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Newsletter n°111 du 25 août 2018

publié le 26 août 2018 à 00:29 par Newsletter CathoFamiLink
Carte postale

Chers amis,

A l'heure d'internet et de la communication ultra rapide, la carte postale n'est plus en vogue. Les touristes la boudent et préfèrent envoyer des photos par MMS, ou même des selfies - devrais-je dire ''selfish'' - plus tendance, tels des Narcisse qui ne voient plus qu'eux-mêmes dans les merveilles qu'ils contemplent.

Pourtant, j'ai cherché pour vous une jolie carte postale capable d'imprimer en vos cœurs la suave vision de lieux qui élèvent l'âme. Les beautés enchanteresses du désert du Néguev faisaient bien l'affaire, mais il est précisément trop aride, un peu sévère pour des vacanciers en manque de détente et de fraîcheur. Et puis il nous rappelle les errances des Hébreux rebelles en quête de Terre Promise, les querelles des patriarches avec le roi de Guérar, le découragement du prophète Élie en marche vers l'Horeb. Bref, il nous renvoie plus à la pénitence de carême qu'à la tranquille joie de Pâques.

Il y avait aussi Nazareth qui évoque les douceurs de la vie de famille, le silence propice au repos des vacances, les joies simples du quotidien. Il existe de magnifiques cartes du village au XIX° siècle, celui qu'a connu le Bx Charles de Foucauld, très proche de ce qu'il fut au temps de Jésus. Depuis, les constructions ont envahi les collines, enfermant la grotte sainte de l'Annonciation en un écrin de béton... et de bruit ! Les villes orientales ne laissent pas beaucoup de places au recueillement entre les klaxons incessants de jour et de nuit, la musique à tous les coins de rue dont la promiscuité vous fait largement profiter, sans compter les muezzins et la cacophonie des haut-parleurs de toutes les mosquées environnantes.

Le Lac de Tibériade ne manque pas de charme et, si on tourne le dos à la ville du même nom, on voit plus ou moins ce que Jésus a vu. Cependant, la vue générale est incapable de nous suggérer l'atmosphère évangélique qui y règne. Quant aux vues rapprochées, elles s'attardent sur des ruines de pierre noire où l'imagination s'exerce à reconstituer de touchantes scènes évangéliques sans en comprendre le contexte global.

A défaut, j'aurais pu me replier sur la cité de David, la Bethléem des bergers et de la naissance du Seigneur. On ne sort pas beaucoup du cadre extérieur de Nazareth mais, au moins, je pourrais vous envoyer une image de la grotte sainte qui a vu naître la Lumière du monde. Vous en auriez probablement gardé une fausse idée car le verso de la carte n'aurait pas suffi à vous expliquer les ajouts décoratifs accumulés par les âges et la piété des Églises.

Finalement, Jérusalem devait apporter ce que je cherchais à vous transmettre d'un magnifique pèlerinage en famille. La vue un peu trop classique prise de puis le Mont des Oliviers fait un peu image d’Épinal. Et puis on a l'impression que l'Islam occupe tout le paysage quand on ne sait pas reconnaître les dômes de la basilique du Saint-Sépulcre. Les lieux saints foisonnent. Comment choisir celui-ci ou un autre ? Il faudrait se concentrer de préférence sur l'Anastasis, comme l'appellent nos frères chrétiens orientaux. C'est le cœur de notre foi, le lieu de notre naissance, la source de notre espérance, le point focal où la charité divine inconditionnelle a voulu fusionner définitivement avec l'amour humain pour qu'ils ne fassent plus qu'un. L'architecture de l'endroit a été torturée par les aléas de l'histoire et il m'aurait fallu vous envoyer tout un paquet de cartes postales pour en décrire la puissante atmosphère.

Et puis, j'ai renoncé à vouloir vous livrer mes impressions en image. A quoi bon ! Tout aurait été en deçà de l'expérience spirituelle intense vécue sur les pas du Seigneur Jésus. J'ai préféré rassembler toutes les photos mentales de vos visages, connus et inconnus, pour les envoyer au Seigneur en recommandé, là, sur le Calvaire, le vrai, au Golgotha où les fleuves d'eau vive et d'amour ont jailli de son Cœur transpercé. En y apposant le timbre lumineux de l'Esprit-Saint, je savais bien que le Destinataire comprendrait tout au premier coup d’œil et saurait reconnaître la Terre Sainte de vos âmes, sans ignorer les scories accumulées par votre histoire. Marie, la Toute-Sainte, se tenait là, Elle aussi, approuvant et intercédant, heureuse que tant de fils et filles du Père soient embrassés par les bras étendus de son Enfant chéri, livré pour que tous aient la vie, la vie en abondance !
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