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Newsletter n°87 du 25 août 2016

publié le 25 août 2016 à 03:35 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 25 août 2016 à 03:40 ]
Væ victis !

En 390 avant JC, les gaulois attaquent Rome. Les romains, réfugiés dans le Capitole sont sauvés par le cri des oies lors d'une attaque des assiégeants. Finalement, après négociation, les gaulois acceptent qu'on leur paie une rançon d'or à bon poids (1000 livres soit 327 kg !). Une balance est dressée sur une place mais les romains s'aperçoivent que les gaulois y ont placé des poids truqués. Ils s'en plaignent. Le chef gaulois Brennos jette alors son épée et son bouclier sur la balance en disant : « Væ victis ! », c'est-à-dire : « Malheur aux vaincus ! ».

Ainsi en allait le sort des peuplades antiques au gré de la volonté des dieux, parfois plus forts parfois plus faibles. On ne s'apitoyait pas sur les vaincus car la force était à l'honneur, la puissance une vertu, et la souveraineté avait toujours raison. Plus votre dieu était fort et plus il pouvait en imposer aux autres et assurer la domination de votre peuple sur ses voisins. La faiblesse était méprisable, la maladie une malédiction, le handicap un destin fatal. A Sparte, on examinait les nourrissons à leur naissance et on les éliminait systématiquement s'ils montraient des tares ou les signes d'une constitution fragile. Le paganisme de tous temps tient en haute estime la domination par la force, et tant pis pour les victimes.

En pleurant ceux qui ont été exterminés par les bourreaux de l'islamisme militant, notre société, malgré ses relents antichrétiens, fonctionne paradoxalement selon un registre qui puise dans l’Évangile, mais sans doute un Évangile dévoyé. Depuis que le Christ a eu compassion du pécheur, a donné en exemple les enfants, a fait l'éloge de la douceur et de l'humilité, et surtout depuis qu'Il a montré la voie suprême de l'amour en offrant sa vie sur la Croix, nous ne pouvons plus, certes, nous recommander d'un dieu terrible et dominateur qui nous donnerait raison contre nos ennemis, qui voudrait les humilier et les réduire en poussière. Mais aux yeux des islamistes, le langage de compassion envers les victimes est l'aveu de faiblesse d'une société décadente et sans fierté. Le dieu de l'Islam est dominateur, il donne la victoire à ses fidèles et ne peut supporter la défaite de ses protégés. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Jésus ne meurt pas sur la croix dans le Coran.

« Væ victis ! », « Malheur aux vaincus ! » donc. Il semble que le dieu des islamistes se rapproche des revendications et de la nature des divinités païennes. Ne serait-il pas un dieu qui ne serait finalement que l'image projetée d'esprits faibles, en mal de domination et d'orgueil, d'hommes complexés ? Il n'empêche qu'il faut leur montrer un autre visage que celui d'une société de pleurnichards qui ne seraient bons qu'à faire des minutes de silence et déposer des fleurs. Qu'avons-nous à opposer aux islamistes et à ceux qui seraient tentés de s'y joindre, sinon la force de l'amour ?

Car c'est une vraie force. Notre amour de chrétiens doit être viril et décidé. Nous nous laissons inhiber par les discours de la bien-pensance qui nous réduisent aux bons sentiments humanistes, lénifiants et mollassons, de sorte que nous sommes emprisonnés par une sorte d'immense syndrome de Stockholm qui voit les victimes se prendre de compassion pour les bourreaux dans une permanente auto-flagellation. Mais l'amour véritable exige la justice et la vérité. Notre Dieu n'est-Il qu'une guimauve transparente et invertébrée ? Justement, Il a pris nos vertèbres pour porter le poids de notre chair et de nos maux, et nous en délivrer par la force plus puissante que toutes les violences : la force de l'amour offert en sacrifice pour que règne la vraie justice.

