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Newsletter n°54 du 25 novembre 2013

publié le 25 nov. 2013 à 10:42 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 nov. 2013 à 10:43 ]
Notre Dame qui fait tomber les murs

La Cité de David est sise sur une colline pentue où les maisons s'entassent. Ses rues, continûment encombrées, grouillent d'une population affairée et de pèlerins. On a l'impression d'étouffer dans cette ville surchargée, cernée par un mur de la honte qui en fait une prison à ciel ouvert. Le quotidien des palestiniens n'est pas un long fleuve tranquille. Quant à nos frères chrétiens, ils constituaient autrefois la quasi-totalité de ses habitants. Ils n'en représentent plus aujourd'hui que 40 %, bien qu'ils soient encore largement majoritaires dans les deux villes sœurs qui l'entourent : Beit Jala et Beit Sahour.

Bethléem recèle des trésors inattendus pour le pèlerin qui veut sortir des sentiers battus. En repartant vers Jérusalem par le check-point nord, qu'il suffise de tourner à droite et de longer le mur de béton sur une centaine de mètres. La première surprise est de trouver là un petit monastère où vivent une dizaine de sœurs bénédictines dont la moitié sont françaises. Elles vous accueilleront à coup sûr avec leur large et généreux sourire qui trahit leur vie intérieure, plongeant aux sources de la plus délicate des charités. La deuxième surprise advient quand elles vous introduisent dans leur petite église. Point d'autel comme chez nous, ni de statues. L'édifice en forme de croix grecque, élégamment surmonté d'une coupole, est entièrement recouvert de fresques. L'art iconographique se retrouve également dans la magnifique iconostase qui ferme le chœur pour nous inviter à pénétrer au-delà du mystère. Loin de vouloir conserver le mystère à des initiés qui peuvent la franchir, ses icônes lèvent un coin du voile pour nous donner accès à la liturgie terrestre, porte ouverte sur la liturgie céleste. L'iconostase n'est pas une barrière, elle est une fenêtre ouverte sur la vraie réalité.

Vous l'avez deviné, la troisième surprise est de découvrir que ces consacrées sont des catholiques de rite byzantin, ou gréco-catholiques, ou encore melkites. Et elles ont du cran ces petites sœurs car elles ne se sont pas contenté d'écrire de belles icônes dans leur monastère. Elles ont eu l'audace d'en écrire une sur le mur de séparation, sur le béton triste d'un mur caricatural de la violence et de la haine entre les hommes. Cette icône de la Mère de Dieu, la Vierge Marie enceinte, est honorée de la présence à ses pieds de barbelés qui se prolongent vers un no man's land surmonté de fils électriques.

Quelle drôle d'iconostase ! Elle se veut une porte ouverte vers Jérusalem. Elle est d'ailleurs signifiée sous l'icône, porte ouverte dont la clef est pendue à un crochet. Il est des murs qui ouvrent vers le mystère et la relation au Tout-Autre. Il est des murs qui séparent et empêchent la relation aux autres. La Vierge Marie est un pont entre les hommes car Elle est Arche d'Alliance qui nous donne le vrai Dieu, l'Emmanuel, le Médiateur. Sans doute veut-Elle éviter que le mur de spoliation n'attise la haine, que l'injustice des forts ne se mue en violence des faibles.

Adressons donc notre prière à 'Notre-Dame qui fait tomber les murs', selon l'appellation qu'Elle porte en cette icône singulière :
« Très sainte Mère de Dieu, nous t'invoquons comme Mère de l'Eglise, Mère de tous les chrétiens souffrants. Nous te supplions, par ton ardente intercession, de faire tomber ce mur, les murs de nos cœurs, et tous les murs qui génèrent haine, violence, peur et indifférence, entre les hommes et entre les peuples...
Fais naître en nous et en ce monde, la civilisation de l'Amour jaillie de la Croix et de la Résurrection de ton divin Fils, Jésus-Christ, notre Sauveur, qui vit et règne dans les siècles des siècles. Amen. »
Abbé Philippe-Marie


Vie du site

Petite chute de tension sur nos chiffres récents: 1900 visites pour les 31 derniers jours, mais la durée moyenne de consultation s'est sensiblement allongée: presque un quart d'heure, du fait de l'intérêt porté aux nouvelles chaînes de prière. Un petit salut aux 36 visiteurs d'Afrique sub-saharienne!

Les chaînes sont maintenant au nombre de 25 (encore un sommet), pour 900 priants (soit un replis par rapport au mois dernier, conséquence du rajeunissement de nos chaînes).

Les pages les plus visitées ont été surtout les chaînes de prières les plus récentes, et elles sont nombreuses, entre lesquelles d'interposent les intentions de prière (en 2° position), la newsletter 19 (une "porte d'entrée" des coups de cœur) et les coups de cœur eux-mêmes, ce qui manifeste toujours l'intérêt pour ces derniers même s'ils reçoivent un peu moins de priants que les mois précédents (56 pour les familles et 47 pour les vocations).

Les intentions de prière sont revenues à un volume plus proche de leur moyenne, avec 41 en 31 jours. Un petit mot aussi sur les 5 actions de grâce qui, contrairement au mois d'avant, sont toutes de "vraies" actions de grâce et non des intentions placées sous une mauvaise rubrique.

A l'heure où j'écris, nous approchons de la Fête du Christ Roi (qui clôture l'année liturgique et, cette année, celle de la Foi). Voici les dernières strophes de l'hymne Te sæculorum Principem, accordé à cette fête. Dans les événement sociaux que nous vivons, ce texte est d'une cruelle actualité:

Que les chefs de nations vous rendent publiquement hommage,
Que les maîtres et les juges vous honorent,
Que les lois et les arts vous proclament.

Que les resplendissants étendards des rois
S'inclinent avec soumission devant vous;
Sous la douceur de votre sceptre
Maintenez la patrie, la cité.

Gloire à vous, Jésus, qui réglez les pouvoirs du monde,
Avec le Père et l'Esprit Saint, dans l'éternité. Amen!