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Newsletter n°67 du 25 décembre 2014

publié le 25 déc. 2014 à 10:07 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 déc. 2014 à 10:10 ]
"C'est quand je suis faible que je suis fort" (2Co 12, 10)

Chers amis de CathoFamiLink,

En général, ils ont déjà mis le petit Jésus dans la crèche. C'est bien la preuve que leur démarche n'est pas essentiellement religieuse puisqu'elle n'attend pas la Messe de la Nuit. Les crèches qui fleurissent un peu partout dans les vitrines des commerçants, sur les places publiques et même dans les administrations publiques prennent cette année un air de fronde pour rappeler au quidam que Noël ce n'est pas l'anniversaire du Père Noël mais celui de Jésus. C'est tout simplement un fait. Et ce fait est entré dans la culture qui a construit notre pays depuis des siècles ! On ne demande à personne de professer la foi en la divinité du bébé de la crèche. On rappelle tout bonnement que Noël, ça veut dire ''naissance'', et, en l'occurrence, la naissance de Jésus de Nazareth.

Mais voilà, Jésus fait peur ! Pensez donc, un nourrisson dans une pauvre mangeoire, un brave charpentier pour père adoptif, une toute jeune femme qui est la douceur même comme mère, un bœuf et un âne (ajoutés par saint François) et quelques bergers avec leurs brebis et agneaux. Il y a vraiment de quoi terroriser les puissants de ce monde. Quoique, à y regarder de plus près, ce n'est pas si nouveau. Quand il est né sous la bonne étoile de Bethléem, les grands de ce monde tremblaient déjà. Hérode, jaloux de son pouvoir absolu et de sa mégalomanie, fait enquêter les sages puis les mages à son sujet, pour mieux le détruire en ordonnant l'horrible massacre des Saints Innocents.

Finalement, rien de nouveau sous le soleil. Jésus inquiète toujours les puissants de ce monde. Pas tellement parce qu'ils sont pour la laïcité, à géométrie variable d'ailleurs. Pas non plus parce qu'ils sont épris d'une stricte égalité de traitement entre les religions. Non ! Les puissants de ce monde veulent promouvoir une autre religion, leur religion, celle de l'homme tout-puissant, de l'homme sans Dieu, de l'homme qui décide du bien et du mal. Pardon, je voulais dire de quelques-uns qui décident du bien et du mal pour les autres... Eux aussi, ils ont leur liturgie dans des temples secrets pour les initiés. Eux aussi, ils ont leurs commandements. Eux aussi, ils ont leurs grands prêtres qui tiennent le haut du pavé dans les agoras médiatiques de ce monde tout dévouées à leur cause. Eux aussi, décident du droit de vie ou de mort sur leurs semblables par des lois qui passent pour un grand progrès de l'humanité. Ils ont même leurs saints innocents, par millions, sacrifiés à l'émancipation et à la purification de la race.

Et Jésus leur fait peur ! Bien sûr puisque Il est l'empêcheur de manipuler en rond. Bien sûr puisque Il projette sans cesse par sa seule présence une lumière sur leurs tripatouillages de la nature humaine au profit des grands seigneurs de l'idéologie et de la finance. Alors éliminons les gêneurs du paysage. Pas Mahomet, pas Bouddha, pas Confucius. Abraham et Moïse commencent déjà à être suspects. Mais il faut surtout crier haro sur Jésus !

Pourtant, il y a quelque chose qu'ils n'ont toujours pas compris. C'est que la force de Jésus réside précisément dans sa faiblesse. C'est que l'Amour livré désarme toutes les haines. Même eux sont aimés de Jésus qui est venu parmi nous pour leur offrir également le salut. Vouloir éliminer Jésus, c'est l'enfouir plus profondément encore dans le cœur des hommes car « rien ne peut éteindre l'Amour » (cf. Ct 8, 7). Saint Paul l'avait parfaitement compris, lui le zélé persécuteur des chrétiens et du Christ à travers eux. Il changera totalement de tactique et en viendra à proclamer : « C'est quand je suis faible que je suis fort » (2Co 12, 10), fort de la promesse du Seigneur : « Ma grâce te suffit, elle déploie toute sa puissance dans la faiblesse » (2Co 12, 9). S'ils ne veulent pas lire saint Luc, au moins qu'ils lisent saint Paul !

Au fond, crèche ou pas, Jésus est toujours présent au milieu de nous. Humble présence du Verbe fait chair qui continue à dire silencieusement au monde qu'il ne sera véritablement heureux qu'en Le recevant avec foi, espérance et amour. L'avenir de Jésus est plus assuré que celui de ceux qui nourrissent ici-bas des ambitions de puissance.

En cette belle fête de Noël, allons, avec Marie et Joseph, adorer avec reconnaissance l'Enfant de la crèche qui redonne à tout homme sa dignité, une dignité de fils de Dieu !

JOYEUX ET SAINT NOËL à vous tous et vos familles !
abbé Philippe-Marie

PS. la précédente newsletter a déconcerté quelques-uns par sa forme, forme originale, certes, qui ne rogne pas sur le fond. Merci de vos réactions qui montrent que vous la lisez avec attention ! Merci pour votre fidélité !


Vie du site
Voici: L'Avent se termine et nous avons tous à l'esprit la prochaine venue du Seigneur plutôt que les chiffres de notre site. J'en dirai cependant quelques mots:

Près de 1200 connexions, 26 chaînes de prière (plusieurs venant d'être closes) réunissant 600 priants, une recrudescence des actions de grâce (10) et surtout des intentions de prière (2,5 par jour en moyenne).

Les pages les plus visitées furent dans l'ordre les intentions de prière (334 fois), la chaîne Sabine (263), la newsletter 19 qui présente les coups de cœur (231), les coups de cœur (226), la chaîne Hélène (198) et les actions de grâce (148). Notons que les deux chaînes de prière évoquées sont les deux plus récentes, ce qui est très naturel.

A l'heure où j'écris, je ne connais pas le texte du P. Philippe-Marie, mais je me doute bien qu'il évoque Noël. Alors je vais prendre un peu avant et un peu après: Voici ce poème de Pierre Corneille évoquant à la fois l'Immaculée Conception et Marie Mère de Dieu. Certes on connaît surtout ce dramaturge par ses œuvres théâtrales , mais ses poèmes sont aussi remarquables et on y retrouve son style avec ces balancements harmonieux de la pensée à l'intérieur des vers ou d'un vers à l'autre.

Eve et Marie

Homme, qui que tu sois, regarde Eve et Marie,
Et comparant ta Mère à celle du Sauveur,
Vois laquelle des deux en est le plus chérie,
Et du Père Eternel gagne mieux la faveur.

L'une a toute sa race au démon asservie,
L'autre rompt l'esclavage où furent ses aïeux ;
Par l'une vient la mort et par l'autre la vie,
L'une ouvre les enfers et l'autre ouvre les cieux.

Cette Eve cependant qui nous engage aux flammes
Au point qu'elle est formée est sans corruption ;
Et la Vierge " bénie entre toutes les femmes "
Serait-elle moins pure en sa conception ?

Non, non, n'en croyez rien, et tous tant que nous sommes
Publions le contraire à toute heure, en tout lieu :
Ce que Dieu donne bien à la Mère des hommes,
Ne le refusons pas à la Mère de Dieu.

Dominique


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