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Newsletter n°110 du 25 juillet 2018

publié le 24 juil. 2018 à 15:10 par Benoit F   [ mis à jour le·24 juil. 2018 à 16:01 par Newsletter CathoFamiLink ]
La Morenita

La cité démesurée effraie par ses dimensions tentaculaires. Même vue d'avion, on n'en perçoit pas les limites. Les favelas s'étendent et s'enveloppent autour de tous les reliefs. Les habitations serrées ne laissent que la portion congrue aux rues qui essaient de se frayer un chemin. La promiscuité est partout et en fait une ville passablement dangereuse, surtout pour ceux qui s'y aventurent la nuit. Mexico grouille d'une circulation dantesque à toute heure du jour. Les parcs magnifiques sont autant de refuges pour les citadins de tous âges, fuyant un peu la pollution. Régulièrement, la capitale paie un lourd tribut à la nature violente qui lui inflige de terribles tremblements de terre.

Au XIX° siècle, au nord de la ville, de dimension infiniment plus modeste qu'aujourd'hui, la colline du Tepeyac était entourée de quelques habitations constituant un village. La basilique ancienne abritait la ''tilma'', le fameux tablier de saint Juan Diego, où s'était imprimée l'image céleste et extraordinaire de la Vierge Marie apparaissant à l'humble indien. Aujourd'hui, le sanctuaire est complètement englouti par la ville, et il demeure un lieu très fréquenté, le plus grand pèlerinage marial du monde avec près de 12 millions de visiteurs chaque année.

Mal connue en Europe, la Vierge de Guadalupe est la patronne des Amériques. Apparue en 1531 à un pauvre indien sous les traits d'une métisse – d'où son surnom affectueux de ''Morenita'' -, la Vierge Marie réalise un extraordinaire miracle pour que le voyant puisse convaincre le premier évêque de la ville de l'authenticité de l'apparition. L'image ''acheiropoiète'', c'est-à-dire non faite de main d'homme, plonge l'évêque et les témoins dans la stupéfaction. Les nombreuses expertises scientifiques menées depuis, et surtout en notre époque moderne, en font une image énigmatique, tout comme le Saint-Suaire de Turin. Pigments inconnus qui semblent en suspension sur les fibres du tissu, conservation improbable des couleurs de l'image et du tissu lui-même, scène de la découverte de l'image imprimée dans la pupille des yeux de la Vierge où l'on peut identifier les personnages présents, symbolique des éléments du tissu reprenant les constellations du ciel de Mexico, etc..., la Vierge Marie parle surtout aux indiens en un langage symbolique qu'ils comprennent et qui les oriente vers le seul Sauveur. Par exemple, juste sur son ventre serré par un nœud noir selon la coutume des femmes enceintes à l'époque, se trouve une fleur de jasmin à quatre pétales, considérée comme le centre de l’espace et du temps et l'indice de la présence du dieu créateur aztèque. Les indiens comprendront très bien que l'Enfant qu'Elle porte est l'Auteur de la vie, le Dieu suprême.

Cette image est tout à fait passionnante et mériterait de s'y arrêter plus longuement. Notons que le 24 avril 2007, alors que cette région du Mexique avait décider de légaliser l'avortement, des centaines de personnes purent voir que l’image de la Vierge commençait à s’effacer, pour donner place à une lumière intense qui émanait de son ventre, constituant un halo brillant ayant la forme d’un embryon. Notre-Dame de Guadalupe est vraiment venue pour la défense de la vie, de la famille et de la paix, en une période sanglante de l'histoire de ce pays.

Il m'a été donné la grâce de pouvoir m'y rendre en pèlerinage récemment, et d'y célébrer la Sainte Messe. Je n'ai pas manqué de vous porter tous dans la prière, familles qui portez la vie, familles source de paix pour notre monde, familles éprouvées de mille manières, afin que Notre-Dame soit votre joie et votre consolation en tout.

N'oublions pas son message, si simple et si profond à la fois : « Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? N’es-tu pas sous ma protection ? Ne suis-je pas ta santé ? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein ? Que désires-tu de plus ? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit ». 
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