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Newsletter n°118 du 25 mars 2019

publié le 24 mai 2019 à 22:19 par Newsletter CathoFamiLink
« Qui déteste le bavardage se soustrait au mal » (Si 19, 6).

Chers amis,

Inutile de revenir sur les nouvelles en cascades qui, de la politique à la violence, du mépris aux injustices sociales, des péchés des membres de l'Eglise aux lois délétères qui menacent les plus fragiles aux deux extrémités de la vie humaine, de la justice inféodée à l'opinion publique à la liberté de pensée sans cesse rognée par le politiquement correct, pourraient nous faire sombrer dans le plus noir désespoir. Les temps sont moroses, comme l'ont sans doute été toutes les époques de l'histoire qui passaient d'une civilisation à bout de souffle à l'inconnu qui inquiète.

Il faut dire que nous, les catholiques, prenons cher en passant dans la broyeuse médiatique, soit qu'on mette en exergue les graves déviances morales du clergé, soit qu'on cache toutes les injustices subies dans les personnes ou le silence qui entoure les profanations quasi quotidiennes de nos églises. Le catho, surtout s'il est pratiquant, est l'homme à abattre. Certains humoristes s'y mettent même en suggérant des équivalences douteuses entre pédophiles et catholiques pratiquants. Et ne parlons pas des rapprochements calomniateurs entre défenseurs de la famille et islamistes. La dite ministre a beau s'excuser du bout des lèvres, les médias n'auront retenu que le propos initial et la calomnie aura laissé ses senteurs nauséabondes dans les âmes des désinformés décérébrés. On voudrait attiser la haine contre nous que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

Au fond, on ne peut que retourner vers l'Evangile et entendre de nouveau les paroles du Maître : « S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jn 15, 20). Mais comment réagir avec justesse et accueillir cette indescriptible confusion qui, malheureusement, gagne des membres de l'Eglise, y compris du clergé, trop empressés de vouloir plaire au monde ? Ce n'est sûrement pas en abondant dans le sens des grands bavardages des chaînes d'information continue. De même, nous serions mal avisés de vouloir argumenter dans des débats faussés et guidés par l'idéologie ambiante. Pensons plutôt à Jésus, passant des nuits en prière. Méditons sa passion alors qu'Il est accusé injustement, calomnié, moqué, souffleté, humilié, abandonné seul dans une fosse profonde dans la maison du grand prêtre pour y passer sa dernière nuit. Jésus se tait et entre dans le silence. Devant les accusateurs sentencieux et orgueilleux, le Verbe de Dieu s'abîme dans un océan d'intériorité et de profond silence. Mais c'est un silence habité par son ardente charité pour les pécheurs, un silence gros de toutes les peines du prochain, un silence fécondé par la miséricorde et la compassion envers ceux qui Le maltraitent, un silence nimbé par la paix profonde puisée dans la seule justice divine.

Ce temps de carême nous entraîne à la suite du Serviteur souffrant, chargé de nos péchés, portant sa Croix. Nous ne sommes décidément pas au-dessus du Maître. Ce temps d'épreuves nous commande de revenir aux fondamentaux de notre foi. C'est un puissant appel à entrer résolument dans une ère de pénitence et de purification afin que resplendisse la Vérité qui vient d'en-haut et qui est encore capable de bouleverser les hommes d'aujourd'hui en leur montrant le chemin qui libère et conduit au vrai bonheur.

« L'homme moderne entend devenir le maître du temps, l'unique responsable de son existence, de son avenir et de son bien-être. Il veut programmer sa vie et dominer son destin. Il s'organise comme si Dieu n'existait pas. Il n'a pas besoin de lui. A l'inverse, Dieu invite à la confiance, à la patience et à une marche lente vers l'élimination du mal, laquelle requiert une longue et aride bataille. Ce combat implique quatre piliers plantés en Dieu dans la Foi : le silence, la prière, la pénitence et le jeûne » (Cardinal Robert Sarah, La force du silence, p. 231). Le programme est donné pour avancer dans la confiance. Le monde n'a plus d'espérance. Nous devons en avoir le double pour lui. Le monde refuse la foi. Nous la vivrons plus intensément pour lui. Le monde s'enfonce dans la haine et la violence. « La charité supporte tout, elle fait confiance en tout, elle espère tout, elle endure tout. La charité ne passera jamais » (1Co 13, 7-8a). C'est notre leitmotiv qui assure immanquablement la victoire dans le Christ, par Lui et avec Lui. Il est l'heure d'arrêter les bavardages et de nous engloutir dans le silence de Dieu !... Juste une mesure de salut public !

Saint temps de la Passion à vous tous !
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