Cette force passe aussi par la légitime défense et par la défense des plus faibles, y compris dans la réponse mesurée d'une saine et sainte colère. Jésus a chassé les vendeurs du Temple, ceux qui profanaient la maison de Dieu pour en faire un repaire de bandits. Ne laissons pas profaner la maison de Dieu et osons proclamer tout haut un Dieu fort, fort de l'Amour qui va jusqu'au bout du don. Les martyrs ne sont pas les bourreaux haineux mais les victimes aimantes qui ne cherchent ni à se venger ni à venger leur Dieu. La société a le devoir de se défendre et d'y employer tous les moyens légitimes et efficaces. La question de fond passe pourtant par le témoignage de notre foi, qui n'est pas un plus petit commun dénominateur en symbiose avec les ''valeurs de la République'' (jamais définies d'ailleurs, comme la si bien et courageusement dit le Cardinal Vingt-Trois...), mais la mise en lumière d'un visage de Dieu qui vient à la rencontre de tous les hommes sans exception pour extirper de leur cœur les ferments du péché, de la haine et de la violence et leur révéler qu'il n'y a de véritable force que dans l'amour inconditionnel de Dieu et du prochain.

Nous ne sommes plus au temps du ''Væ victis ! » des païens. Les islamistes appartiennent à un âge de l'humanité révolu. Après l'annonce de l’Évangile, nous sommes dans l'ère des Béatitudes, seules capables de conserver encore un peu d'humanité à une société en déroute : « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ! ». Le temps presse d'annoncer la foi dans le vrai Dieu !

Abbé Philippe-Marie



Vie du site

Comme tous les ans, de passage à Lourdes autour du 15 août comme hospitalier, j'y retrouve près de Notre Dame les racines (je devrais dire la source) de CathoFamiLink. Cette année, les pèlerins du monde entier étaient un peu moins nombreux. On peut attribuer ce fait aux difficultés économiques et à la peur des attentats, et la visite éclair du Ministre de l'Intérieur (pas plus de 10 minutes) n'avait rien d'une compensation numérique. Les confidences d'un patron de débit de boisson étaient plus intéressantes: Si Lourdes retrouvait pleinement sa raison d'être au lieu de jouer les villes touristiques, les choses changeraient.

Mais la présence de nouveaux pèlerins "malgré eux" n'était pas sans intérêt: les gendarmes et les militaires de l'Armée de Terre. Certes les mesures de sécurité nouvelles comportaient certaines contraintes peu agréables (au demeurant aisément supportables), mais ces "gros bras" protecteurs ont été bien accueillis et certains se sont dit touchés par la façon dont nous traitions les malades. Qui sait ce que Notre Dame a fait passer dans leur cœur?

En outre, pour la première fois depuis très longtemps la prière pour la France fut totalement décomplexée. Le rappel de son importance fondamentale fut maintes et maintes fois formulé, en particulier par Mgr Barbarin qui présidait le Pèlerinage National. Nous eûmes droit à des décorations tricolores, à des drapeaux français un peu partout et à des bombes de confettis bleu-blanc-rouge à la fin de la grand messe de l'Assomption. Il fallait donc que l'on passe par des attentats, des prêtres martyrisés en haine de la foi sur notre territoire ainsi qu'à de multiples églises profanées pour que l'on en vienne à suivre la demande de la Vierge (à l'Ile Bouchard entre autres) de prier pour la France. Et la Vierge de l'Ile Bouchard est la même que celle de Lourdes.

Je vous livre pour finir quelques impressions personnelles ressenties au moment de partir :


Pas envie de quitter Lourdes

Pas envie de quitter cet endroit de bonheur
Où la miséricorde exprimée de Marie
Répand sans retenue dans ma vasque tarie,
Par la vie de la Source un torrent de fraîcheur.

Un temps fort comble un temps plus faible en altitude.
Pour celui-ci n'ayons ni remords ni regrets:
Celui-là hissera nos vies vers son progrès
Et gardera nos cœurs d'un flot de lassitude.

Je sens la nostalgie déjà sourdre et jaillir
Dans le contre-courant de la Source et du Gave.
Que jamais le regret de partir ne m'entrave
Et fasse les bienfaits du séjour défaillir!

Tant de grâce a coulé du cœur de Notre Dame
Que je resterais boire à la source et goûter
Ces moments de bonheur où je viens écouter
Cet amour virginal qui dans cette eau s'enflamme.

Pas envie de partir… N'être plus pèlerin…
Un morceau de mon cœur demeure au Sanctuaire.
Je l'y retrouverai dans un an, je l'espère,
Retrouvaille attendue pour avec lui faire "un".

Dominique



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