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Newsletter n°84 du 25 mai 2016

publié le 26 mai 2016 à 11:40 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 26 mai 2016 à 13:18 ]
Adoro Te, devote !

Les volutes de l'encens s'élèvent en se désagrégeant. La foi tente de percer ce rideau de fumée blanche pour chercher la présence. Elle n'est pas dans les arabesques évanescentes qui attirent les yeux vers les voûtes de la chapelle. Le regard butte sur la croisée d'ogives qui délimite l'espace sacré du vaisseau de pierres. Il faut se résigner à revenir vers ce pauvre morceau de pain blanc enchâssé dans son écrin de verre et d'or. Le Thabor qui élève l'ostensoir, comme sur un piédestal, tire son nom de la montagne sainte où Jésus daigna se montrer dans sa gloire à ses apôtres.

Ici, en fait de gloire, c'est une hostie quelconque qui rend présent le Seigneur des seigneurs. « Visus, tactus, gustus, in te fállitur », comme le chante l'hymne du ''Adoro Te'' : « la vue, le toucher, le goût, en toi faillissent », au sens où ils se trompent. Les sens ne reconnaissent que du pain. La foi accueille les paroles du Maître : « Ceci est mon Corps », et perce les apparences pour ouvrir au mystère de Sa présence. On raconte que dans un musée d'U.R.S.S, au temps des soviets, on présentait un morceau de pain dans une vitrine, affublé d'une note explicative ironique : '' le dieu des chrétiens !''. Au pays du bonheur obligatoire pour tous, quoi qu'il en coûtât, les idéologues du parti avaient oublié que le bonheur s'était offert librement un jour à tous par la volonté d'un seul, à qui il en coûta de s'immoler. Toute son offrande continue de se proposer dans cette nourriture dérisoire, trésor fragile en ses contours et feu inextinguible de la charité en sa réalité invisible.

En cette année de la Miséricorde, l'Eucharistie se présente à nous comme la suprême miséricorde divine qui se fait tellement proche qu'elle veut se livrer en nourriture pour combler notre faim. Jésus demeure dans la Sainte Hostie pour ne pas nous laisser seuls. Les démons croient et tremblent (cf. Jc 2, 19) à l'approche de la puissance divine de l'Eucharistie, abandonnée pourtant au bon (ou mauvais) vouloir des hommes. Que de lieux, que d'églises où le Seigneur reste désespérément seul, sans visite, sans consolation, sans prière, sans adoration ! Nous avons là un trésor et ne savons plus le voir. « Où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ! » (Mt 6, 21). Jésus-Eucharistie est notre plus grand trésor terrestre ! En avons-nous vraiment conscience ? Qui plus est, ce trésor est inépuisable et sans cesse renouvelé.

Ne cherchons pas ailleurs l'Epoux de notre âme, tout entier donné dans la Sainte Eucharistie. Le salut du monde est là, humble et caché. Les soviets ont passé. Tous les régimes persécuteurs passeront. Le Christ demeurera toujours, présence vivante au milieu de son peuple pour sanctifier tous les hommes. C'est la Fête-Dieu : Venite, adoremus !

« Adóro te devóte, látens Déitas,

Je t'adore dévotement, Divinité cachée

Quæ sub his figúris, vere látitas :

Qui sous ces apparences vraiment prends corps,

Tibi se cor meum totum súbjicit,

À Toi, mon cœur tout entier se soumet

Quia, te contémplans, totum déficit.

Parce qu'à te contempler, tout entier il s'abandonne ».

Abbé Philippe-Marie



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