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Newsletter n°122 du 25 juillet 2019

publié le 3 août 2019 à 02:11 par Newsletter CathoFamiLink
Secret défense

Ici et là, le secret sacramentel de la confession est menacé. Récemment en Californie où l'archevêque de Los Angeles est monté au créneau, appuyé par plus d'une centaine de milliers de lettres de protestations, une loi voulait obliger les prêtres à révéler ce qu'ils avaient appris dans le secret du confessionnal en fait d'abus sexuels sur mineurs. Elle n'a finalement pas abouti. Ce n'est pas le cas d'une loi du 7 juin 2018 dans l'état de Canberra en Australie. Là-bas, en cas de convocation devant un tribunal, un prêtre peut être contraint de violer le sceau sacramentel. Autant dire, comme le rapporte l'évêque local, qu'on lui laisse le choix entre la prison et l'excommunication. Même la catholique Italie a produit une loi contraignante sur le sujet. Et l'on a entendu des demandes en ce sens en Irlande et en France. Bref, sous couvert d'affaires d'abus sexuels, évidemment graves, dans l'Eglise, le totalitarisme libéralo-sectaire avance ses pions.

C'est tout d'abord suggérer que les prêtres pourraient faire preuve de légèreté coupable en donnant facilement l'absolution à des criminels, sans exiger d'eux une vraie repentance qui suppose réparation, et donc auto-dénonciation. Mais la justice due aux victimes est un élément essentiel de la démarche de pénitence et de pardon. Le prêtre doit, dans certains cas, suspendre l'absolution à un acte de repentance manifeste du pénitent, montrant qu'il veut réparer en justice, y compris devant la justice humaine. 

C'est également vouloir exploiter les informations apprises par les prêtres dans le cadre de la confession, même si elles ne concernent pas la culpabilité du pénitent, pour les besoins des enquêtes. Or, le secret de confession touche l'ensemble de ce que le prêtre apprend dans la confession, et pas seulement les péchés du pénitent. Une ''Note de la Pénitencerie apostolique sur l’importance du for interne et sur l’inviolabilité du sceau sacramentel''  du 29 juin 2019, promulguée avec l’accord du pape François, le rappelle clairement. Comment penser que les fidèles puissent encore ouvrir leur âme à leurs pasteurs si, d'une manière ou d'une autre, le secret sacramentel n'était pas protégé de manière absolue ?

Au fond, sous des prétextes d'apparence morale, masquant mal la volonté d'intrusion dans les consciences, notre société veut pénétrer le sanctuaire intime des âmes. Faire sauter le verrou du secret sacramentel, c'est prétendre se faire le juge des consciences, interférer avec la loi divine morale et lui substituer celle des critères éthiques de l'homme moderne. On sait pourtant à quoi ils ressemblent trop souvent. Et demain, la rupture du sceau sacramentel s'étendra à quel domaine, selon la volonté du législateur et la tendance des nouvelles mœurs ? Or, le prêtre n'est qu'un médiateur d'une autorité souveraine et s'efforce, avec ses limites humaines, d'appliquer tant la vérité qui libère que la miséricorde qui guérit, et jamais l'une sans l'autre. Il n'est pas un maître mais le ministre du Seigneur qui, seul, peut lire dans les âmes et consciences des fidèles. Alors que, de plus en plus, nos sociétés contemporaines veulent placer la loi humaine au-dessus de la loi divine, et plier les consciences à ce que les lobbies les plus influents imposent à tous, cette irruption discrète et marquée dans le secret des âmes n'est pas sans rappeler les manipulations totalitaires des régimes soviétique ou nazi. A quand un ministère de la propagande et la police qui l'accompagne ? La collusion politico-médiatique nous en donne déjà l'avant-goût amer.

Cette question est grave car il en va du respect de la liberté religieuse, de la protection des droits des personnes. Quand le politique tente, d'une manière ou d'une autre, de s'immiscer dans le sanctuaire secret de la conscience des personnes, on peut être légitimement inquiet.

Comment ne pas évoquer saint Jean Népomucène, dont vous connaissez peut-être le magnifique tombeau rococo de la cathédrale de Prague ? Il fut précipité en 1393 dans la Moldau depuis le pont Charles pour avoir refusé de trahir le secret de la confession, malgré les pressions du roi Venceslas IV de Bohême et les raisons d'Etat invoquées. Martyr de la confession, il nous montre le chemin de la fidélité, selon que le disaient les Apôtres : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Ac 5, 29).

Avant d'en arriver à ces extrémités du martyre, j'espère, chers amis, que vous n'aurez pas besoin d'apporter des oranges à vos prêtres en prison. Dieu nous en garde. Et prions la Vierge Marie pour qu'Elle obtienne à ce monde la vraie Sagesse et l'Esprit qui la porte !
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