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Newsletter n°115 du 25 décembre 2018

publié le 20 déc. 2018 à 10:56 par Newsletter CathoFamiLink
L'histoire de Noël qu'on ne vous a jamais racontée

Il fallait partir vite car l'administration ne tolère pas le retard. Après avoir ramassé quelques affaires, malgré le bébé qui pouvait naître à tout moment, Joseph et Marie partirent pour Bethléem afin de répondre à la volonté impériale de recensement de la population. L'âne allait, trottinant, portant la jeune femme enceinte. Ils auraient pu emprunter le chemin de la vallée du Jourdain, mais il fallait faire au plus vite, par la route la plus directe, celle des crêtes mais aussi celle des Samaritains. Ces migrants de jadis s'étaient installés dans cette région montagneuse, ne se mêlant pas à la population juive, vivant selon leurs propres coutumes, entretenant une haine tenace – bien réciproque d'ailleurs - envers cette population hébraïque qui les enserrait au nord en Galilée et au sud en Judée. Marie et Joseph traversèrent cette région d'hostilité, pressés d'arriver au but. Un jour, le petit du sein de la Vierge saurait toucher leur cœur (Jn 4) et les tourner vers le vrai Dieu, en les donnant même pour modèle (Lc 10, 29-37). Mais aujourd'hui, il fallait supporter d'être mal venus. De temps en temps, le paysage était assombri par la vue de gibets où pendaient des corps suppliciés, traces de la répression du pouvoir contrarié dans ses projets.

Ils prirent soin de contourner Jérusalem, pour se rendre directement à Bethléem, à quelques kilomètres au sud de la grande ville. En arrivant au tombeau de Rachel, non loin de l'entrée du village, ils virent un attroupement empêchant les voyageurs de passer. Il y avait là tout un mélange de population. Des bergers se plaignaient de ne pas être payés assez cher pour leur humble besogne, peinant à survivre, des artisans boulangers dénonçaient l'augmentation de la farine alors que les gens ne voulaient pas payer leur pain plus cher, des forgerons se désolaient de voir partir leur client vers la grande ville pour acheter leurs fers et leurs ustensiles moins chers dans des forges plus grandes et plus modernes, des paysans voyaient d'un mauvais œil l'importation d'huile d'olive de Chypre, ce qui faisait s'effondrer les cours. Bref, tous ces gens, qui n'avaient de commun que les toisons jaunes en peau de mouton retournée passées sur leur vêtement, faisaient beaucoup de bruit pour alerter les passants sur leurs difficultés. Joseph, fort ennuyé de cette situation contrariante, se présenta à eux, négociant son passage. C'est surtout le doux visage et l'expression si humble de cette jeune future maman juchée sur son âne qui fit fléchir le cœur des manifestants qui les laissèrent passer.

Il régnait à Bethléem un extraordinaire capharnaüm. Puisque tout le monde s'y pressait et que la garde de la ville avait saisi l'occasion de revendiquer, par la grève, une meilleure reconnaissance de son travail en raison justement de ce surcroît d'activité, l'ordre n'était plus assuré et chacun garait son âne ou son dromadaire n'importe où. Nos discrets voyageurs trouvèrent finalement refuge dans une grotte obscure qui servait d'étable aux animaux. C'est là que Jésus vint au monde, dans le secret. La pénombre de la grotte en fut illuminée. Des visiteurs inattendus se présentèrent même pour venir adorer l'Enfant. Des toisons jaunes, bergers de leur état, précédèrent de grands personnages, savants, qui surent reconnaître en Lui le Dieu qu'ils cherchaient, pas un Dieu lointain et hors-sol comme toutes ces divinités païennes argentées et impuissantes, mais un Dieu tout proche, capable de comprendre toutes les souffrances et les maux des gens. 

Il ne venait pas régler les dettes des petites gens, réconcilier les Samaritains et les Juifs, faire baisser les prix de la farine, interdire les importations d'huile ou réglementer la concurrence déloyale. Il venait dire à chacun qu'il vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il fait. Il venait donner une espérance en ouvrant le cœur de chacun à la misère des autres et en réconciliant chacun avec lui-même par le pardon des péchés. Il venait offrir l'Amour de Dieu, jamais étranger à toutes les situations des hommes, pour que ceux-ci avancent dans la foi qui ouvre les portes du ciel.

Hérode, plein de morgue et de peur, n'avait pas compris et préféra le massacre de nombreux innocents, à l'accueil de Celui qui ne faisait de l'ombre à personne mais voulait illuminer tout homme de bonne volonté de la clarté de la justice divine et du salut. Plus tard, Il donnerait les principes de la vraie justice du Royaume. Dès ce jour, Il était la Lumière qui brille dans les ténèbres d'un monde qui L'attendait sans toujours savoir ! Mais tellement assoiffé...

JOYEUX NOËL à vous tous et vos familles !

Abbé Philippe-Marie

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