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Newsletter n°91 du 25 décembre 2016

publié le 21 déc. 2016 à 11:23 par Jérôme Moreau   [ mis à jour : 21 déc. 2016 à 11:35 ]
« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5)

Dans la nuit scintillent les guirlandes électriques. Elles ajoutent une note de gaîté au halo blafard de l'éclairage public. Je cherche dans nos villes endimanchées, les éclairages de mon enfance qui souhaitaient un ''Joyeux Noël !''... en vain ! Précisément, elles ne sont plus endimanchées car la fête ne sait plus à qui elle doit d'être. La fête a été vidée de sa substance. L'écrin est toujours plus magnifique. Dommage qu'il ne contienne plus la pierre précieuse ! Des zombis déambulent, hagards, de baraque en attraction, de vin chaud en gaufre gourmande, de nulle part en néant. La fête a revêtu des habits de deuil, chamarrés mais pas moins attristants.

On se surprend, rarement, à s'arrêter devant la vitrine d'un courageux artisan qui ose dévoiler du sens en exposant quelques santons entourant la Sainte Famille. Combien connaissent encore Celui dont nous célébrons l'anniversaire ? Au mieux connaissent-ils quelque chose sur Lui. Plus difficilement l'ont-ils rencontré personnellement.

Et pourtant Il dira plus tard : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Ce n'est pas seulement une formule de style pour attirer l'attention. Cette affirmation soulève une vérité fondamentale sur l'homme. La grâce qu'Il nous apporte à Noël n'est pas une option proposée à l'humanité pour améliorer sa condition. La grâce de l'Enfant-Dieu de la crèche de Bethléem est absolument nécessaire à tous les hommes pour retrouver l'intégrité de leur nature, pour orienter leurs désirs vers l'unique nécessaire, pour fonder leur art de vivre ensemble sur le don de soi et le souci du bien commun.

Jésus n'est pas une option pour les libre-penseurs qui rêvent d'un homme sans Dieu, dictant les normes du bien et du mal. Il n'est pas un carcan pour leur liberté mais la condition même de cette liberté.

Jésus n'est pas une option pour les musulmans qui ne voient pas que le mot du Coran qui le désigne comme parole de Dieu, fait de Lui une parole vivante, écrite en lettres de feu sur nos âmes, tellement plus riche et suave que les paroles mortes et sclérosantes qui emprisonnent dans une loi désespérante.

Jésus n'est pas une option pour tous les matérialistes pratiques, esclaves de l'Argent et des plaisirs. Il ne propose pas une joie éphémère, au relent de moisi, mais une joie toujours nouvelle et éternelle.

Oserais-je dire que Jésus n'est pas une option, même pour les chrétiens qui se laissent fasciner par les miroirs aux alouettes des considérations mondaines, les distrayant de Lui, unique essentiel.

L'homme n'est pleinement humain que s'il reçoit l'Enfant de la crèche. En assumant la chair de notre condition humaine, le Fils de Dieu nous dit en quelle haute estime Il nous considère. En s'unissant à notre humanité, Il veut la relever, lui redonner tout son lustre, la redresser dans toute sa dignité. Jésus n'est pas une option pour tout homme car Il est le seul Sauveur, Dieu venu parmi nous pour nous attirer à Lui. « Il n'est personne à qui soit refusé de partager cette allégresse, un seul et même motif de joie est commun à tous, car notre Seigneur, qui, venu détruire le péché et la mort, n'a trouvé, parmi les hommes, personne qui fût libre de faute, est venu les libérer tous. Qu'exulte le saint, car il est prêt de recevoir la palme ; que se réjouisse le pécheur, car on l'invite au pardon ; que le païen prenne courage, car on l'appelle à recevoir la vie » (Saint Léon le Grand, 1° Sermon pour Noël, SC 22bis, p. 67).

Et même si Jésus n'est plus reçu chez les siens (cf. Jn 1, 11), le motif de notre joie demeure, plus intense, afin d'aller à sa rencontre en cette nuit de Noël pour l'adorer avec sa Sainte Mère, saint Joseph et les bergers.
Sainte et joyeuse fête de Noël !

Abbé Philippe-Marie



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