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Newsletter n°76 du 25 septembre 2015

publié le 29 sept. 2015 à 00:57 par Jérôme Moreau
Louis et Zélie Martin, époux et parents au cœur de feu

Chers amis,
le synode extraordinaire des évêques pour la famille va bientôt entamer sa deuxième session. C'est l'occasion de prier spécialement à cette intention. Des voix se font entendre pour modifier l'enseignement de l’Église Catholique sur des points fondamentaux de la doctrine héritée de la Tradition et magnifiquement exprimée et développée par le magistère de saint Jean-Paul II. Le relativisme ambiant ne peut pas l'emporter ultimement car c'est « la vérité qui nous rendra libres » (Jn 8, 32). N'ayons pas peur et confions tout à la divine providence, par l'intercession de ceux qui vont être bientôt canonisés (le 19 octobre) et auxquels notre site est très attaché : Louis et Zélie Martin.

Nous pouvons découvrir en eux les vertus simples et limpides d'un couple dont l'amour est scellé dans le sacrement de mariage et qui cherche ardemment la sainteté à travers les joies et les difficultés inhérentes à notre vie terrestre. Dans leur correspondance, la fraîcheur des sentiments toute mêlée de pudeur dévoile un couple follement amoureux. Cet amour est enraciné dans un amour passionné de chacun pour le Bon Dieu. Leur vie conjugale et familiale est le fruit d'une vie ordonnée sur l'essentiel et ouverte à la providence. Dieu premier servi est au cœur de leur foyer. Zélie le souligne dans la vie de son cher Louis : « Bien souvent j'admire le scrupule de Louis, et je me dis : ''Voilà un homme qui n'a jamais essayé de faire fortune ; quand il s'est établi, son confesseur lui disait d'ouvrir sa bijouterie le dimanche jusqu'à midi. Il n'a pas voulu accepter la permission, préférant manquer de belles ventes. Et malgré tout le voilà riche.'' Je ne puis attribuer l'aisance dont il jouit à autre chose qu'à une bénédiction spéciale, fruit de son observance fidèle du dimanche. » (Lettre de Zélie à sa belle-sœur, 29 septembre 1875).

Malgré cette aisance d'une bourgeoisie de l'époque, ils ne tombent pas dans la facilité et l'égoïsme. La première richesse, ce sont leurs enfants. « Quand nous avons eu nos enfants, nos idées ont un peu changé ; nous ne vivions plus que pour eux, c'était tout notre bonheur, et nous ne l'avons jamais trouvé qu'en eux. Enfin, rien ne nous coûtait plus ; le monde ne nous était plus à charge. Pour moi, c'était la grande compensation, aussi, je désirais en avoir beaucoup, afin de les élever pour le Ciel » (Lettre de Zélie Martin à sa fille Pauline, 4 mars 1877). Cette foi profonde et cette reconnaissance ne se démentiront pas quand toutes les filles finiront par se consacrer à Dieu. « Bien chers Amis, Thérèse, ma petite reine, est entrée hier au Carmel ! Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... Ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie. » (Lettre de Louis Martin à la famille Nogrix, 10 avril 1888).

Ces âmes de feu ont su transmettre à leurs filles les vertus de l’Évangile, pas toujours dans les paroles mais plus encore par l'exemple, comme le raconte Céline : « Nous étions en promenade à la campagne quand, aux bords de la ville, mon père entra dans une maison inconnue de nous, mais qui lui paraissait familière. Je le vis donner une somme d'argent à une femme, mère de famille, qui s'y trouvait seule avec ses enfants. Très surprise, je lui dis : ''Papa, tu la connais donc cette personne-là ?'' ''Oui, me répondit-il, c'est une malheureuse que son mari abandonne, par périodes, et que j'ai pris l'habitude de secourir.'' » (Sœur Geneviève de la Sainte Face, Souvenir filial). Ce qui me rappelle cette anecdote d'une personne que je connais bien. Quand elle était enfant, se présentent un jour deux enfants bohémiens à la maison. La mère de famille ouvre et les accueille. Et l'enfant d'entendre de sa chambre sa mère dire : « J'ai préparé un gâteau pour mon enfant, mais je vous le donne ». Dans l'âme enfantine fut gravée la marque indélébile de l'exemple de la charité la plus authentique, indissociablement liée à la Croix du renoncement.

Chers parents, ne désespérez pas de vos enfants. Continuez à leur transmettre les vraies et saines vertus évangéliques. Faites-le surtout par votre exemple car vous ne pouvez pas toujours imaginer à quel point il s'enfonce durablement dans le cœur en friche de vos petits en graine de sainteté. Que les bientôt saints Louis et Zélie Martin intercèdent pour vous, pour nous tous, et nous obtiennent un désir toujours plus grand d'une sainteté à l'usage des gens ordinaires.

Abbé Philippe-Marie


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