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Newsletter n°98 du 25 juillet 2017

publié le 25 juil. 2017 à 10:22 par Jérôme Moreau
Zizanie

Ce dernier dimanche nous a offert de méditer sur la parabole du bon grain et de l'ivraie. Le mot grec qui désigne cette dernière a donné directement en français notre ''zizanie''. Ainsi, malgré tous les efforts du Souverain Seigneur pour semer dans le monde le bon grain, la zizanie s'en mêle... et nous emmêle. Le monde est irrémédiablement partagé entre les bons et les méchants, comme dans un bon vieux film américain où, heureusement, les bons finissent toujours par l'emporter.

Du côté des méchants : voyons... j'y mettrais bien mon percepteur, ceux qui ne partagent pas mes idées politiques, cet ami qui m'a fait un mauvais coup, les terroristes islamistes, ce collègue casse-pieds qui est prêt à tout écraser autour de lui pour se faire mousser auprès du patron, la tante Duduche qui a magouillé pour avoir la plus belle part de l'héritage des grand-parents,... liste non exhaustive. Et du côté des bons : ben... tous ceux qui sont pas méchants ! Le tri est globalement assez facile, même si certains passent d'un bord à l'autre en fonction de leur attitude, ou de mes intérêts fluctuants. Remarquez bien que je ne suis pas le seul à sélectionner ; les médias eux-mêmes trient les bons des méchants : en matière politique, sur les questions morales, etc. Bref le monde est ainsi fait qu'il y aura toujours d'un côté les bons et de l'autre les méchants, sachant quand même, et cela va de soi, que je serai toujours, grâce à Dieu, du côté des bons. C'est bien connu : ''l'enfer, c'est les autres !'', comme disait Jean-Paul, pas le deuxième, mais un autre qui n'est pas un saint.

D'accord, mais que fait-on de ce constat ? Faudra-t-il donc toujours supporter les méchants ? Seigneur, que faites-vous, pourquoi ne détruisez-vous pas les méchants ? Réponse de saint Augustin : « Ne vous imaginez pas que les méchants sont inutiles en ce monde, et que Dieu ne les emploie pas à opérer le bien. Il accorde la vie aux méchants, soit pour leur donner le temps de se convertir, soit afin de les faire servir à éprouver les bons » (Commentaire sur le Ps. 54, 4).

Voir dans le méchant celui à qui Dieu permet d'éprouver ma patience, de m'enraciner dans la vraie charité parce que je ne nourris plus d'idée de vengeance, de haine, de rancœur, c'est sûrement au-dessus de mes forces mais la grâce peut m'y aider. Qu'en plus les méchants puissent se convertir et verser dans le camp des bons, il faut dire que le Seigneur est capable des plus grands exploits ! C'est dire aussi que la frontière entre les deux est poreuse, voire mouvante. La tante Duduche et le percepteur pourraient donc devenir bons. Et même les terroristes islamistes ? Mais, perspective plus effrayante, je pourrais moi aussi changer de camp et devenir méchant ?

Décidément, l'affaire n'est pas aussi simple. Tout n'est pas bêtement binaire. C'est finalement au milieu de mon cœur que passe la frontière qui sépare les bons des méchants. La question est de savoir vers où je veux pencher. Jésus sait voir la bonté enfouie dans le cœur de tout homme, y compris des plus grands pécheurs. Il ne se résout pas à enfermer les personnes dans le mal qu'elles font. Pour moi, pécheur, Il a donné sa vie. Le combat est lancé dans le monde, dans nos sociétés mais aussi dans mon propre cœur. La zizanie cherchera toujours à étouffer le bon grain, à pervertir les sains désirs de vrai et de beau, à cacher du soleil l'épi prometteur.

Ne pas ignorer le mal, certes, mais surtout chercher partout et en tous le bien visible ou possible : voici un beau chemin de vie chrétienne, superbe remède à la sinistrose et semence de clarté et de joie.

Que Notre-Dame, refuge des pécheurs et cause de notre joie, nous y aide puissamment !

Abbé Philippe-Marie



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