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Newsletter n°106 du 25 mars 2018

publié le 25 mars 2018 à 11:53 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 25 mars 2018 à 12:00 ]
Mistrals gagnants de Pâques

Chers amis de CathoFamiLink,

A l'occasion de Noël dernier, une bonne personne a eu l'idée de m'offrir le film de Anne-Dauphine Julliand : « Et les mistrals gagnants ». J'y ai retrouvé des atmosphères d'hôpital familières, des douleurs lancinantes qui ne trouvent pas de repos, des angoisses jamais apaisées qui débordent sur les proches, plus contagieuses que les virus. J'ai pu même respirer à nouveau ces effluves caractéristiques d'aseptisant, dont la mémoire olfactive garde une trace indélébile. Mais j'y ai surtout replongé dans les souvenirs forts des combattants de la vie, de ceux qui ne baissent jamais les bras tant que souffle demeure. A travers les visages extraordinaires de ces enfants, je revoyais d'autres visages qui m'ont marqué durablement.

L'hôpital est un lieu de souffrance, certes ! On voit moins que c'est surtout un lieu d'enfantement permanent, et pas seulement à la maternité. La tristesse menace toujours de s'infiltrer en chaque chambre, dans les bureaux de consultation où se posent les diagnostics, en chaque recoin de couloir où un proche va libérer discrètement son chagrin. La joie n'est pourtant pas le parent pauvre des vertus de l'hôpital puisque la plupart de ceux qui y séjournent ressortent plutôt en meilleure forme. Cependant, elle est d'autant plus frappante quand elle touche les malades incurables, ceux qui n'ont pas de perspective enchanteresse, aucun espoir d'un retour à une ''vie normale'' et qui, vaille que vaille, continuent à mener une lutte titanesque pour la vie.

Tous et chacun des enfants de ce joli film bousculent les prétentions contemporaines du surhomme, de l'homme augmenté, sans trouble, sans douleur, sans crainte, sans limite, sans mort, mais déjà sans âme. Ils nous donnent la leçon de la vie sans nous la faire. Et même si certains sont passés de vie à trépas depuis, ils n'en sont que plus magnifiquement dans la lumière. Ils nous présentent une tendre et robuste parabole du triomphe de la vie, autant d'icônes vivantes du Christ accablé de souffrance dans la Passion, constamment digne, et triomphateur discret au jour de Pâques. La chanson de Renaud, de laquelle le film tire son nom, le souligne avec bonheur : « Il faut aimer la vie, l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants ».

Dans l'expérience de ces petits bouts d'homme et de femme, la faiblesse se transmue en une force invincible qui terrasse ceux qui se croyaient intouchables et relève ceux qui se pensaient anéantis. Ils nous transportent dans notre monde intérieur pour y chercher les vraies raisons de croire et d'espérer, pour y découvrir la présence de Celui qui a vaincu définitivement toute souffrance et toute mort. Croyants ou non, ils croisent la Croix du Verbe de Dieu fait homme, anéanti pour nous, écrasé pour nos péchés, humilié pour la restauration de notre dignité. Ils sont emportés par le flot puissant de la vie qu'Il nous laisse en partage au jour de la Résurrection. Rien ne peut éteindre la flamme de l'Amour divin qui vient brûler toutes les excroissances hideuses de la souffrance et éclairer les ténèbres du désespoir. La vie ressortira finalement toujours en vainqueur. Elle est le principe de réalité le plus récurrent, car elle est Dieu Lui-même qui « n'est pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mt 22, 32).

En cette sainte nuit de Pâques, « crions de joie pour le Seigneur » (Ps 94) qui n'oublie personne en son œuvre de résurrection car « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu » (Saint Irénée de Lyon, Adversus Hæreses, IV, 20, 7).

Très joyeuse fête de Pâques à vous tous ! Le Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia !
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