CathoFamiLink‎ > ‎Newsletters‎ > ‎

Newsletter n°117 du 25 février 2019

publié le 24 mai 2019 à 22:16 par Newsletter CathoFamiLink
Parenthèse sur la parentèle

L'administration ne cesse d'exceller par ses trouvailles propres à embêter l'administré, qu'il soit patron de PME, responsable d'association ou encore simple et honnête citoyen. La complexité des formalités de toutes espèces ne peut que marginaliser un peu plus les gens fragiles, vite dépassés. Monde de formulaires et de paperasses au service de l'argent des assurances et des banques, il nous révèle que les rapports humains ne sont plus construits sur la base de la confiance mais sur les contrats juridiques qui sauvegardent les droits de l'individu, ne voyant plus chez l'autre qu'un danger potentiel. Non content d'alourdir ad nauseam les charges administratives de tout un chacun, le législateur veut aussi distiller les théories de genre des lobbies pour imposer sournoisement une nouvelle conception de l'homme et de la société.

Dernièrement, nous avons échappé de peu – et pour combien de temps ? - à de nouveaux formulaires biffant la distinction naturelle de père et de mère, pour un nébuleux parent 1 et parent 2. Il faut bien dire que le projet semblait induire une hiérarchie. Les féministes acharnées auraient sûrement vu d'un mauvais œil que le père soit parent 1, laissant supposer un ordre de préséance. L'inverse discriminerait aussi les hommes, mais on semble moins s'en soucier. Et puis, on ne résoudrait pas le problème avec les ''couples'' homosexuels. Et puis, pensez donc, l'enfant aux parents séparés devrait-il considérer avoir un parent 1 et un parent 2bis, ou parent 1 et parent 3, voire parent 4 ? Et d'ailleurs son parent 2 deviendrait-il parent 1 en cas de recomposition du couple ? En cas de trouple, comme en certains pays plus à la pointe que nous, faudrait-il ajouter un parent 3 ? Et ne parlons pas de ceux qui chercheraient leur origine : parent 1 biologique, parent 2 donneur, parent 3 porteuse (et pourquoi pas porteur), parent 4 adoptif... Nous n'en finissons pas de nous extasier devant le progrès ! Et je n'ose pas imaginer l'ado en conflit avec un de ces parents pour le traiter finalement de parent zéro !

Il paraît désormais totalement ringard de s'en tenir à ce que Dame nature s'obstine à promouvoir de la différence des sexes et du bon sens commun. « Un homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut », « chaque homme doit inventer son chemin », disait Sartre. Il est quand même plus marrant de plier le réel à ses désirs, plutôt que de le recevoir et de l'assumer en convertissant ses idées et ses pratiques. L'individu est roi, et tant pis pour les mauvais coucheurs, ennemis du progrès. Sauf que les enfants, par définition n'ayant pas la parole, ont besoin de se construire dans l'harmonie d'un monde réel et non fantasmé par des adultes égoïstes et irresponsables.

Gageons que le réel finira toujours, tôt ou tard, par l'emporter. Mais à quel prix ! Contre les vents et marées de l'entreprise générale de destruction anthropologique, soyons les veilleurs qui conservent la flamme du réel tel que Dieu l'a voulu. Telle est notre mission prophétique pour que le monde ne sombre pas irrémédiablement dans les ténèbres du mensonge et de la violence envers les plus fragiles.

Bon carême, en route vers Celui qui « illumine tout homme venant en ce monde » (Jn 1, 9).
Comments