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Newsletter n°89 du 25 octobre 2016

publié le 7 nov. 2016 à 01:01 par Jérôme Moreau
"Dieu et César... mais dans l'ordre !

Le principe de laïcité est défini par le Seigneur Jésus Lui-même : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21). Mais il ne s'agit pas de considérer que le pouvoir politique a pleine et totale latitude pour gouverner un pays sans tenir compte de la loi naturelle. Toute autorité vient de Dieu, comme le dit Jésus à Pilate : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en-haut » (Jn 19, 11). La séparation du religieux et du politique n'est pas un blanc-seing donné aux gouvernants pour faire triompher leurs idées, fût-ce au détriment des droits fondamentaux qui s'enracinent dans la Loi naturelle et divine, et donc au détriment du vrai bien commun. Saint Jean Chrysostome prévenait déjà en son temps : « Le précepte de donner à César ce qui est à César s'entend de ce qui ne s'oppose pas au service de Dieu. Sinon, ce ne serait plus un tribut payé à César, mais à Satan ! » (Homélies sur Matthieu, 70, 2). En fait, il y a subordination du régime politique à la Loi divine car le service du bien de tous ne peut pas aller contre Dieu et sa Loi éternelle, de qui tous viennent et vers qui tous vont. La volonté de subordonner les lois religieuses à la loi républicaine n'est pas plus tenable pour un musulman qu'un chrétien, un bouddhiste qu'un libre-penseur. La loi du pays ne peut pas s'immiscer dans la conscience religieuse des citoyens sans violer leur liberté de conscience. « (Le Christ) reconnut le pouvoir civil et ses droits, ordonnant de payer le tribut à César, mais en rappelant que les droits supérieurs de Dieu doivent être respectés » (Vatican II, Dignitatis Humanae, n° 11).

En revanche, tant que les lois de notre pays ne contreviennent pas à la liberté de notre conscience et qu'elles permettent de vivre ensemble dans la paix et la bienveillance, non seulement nous pouvons leur obéir mais nous devons leur obéir. C'est aussi le respect de l'autorité qui nous est demandé (cf. Rm 13, 1-2). Pourtant le principe de respect des consciences, inscrit dans l’Évangile par le Seigneur Lui-même alors qu'Il témoigne de la Vérité sans l'imposer par la force, nous commande de dire haut et fort la plénitude de la Vérité. C'est la charité suprême exercée dans le service politique de donner à nos concitoyens la possibilité de rencontrer la Vérité qui vient d'en-haut et qui libère vraiment l'homme de ses chaînes d'esclavage. Nous ne pouvons pas laisser les loups rapaces prendre totalement possession de la bergerie de l'humanité. Témoigner de la Vérité dans la sphère politique, c'est une cause plus qu'urgente. De la vérité proclamée et entendue, Dieu peut fléchir les cœurs. A l'heure où se présentent à nous des échéances électorales, même si nous ne pesons pas toujours lourd sur l'échiquier des orientations sociétales, nous pesons au moins un bulletin de vote qui peut se porter sur la personne la plus proche de nos convictions catholiques, depuis les plus fondamentales, comme le respect de la vie, à celles qui sont plus secondaires, selon une hiérarchie propre à aider au discernement. Peut-être d'ailleurs certains peuvent-ils faire plus en s'engageant en politique au service du bien commun, ou au moins soutenir l'un ou l'autre de nos courageux frères et sœurs catholiques qui font ce qu'ils peuvent dans l'arène politique ! Que Notre-Dame, Reine de France, intercède pour notre chère patrie en ces heures graves et nous donne la force du témoignage et de l'espérance !

Abbé Philippe-Marie



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