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Newsletter n°64 du 25 septembre 2014

publié le 27 sept. 2014 à 05:23 par Jérôme Moreau
O Crux, Ave ! Spes unica !

Elle vivait avec ses parents en Algérie avant la guerre 39-45. Elle vivait heureuse, entourée d'amies, dans un contexte culturel porteur et agréable. Mais elle n'avait jamais entendu parler de Jésus. Ses parents, en effet, faisaient profession d'athéisme militant et calculé. La maison n'abritait aucun signe religieux et le nom de Jésus était banni de ses murs. De temps en temps, elle partait en vacances chez ses grands-parents. La consigne était stricte et les conditions draconiennes : interdiction absolue de parler de religion à leur petite-fille. Non pas qu'ils fussent bigots, même pas pieux, mais leur restait un vieux fond de christianisme, de foi délavée par les précipitations des années qui s'écoulent. Ainsi la petite n'avait pas le droit d'entrer dans la chambre de ses grands-parents, seule pièce de toute la maison à lui être interdite. On sait bien ce qu'est la curiosité insatiable des enfants... Un jour, elle eut l'occasion de transgresser l'interdit sans se faire prendre. Que pouvait donc bien receler cette chambre mystérieuse ? A peine rentrée, son regard fut attiré par le mur au-dessus du lit matrimonial et elle fut saisie à cette vision : un homme blessé et quasiment nu pendait, cloué sur deux poutres ! Elle se demandait bien qui Il pouvait être mais elle était irrésistiblement attirée par Lui. Dès qu'elle en avait l'occasion, elle venait le voir pour Le regarder, comme pour Lui tenir compagnie. Son image s'imprima fortement dans sa mémoire et dans son cœur. Elle y pensait souvent et nourrissait pour Lui une grande compassion. Bien plus tard, à l'heure de la vie étudiante à Alger, elle se convertit en contemplant un coucher de soleil. Et c'est à ce moment qu'elle pourra enfin identifier l'homme du gibet : Jésus crucifié. C'est aujourd'hui une femme très âgée. Est-elle encore en vie à l'heure où je vous écris ? Elle est religieuse clarisse et, suite aux événements d'Algérie, elle est parti fonder une magnifique et féconde communauté en Zambie où elle demeure encore. Le langage de la Croix est au-delà des mots. La puissance douce du Crucifié touche plus facilement les cœurs que tous les discours. La Croix d'infamie est devenue une Croix glorieuse que nous fêtons le 14 septembre comme le triomphe de l'Amour sur la haine, du pardon sur le péché, de la vie sur la mort. Signe des chrétiens, y pensons-nous vraiment à chaque fois que nous en habillons notre corps en la traçant sur nous ? A l'Ile-Bouchard, la Vierge Marie enseigna aux petits voyants comment dessiner sur soi le symbole de notre foi, lentement et dans le recueillement. « Pour moi, puissé-je ne me vanter que de la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par laquelle le monde est à jamais crucifié pour moi et moi pour le monde » (Ga 6, 14). Le mystère de la Croix est au cœur de notre foi chrétienne comme une provocation paradoxale aux ''valeurs'' de ce monde. C'est dans la faiblesse que nous sommes forts (2 Co 12, 10), c'est dans l'amour que nous vainquons la haine, c'est dans l'offrande de nous-mêmes à la suite du Christ que notre vie peut porter toute sa fécondité (cf. Rm 12, 1). O Crux, Ave ! Spes unica ! Salut, Ô Croix ! Notre unique espérance !
abbé Philippe-Marie


Vie du site
Avec 1083 connexions d'une durée moyenne de 2 minutes à peine, les statistiques de ces 31 derniers jours commencent juste à se réveiller, mais la liste des chaînes de prière s'enrichit toujours: Nous en sommes à 32, réunissant 802 priants.

39 nouvelles intentions de prière nous sont parvenues, dont nous avons dû écarter plusieurs pour les raisons expliquées dans les textes du site. Et nous avons eu la joie de recevoir 6 actions de grâce.

Nous venons d'apprendre le rappel à Dieu de la jeune Rose Taylor, à l'issue de longues années de maladie vécues avec un courage admirable. Nous adressons nos plus vives condoléances et rappelons notre union de prière à tous ses proches. Nous étions plusieurs de l'équipe de CathoFamiLink à connaître personnellement Rose et sa famille. Peut-être est-ce pour cela que je l'évoque ici particulièrement. Mais aussi sa chaîne de prière fut créée au début même de notre site, et maintenue depuis lors, compte tenu des circonstances. En outre, c'est l'une des deux chaînes qui nous amena à proposer une version bilingue. Rose s'est ainsi un peu trouvée, en quelque sorte, co-inspiratrice de ce que nous faisons aujourd'hui. Priez pour elle et sa famille! Mais je suis sûr qu'elle veille maintenant sur nous.

Cela m'amène à évoquer cette récente (15 septembre) fête de la Sainte Vierge, souvent passée sous silence: Notre Dame des Sept Douleurs. Or Marie, dans ses épreuves, rejoint les nôtres (à moins que ce ne soit l'inverse), celles des chrétiens d'aujourd'hui: l'exil, la persécution, la perte d'un enfant, la vie difficile… Ne faudrait-il pas particulièrement prier Marie pour les sept glaives qui lui ont transpercé le cœur? N'est-elle pas avec nous aujourd'hui dans les épreuves du monde entier comme de l'intimité de nos familles?

Il existe un chapelet des Sept Douleurs fait de sept groupes de sept grains. On peut en accompagner la prière par la récitation du Stabat Mater. En voici une belle traduction dont j'ignore l'auteur (si quelqu'un pouvait me le dire…). Il est toujours très difficile de traduire en vers un poème d'une autre langue :

Debout, la mère des douleurs
Près de la croix était en pleurs
Quand son Fils pendait au bois.

Alors, son âme gémissante
Toute triste et toute dolente
Un glaive la transperça.

Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu!

Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice?

Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils?

Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.

O Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir ta grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu:
Que je lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.

Pleurer en toute vérité
Comme toi près du crucifié
Au long de mon existence.

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du sang versé par ton Fils.

Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l'heure de la justice.

O Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
A la palme de la victoire.

A l'heure où mon corps va mourir,
A mon âme fais obtenir
La gloire du paradis.

Dominique


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