CathoFamiLink‎ > ‎Newsletters‎ > ‎

Newsletter n°79 du 25 décembre 2015

publié le 25 déc. 2015 à 10:44 par Jérôme Moreau
"Soyez toujours joyeux dans le Seigneur ; je le répète : soyez joyeux !" (Ph 4, 4)

Dans ces temps incertains que nous vivons, tout nous porterait à être inquiets, à nous décourager, à ne plus percevoir que la perspective terrifiante d'un grand bouleversement sociétal risquant de tout emporter dans la furie des puissances du mal déchaînées et anarchiques. Et c'est dans ce contexte que résonne encore plus fort l'appel de saint Paul : « Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien » (Ph 4, 5b-6a).

Peut-être sommes-nous en train d'assister à un renversement ? La joie triomphante et tapageuse des valeurs mondaines montre sa vanité et sa vacuité, c'est-à-dire le vide dont elle est porteuse. En fait de joie, il vaudrait mieux parler d'euphorie, terme qui souligne l'aspect artificiel des satisfactions des sens, jamais en repos et jamais repus. Car la joie spirituelle promue par saint Paul est d'un autre ordre. L’Évangile ne souffre pas la tergiversation. Ce qui est de Dieu n'est pas du monde et ce qui est du monde n'est pas de Dieu. « De même qu'on ne saurait servir deux maîtres, ainsi ne peut-on mettre sa joie dans le siècle et dans le Seigneur en même temps. Ces deux joies sont trop différentes, elles sont même absolument contraires ; et quand on met sa joie dans le siècle, on ne la met pas dans le Seigneur, comme on ne la met pas dans le siècle, quand on la place en Dieu. Que la joie sainte triomphe donc de la joie profane jusqu'à l'anéantir ; que la première croisse toujours, et que toujours décroisse la seconde jusqu'à extermination totale » (Saint Augustin, Sermon CLXXI, 1).

Dans ce texte, saint Augustin n'y va pas de main morte, fidèle en cela à sa grande idée de l'irréductibilité de la Cité de Dieu à la Cité du monde et inversement. L'injonction de la joie paulinienne porte sur une joie vécue ''dans le Seigneur''. Ce n'est pas une joie superficielle et démonstrative. C'est au contraire une joie intérieure et méditative, habitée par la paix, comme la calme et sereine profondeur des océans dont la surface est secouée par la tempête. Henry Purcell a su traduire ces sentiments intérieurs dans une magnifique composition autour de l'antienne reprenant les paroles de l'Apôtre (''Rejoyce''). Le dialogue entre l'orchestre de chambre à cordes et le chœur exprime le passage de l'intériorité paisible à l'expression vocale de la joie qui jaillit et se transmet. Les mots ne peuvent pas tout dire de ce que l'âme ressent. Ils ne sont que la partie audible du silence de l'âme éprise de son Seigneur et ravie par sa présence à laquelle elle ne saurait rien préféré. La douceur chaude des instruments à cordes suggère cette « paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut concevoir, et garde cœurs et pensées dans le Christ Jésus » (Ph 4, 7).

Il vient Celui qui est la source de toute joie. Les joies de ce monde doivent s'effacer devant la joie qui compte vraiment. L'image doit renvoyer au prototype, le symbole à la réalité, le fugitif au permanent, l'inaccompli à la perfection. Les joies de ce monde qui prétendent s'imposer comme un absolu sont usurpatrices du seul absolu qu'est le Seigneur qui transmet la seule joie pérenne. Tout au plus, les joies légitimes de cette vie participent-elles, anticipent-elles, la joie annoncée dans l'avènement de l'Enfant de la crèche de Bethléem et dans son retour en gloire à la fin des temps.

