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Newsletter n°68 du 25 janvier 2015

publié le 27 janv. 2015 à 22:56 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 27 janv. 2015 à 22:56 ]
Silence

Chers amis de CathoFamiLink,

Le silence ne fait plus partie de nos vies trépidantes. Les villes génèrent le bruit. Et facilement la télévision, la radio ou les appareils divers vomissent à longueur de journée une distraction sonore. Le silence semble devenu effrayant. On le fuit et lorsque il se fait inévitable, il devient oppressant comme s'il mettait tout à coup à nu le vide intérieur qui habite notre société, grisée par une fuite en avant consumériste. Le silence en effet peut être source d'angoisse quand il menace l'équilibre illusoire d'une vie factice qui ne se préoccupe ni d'où elle vient ni où elle va. En revanche, le silence est régénérateur quand il est l'occasion de plonger au cœur du mystère, de notre raison d'être en ce monde. Dans le silence, l'homme se retrouve en face de lui-même pour scruter l'énigme de son existence. Il y a donc un silence plein et habité qui abandonne la surface des choses et des événements pour descendre aux racines de l'être. C'est pourquoi Dieu ne se trouve bien que dans le silence. Et notre silence intérieur doit rejoindre le sien avant qu'Il ne se manifeste dans le don de son Verbe, le don de son Fils bien-aimé qui dévoile son mystère. Jésus-Christ, « voilà le mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd'hui il est manifesté » (Rm 16, 25).
Le silence est devenu trop rare dans nos vies. Je parle d'un vrai silence, d'un beau silence qui quitte la superficialité pour entrer dans la recherche aimante de son Seigneur. Saint Augustin l'avait remarqué après sa conversion : « Bien tard je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard je t'ai aimée ! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c'est là que je te cherchais » (Confessions X, 27, 38, B.A 14, DDB, p. 209). Étourdi par les plaisirs de la vie, le futur saint ressentait un manque terrible dans sa vie. Il cherchait la Vérité mais il ne la cherchait pas où elle était : « intimior intimo meo », dira-il après coup, « plus intérieure à moi-même que moi-même » (Confessions, III, 6, 11).
A Nazareth, dans sa modeste maison, la Vierge Marie n'était qu'intériorité dans ses tâches quotidiennes. Elle rejoignait sans cesse dans le silence Celui que son âme cherchait ardemment. C'est dans ce silence pleinement habité que l'ange Gabriel La rejoint pour que le Verbe divin puisse y trouver toute sa place. La Parole de Dieu qui se fait chair en son sein très pur vient remplir surabondamment sa pauvreté intérieure, dépouillée de tout artifice pour que le seul essentiel y prenne toute la place. Son silence s'est uni au mystère caché de Dieu pour qu'au moment voulu Il soit totalement manifesté au monde par son intermédiaire. La Parole de Dieu ne s'entend bien que dans le silence. Le Verbe de Dieu n'est reçu que si l'homme consent à se taire pour laisser cette Parole résonner dans son intelligence et dans son cœur.

Gardons-nous des paroles inutiles qui dispersent, faisons taire les désirs terrestres de nos âmes, écoutons dans le silence de nos cœurs le Verbe qui vient y renaître. « Le Père céleste a dit une seule parole : c'est son Fils. Il l'a dite éternellement et dans un éternel silence. C'est dans le silence de l'âme qu'elle se fait entendre » (Saint Jean de la Croix, Œuvres spirituelles, Seuil, Avis et maximes 307, p. 1226).

abbé Philippe-Marie


Vie du site

En cette période troublée où nous avons tous un peu la tête ailleurs, voici quand même quelques nouvelles de notre activé. Nous sommes dans les basses eaux avec 850 connexions dans le mois, peut-être est-ce parce que nous n'avons pas de nouvelles chaînes de prières depuis 2 mois. Saluons les 30 "cousins" canadiens du Québec et de l'Ontario qui nous ont visités ainsi que les 39 amis de l'Afrique sub-saharienne.

Les 26 chaînes en cours réunissent une communauté de 600 priants.

La page la plus visitée fut celle des intentions de prières (avec 270 clics) suivie des 2 pages relatives aux coups de cœur (celle de cette rubrique et celle de la newletter 19) et des actions de grâce qui nous fait toujours tant de bien à lire.

Il est difficile de s'exprimer aujourd'hui sans faire allusion aux actes terroristes qui ont tant ému la France et toute une partie du monde. Il ne nous appartient pas, à CathoFamiLink, de juger des faits situés hors de notre champ de compétences qui est celui de la prière et de l'entraide spirituelle et familiale. Toutefois quelques remarques sont nécessaires pour préciser l'esprit dans lequel nous prions au milieu de ces terribles événements :

Rien ne justifie les meurtres commis, que les victimes soient des policiers, des journalistes, des otages ou qui que ce soit d'autre, et quels que soient les motifs (religieux ou autres) invoqués. Ces faits sont condamnables.

L'unanimité dans la condamnation de ces meurtres est une grande et magnifique chose, à condition qu'elle ne repose pas sur cette ambiguïté que l'on commence à découvrir: Défense des libertés ou des libertaires?

L'un des résultats de cette ambiguïté est l'explosion de mouvements anti occidentaux et en particulier anti chrétiens dans plusieurs pays du monde. Les morts s'ajoutent au morts, et il en est sur lesquels les grandes consciences du monde ne pleurent guère.

L'attitude du chrétien doit être à l'image de celle du Christ en Croix: miséricorde et prière pour les victimes et aussi pour les bourreaux, toutes convictions religieuses, areligieuses ou antireligieuses confondues. Je sais, cela devient d'autant plus difficile pour nous que par un jeu de billard mondial ce sont les chrétiens qui se trouvent aujourd'hui en ligne de mire, comme s'il état plus facile aux responsables de montrer bienveillance aux autres. Et la gloire accordée aux dessinateurs qui nous ont tant insultés ne nous facilite pas la tâche!

C'est pour cela que le Christ doit rester notre seul modèle et notre seul guide. Sur ma pancarte j'écris(ça commence un peu pareil) : JE SUIS CHRETIEN.

Illustrons cela par le Psaume 26 dont voici quelques passages :

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

Si des méchants s'avancent contre moi pour me déchirer,
ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires,
qui perdent pied et succombent.

Qu'une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ;
que la bataille s'engage contre moi, je garde confiance.

J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m'attacher à son temple.

Enseigne-moi ton chemin, Seigneur,
conduis-moi par des routes sûres, malgré ceux qui me guettent.

Mais j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »
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