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Newsletter n°82 du 25 mars 2016

publié le 25 mars 2016 à 03:13 par Jérôme Moreau
« L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu » (Jn 16, 2)

Il est un constat qu'on peut faire aisément en observant les communautés humaines, quelles qu'elles soient. Lorsqu'elles vivent avec force et conviction certaines vertus communes, telles la solidarité, le souci du bien commun, la paix, le respect d'autrui,... il n'est pas besoin, en général, d'en beaucoup parler puisqu'elles sont une évidence pour tous. A l'inverse, l'inflation de discours sur les mêmes thèmes dénote trop souvent une incapacité à les mettre en œuvre et un constat d'échec. Mais le plus formidable réside dans l'aveuglement portant sur les causes des maux et difficultés. On se contente d'ergoter, de tenir des discours larmoyants, de jouer sur la corde sensible afin, avouons-le, d'imposer l'idéologie des dominants. Au final, la déliquescence des mœurs et des idéaux est le fruit pourri de l'égoïsme exacerbé et des intérêts partisans de l'homme replié sur lui-même. Ne pas reconnaître un Dieu Père commun à tous, c'est risquer de s'enfermer dans des luttes incessantes entre factions opposées.

Devant la violence qui se déchaîne, nos sociétés occidentales sécularisées et matérialistes peinent à trouver des raisons d'être unies. Le terrorisme se déploie et on se lamente en grandes effusions, déclarations de principe, sans prendre la véritable mesure des enjeux de société. Une fois que l'on a dit qu'on était pour la paix et contre la guerre et la violence, que fait-on ? Il faudrait refonder sur ce qui pourrait unir véritablement. Qu'est-ce qui unit véritablement les hommes sinon Celui qui est leur origine et leur fin ? « Tout pouvoir est donné d'en-haut » (Jn 19, 11), comme Jésus le dit à Pilate dans son procès. L'usage de ce pouvoir est perverti à chaque fois que celui qui en use s'en sert pour des fins contraires à la Loi divine et au dessein de miséricorde et de salut que le Seigneur étend sur toute l'humanité. Pire, ce pouvoir est totalement immoral quand il se prévaut de l'autorité divine pour s'imposer. Dans son discours d'adieu, Jésus ne dit-Il pas : « L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu » ? On pourrait l'appliquer à Jésus Lui-même, même si la prophétie concerne ses disciples. Aujourd'hui, elle prend un visage exécrable à travers ces terroristes qui tuent leur prochain et se suicident pour s'assurer la vie espérée du paradis. On est à l'opposé du Fils de Dieu compatissant qui prend volontairement sur Lui les malheurs des hommes, leurs souffrances et la mort pour offrir à tous la vie de l'éternelle béatitude en Dieu son Père.

Le Seigneur a même ajouté la cause de cette folie destructrice : « Ils agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni moi » (Jn 16, 3). Un Dieu qui s'expose et se fait proche, un Dieu prompt à la miséricorde et au pardon, un Dieu tendre et compatissant, un Dieu qui se livre à une mort ignominieuse par Amour : tel est le Dieu des chrétiens, Dieu qui se propose à tous les hommes, même à ceux qui prétendent faire justice en son nom en répandant la terreur, le sang et la mort. A la violence, Il oppose la douceur. Pour gagner les cœurs, Il laisse le sien être ouvert sur la Croix.

Dieu des vivants, le Christ ressuscite le troisième jour pour que plus jamais, et malgré les apparences, la haine ne puisse avoir le dernier mot. Seule la Résurrection du Seigneur Jésus peut répandre dans les âmes de tous les hommes ses flots de lumière, de justice, de vérité et de paix !

JOYEUSE et SAINTE FÊTE de PÂQUES !
Abbé Philippe-Marie
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