Le témoignage le plus nécessaire et le plus urgent pour nos contemporains est celui de notre tranquille et profonde adhésion à l'Enfant-Dieu qui nous fait vivre, seul remède sur le long terme à l'islamisme conquérant et au laïcisme sectaire. Là où nous attendent, sans le savoir, les hommes égarés dans le cloaque des idées et des vaines prétentions, c'est dans la vraie joie et la paix intérieure, meilleur témoignage à la Vérité, à la justice et à la miséricorde. « Au milieu de vous, quelqu'un est là, que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 26), pouvons-nous et devons-nous dire. C'est l'heure du témoignage. Nous ne pouvons plus nous taire. Mais que nos paroles correspondent à notre expérience intérieure et à notre vie extérieure ! Soyons pour notre monde des chrétiens décomplexés et prions, en la nuit sainte de Noël, la « douce Mère du Rédempteur », Mère de Dieu, afin qu'Elle vienne « au secours du peuple qui tombe et cherche à se relever ».

JOYEUX et SAINT NOEL à vous tous et vos familles !

Abbé Philippe-Marie
Vie du site

Depuis que j'ai abandonné la rédaction de la "vie du site", en juin dernier, peu persuadé de son intérêt pour les éventuels lecteurs, et convaincu (ce qui est toujours le cas) de l'importance primordiale du mot du P. Philippe-Marie, j'ai reçu divers remerciements pour la façon dont je rédigeais cette rubrique… Avais-je donc cessé de l'écrire? C'est donc à la fois un encouragement et une leçon d'humilité. De ce fait, je replongerai ma plume dans l'encrier de notre site de temps en temps, selon les circonstances, peut-être une fois par trimestre.

L'activité de CathoFamiLink reste sur les mêmes bases. Pour prendre l'exemple des 30 derniers jours à la date où j'écris, nous avons 1130 visites d'une durée moyenne de 2' 13". Une curiosité: 34 connexions à partir de la Russie qui ne s'était guère manifestée jusqu'à présent.

Le nombre de chaînes de prières a été ramené à 21 à la suite de la disparition de certaines d'entre elles dont le maintien n'était plus souhaité par les demandeurs. Le nombre des priants dépasse néanmoins les 600.

Les "coups de cœur" font l'objet d'une belle fidélité: 69 priants pour les familles et 59 pour les vocations.

Seulement 2 actions de grâce, ce mois-ci. Mais je vous cite l'une d'entre elles: "Merci Seigneur de me garder sur le bon chemin". Des esprits chagrins pourraient y trouver des traces d'orgueil, celui de faire partie des "bons" par opposition aux "méchants autres". J'y vois au contraire un beau témoignage d'humilité: Si je suis sur le bon chemin, je le dois à la grâce du Seigneur, à Sa miséricorde. Belle entrée dans cette année jubilaire!

En ce temps de Noël, les dernières strophes de ce Chant de Noël ont bien leur place, avec, dans les tout derniers vers une délicate attention aux malheureux de l'âme ou de la fortune. C'est signé Marie Noël:

… Là cent beaux airs
Pleins de louanges
Coulent tout clairs
Du sein des anges;
Trompes d'argent, violes d'or
Chantent l'amour
Dans la nuit noire,
Chantent autour
Du fils de gloire,
Jésus notre Sire qui dort;
Cent lustres, là, que l'encens voile,
Bercent leurs corbeilles d'étoiles.

Eblouissant,
Le chœur des cierges
Monte et descend,
Telles des vierges,
Les degrés du trône… Noël!
Noël! Joyeux
Dans la lumière
Le peuple aux cieux
Suit sa prière
Et rit à son Emmanuel.
Les prêtres dorés, à voix basse,
Haut les mains, appellent sa grâce.

Simples de cœur
Qui, l'Ange en tête,
De l'âtre au chœur
Menez la fête,
Bénis de Dieu qui l'avez vu.
Bel et mignon
Petit qu'on choie,
– Quel compagnon!
De quelle joie! –
Priez pour le cœur dépourvu
Qui dans la nuit émerveillée
Poursuit son amère veillée.

Dominique


Comments