CathoFamiLink‎ > ‎Newsletters‎ > ‎

Newsletter n°71 du 25 avril 2015

publié le 26 avr. 2015 à 13:10 par Jérôme Moreau
"Dites à la Fille de Sion : voici que ton roi vient à toi " (Mt 21, 5 - citant Za 9, 9)

Dans le dédale des ruelles, le brûlant soleil méditerranéen peine à glisser ses rayons. Les odeurs d'épices et de pain chaud se mêlent, flattant l'odorat en éveil. Les couleurs chatoyantes des étals délivrent une impression de gaîté. D'escaliers en pentes glissantes, de coupe-gorges en riantes places pavées, je me laisse volontiers égarer. Noyées dans une autre culture, mes pensées se laissent bercer par le doux souvenir d'histoire sainte où défilent les personnages qui, jadis, ont emprunté ces mêmes artères, anonymes, mais porteurs de l'extraordinaire nouvelle. Et tout à coup, Elle surgit, devant moi, pressant le pas, enveloppée d'une inexprimable et noble pudeur, tellement femme et tellement angélique. Elle disparaît à l'angle du passage sainte Hélène. J'essaie de la rattraper arpentant cette venelle en pente prononcée, encombrée des marchandises des vendeurs d'encens et d'images pieuses. Lorsque je franchis la porte contiguë à la petite mosquée d'Omar, mon cœur bat de me savoir à deux pas du centre du monde. Dans la foule grouillante de la modeste place qui ouvre la perspective vers la Mère Basilique, Elle a disparu. Je sais où la retrouver ! A l'intérieur de l'édifice, largement hérité des croisés en sa forme actuelle, Elle est partout. A droite en entrant, sur le rocher du Calvaire, sa présence douloureuse et offrante est encore prégnante, prégnante d'un enfantement dans la douleur du Fils qui s'immole pour le salut du monde. Près de la pierre de l'onction, sa souffrance espérante ne peut me laisser indifférent. A l'ombre du tombeau vide, Elle montre la victoire définitive sur le péché et la mort, rayonnante de la lumière dont Elle était déjà nimbée depuis sa conception immaculée, prémices du salut offert à tout homme.

Jérusalem ! « Chacun est né là-bas » (Ps. 86, 4). Tout m'y parle du Sauveur et tout m'y parle de Marie, sa Mère. En reprenant mon chemin vers la colline de Sion, je revois la tristesse de son visage, fermé par la lourde pierre du tombeau, mais imprégné en même temps d'une indescriptible dignité dans la souffrance alors qu'elle rentre d'un pas lourd au Cénacle, refuge des derniers fidèles d'un si pénible Vendredi. Elle demeure dans la salle haute tout au long de ce terrible Samedi. Pierre, Jean, Madeleine et tous les autres, où puisaient-ils des raisons d'espérer encore, de ne pas s'évanouir de chagrin, de ne pas sombrer sous le poids des idées les plus ténébreuses ? En La regardant, plongée dans le recueillement d'une intériorité priante inexprimable et irrésistiblement contagieuse. En Elle seule vacillait toujours la flammèche ténue et décidée de l'invincible espérance car, en Elle seulement, la victoire était acquise depuis longtemps. A deux pas de ce lieu, comme une hymne d'action de grâces, une élégante église moderne marque le lieu de sa dormition, triomphe définitif de son Assomption annoncée. Fille de Sion, toute sa vie proclame la fidélité et l'enracinement de sa foi, de son espérance et de sa charité. Fille de Sion, son être de Vierge, de Mère, de consacrée, dévoile toutes les facettes de la Miséricorde divine pour tous les hommes. Figure exemplaire de l’Église, nouvelle Sion, Jérusalem céleste, Elle étend sa maternité à tous les enfants du Père qui trouvent en Elle refuge dans la détresse, force dans la faiblesse, lumière dans le désespoir, miséricorde dans le péché, consolation dans la croix, douceur dans les aspérités de la vie, persévérance dans le quotidien desséchant, joie dans un monde oublieux de Dieu, louange gratuite quand tout porte à la revendication des droits.

