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Newsletter n°112 du 25 septembre 2018

publié le 2 nov. 2018 à 11:00 par Newsletter CathoFamiLink
A qui irions-nous, Seigneur ! (Jn 6, 68)

Chers amis de CathoFamiLink,

Je vous écris ce petit billet en ce jour béni où nous fêtons un des plus grands saints du XX° siècle : Saint Padre Pio de Pietrelcina. Vous avez sûrement entendu parler de ce capucin, premier prêtre stigmatisé de l'histoire de l’Église, et du rayonnement extraordinaire qu'il eut de son vivant. San Giovanni Rotondo, où il a vécu presque toute sa vie, est devenu un des plus importants sanctuaires du monde, plus fréquenté que Lourdes, ce qui n'est pas peu dire. Peut-être savez-vous moins qu'il a aussi subi des persécutions féroces de son vivant. Toutes sortes de calomnies ont voulu faire taire ce saint frère et le faire disparaître dans les oubliettes de l'histoire, comme faux mystique, profiteur de la crédulité des gens, erreur de casting de la piété populaire des humbles.

A l'origine de ces calomnies, mais pas lui seul, l'histoire a conservé le nom de Mgr Pasquale Gagliardi, heureusement ignoré de la plupart d'entre nous, qui était pourtant le supérieur hiérarchique du saint Padre, puisqu'il n'était pas moins que l'archevêque de Manfredonia, dont dépend la petite cité sainte des Pouilles italiennes. Le pauvre Monseigneur a tout fait pour réduire au silence le bon religieux. D'ailleurs, Padre Pio ne s'est pas fait prier pour se réfugier dans le silence, l'obéissance et l'humilité, sachant bien que Dieu ferait triompher la vérité, tôt ou tard. Il fallut des années pour qu'une enquête sérieuse disculpe le religieux... et accable l'archevêque ! Reconnu coupable de simonie, de violence sexuelle sur des consacrées, de détournement de fonds, et j'en passe, il fut destitué de sa charge le 1 octobre 1929, et contraint de passer le reste de sa vie en pénitence dans sa famille.

Pardon de vous infliger ces faits si navrants, mais ils ne sont pas sans rappeler que l’Église est composée de saints et de pécheurs, y compris, trois fois hélas !, dans les hautes sphères de sa hiérarchie. Vous aurez compris que je fais également référence à des faits récents qui nous affligent tous et nous blessent, révélant l'intrusion de lobbies malsains dans l’Église. L'esprit du monde peut pénétrer à ce point notre noble institution que certains, non contents de tomber dans le péché et même le crime de la pédophilie, veulent en promouvoir les adeptes et ébranler l'enseignement le plus ancien et traditionnel en matière morale. On peut d'ailleurs s'interroger sur le relatif silence des grands médias sur la question, eux toujours si prompts à salir l’Église Catholique de toutes les manières. Vous l'avez compris, le problème n'est pas le péché en tant que tel qui réclame justice et miséricorde à la fois, mais le fait de l'ériger en système de vie et d'influence. Le diable est très fort pour l'inversion des valeurs. Ce que nous voyons avec tristesse dans la société voudrait gagner l’Église pour mieux l'ébranler sur son socle.

Nous ne pouvons pas prendre à la légère ces questions qui nous touchent tous car elles sapent l'autorité de l’Église reçue du Seigneur. Nous continuons pourtant de professer la sainteté de l’Église dans le Credo. Sainte, elle l'est, non pas en raison de ses membres, dont nous sommes, marqués par le péché, mais par la puissance de son Époux, Jésus-Christ, qui la sanctifie. Et puis il y aura toujours la Très Sainte Vierge Marie, et les saints de tous les âges. Le péché de ses membres n'ôte rien à sa sainteté ; il l'empêche malheureusement de briller plus clairement aux yeux des hommes, telle la pièce d'or tombée dans la boue, toujours de l'or mais non plus identifiée comme telle. C'est une invitation pressante pour chacun à une conversion plus grande, à une amitié plus étroite avec le Christ pour que rayonne sa lumière sur le monde.

Au fond, tout le monde a oublié Mgr Pasquale Gagliardi et ses frasques et presque tout le monde connaît le saint Padre Pio. L'histoire de l’Église n'ignore pas les faiblesses et les trahisons de ses propres enfants. En revanche, elle garde surtout en mémoire l’œuvre de sainteté qui se déploie dans la vie de tant et tant de saints, connus et inconnus. Ce sont eux qui tracent des chemins de lumière en ce monde et indiquent la voie droite de l’Évangile qui conduit vers la Patrie céleste.


Veillons donc avec la Vierge Marie au pied de la Croix, dans la prière et l'offrande de nous-mêmes, afin que ne triomphent ni l'ennemi extérieur ni les faux-frères, coalisés avec lui ! « A qui irions-nous, Seigneur, Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6, 68-69) !
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