes, nous nous juchons au sommet du Temple, prêts à croire que Dieu est forcément avec nous et que rien ne peut nous arriver. Cette tentation est plus subtile car elle nous laisse croire que Dieu nous doit quelque chose en raison de nos mérites. Celui qui pense ainsi maîtriser sa vie spirituelle oublie que tout salut vient du Seigneur, comme le dit Jésus Lui-même : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

Enfin advient l'ultime tentation, et pour cela le Diable emmène Jésus sur une montagne très haute. Jésus se laisse conduire car Il ne craint pas les ruses de l'Adversaire. Il veut mieux le confondre. Le Diable souhaite Lui en mettre plein la vue en montrant comment il se veut le Prince de ce monde, comment il règne sur les âmes et dirige les mœurs des hommes et des peuples. La tentation dernière est de se fourvoyer dans une fausse adoration, un culte indu à celui qui prétend nous enrichir de biens périssables. Jésus le dira : « On ne peut pas servir Dieu et Mammôn » (Mt 6, 24), la divinité de l'Argent. Et saint Paul : « L'amour de l'Argent est la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10). La sécurité, que les biens et l'argent sont supposés donner, se paie au prix fort de la soumission servile et dégradante au Diable. Le péché radical est inversion des valeurs qui donne à la créature le culte dévolu seulement à Dieu. L'asservissement aux choses de ce monde revient à adorer la créature et, en dernier lieu, à adorer la plus séduisante et la plus perverse des créatures qui cherche à singer Dieu pour prendre sa place. Le carême nous invite donc à reconsidérer notre rapport aux biens matériels et à l'argent afin de concentrer nos énergies sur le seul Être capable de combler nos cœurs. 

 Au début de son ministère public, Jésus, dans l'épreuve des tentations, s'empare du combat contre le Tentateur pour arracher les hommes à ses griffes. Il nous revient de nous unir au combat mené par le Seigneur Jésus. Nous en connaissons déjà l'issue dans la victoire de la Croix et de la Résurrection. Implorons la Vierge Marie, Terreur des démons, afin que nous ne défaillions pas dans l'arène pour en sortir vainqueurs avec le Christ !

Saint carême à tous !

Abbé Philippe-Marie

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