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Newsletter n°107 du 25 avril 2018

publié le 22 avr. 2018 à 08:58 par Newsletter CathoFamiLink   [ mis à jour : 22 avr. 2018 à 09:01 ]
Cours toujours !

Chers amis,

Saviez-vous que l’Écriture Sainte fait la promotion du sport, au moins de l'athlétisme ? Depuis Rachel qui court apprendre une bonne nouvelle à son père (Gn 29, 12), en passant par Élisée  qui court derrière Élie (1R 19, 20), et le courageux Razis qui court à travers les soldats ennemis (2M 14, 45), sans parler du jeune et fougueux David qui court vers le terrible et gigantesque Goliath pour l'affronter (1Sa 17, 48), jusqu'à Gédéon qui réussit l'exploit de convaincre tout le camp ennemi de se mettre à courir (Jg 7, 21). Bref, ça court dans tous les sens à l'heure de l'Ancien Testament.

Le nouveau n'est pas en reste. Tiens, par exemple, l'exploit passé inaperçu de Marie-Madeleine qui, un dimanche matin, exaltée, survoltée, - oserais-je dire – dopée, bat le record hyérosolomitain du 400 m. (Jn 20, 2). Non contents de l'affaire et de cet enthousiasme de la gente féminine (Lc 24, 11), Pierre et Jean s'y mettent à leur tour pour se rendre dans le jardin du Golgotha (Jn 20, 4). « Les justes courent comme des étincelles dans le chaume » (Sg 3, 7), avaient-ils lu, et même : « le juste court allègrement » (Pr 29, 6). Ce qui ne manqua pas de leur donner des ailes. C'est depuis ce temps qu'une tradition, bien fondée, pousse les chrétiens à courir le dimanche matin.

Moins courageux qu'eux, alors que je conduis ma voiture pour me rendre à l'église, j'en vois, seuls, par petits groupes, parfois par myriades, courir par-ci par-là ou pédaler, en version plus moderne, sur des vélocipèdes que ne pouvaient pas imaginer nos aïeux dans la foi. Je ne parle pas des jeunes qui ne savent même pas qu'existe un tombeau vide à Jérusalem ; je parle des vieux – de mon âge, quoi ! -, dûment baptisés jadis, qui courent en rond, de chez eux à chez eux, faute d'avoir un but à atteindre, un tombeau vide à visiter. Vêtus de combinaisons high-tech, achetées 3 francs 6 sous dans de grandes surfaces du sport, par solidarité avec les ouvriers du tiers-monde qui, eux, n'ont pas le temps de courir – car c'est un luxe de riches -, chaussés de baskets fluo dernier cri et de lunettes de soleil branchées, ils courent vers une jeunesse qui s'étiole, « vers ce qui n'est que néant » (Jr 2, 5). Les juste-au-corps chatoyants moulent diversement leur silhouette défraîchie par l'âge, tantôt boudinée par les tissus synthétiques, tantôt flottant et laissant deviner des muscles flasques et des bouts de peau ridée. Il faut leur reconnaître un certain courage. Ils se regroupent occasionnellement en grand nombre. Ils osent tout, même les concours ! Et c'est même à ça qu'on les reconnaît, enthousiastes, entreprenants, dynamiques ! Ce dont on les avait privé dans leur jeunesse, ils l'ont transmis à leurs enfants, qui courent aussi. C'est toujours un dimanche matin, comme dans le bon vieux temps, mais au lieu de courir vers le tombeau vide à la source de toute jeunesse, ce sont plutôt des tombeaux vides qui courent vers l'illusion d'une jeunesse qui leur échappe et qu'ils ne parviennent pas à rattraper. 

Pour n'être pas trop court, il vaut mieux éviter de « courir en vain » (Ph 2, 16), ou du moins s'efforcer de « courir au but, pour obtenir le prix, qui est l'appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus » (Ph 3, 14). Bien courir, c'est « courir dans la voie des commandements » (Ps 118, 32) et, avec saint Paul, pouvoir se dire : « pourvu que j'achève ma course et que j'accomplisse la mission que j'ai reçue du Seigneur Jésus » (Ac 20, 24). Mes vieux joggers du dimanche ont changé de religion, ou plutôt oublié qu'ils en avaient une, que la jeunesse n'est pas dans le corps mais dans l'âme. Ils sont passés de la course vers les grands espaces à la course en rond, qui tournera court.

« Vous couriez si bien ! Qui vous a empêchés de suivre la vérité ? » (Ga 5, 7). « Ne savez vous pas que dans les courses du stade, tous courent, mais qu'un seul reçoit le prix ? Courez de même afin de le remporter. Mais tout concurrent s'impose une abstinence rigoureuse ; eux pour obtenir une couronne périssable, nous pour une impérissable. Pour moi, je cours donc de même, non à l'aventure » (1Co 9, 24-26).

Courons donc pour les bonnes raisons, hardiment, vers le Christ ressuscité, trop peu couru par notre monde occidental. En nous voyant ainsi nous dépenser, nos contemporains pourront peut-être dire un jour avec nous : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2Tm 4, 7). Bonne course !

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