En ce joli mois de mai, mois de Marie, nous voulons mieux prendre conscience combien Elle est intimement liée à son divin Fils dans tous ses faits et gestes, paroles et événements de sa vie. A Nazareth, Elle est présente avec l'ange Gabriel puis dans la vie simple d'une famille. A Bethléem, Elle enfante la Vie du monde dans la joie d'un Cœur comblé. A Eïn Karem, Elle rencontre sa cousine Élisabeth et laisse en héritage son Magnificat, la plus belle hymne de louange jamais adressée au Créateur et Sauveur. Partout où Jésus se trouve, Marie s'y trouve également, effacée, discrète. C'est à Elle que s'adressent les serviteurs de la Noce à Cana. « Faites tout ce qu'Il vous dira ! » (Jn 2, 5), s'entendent-ils dire. En La contemplant, nous sommes introduits plus profondément dans le mystère de Jésus. En la priant, nous sommes plus sûrement guidés et exaucés. En nous consacrant à Elle, nous appartenons plus radicalement à son Fils. Des rayons éblouissants de la divine Miséricorde, Elle est le pur miroir, qui habitue progressivement les pauvres yeux de nos âmes, à recevoir avec douceur la Lumière d'en-haut. Parce qu'Elle n'a jamais rien retenu pour Elle-même, qu'Elle a été et demeure tout entière à Jésus et tout entière à ses enfants adoptifs, Elle a mérité la place d'honneur du Ciel.

« Ô Vierge mère, fille de ton Fils, humble et haute plus que toute créature, terme fixé d'un éternel conseil, tu es celle qui tant a ennobli l'humaine nature que Celui qui la fit n'a pas dédaigné être fait par elle. En ton sein se ralluma l'amour par l'ardeur duquel, dans l'éternelle paix, ainsi a germé cette fleur céleste. Tu es ici, pour nous, resplendissant flambeau de charité, et en bas parmi les mortels d'espérance tu es source vive ! » (Dante, Divine Comédie, Paradis, chant XXXIII, 1-12)

abbé Philippe-Marie


Vie du site

Une nouveauté: le sondage que nous avons lancé ces jours derniers pour savoir plus précisément ce que vous pensez de notre site. Le précédent datait de presque 5 ans. En quelques années, nous sentions une évolution des attentes, plus rapide peut-être que celle de notre présentation, et il nous est nécessaire de faire le point. A l'heure où j'écris, nous avons reçu plus de 160 réponses, assorties pour beaucoup d'entre elles de commentaires instructifs. Nous en parlerons dans la prochaine newsletter, mais continuez à répondre: C'est précieux pour nous mais surtout, de ce fait, pour tous ceux auxquels nous pouvons rendre service dans cet esprit de réciprocité qui nous a vu naître.

Autre nouvelle: 6 chaînes de prière on été ouvertes en mars, dont 2 émanant d'un résident en Asie et une bilingue (français/polonais), ce qui explique une plus grande diversité géographique des connexion, ainsi que leur doublement en un mois: 2026 dont "seulement" 1633 pour la France. N'oublions pas que notre site a cherché dès son lancement à déborder des frontières françaises, d'où son nom.

Les 6 pages les plus consultées correspondent à 4 des plus récentes chaînes de prière ainsi qu'aux "coups de cœur", les intentions de prière y figurant en 5° position. Un petit mot sur la chaîne "Nicolas", non que je veuille lui donner plus de relief qu'à une autre (qui serais-je pour en juger?), mais parce que la proposition de prière diffère de l'habitude. Certains se retrouvent sans doute mieux dans cette façon de faire. Nous pouvons nous adapter. Les 32 chaînes de prière réunissent plus de 850 priants, et tous les demandeurs n'ont pas forcément la même attente.

Pour en finir avec les chiffres, nous recevons toujours en moyenne 2 intentions de prière par jour et nous sommes attentifs à vos remarques sur leur contenu et la façon dont elles sont énoncées.

Terminer un billet sur l'évocation de Notre Dame est un bonheur dont il ne faut pas se priver. Le travail musical me guide aujourd'hui vers une œuvre mise en musique par le P. André Gouzes d'une façon tout autant magnifique que limpide, sa Louange à la Joie de Marie :

1) Salut à toi, qui as donné au monde la joie céleste!
Salut à toi, qui as donné le jour à l'imprenable joie!
Salut à toi, source de la joie salvatrice!
Salut à toi, cause de l'immortelle joie!

2) Salut à toi, visage de l'ineffable joie!
Salut à toi, jardin clos de l'indicible joie!
Salut à toi, source intarissable de la joie!
Salut à toi, trésor divin de l'éternelle joie!

3) Salut à toi, qui rayonnes la joie des anges dans le ciel!
Salut à toi, par qui se réjouissent les homme sur la terre!
Salut à toi, par qui débordent les fleuves de joie!
Salut à toi, qui fais jaillir les sources de la joie!

4) Salut à toi, arbre florissant de la joie vivifiante!
Salut à toi, Mère de Dieu, Mère de toute joie!
Salut à toi, Vierge rayonnante de joie après l'enfantement!
Salat à toi, comblée de joie, merveille de la joie!

Dominique


Comments